DU PORPHYRE
Si par la pensée on suppose une ligne droite dirigée de Test à Touest et passant par Ctermont , c'est-à-dire partageant le département en deux parties un peu inégales sud et nord t c*est dans cette dernière partie » un peu moins éteodue, que se trouveront tous les terrains de porphyre.
La partie sud n'en est pas privée » mais cette roche s'y présente seulement en filons ou en petits amas bien différents des grandes masses que Ton remarque dans la partie opposée. Ces porphyres sont aussi très-développés dans les départements de la Loire» de l'Allier et de la Creuse.
Ils disparaissent dans le département du Puy-de-Dôme sous les puissantes assises tertiaires et alluviales de la Limagne, mais leur apparition fréquente sur les deux falaises primitives de l'ancien lac» principalement dans les cantons de Thiers et de St- Victor à l'est, de Combronde et d'Âigueperse à l'ouest , ne peut laisser aucun doute sur leur prolongement sous les dépôts tertiaires.
A l'est de la Limagne , on voit de grands espaces couverts de porphyre dans les cantons de Thiers, de Chftteldon et de Si- Victor. Ces masses bordent la Limagne et s'élèvent en falaises abruptes. Une foule de dômes de porphyres rattache cette bande à celle du village de St-Victor qui est une des plus larges et des plus étendues. Il semble que dans ces cantons il y ait lutte entre le granité et le porphyre. Ce dernier se montre partout» constitue tous les sommets, apparaît dans le fond des vallées, comme une roche qui cherche à se faire jour en perçant ou soulevant celles qui lui font obstacle.
Enfin, hors du département, dans l'Allier et dans la Loire, le porphyre devient la roche dominante depuis Boën (Loire) jusqu'au delà de la Palisse (Allier). Ce grand massif de porphyre offre sa plus grande largeur entre Thiers où la roche combat encore le granité, et Roanne où le porphyre disparaît sous des roches sédimentaires , pour reparaître beaucoup plus loin encore, à travers les terrains de transition , h Beaujen et autour de Tarare. De magnifiques porphyres existent dans le défilé des roches que suit la Loire pour sortir du bassin de Feurs et entrer dans celui de Roanne. C*esl dans cette localité que l'on peut le mieux étudier les belles variétés de cette roche éruptive. « Les rochers de St-Haurice, dit Hericart de Thury , sa gorge profonde, et
celle de la goatte de la Plagne, présentent les plus belles variétés de porphyres noirs , rouges , gris , jaunes » verts , à
grands éléments cristallins, etc Ces porphyres forment
généralement la base des montagnes des deux rives du défilé des roches.
Au sud de Thiers , de Celles et de St- Victor» dans toute la parlie orientale du département» le porphyre s'elTaceet ne se montre que de loin en loin » tantôt en dômes » plus souvent en filons dans le granité ou dans le gneiss. Ce sont de simples accidents dont nous parlerons en nous occupant de la géologie particulière de chaque localité.
Traversons maintenant la Limagne pour chercher les porphyres dans la partie occidentale du département. Noos allons les trouver assez développés sur la falaise même » derrière St-Agoulin f à St-Hiiaire-Ia-Croix , aux environs de Combronde et jusqu*au-dessus de St-Hypolite, près Riom. Dans toutes ces localités » plus encore que dans la partie orientale du département » les dômes et les affleurements relient toutes ces masses de porphyre et répètent exactement les phénomènes produits de Tautre côté de la Limagne.
En nous éloignant à Touest du bord de ce bassin » nous reconnaissons bientôt que les porphyres de Saint-Agoulin se relient à ceux de Joserand et de Combronde , lesquels se rattachent eux-mêmes à la grande masse de St-IIilaire-la- Croix , puis au vaste massif de ChAteauneuf. De nombreux filons pénètrent dans le canton de Manzat » autour du gour Tazana» et établissent ainsi une suite non interrompue entre tous ces grands massifs de porphyre. On suit encore cette roche au nordda département» sur la route de Menât» aux environs de Pouzzoles» et le porphyre» un instant interrom-
pu, se représente sur les bords de la Sioùle, s'étend jusqu'à Senant , à 4 kilomètres de lé Sioule , et pénètre dans le département de l'AIIier.
Au nord-ouest du département du Puy-de-Dôme , nous remarquons le porphyre associé sur quelques points à une grande bande de granité au Quartier et à Montaigut.
