SECONDE PARTIE
De la curiosité
Voilà la règle que l'on doit suivre pour savoir ce que Ton doit refuser ou accordera celte première passion qui est la plus honteuse de toutes, et que l'Apôtre appelle la concupiscence de la chair. Mais celui à qui Dieu aura fait la grâce do la vaincre, sera attaqué par une autre d'autant plus trompeuse, qu'elle paraît plus honnête.
C'est une curiosité toujours inquiète, qui a été appelée de ce nom à cause du vain désir de savoir, et que l'on a palliée du nom de science.
Fille a mis le siège de son empire dans l'esprit, et c'est là qu'ayant ramassé un grand nombre de diiTérentes images elle le trouble par mille sortes d'illusions, et ne se contente pas d'agir sur lui, mais se produit encore au dehors par tous les organes des sens.
Car le péché a imprimé dans l'àme une passion volage, indiscrète et curieuse, qui souvent l'engage même dans les périls, et la porto à se servir des sens, non plus pour prendre plaisir dans la chair comme auparavant, mais pour faire des épreuves, et acquérir des connaissances par la chair. Et d'autant qu'elle consiste en un désir de connaître, et que la vue est le premier de tous les sens pour ce qui regarde la connaissance, le Saint-Esprit l'aappelée l a concupiscence des y eux ^.
Que si vous voulez reconnaître quelle différence il y a entre les mouvements de la volupté et ceux de cette passion, vous n'avez qu'à remarquer que la volupté charnelle n'a pour but que les choses agréables, au lieu que la curiosité se porte vers celles mômes qui ne le sont pas, se plaisant à tenter, à éprouver et connaître tout ce qu'elle ignore.
Le monde est d'autant plus corrompu par cette maladie