DÉPARTEMENT DU CANTAL
biables à ceux que dous avons observés à Savenoes et à Messeîx , dans le Pay-de-Dôme. Il les désigne sous le nom de calcaire micacé. lis existent principalement dans le Cantal, dans la vallée de la Vioa , près de Mauriac. M. Bandin est entièrement de notre avis pour la détermination de leur âge. A Sur tons les points , dit-il « où nous avons pu observer les relations de position des masses calcaires et des schistes encaissants, nous avons trouvé qu'elles constituaient des gites en communauté parfaite d'allure et de texture avec le gneiss ; plongeant comme lui verticalement, courant comme lui du nord au sud dans leur ensemble , et reproduisant par la distribution parallèle de leur mica , jusqu'à sa stratification ; toutes concordances qui ne nous paraissent point permettre de les envisager autrement que comme dépôts contemporains de la formation gneissique. »
(c Les bancs de calcaire de la Viou , distribués sur un espace de près d'une lieue, des fours à chaux de la Forestie à celui du Cheix , varient en puissance depuis quelques mètres jusqu'à vingt mètres. Le calcaire est par lui-même blanc bleuâtre , et sa cassure en petit est saccharoïde ; mais le mica noir abondamment disséminé dans sa masse, lui donne en grand une texture laminaire prononcée , en même temps qu'il imprime à la roche une teinte grise générale qu'interrompent seules quelques veines plus largement cristallisées d'un rose pâle. »
D'après Dufrénoy, les bancs calcaires de la Viou se prolongent en suivant le cours de la Dordogne et se retrouvent à Arches (Cantal) , et plus au nord encore à Roche-les- Peyroux (Corrèze). « Cette indication, dit M. Baudin, s*accorde parfaitement avec l'allure nord-sud des bancs de la Viou, et encore avec le gisement, à quelques lieues plus au
nord f et également sar la lisière ouest da long bassin hoail- 1er de la haute Dordogne» des iiancs calcaires en tous points analogues des communes de Savennes et de Messeix (Pujde-DAme) et de Merlines (Corrèze). »
Les porphyres, comme nous l'avons déjà dit» sont peu fré* quents et pour ainsi dire accidentels dans le Cantal. M. Baudin en cite pourtant quelques exemples. Tel est le pùrpkyre granitoïde de la c6te d'Orgon sur la route d*Aurillac à Tulle. C'est un porphyre granitoïde composé de feldspath et de mica sans quartz. « Le feldspath ne forme pas, dans cette roche éminemment feldspathique, une pAte proprement dite, mais s'y présente sous forme de petites masses lamelleuses se croisant dans tous les sens ; le mica j est abondamment répandu en petites paillettes d'un brun verdAtre. »
Ce savant indique ensuite le porphyre quartzifère aui environs de Chaudesaigues , et décrit sous ce nom la roche en filons à laquelle nous avons donné le nom de protogyne.
« Les autres points du département où M. Baudin indique le porphyre quartzifère , mais seulement en filons . sont : la Baraque sur la route de Saint-Flonr è Mende ; les bords de la Voyrèse , commune de Lanric ; enfin , la Ksière ouest du long terrain houiller qui traverse Tarrondissement de Mauriac à Champieix , près de Vendes. »
Le quartz en filons traverse souvent dans le Cantal comme dans le Puy-d»-D6me les masses du terrain primitif. Noos avons reproduit déjà {page 129) , la description donnée par M. Baudin , de trois de ces principaux filons.