Enfin, à Ch&teau-sur-Cher, à ât-Maurice, à Murât, dans le canton de Pionsat un porphyre noir ou verd&tre couvre one très-grande surface et s'étend dans le département de la Creuse.
En revenant au sud , nous voyons encore le porphyre associé au quartz i la roche Cornet, dans le canton de Pontgibaud ; nous remarquons les filons qui ont déterminé le cours sinueux de la Sioule, nous voyons çà et là quelques affleurements de cette roche , puis elle disparaît au sud , ou ne se montre plus qu'à de rares intervalles.
La fusion complète du porphyre , les cristaux réguliers de quartz, de feldspath, de pinite, ou de fer sulfuré qu'il renferme, la variété qu'il présente dans ses diverses localités, nous indique que pendant cette longue période des terrains primitifs la masse incandescente et (ondue de notre planète a continuellement réagi sur la partie extérieure , aidée trèsprobablement par d'abondantes émissions d'eaux thermales et siliceuses.
Les porphyres, quelle que soit leur nature, ont percé le sol partout. Ils se sont injectés dans les fentes , ils se sont consolidés en dômes arrondis, ils se sont épanchés comme les laves, se sont figés comme des pics, et se sont tellement mélangés aux autres roches primitives, qu'il devient imposable de les séparer nettement. Aussi , quoique nous ayons marqué sur notre carte environ un millier de points porpliy-
riqaeSy il en existe plusieurs milliers encore trop petits pour être exprimés, ou trop difficiles à distinguer des autres roches, on qui enGn ont échappé à nos observations.
Quelques roches serpentineuses mais évidemment éruptiveSy ont pu aussi être confondues par nous avec les porphyres.
Nous avons indiqué l'étendue des porphyres dans le dé* partement du Puy-de-Dôme ; ils abondent aussi dans le département de la Loire et même dans TÂlIier , mais ils sont rares selon H. Baudin dans le département du Cantal , et quoique ces gtles soient peu nombreux , ils appartiennent i des formations différentes.
H. Baudin cite comme exemple de porphyre granitoîde, le filon qui existe en haut de la côte d'Orgon, sur la route d'Aurillac à Tuile.
Il cite le porphyre quartzifère à Chaudesaigues ou le gneiss est traversé par de puissants filons k grands cristaux de feldspath et à quartz bipyramidaux. Ces filons existent à la sortie de Chaudesaigues en se dirigeant vers Rhodei et Tun d'eux porte le nom de Rocher de Gibraltar.
M. Baudin cite encore ce porphyre à la Barraque sur la route de Saiot-Flour à Mende, sur les bords de la Voyrèse» près de Tusine à arsenic » commune de Laurie. Là comme à Chaudesaigues , la direction est nord-sud.
H. Dalmas indique aussi les phorphyres dans TArdèche. Diaprés lui , le porphyre granitoîde constitue une partie du massif sur lequel est bâti le vieux château de Ventadour, au confluent de la rivière de Fontaulière avec TArdèche. Il est plus dur , plus cristallin , plus coloré que le granité gris auquel il ressemble (Ualmas).
M. Dalmas signale encore dans TArdèche le porphyre
qoartziière si abondant dans la Loire , l'Allier et le Pay-de- Dôme ; la pâte rosée ou roage brique très-compacte : peu de mica, beaucoup de quartz cristallisé et du feldspath orthose. Il forme des filons dans le granité et le gneiss. M. Dalmas en cite trois principaux : 1**. sur l'ancienne route n» 5 y entre le Pal et la source de Fontaulière, — 2^. au bourg de Chalençon , — 3^. dans le ruisseau de Servouen » près de la mined'antimoine.
CALCAIRES ET HÉMITHRÈNES.
Nous plaçons dans le terrain primitif les calcaires lamel* laires ou saccharoïdes que l'on rencontre en des points trèsrirconscrils ainsi que les hémithrènes , roches de. calcaire et d*amphibole qui paraissent aussi contemporaines des gneiss et des micaschistes.
Les calcaires souvent associés à des serpentines , se présentent sous forme d'amas ou d'afDeurements de filons puissants. Ils existent au sud-ouest du département » dans deux localités très-rapprochées , à Messeix et à Savennes. On en a retrouvé quelques fragments près des hémithrènes de Pontaurour. A l'est et au nord du département du Puy-de- DAme , ces calcaires , toujours associés au terrain primitif , sont plus abondants ; ils existent à Ferrières ( Allier ) » à Sl-Just (Loire) et dans plusieurs autres localités de ce dernier département.
