Serm. 3 de Verb. apost., c
et qu'elle est aussi rare qu'elle est éniinente, on ne se garantit que par les chutes et par les péchés.
Guth'issez-vous de Torgueil, dit saint Augustin', et vous ne pécherez plus, parce que nous avons d'autant plus d'amour de Dieu que nous avons moins d'orgueil. Or l'amour de Dieu, qui est la charité, ne commet point de péché, parce qu'i/ ne fait point de mal 2, et il efface ceux qu'on a commis, parce qu'il couvre la multitude des péchés ^. Mais tenez pour une maxime constante que vous ne serez jamais délivrés de vos péchés, que lorsque non seulement vous saurez par la foi qui est commune à tous les catholiques, ou par la doctrine qui est propre aux savants, mais que vous connaîtrez encore par expt'*rience, et sentirez par de certains mouvements d'amour (|ui proc<»dent du cœur, cette vérité si importante, que c'est Dieu qui forme en nous et la volonté d'agir, et VaC" complissement de V action * ; que nous ne pouvons rien penser de nous-m(>mes comme de nous-mêmes, mais que tout notre pouvoir vient de Dieu ; et que perdant ainsi toute la confiance que vous pourriez avoir en vos propres forces, vous n'espériez qu'en la seule miséricorde, quoique vous ne laissiez pas d'agir de toute votre puissance et avec tous les efforts qui vous sont possibles
Appuyez-vous sur le secours de celui dont vous avez éprouvé l'amour par la vocation qu'il vous a donnée par un institut si excellent ; et dans le dessein qu'il vous a inspiré d'établir si utilement une réforme intérieure et extérieure, courez avoc allégresse pour emi»orter le prix de sa vocation éternelle.
x\o craignez point les langues de ceux qui traversent une entreprise si salutaire, plutôt par passion que par jugement. Cet établissement est si saint, que s'ils ont assez d'injustice pour le décrier en secret, ils n'auront pas assez de hardiesse pour le blâmer ouvertement, de peur que la voix publique qui est pour vous, ne s'élève contre eux et ne les condamne.