Jacob j
sacrifient à leurs propres rets pour se délivrer de tant d'ennemis, et qu'ils ne se flattent après leur délivrauce, au lieu de rendre gloire à Dieu qui est leur unique libérateur.
Ainsi Dieu les étonnant au dehors par tant de difficultés, les châtiant par tant de chutes, et les éclairant au dedans par son esprit, ils reconnaissent qu'il leur accorde la victoire sur le péché lorsqu'ils n'ont point d'orgueil, qu'il la leur retarde et la leur rend difficile de peur qu'ils n'en aient, et qu'il la leur refuse, lorsqu'ils en ont et à cause qu'ils en ont. La frayeur que leur causent les périls qu'ils courent, leur sert pour marcher avec plus de prudence sous la conduite de la grâce; le trouble et l'abattement que leur laissent les difficultés qu'ils sentent dans le combat, leur sert pour soupirer vers la grâce avec plus d'ardeur; et la honte de se voir vaincus et terrassés par le péché, leur sert pour retourner à la grâce avec plus d'humilité et de connaissance, et enfin voyant que leur propre force pour fuir le mal, et pour acquérir le bien et le conserver, n'est (|ue faiblesse, et que ce fondement de leur vaine conliance est ruiné de toutes parts, ils ne sont plus orgueilleux comme auparavant, et ils se guérissent peu à peu de cette maladie de l'âme, afin qu'au moins après toutes ces épreuves celui qui se glorifie ne se glorifie plus qu au Seigneur *.
Après cela qui ne louera la grandeur de la sagesse divine? qui n'abandonnera tous les moments de sa vie et de sa mort, tout le progrès et tout le retardement de la réformation de ses mœurs, à une bonté si soigneuse de notre salut, et si prodigue de ses faveurs; à un Dieu qui se présente pour nous secourir lorsque nous croyons qu'il nous ait entièrement abandonnés, et qui nous donne des remèdes d'autant plus souverains qu'ils sont plus cachés et plus invisibles, lorsque nous désespérons de son assistance?
Ces détours et ces artifices dont Dieu se sert pour nous sauver, ne sont-ils pas merveilleux? Et n'est-ce pas ce que ressentait le prophète lorsque troublé par ces sortes de combats, et comme lassé et ennuyé de ces exercices pénibles, il