‹ Les époques de la pensée de PascalChapitre 95 sur 129 · Cor · texte numérisé non relu

Cor

s'écrie tout d'un coup: Mais, Seigneur Jusqu'à quand ^'i Qu'estce à dire jusqu'à quand? demande saint Augustin 2. Et il introduit Dieu qui répond : Jusquesà ce que vous ayez éprouve que c'est de moi seul de qui vous dei:€z attendre toute votre assistance : Car si je vous la donnais plus tôt, vous ne sentiriez pas le travail et la peine du combat; et si vous ne les sentiez pas, vous vous appuieriez avec vanité sur vos propres forces; et cette vanité vous empêcherait de remporter la victoire. Il est écrit pourtant : « Vous n'aurez pas encore achevé de m" invoquer que je viendrai et vous dirai : Me voici prêt de vous secourir, » Mais Dieu ne laisse pas de nous secourir lorsqu'il diffère de nous secourir; le retardement de son secours est un secours; et suspendant son assistance, cest en cela même qu'il nous assiste, puisque s'il accomplissait nos désirs précipités, nous ne pourrions recevoir de lui V7ic santé si parfaite et si accomplie.

CONCLUSION

Que ces vérités vous servent de consolation dans vos travaux, généreux athlètes de Jésus ! et si dans cette guerre que vous avez déclarée à toutes les passions de l'âme, desquelles je vous ai peut-être entretenus trop longtemps, vous sentez une division et une révolte dans votre esprit, si vous-mêmes résistez à vous-mêmes; et si cette résistance vous empêche de vaincre cet ennemi que vous avez à combattre, c'est-à-dire vous-mêmes, et de le dompter aussi absolument que vous le souhaiteriez, ne vous défiez pas pour cela de l'amour que Dieu vous porte. Que la douleur d'une blessure que vous aurez reçue dans ce combat, ne vous fasse pas quitter Tépée ni le bouclier; mais humiliez-vous devant Dieu, et croyez que cette conduite de sa providence a été l'effet d'une insigne miséricorde qu'il exerce invisiblement sur vous, afin de vous guérir d'un autre mal plus secret et plus dangereux, et dont sans une faveur tout extraordinaire

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