‹ Les époques géologiques de l'AuvergneChapitre 13 sur 115 · SOULÈVEMENTS · texte numérisé non relu

SOULÈVEMENTS

isolées, on aura une idée jaste de la disposition de ces masses, mais non pas de leur origine. » [Journal des mi" na, t. 33, p. 117).

A une époqoe où Ton n'aurait osé soupçonner un soulèvement de la chatne pyrénéenne, il était en effet dilliciie d'eipiiqoer un pareil phénomène ; mais en admettant que le granité soulevant de l'axe des Pyrénées s'est fait jour sous des roches de gneiss, rien de plus simple que dans ces montagnes comme sur la Lozère le granité ait fracturé et emporté sur son arête des masses de gneiss plus ou moins volumineuses.

La direction principale qui, sur le plateau central domine tons les accidents géologiques est: E.-S. lO"*, O.-N. 10^, sur laquelle se trouve la ligne des Puys, le Mont-Dore et le Cantal. Une autre moins importante est fournie par la ligne tnchytique du Mezenc : O.-S. 20*', E.-N. 20% est trèsprobablement bien antérieure aux éruptions de trachyte.

Au reste, tous les accidents du sol de la France centrale sont placés dans cette première direction qui est celle des bassins de Langeac, du Puy, d'Ambert, de JMontbrison, de Ro«inne et de la Limagne.

Le granité à grqs grsins ou porphyroïde est très -probablement la roche soulevante la plus ancienne. Elle forme, comme nous venons de le dire, dans la direction approximativement N.-S. la base de tous les puys des monts Dômes. Elle constitue une falaise très-nettement indiquée sur le bord occidental de la Limagne. Au pied de cette falaise règne une ligne de fracture qui date d*une époque très-ancienne, et qui plus tard a favorisé la sortie des volcans de Bannière, de Channat, de Clerzac, de Prudelle, de Charade, de Berzé, de b Serre, de Gravenoire, etc., tous basaltiques ou au

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moins des plus anciens de nos volcans à cratères et qui semblent disposés snr nnc ou deux lignes au bord de cette fa-^* iaise.

Des sources minérales nombreuses dont quelques -unes* sont encore actives ont proGté de cette fracture pour amener dans le bassin de la Limagne d'abondantes émissioofi

calcaires.

Il est bien certain que la ligne principale des monte DAmes s'est élevée sur une grande fracture de terrain primitif» fracture déjà indiquée par les amphibolites et dans d*antres localités par des porphyres. Aussi tronve-t-oo aa puy de Chopinc et au puy de Montchar le terrain primitif soulevé et disloqué avec cette série de roches qoî étaient venues se placer auparavant au milieu du terrain primitif. Le basalte ancien qui recouvrait presque tout le phteau a été lui-même dérangé et se trouve souvent mélangé aux autres déjections, ou 6gure en place dans les lieux qui n'ont pas été entièrement recouverts par les matières projetées. On retrouve le basalte mêlé aux matières de projection du puy des Goules.

L*apparition du granité a contribué à plisser et h déranger les terrains schisteux du plateau central; mais il faut reconnaître que des oscillations nombreuses sans émissions extérieures de roches avaient déjà contribué à onduler on à briser les couches des gneiss et des micaschistes. Il est probable que le granité, comme la plupart des roches éruptive»» ainsi que nous Tâtons constaté, surtout pour le basalte» a pu soulever ou déranger des masses sans arriver au jour» et contribuer ainsi par une action entièrement souterraine & rendre inégale Textérieur d'une contrée.

HM. Dufrcnoy, Eliedc Beaumont et Boulanger ont mon-

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lié que les couches qai occopent le bassin de Commentry sont relevées par an dôme de granité porphyroïde sur lequel rnsine est bAtie et qu'une galerie traverse sur une longueur de 672 mètres, lis sont d*accord pour considérer ce granité pQrphyroîde comme postérieur au dépAt du terrain houil- 1er. La houille n'est pas altérée au contact de cette roche. Nous ne pouvons, cependant» considérer cette date que comme une exception , car les soulèvements les plus anciens du plateau central nous paraissent dus au granité porphyroïde.

