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CHAPITRE VII

Des gneiss et des micasehlBtes.

Après ces considérations générales sar Tensemble des terrains primitifs , nous aurons à nous occuper successive* meAt des diiïérentes roches qui les composent et particulièrement des gneiss et des granités dont l'importance est si grande sur le plateau central. Ce n'est qu*après avoir étudié avec détail les terrains formés par ces deux roches que nous pourrons nous occuper de celles qui les ont traversées et qui leur sont en quelque sorte subordonnées. Plus loin encore , nous aurons à étudier les minéraux des terrains primitifs et les filons qui les traversent.

DE l'âge des gneiss ET DES MICASCHISTES.

Ces roches^ comme nous l'avons déjà dit» nous paraissent les plus anciennes» elles ne renfermentjamais de fragments d'autres roches ^ et ce fait est très-significatif» car on ne peut considérer comme enclavées ces masses si nombreuses de quartz qui sont évidemment contemporaines de la formation des roches cristallines schisteuses.

Un autre caractère de ces roches est de couvrir de vastes étendues de pays. Ainsi la presqu'île Scandinave ou la Suède et la Norvège, n'offrent pour ainsi dire pas d'autres roches» taudis que la Finlande a de magnifiques granités. Le Brésil

a aussi de grands espaces couverts de gneiss situés à des niveaux très-dilTérents.

Jamais ces roches n'envoient de veines ni d'injections dans les autres roches.

Les gneiss et les micaschistes qui ont formé le massif central de la France s'étendent encore sur la majeure partie de sa surface. Ils paraissent appartenir comme les gneiss de la Scandinavie aux temps les plus reculés de U création des terrains. Jamais on ne voit les roches schisteuses primitives reposer sur le granité. Quoique sur quelques points la presqu'île Scandinave supporte des terrains siluriens» nous supposons qu'elle était émergée en même temps que l'Auvergne, et que ces deux grandes îles de l'océan primilif , auxquelles il faut joindre le massif de la Bretagne formaient alors la principale révélation du sol européen. Werner soupçonnait déjà l'ancienneté du gneiss et son antériorité relativement au granité.

Nous trouvons plus de difScultés à nous prononcer sur l'âge des gneiss comparé à celui des micaschistes. Quoique ces roches ne soient pas toujours associées, leurs passages sont si fréquents qu'il est presqu'impossible de tracer leurs limites sur les cartes géologiques. Il sc^nble même que dans certaines localités, les gneiss et les micaschistes aient alterné, formés des mêmes éléments soumis successivement à des conditiçns différentes. S'il fallait absolument nous prononcer, nous pencherions pour l'antériorité du gneiss. Cependant cette roche, pas plus, que le granité , ne peut être considérée comme une roche absolument primitive. Des gnçiss se sont fuit jour à travers le calcaire jurassique de Stireck , fur les flancs du Mettenberg. Celte éruption a contribué selon M..Deles8e ù développer la structure cristalline dans toutes

les couches et môme jusqu'à une grande dislance. Elle a imprégné le calcaire de veines quartzeuses et métallifères.

DES CARziCTÈaKS DES GNEISS ET DES MICASCHISTES.

Ce qui caractérise les gneiss^ ici comme ailleurs, est la présence du mica , du quartz et du feldspath , associés de (elle manière que les petites lames de mica couchées à plat, tranchent souvent par leur couleur foncée sur le quartz et le feldspath moins colorés. Ils offrent égalementlescontx)urneipents si variés, si^ souvent répétés , qui les font paraître plissés ou ondulés.

Les micaschistes plus riches en mica, plus feuilletés, ont souvent leur mica en paillettes dorées qui les font briller nu soleil, ou bien ils deviennent presque terreux, quand le mica diminue ou quand il se décompose.

DF LA PriSSANCE DES GNEISS ET DES MICASCHISTES.

Il est très-difficile d'évaluer, même approximativement, l'épaisseur dès gneiss et des micaschistes ; on ne peut obtenir que des minima , car rarement on voit la roche ou le terrain qpi leur sert, de base, surtout pour les gneiss.. On évalue l'épaisseur de cette roche dans les Vosges, à 600 mètres, et sur le montKijolveg en Norvège, au* moins à 700 mètres* Quoique les actions et réactions dussent* avoir une grande énergie à l'époque de ces créations , il ne faut pas moins admettre un laps de temps considérable pour l'accumulatioii d'une si grunde quantité de matériauxw

Vv Gordier évalue sur quelques points de la terre l'épais* seur des micaschistes à 2000 mètres, immense superposition

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que Ton ne peut guère expliquer que par une longue sédimentation.

Aux environs de Brioude, les micaschistes constituent les sommets les plus élevés; ils atteignent 1250 et 1500 mètres d'altitude , mais nous ignorons où s'arrête leur base, en sorte que l'Auvergne ne peut nous donner aucun renseignement positif sur l'épaisseur probable de ces deux anciennes roches.

Les gneiss atteignent aussi dans TArdèche des hauteurs considérables; tandis qu'aux environs de Brioude, selon M. A. Pissis , ils ne dépassent jamais 1000 mètres d'altitude.

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