Phil
Continuez seulement comme vous avez si bien commencé. Vous vaincrez par votre persévérance ceux qui tâchent de vous vaincre par leurs oppositions et par leurs efforts. Ils ne résistent que tant qu'ils espèrent qu'on leur pourra céder ; et lorsque votre immobile constance les aura vaincus, vous aurez pour panégyristes, et possible même pour imitateurs ceux que vous avez maintenant pour envieux et pour adversaires.
Gonsolez-vQUs par cette espérance, et ayez soin d'entretenir et d'allumer toujours de plus en plus dans votre cœur ce feu céleste qui vous embrase. Par ce moyen tous les vents et toutes les tempêtes que les médisances des hommes ou la malice des démons exciteront contre vous, serviront plutôt à enflammer votre zèle qu'à l'éteindre.
Ayez donc bon courage ; fortifiez-vous en notre Seigneur ; préparez-vous à combattre les puissances de l'air, et vos propres passions ; dépouillez le vieil homme et en vous revêtant du nouveau, reformez-vous par le renouvellement de vos esprits et de vos cœurs, qui est le seul but et la fin véritable de toute réforme et de toute discipline.
Mais (le peur que, selon la fragilité commune à tous les hommes, votre esprit ne se laisse abattre dans une entreprise si difficile, en se voyant privé de cette fausse consolation que donnent les plaisirs et les vanités du siècle, donnez à Dieu tout cet amour que vous avez tiré des choses du monde. Et puisque vous êtes consacrés à son service, rendez-le Tunique objet et Tunique centre de toutes vos affections.
Vous ne sauriez étouffer le désir des voluptés temporelles, si vous ne sentez un peu la douceur des éternelles : Goûtez et voyez que le Seigneur est doux *, dit le Prophète. Si l'amour de Dieu brûle dans vos cœurs, et les remplit de cette douceur céleste, il consumera comme un feu toutes les peines et toutes les résistances que vous éprouverez en vous-mêmes ; et vous surmonterez avec plaisir toutes sortes de difficultés, car il n'ya rien de si durni de si pénible, que le feu de Tamour n'amollisse et ne surmonte. Lorsque Tâme en est embrasée, et que cette flamme divine la ravit en Dieu, elle passe par-