M. Raulin , dans un voyage qu'il a fait au Cantal , a noté les hauteurs que le terrain primitif peut atteindre sur les points les plus rapprochés du centre du massif. « En sortant de Thiézac vers le S.-O. , le gneiss forme , au milieu des
DÉPARTEMEKT DU CANTAL. 453
ierraÎDS plus récents» une protubérance élevée de 806 m. ; Autrac près de Blesie 967 m. , Espalène près de Massiac 666 m. , Joursac» dans la vallée de l'Allagnon, 760 m. , le Pirou , à 6 kiloni. de St-Flour , sur la route de Montpellier, 899 m. ; Neuve-Eglise, sur la rouie de St-Flour à Chaudesaigues»971 m. ; Terondels, à l'ouest de Pierrefort, 768 m. ; La Croii , au sud de Mur de Barës, 723 m. ; Montsalvy, 842di.; St-Mamet» sur la routed'Aurillacà Maurs» 682 m.; St-Gervaîs» sur la route d'Aurillac à Mauriac, 659 m. Ces faits nous montrent que le sol primordial , au lieu d'être plus élevé au centre du Cantal, atteint, au contraire, des altitudes plus considérables sur son pourtour, » {Bulletin de la Saeiétigéol. de France ^ tome 14, p. 175.)
Pour les Blons où les gttes de minéraux qui existent dans le terrain primitif du Cantal, nous prendrons encore M. Baudin pour guide.
« Il signale d'abord le filon de Thinières , commune de Beaulieu, remarquable par l'association du quartz et du sulfate de baryte avec du carbonate de cette même base. Deux gttes voisins appartenant au Puy-de-Dôme, semblent n'être comme celui de Thinières , que des accidents d'un même et puissant filon , longeant la Dordogne dans
cette partie de son cours Ce gite tenant du fer, plomb
et argent , consiste en un filon encaissé dans le granité à la limite même du terrain houiller y adossé , filon de direction nord-sud , et de puissance variable de quelques décimètres h deux mètres. La baryte sulfatée, qui en est la roche dominante , s'y présente en masses lamellaires d'un blanc miroitant, et le carbonate en masses radiées , translucides, rappelant tout à fait l'aspect de la baryte carbonatée d'Angleterre. Quelques autres gttes de baryte sulfatée , sont encore
indiqués dans le Cantal ; tels sont : 1^. an filon qai traverse à 500 m. environ du bourg de Champagnac, te diemio même de Lomprat» courant » dans le granité, du nord-ouest au sud-est ; la baryte en est d'un très-beau blanc , elle est accompagnée » comme à Thiniëres , de cristaux de quartz hyalin ; 2®. un filon moucheté de galène , affleurant sur la voie publique , au sud-ouest et à l'entrée même du bourg de la Nobre et se dirigeant dans le gneiss du nord au sud ; 3®. les filons tenant galène de Crouzy, près de Mauriac et du ravin de Rolland , vallée d'Alagnon ; 4®. ceux encore tenant antimoine du ravin de Saint-Mary-le-Plain , près et commune de Bonnac. »
Le fer a été signalé dans quelques localités du Cantal et notamment aux environs de Pleaux, sous la forme d'oxyde disséminé dans le gneiss , à l'état de carbonate , avec gangue de baryte sulfatée , à Thinières » et sur quelques points restreints voisins du département de la Corrèze.
L'antimoine est plus répandu , mais il est pour ainsi dire restreint au canton de Massiac.
Ainsi que nous l'avons déjà dit (po^e 143) , on a retiré de ces mines des environs de Massiac » de magnifiques échantillons , couverts de gros cristaux d'antimoine sulfuré; nous avons pu en acquérir de très-remarquables lors d'une reprise momentanée des travaux» en 1862.
L'oiyde blanc d'antimoine , et parfois le kermès natif « existent en petite quantité avec le sulfure ; le quartz est la guangue la plus ordinaire de ces minerais.
Nous devons , pour terminer , mentionner les gttes de plomb f qui traversent les terrains primitifs du Cantal , ils ont été décrits avec soin et dans Tordre suivant , dans la Statistique minérale de M. Baudin.
DÉPARTEMENT DC CAIITAL. 455
a Gîte de Crouzy ^ commune de Chalvignac, — li consiste en filons ou veines de galène , non argentifère , ou du moins peu argentifère , filon à gangue de baryte sulfatée » courant du nord au sud , et croisé par un filon d'antimoine de direction normale.