C'est ce beau granité qui constitue dans les départements de la Lozère et du Cantal la grande chaîne de la Margeride» Tune des plus remarquables saillies du plateau , puisque sur quelques points elle atteint ou dépasse 1 ,350 mètres et osqu'à 1 ,393. La ligne de faite s*étend au moins sur une Iongnear de 50 kilomètres. Les contours de cette chaîne sont doux et arrondis, et dans quelques parties, et notamment a« Palais du Roi , le granité se montre en masses énormes et souvent superposées. Il est certain que la Margeride a comme la Lozère soulevé les roches schisteuses dans la direction de son faite, et que le granité semble sortir d'une immense boutonnière; mais cette dernière montagne transversale de TE. à TO., comme la chaîne des Pyrénées, est probablement plus ancienne encore que la Margeride, peutêtre plus ancienne que le Forez. Cependant il serait difficile de déterminer à qui appartient l'antériorité de la Margeride oa de la Lozère, et l'on serait tenté de considérer les deux soulèvements comme contemporains, si leur direction était la même. Dufrenoy pensait lui-même que le soulèvement de la Margeride est antérieur au terrain houillcr.

M. Doribac attribue aussi l'ancien soulèvement de la

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Margefide à rémission dn granité porphjroïde qai s*est fait jour paiement sor plusiears points de la Haute-Loire , et qui forme dans la Lozère des massifs montagneux considérables. Il fait remarquer {sur les dépôts houitlers de Braaae et de LangeaCf p. lOj, que Taxe de la Hargeride, la ligne formée par les successions des cratères les plus récents , et en6n Taxe de la chaîne du Forez sont» à peu de chose près, parallèles.

Le soulèvement de cette chatne que M. Dorlhac fait correspondre à celui de la Vendée (premier système de M. E. de Beaumont) aurait redressé toute la partie sud du plateau central et Taurait ainsi placée au-dessus de la surface des mers anciennes^ dans le sein ou sur le bord desquelles avaient lieu ces dépôts sédimentaires. Aussi , c'est seulement vem le nord , à partir des environs de Cosset » dans la partie encore submergée, que commencent les couches siluriennes.

La chatne du Foret que nous considérons comme aoaai ancienne que celle de la Margeride , a subi plus tard on nouveau soulèvement, ou au moins de mientes dislocations par Tapparition du porphyre quartzifère.

M. Dalmas attribue le principal soulèvement des Cévennes aux granités porphyroîdes, et par conséquent le soulèvement postérieur au dépAt des terrains jurassiques (^elui que M. de Beaumont appelle la C6te-d'0r), n'a élevé les Cévennes que de 200 à 300 mètres (Dalmas).

Dans r Ardèdie , nous retrouvons encore ces actions soulevantes; d'après M. Dalmas , les premiers soulèvements de cette contrée ( TArdèche ) furent des ties basses au milieu d*une mer immense. C'étaient la chaîne primitive do Tanargue, de Saint-Bonnet-le-Froid et du Pilit, passant par Saint-Laorent-les-Bains , les sources de l'Ardèche et de la

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Loire, St-Bonnet et Bourg-Argental près Aanonay , dans la direclion N.-E. ; mais ces premiers soulèvements n*amenèrent pas les roches primitives à la hauteur <}u*elles ont aujourd'hui.

Deax ordres de faits tout-à-faît différents appartiennent peut-être comme conséquences aux actions soulevantes qui se sont manifestées sur le plateau central. Ce sont les roches polies et les cirques do granité.