Les hémithrènes constituent près de Pontaumur une bande ou un amas d'environ deux kilomètres de longueur sur 500 mètres de largeur. Cette bande est parallèle au terraio houiller ; elle s'appuie d'un côté sur le gneiss , de l'autre elle touche le grès houiller ou bien elle est cachée sous les alluvions du Sioulet.
60 TERHAINS PRIMITIFS.
Un autre point d'hémilhrène on d*une roche douteuse existe près de Bromont, ou-dessusde Ponlgibaud et se trouve englobée dans les micaschistes.
DES AMPHIBOLITES, DIOHITES» ETC.
Nous réunissons sous cette dénomination diverses roches compactes ou schisteuses trés-peu développées et surtout peu étendues dans le département du Puy-de-Dôme.
En allant du nord au sud « nous trouvons d'abord audessus de Volvic, puis dans les tlots primitifs enveloppés par la coulée de lave de la Nugère» des diorites bien caractérisées et associées au granité.
Nous devons supposer que ces diorites continuent sons les produits volcaniques de la chaîne des puys» mais elles sont complètement cachées, et l'on n'en voit des traces «{u'au puy Chopine, où» lors du soulèvement de ce dernier, elles ont été amenées au dehors avec le terrain primitif.
Cette bande nord-sud se prolonge ; on la retrouve près de Ceyssat et de Chez-Pierre plus ou moins modifiée ; puis, un peu h l'ouest, on en remarque une bande bien caractérisée associée au granité ou plutôt séparant le granité du micaschiste, au-dessus de Roure et de Say-Soubre , à Test de Bergaudix , cantons de Rochefort et de Pontgibaud.
Au Pont des Eaux , au-dessus de Nébouzat et de Recolëne , on remarque sous les basaltes , une roche qui se rattache à la même époque , mais qui présente plutôt les caractères d*un phyllade que d'une diorite. Mais à Test de ces localités, de véritables diorites se montrent en points isolés au-dessus de Saint-Genès-Champanelle oh quelques-unes
ÉTENDÇE. (kl
passent au petrosilex ^ puis au-dessus de Footfreide , près du lac de Cassière. Cette roche recouverte en cet endroit par la Jave qui descend du puy de la .Vache reparaît à Verneughe. Elle est encore cachée par la lave du puy de Charment et revient au jour à FoQtcIairant , village au-dessus duquel .elle forme un monticMie en partie caché par les scories du puy.de ]a Rodde.
A mesure que nous avançons vers le sud, nous voyons ces diorites se développer sous le village d'Âydat, à SaintrJulien. Elles passent sous une nappe de basalte qui descend de Zanières » et s'élargissent et $e développent sur une étendue de quelques kilomètres « autour de Fohet, de Pradas et de FontroarceL Plus loin, nous ne les trouvons plus, et, il faut arriver jusque dans le département du Cantal pour retrouver de nouveau l'amphibole dans le terrain primitif.
DES PEGMATITES.
S'il existe des contrées où les pegmatites sont bien caractérisées, ce n'est pas en Auvergne. Ces roches passent presque partout aux granités, et celles que l'on croit voir daos le canton de Combronde , au-dessus de Jôserand, sont de véritables granités porphyroïdes à grands cristaux de feldspath. Ces granités se prolongent dans le département de l'Allier où les caractères des pegmatites deviennent plus tranchés ou plutôt moins confus.
Une bande ou un simple filon de pegmatite bien caractérisée , avec tourmaline , existe près du hameau de Berzet^ à une faible distance de Clermont.
Nous ne retrouvons plus ensuite cette roche que dans la partie orientale du département, dans les cantons de Saint-
62 TERRAIKS PHIMITIFS.
Amant-Roche-Savine et d'Ambert ; elle est partout associée au granité. Elle semble confinée dans un petit espace entre les villages de la Chapelle , Vertolaye » Grandvai et Bertignat. Elle forme des amas irrégutiers on des filons avec tendance à la direction N.N.-E, S.S.-O.
On en voit des traces un peu plus au sud » à Chenailles » à Hénassaire « entre Pradailles et Champetières. Enfin plus à Test y près de la Dore , à Souvanix , nous en avons signalé trois filons parallèles.
Cette roche qui n*est à proprement parler qu'un granité à grandes parties , est ordinairement subordonnée au granité dans lequel elle forme des amas ou des filons et rarement des masses puissantes.
GNEISS ET HICASCHISTEiS. 63