» Gîte de Thinières. — Il consiste en un filon de baryte sulfatée déjà cité avec baryte carbonatée, quartz hyalin, gangue au milieu de laquelle se montrent irrégulièrement disséminés du fer carbonate et de la galène argentifère » intimement unis, m
M. Baudin cite encore la galène dans du quartz, près du pont d'Orgou ; dans le quartz et la baryte du ravin de Rolland, dans le ravin de Las-Caves, dans le granité de Rouffiac et surtout dans le schiste talqueui du ruisseau de Cazaret.
a La concordance qui existe entre les allures du gtle et la stratification des schistes encaissants , le passage insensible de ces schistes à la roche métallifère , laquelle n*est ellemême qu'un schiste argileux , noirâtre , chargé de galène , tantôt à l'état presqu'amorphe , et disséminée dans toute sa masse , tantôt à facettes brillantes et distribuées par veines ou rognons, entre les feuillets ; l'absence enfin de salbandes et celle de minéraux cristallisés, tels que le quartz et la baryte, si communs dans les filons de plomb , font de ce gtte un gtte tout à fait anormal dans la France centrale ; car à rencontre des nombreux filons de galène qui la sillonnent , ces diverses circonstances nous paraissent caractériser un gisement de galène en couche.
tt Cette mine exceptionnelle , par son gisement , l'est aussi par son minerai très-riche en argent , dont un échantillon a donné à l'essai 0,0024 d'argent au minerai brut ,
456 TEBRAUfS FRlMITUrS.
et Qo antre l'énorme teneur de 0,01 16 , an achlich obtenu par layage sur Taugette. »
La recherche de Tor par M. Becquerel » dans le gtte de Cazaret , tout en accusant la présence de ce métal , a prouvé que la quantité était trop petite pour qu'on puisse l'exploiter avec avantage ; mais cette recherche a conduit M. Becquerel a reconnaître dans ce filon ou dans cette couche , la présence des diverses gemmes caractéristiques des sables aurifères, a Ayant soumis à trois lavages successifs 100 kilos de résidu provenant du traitement électrochimique du oùnerai à teneur de 45 è 50 pour cent de galène» M. Becquerel est arrivé è un dernier résidu , tenant 0,00015 d'or ou 15 grammes d'or aux 100 kilos, et dans lequel l'examen microscopique , a indiqué la présence des minéraux ci-après :
al®. Des quartz hyalins en grains roulés et en grains an* guleux , formant à peu près le tiers du sable. — 2®. du quartz agathe de filon , gris clair , translucide , tantôt esqoiileuz , tantôt caverneux , et , pour mieux dire haché : cette substance est plus abondante que la première. — ^ 3®. Une matière brune métalloïde, caverneuse, provenant de la calcination des pyrites, ou du fer arsenical lors du grillage. — 4®. Du fer arsenical blanc , ayant l'éclat métallique et une cassure unie et brillante. — 5®. Des fragments de pyrite, d'un jaune franc, qui ne paraissent pas être aurilères. — 6®. Des substances vitreuses , brunes , analogues au grenat, au zircon et au spinelle. — 7®. Quekjues parties blanches , opaques , à cassure assez plate , pas assez lamelleuses pour du feldspath , mais ayant de l'analogie avec ce minéral et surtout avec l'albite. — 8®. Quelques fragmenta hyalins de quartz d'un gris jaunâtre. — 9^. D'antres d'un jaune plus prononcé , ayant tous les caractères de la topaze.
DÉPARTEMENT DE l'aYEYROM. 457
— JO^. Quelques grains d*un blea très-clair qu'on a également retirés des sables* et paraissant appartenir au corindon; ils sont allongés, roulés, et ont de l'analogie avec les télésies roulées. — 11*. Plusieurs petits fragments d'un très-beau vert, qui appartiennent indubitablement, en raison de la couleur et du clivage , à l'émeraude. — 12^. De l'or à l'état de paillettes , de lamelles , de petites pépites roulées , que l'on peut eitraire avec des pinces. On a reconnu également plusieurs morceaux de quartz auxquels adhéraient encore des lamelles d'or. » {Comptes rendus de VAcad. des sciences, iQ et 2t juillet 1840).
