DÉPAETEMBIIT DE LA CORRÈZE
des gneiss et des micaschistes » et noas avons exposé déjà les motifs qui nous faisaient regarder les roches primitives schisteuses comme ayant été percées et dérangées par des granités éruplifs d'Ages différents. Ce que nous admettons volontiers, ce sont les empiétements d'une roche sur une autre » d'une époque sur celle qui la précède , et ce retour successif des mêmes causes et des mêmes eiïets ^ à des époques plus ou moins éloignées et dont il est parfois bien difficile de démêler la date relative.
De Boucheporn ne signale dans la Corrèze, ni sur la carte, ni dans l'explication qu'il en donne , ces porphyres et ces filons de quartz si fréquents dans le Puy-de-Dôme et dans la plupart des départements voisins. C'est à peine s'il cite quelques indices de filons métallifères , ils se réduisent aux gisements suivants , dont nous copions textuellement l'indication :
« l"". Un filon de minerai de fer dans du granité sableux au Deveix » sur les cAtes qui s'étendent au nord de Bort , à environ une lieue de cette ville ; ce filon est dirigé de TE.-N.-E. à rO.-S.-O. Le minerai est employé aux forges de Saint-Thomas près Bort.
» 2®. Un filon de galène ^ aussi dans le granité , près de Rebeyrol , an sud de Bort , sous le plateau de phonolite » qui couronne les hauteurs de cette ville. Le granité est décomposé sur les parois de ce filon qui est vertical.
» 3®. Des filons de galène ^ dans le gneiss à Couzenille » près de Mercœur « sur les bords de la Cère : on a dit que ce minerai est aurifère ; il n'est plus exploité. Un autre filon de galène a été exploité très-anciennement , à Monestier- Ventadour ; il parait avoir été abandonné vers 1760.
442 TEARAIHS PRIMITIFS.
9 4^. Un gisement de galène dans le micaschiste près Ghabrignat.
» 5^. On cite du minerai d'antimoine dans le granité des environs d*Ussel , au Labbe.
D 6^. En6n on a trouvé des indices de minerai d'étain à Ségur sur Vezère , au nord de Pompadour , et la tradition rapporte en effet qu'on a fabriqué de l'étain anciennement dans cette localité. » {Explication de la Carte géologique du département de la Corrèze).
DU TERRAIN PRWITIF DU DÉPARTEHENT DU GAlfTAL.
Le Cantal , selon H. Baudin » se présente comme partie intégrante d*on vaste bassin gneissique , ouvert au nord-est •seulement , et fermé à tous autres aspects par une haute ceinture de montagnes granitiques. Il est bien entendu que dans cette considération il faut faire abstraction de tous les terrains superposés et restituer par la pensée aux montagnes granitiques ce qu'elles ont perdu par l'érosion. La Cantal se rattache par du gneiss au département du Pnyde-Dâme , puisque ce dernier , dans sa partie sud , n'ofEre pas de véritables granités.
Ces derniers ont cependant percé les gneiss sur un certain nombre de points , et se montrent surtout au sud et à Touest du département. Ils forment , du massif de la Margeride i celui de Mille-Vaches (Corrèze) • « une ceinture montueuse arquée , sur le revers interne et en dedans de laquelle règne la formation gneissique , à l'eiclusion presque complète de celle granitique; car cette dernière n*y a d'autres représentants que les tlots de Marchastel , les Vanlmiers et Pont-dn- Vemet. »
DÉPARTEMENT DU CAHTAL. 443
M. Baadin , auquel nous empruntons ces lignes, a donné une bonne description des terrains primitifs de ce départe* ment ( Statistique minérale du Cantal ^ Ànfiales sàentif, de V Auvergne f t. 16, année 1843) ; et c'est en grande partie d'après lui que nous allons tracer l'esquisse des caractères de ce terrain.
a II y distingue trois sortes de granités :
» i^. Le granité blanc à petits grains , qui n'occupe que des espaces très-circonscrits , tels que ceux déjà signalés aux Vaulmiers, au Pont-d u- Verne t , et quelques autres dépendant ou de rtlot de Marchastel , ou de la ceinture granitique , comme à la Roquebrou et au bois d'Orgon. Il donne lieu è des accidents de terrains très-abruptes, comme on peut le voir dans la vallée pittoresque du Falgoux. o
a 2^. Le granité à gros grains. — Il est formé des mêmes éléments que le granité à grains fins , mais les dimensions de ces éléments , leur mode d'association et la couleur générale de la roche , établissent entre les deux roches les dissemblances les plus tranchées. »
« Ce granité est de beaucoup la variété dominante parmi les granités du Cantal ; c'est lui qui constitue , presque exclusivement, le vaste fer à cheval granitique dont nous avons précédemment parlé et qui imprime à toute cette région sa physionomie propre. »
Ces granités porphyroïdcs se décomposent avec une grande facilité et finissent par constituer des amas de boules * ou blocs entassés, dont le Cantal, comme le département du Puy-de-Dâme , offre de nombreux exemples.
« Les rotchas des communes méridionales de l'arrondissement de Saint-Flour, dit M. Baudin, peuvent être mises en parallèle avec les tors du Comouaiiles. »
Il cite particalièremeot la rotcha do puy Récoox » commaoe de Saint-Jast-de-Récoux. a Les blocs granitiques , plus solidement assis les uns sur les autres , sont demeurés empilés ^ et leurs formes souvent bizarres , leurs groupements non moins étranges , font du labyrinthe de travées et de vacants y qui en facilitent l'examen , un musée aussi curieux pour l'amateur de grotesque que pour le géologue. »
On rencontre bon nombre de ces masses arrondies sur la route d'Aurillac à Montsalvy, dès que l'on se trouve au 22* kilomètre. Ces masses sont ensablées dans les détritus de la même roche , et toutes les collines paraissent formées d'arène; leurs croupes sont arrondies. Pendant longtemps on trouve de petits monticules de granité couverts de bois , puis on continue de marcher sur des granités décomposés dans lesquels se trouvent des 6lons plus durs , résistants , formés par du quartz on du porphyre quartzilère. Plus loin encore, le granité est blanc avec mica noir ou bronzé et passe à la stéatite. Cet aspect prélude à la présence des micaschistes sur lesquels on entre bientôt après.
3®. a I> granité rose à tourmaline est la troisième variété signalée par M. Baudin. Elle se distingue des précédentes par sa texture grenue , finement cristalline , par la rareté et la couleur de son mica en larges lames d'un blanc argentin^ par la teinte rosAtre qu'elle tient de son feldspath rose , et surtout par la présence , sinon constante du moins très-générale, de la tourmaline en Itfngs cristaux noirs. »
« C'est particulièrement dans les arrondissements de Saint-Flour et d'Aurillac que se montre cette variété de gra* nite , si intimement associée, sur nombre de points, an granité à gros grains , qu*à chaque instant on passe brusquement de l'une de ces roches à l'autre. Aussi H. Baudin cite