Les roches polies sont très-rares. Nous les avons observées sur la route d*Ambert h ViveroJs , près de Thicrs, sur un espace très-restreint de la montagne de la Margeride , près dlssoire sur un granité. Il est impossible de rapporter le poli de ces surfaces à des actions glaciaires. Nous ne pouvons y voir qne des glissements opérés par de petits soulèvements partiels et instantanés. On connatt du reste un grand nombre de phénomènes semblables et dans des conditions telles, que Ton ne peut faire intervenir l'époque glaciaire, tandis que Faction soulevante d*une roche frottant fortement sur une autre en donne une explication toute naturelle. Des surfaces de glissements parfaitement polies ont été mises à découvert dans les tranchées du chemin de fer de Lempdes à Massiac. On les remarque surtout avant d'arriver à \a station de Blesle. Plusieurs de ces surfaces sont très-étendues et accusent des mouvements du sol d'une eitrême puissance. Nous citerons encore un exemple pour prouver une fois de plus que les mêmes faits géologiques peuvent se reproduire à d'énormes distances.

Il est peu d'endroits, dit L. de Boch {BtUl. de la société giol. deFranee^ t. 2, p. 619), où l'action du granité sur le gneiss soit plus évidente que dans le voisinage des villes de Stockholm et de Gothembourg. Dans les rues mêmes de

M TERRAIKS PAUUTIFS.

le première de ce) villes, on voit près de Kégllse Salule-Ca- Iberine des roches qui se composent d'écaillés concentriqueSt traversées par des filons de granité qui ne se correspondent pas d*une écaille à raulre, ce qui prouve clairement qne ces écailles ont glissé Tune sur Tautre; on comprend aussi que ces écailles en chevauchant Tune sur l'autre doivent se polir réciproquement comme on le voit sur toutes les surfaces de glissement. Cette action ne saurait être attribuée à des agents extérieurs» tels que la glace ou des blocs erratiques; car les écailles intérieures sont aussi bien polies que Técaille superficielle » comme on peut s'en assurer sur les rochers appelés Bvila Backen. Dans quelques rues de Stockholm , Bondagata et Tjaersbrogsgata , par exemple , la surface unie de ces écailles forme même un pavé naturel. Ces apparences se soient aussi très-bien dans les rochers et les carrières du bois de Carlsberg. »

Les cirques du terrain primitif qui existent en Auvergne et dont plusieurs ont été tracés sur notre carte peuvent dater de la première époque, ou peuvent être postérieurs ou même de date récente. Ils existent sur plusieurs points» à Fontanas, k Temant» à l'Etang, près Clermont, sur plusieurs parties da canton de Saint-Germain-rUerm , etc. Nous les indiquerons dans nos descriptions locales du terrain primitif. Ils sont surtout visibles quand le granité qui en forme les bords, dé* composé en boules amoncelées, en indique assex nettement les contours. Ces dépressions du sol diffèrent des cratères d explosion en ce qu'elles sont moins profondes, moins régulières. Sont«-ce les traces de soupiraux par lesquels les gax s'échappaient lors des premiers soulèvements 7 Seraient-^ elles plutôt des indices d'un retrait pendant la consolidation des granités, comme cela a eu lien sur les grands plateaux

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basaltiques? Nous pencherions pour cette dernière hypotlièse. Ce ne sont pas certainement des coups de comète que la terre aurait reçus et qui aurait laissé leur trace, comme llalley le disait en 1 649 au sujet de la dépression de la mer Caspienne 9 et comme de Boucheporn Ta renouvelé d'Haïley il y a quelques années.

On nous reprochera peut-être de n*avoir pas défini nettement les époques de soulèvement de TAuvergne , et de n V Toir pas eo quelque sorte isolé chacune de ses formations entre deux secousses soulevantes» à peu près comme on isole les feuillets d'un livre entre les deux cartons de sa reliure. Nous avouons , malgré nos longues études sur cette eootrée, n'avoir jamais pu découvrir ces périodes et ces intervalles si précis dans les livres, si souvent confus sur le terrain. Nous ne pouvons exprimer que des moyennes dans DOS époques , et nous ne connaissons aucune catastrophe sonlevante qui ait eu la puissance de fermer complètement noe période pour en ouvrir une autre.

M TEHRAINS PRIMITIF».

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