Divers filons arséniières se trouvent dans le département du Cantal et font suite à ceux qui existent dans le Puy-de- D6me. « Ces filons, dit M. Baudin^sont situés sur le revers S.-E. du Cézallier , dans les communes de Molèdes et de Vèze. Ces filons courent N.-S. dans le gneiss et le micaschiste Le minerai d'arsenic qui constitue ces filons , est
l'arsénio-sulfure de fer ou mispickel des minéralogistes, composé de 43 d'arsenic , 21 de soufre et 36 de fer. Fréquemment il est associé à des pyrites de fer , et accidentellement à des arséniures ou arsénio-sulfures de nickel. Enfin, il renferme généralement un peu d'argent et même un peu d'or. Les filons sont nombreux , d'une direction N.-S. remarquablement constante. » (Baudin, Statistique minérale du Cantal, Ann. sdentifiq. et litt. deVAuvergne^ 1. 16, 1843).
DIS TBRRAUIS PRIMITIFS DU DÉPABTSIIENT DB l'aTETROR .
Nous ne pouvons nous étendre indéfiniment au delà du département du Puj-de-Dôme , et , par conséquent , nous
De pouvons écrire que quelques ligues sur le départemeot de l'Aveyron.
Les goeiss, les micaschistes» et surtout les granités» couvrent la majeure partie de cette portion du plateau central. Des granités à petits grains occupent une bonne portion du nord du département. Entre les limites du Cantal et Entraigues , ces granités sont traversés par des filons de porphyre quartzifère » par des protogynes et des pegmatites , roches qui » dans ces localités » passent assez souvent de Tune à l'antre. En approchant d'Entraigues , on ne trouve plus que des granités » et celui qui supporte la ville est ï grands cristaux de feldspath rose. Ce granité d'Entraigues parait avoir fait éruption à travers le micaschiste comme celui de la Lozère» car» avant d'arriver à Entraigues» la route est tracée sur la corniche d'un précipice effrayant creusé dans le micaschiste.
Au delà d'Entraigues» on suit encore longtemps le granité » dans lequel on voit des cristaux de tourmaline groupés et souvent aussi des morceaux arrondis de granité à petits grains et d'un granité micacé ; ces fragments proviennent peut-être de la roche traversée par le granité lors de son apparition ; peut-être aussi sont-ils dus à une sorte de liquation des éléments du granité pendant sa solidification.
Si l'on aborde le département de l'Aveyron par la route de Chaudesaigues » c*est encore du terrain primitif que Ton rencontre» mais il est bientôt caché sous les grandes nappes basaltiques de la Gniole.
Les terrains primitifs de l'Aveyron ont subi, comme toutes les parties du massif central de la France » de nombreuses dégradations ; un vaste bassin houiller et des bassins partiels y ont été creusés aux anciennes époques géologiques.
DÉPARTEMENT DE l'aRDÉCHB. 4Ô9
Les eaux triasiques ont rempli le plus vaste de ces bassios , situé entre Aubin » Villecomtal , Espalion , Saint- Geniès , Rhodez et Marcillat ; puis la mer jurassique pénétrant dans cette espèce de golfe » a recouvert le trias par le lias et ce dernier par l'oolite.
Il est évident qu'à cette époque , le terrain primitif formait les rivages de c^tte mer calcarifère. Maintenant, ce sont les causses ou plateaux calcaires qui font saillie ; les micaschistes » les granités , ont été usés , brisés , ravinés ; il ne reste que des crêtes arides ou des blocs entassés , et l'érosion » moins active sur les calcaires que sur les roches primitives , a considérablement abaissé le niveau de ces dernières.
DU TERRAIN PRIMITIF D€ DÉPARTEMENT DE l'aRDÉCHE.
Nous voici maintenant bien loin du département du Puy-de-Dôme » notre point de départ et le but principal de ces études géologiques. Mais nous sommes encore sur le plateau central , et comme nous aurons à poursuivre la puissance volcanique dans l'Ardèche et dans l'Aveyron , nous devons dire quelques mots des terrains primitifs de ce département.
L'Ardèche a déjà été étudiée avec soin par MM. de Malbos 9 Fauverge » Fournet » Dalmas , et par quelques géologues qui y sans y faire un long séjour , ont cependant exploré quelques-unes de ses localités.
Nous avons néanmoins peu de documents sur ses terrains primitifs. Selon M. Fauverge , les diverses formations de ce département forment un grand amphithéâtre , dont les degrés sont d'autant plus élevés qu'ils appartiennent à des for-
460 TBEBAIN8 PRIMITIFS.
matioDS pios anciennes. La crête des Cévennes » dont la direction est N.-E. et S.-O., est le pins haut degré. La chaîne du Goyron » avec ses larges nappes de basalte , a'élevant depuis le Rh6ne jusqu'aui Cévennes » partage ce département en deni parties , Pane méridionale, Tantre septentrionale. Cette dernière moitié ne présente guère que des terrains primitifs » à Teiception de deui lambeaux de terrains jurassiques, au bord du Rhône et d'une bande composée de divers terrains de sédiment et de nappes de basalte.
Là 9 comme sur le reste du plateau central , nous trouvons des roches primitives schisteuses et des roches primitives éruptives. Une carte géologique, publiée par M. Dalmas, met en évidence les grands traits que ces roches ont imprimés à cette intéressante partie do plateau central.
Cette carte nous montre que les gneiss et les granités occupent la majeure partie du département, tandis que les micaschistes sont surtout développés à la pointe méridionale , où ils se rattachent au micaschiste de la Lozère. Le massif primitif de la France centrale a une de ses Usières dans ce département, et Ton voit successivement le trias, le terrain jurassique et la craie , s'appliquer en recouvrement sur les terrains primitifs.
Le gneiss de TArdèche est composé, suivant M. Dalmas, des mêmes éléments que le granité gris à petits grains , mais plus de mica. Il est disposé en couches contournées. Il passe quelquefois insensiblement au granité gris , lorsque le quartz et le feldspath } dominent , et au micaschiste lorsque le mica y est dominant On voit le gneiss sur la route de Jaujac à Réjus , au Pont-de-Veyrières , à Neyrac , dans la commune de Montpezat , etc.
DÉPARTEMENT DE l'aBDÉCHE. 461
Le gneiss , comme Ta fait remarquer M. de Malbos , forme on cap avancé è ia montagne de Bares » anx Vans , et reparatt après avoir formé nn antre golfe pins grand sur la chaîne abmpte dnTanargue, à Aobenas, àSt-Pierreville, etc. « Ses couches » dit M. de Malbos , relevées presque perpendicolairement et nues, ont des formes abruptes et présentent des anfractoosités et des précipices effrayants » surtout h la montagne de Bares, à Thines, Saint- Laurent, Sablières , etc. Les couches se dirigent , en général , de rO.-S.-O. à l'E.-N.-E. ; elles sont traversées par plusieurs larges veines d'un trapp noir luisant» quelquefois amygdaloîde , avec feldspath , quartz blanc , rose ou bleuâtre, a
« Ce terrain est souvent coupé par des filons d'une siénite rose , qui , vers les sources de Chassezac , forme des montagnes entières ; ce feldspath rose est è pflte très-fine , et souvent agréablement moucheté par Tamphibole. Souvent aussi 9 mélangé avec le quartz , il forme un beau granité. On observe encore , surtout du côté de Saint-Laurent , des filons de feldspath rose non cristallisé. »
« Quelques filons considérables de sulfate de baryte se rencontrent dans ce terrain , surtout à Peyre , près de Thines » à Lagarde , à la Bastide , à Saint-Laurent. Dans ce dernier endroit existe un filon , de plus d'un mètre de puissance , de chaux fluaté verte , blanche, purpurine, violette, à cristaux cubiques, pyramidaux, etc., etc. »
« La formation de gneiss renferme quantité de filons métallifères. On y trouve do minerai d'antimoine , le plus riche de France , à Malbos ; du plomb argentifère ao Via • lat , à Malon , Gravières, Thines, Sainte-Marguerite , Saint-
Laurent , Jaajac, Mayres, etc. » {BulL de la Soc. géol. de France, t. 10, p. 326.)
Le micaschiste de TArdëche est très-développé et fait suite À cette grande formation à travers Inquelle se sont élevées les masses granitiques de la Lozère et de TAigoual. Cette roche couvre quelquefois les gneiss ou vient s'y adosser. Ses couches sont très-tourmentées, contournées» quelquefois verticales , mais parfois aussi presque horizontales.
Dans plusieurs endroits , le micaschiste pénètre des granités divers et s'y trouve enchevêtré; aussi M. Foumet, dont nous connaissons les opinions plutoniennes , a voit dans les passages multipliés du micaschiste aux divers granités de l'Auvergne , et dans l'altération des caractères normaux et de la composition simple du granité , des preuves d'une sorte de pétrissage du micaschiste dans un grand bain de granité en iusion. Le micaschiste aurait fourni la croûte primitive , et l'éruption de la masse granitique à travers cette croûte , aurait donné lieu à une réaction mutuelle des deux matières , aux gneiss de diverses structures, et , d'autre part , aux granités plus ou moins impurs et pinitiières qui s'enchevêtrent avec les micaschistes, lesquels deviennent également pinitifères. » ( BulL de la Soc. giol. , 2^ série , t. 11, p. 762.)
Ces roches schisteuses , gneiss et micaschistes, que nous considérons comme les plus anciennes du plateau central , ont aussi été percées dans TArdèche, par plusieurs variétés de granité , par des pegmatites , des leptynites et des 6lons de porphyre.
Les granités se présentent aussi avec des caractères divers, des grains plus ou moins gros , du mica plus ou moins abon-
DÉPARTEMENT DE l'aBDÈCHE. 463
dant et diversement coloré , de grands cristaux de feldspath qui loi donnent Taspéct porphyroïde.
C'est à rérnption des granités porphyroïdes , à Tétat pâteux f qae M. Dairoas attribue l'orientation générale des arêtes et des plissements da gneiss et du micaschiste de S.-S.-O. à N.-N.E.
M. Fournet a remarqué dans l'Ardècbe et principalement aux environs d'Aunonay, un granité pinitifère. « Ces granités de diverse nature, dit-il , avec cristaux de pinite, commencent vers le Lyonnais et se continuent par Annonay , Saint-Félicien , Tournon, Saint-Agrève, Mézilhac , jusqu'au Tanargue ; d'autre part, dans la direction du Puy , jusqu'à Saint-Etienne et Pierre-sur-Haute. On se rappelle que Cordier les avait signalés depuis (pngtemps , sous les produits pbonolitiques du Mezenc.
M. Dalmas a confirmé sur les granités de l'Ardècbe , l'absence de parties scorifiées; il a remarqué o que ces granités éruptifs , quoique très-plastiques à leur sortie , n'ont jamais scorifié ni même altéré les fragments de gneiss et de micaschistes qu'ils ont empâtés , tandis que les mêmes fragments empâtés par les basaltes, sont toujours scorifiés ou altérés. » D'où il conclut à l'origine ignéo-aqueuse de ce granité.
Quelle que soit cette origine , il est certain que cette roche offre un grand nombre de variétés. Sur les bords du Chassezac , il est porphyroïde à grands cristaux de feldspath hémitrope, blanchâtre , bleuâtre ou rose ; le granité du Tanargue est plus homogène, offrant souvent de grandes lames de mica blanc ; celui du Mezenc est à petits grains , tandis que celui de Valgorge et de Bornes affecte des formes prismatiques.
464 TERRAINS FRIMITIFS.