‹ Les époques géologiques de l'AuvergneChapitre 31 sur 115 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De dlveme» roehes prladUvcM.

DES AMPH1B0L1TES.

Nous réunissons sons ce titre plusieurs roches distinctes, dont les unes sont de véritables granités amphiboliques, d "autres sont des diorites, tandis que d'autres encore se rapprochent des pétrosilex et des phyllades. Ce sont toujours des roches subordonnées au granité et qui ne se montrent pas sur de grandes étendues de terrain.

Comme nous l'avons déjà dit » ces roches, dans le département du Puy-de-Dôme, s'étendent dans la direction nordbud, en une bande étroite offrant quelques affleurements.

Les diorites, en général, sont composées de feldspath anorthose , de mica et d'amphibole. Le quartz s'y rencontre aussi ainsi qu'une partie des minéraux qui se trouvent dans le granité, car souvent la diorite n'est qu'un granité arophibolique.

La plupart de nos diorites sont formées d'albite et d'amphibole.

Les environs de Volvic et les ties primitives préservées dans la coulée de lave de la Nugère nous odrent une diorite schistoïde très-curieuse. Sa pesanteur spécifique est 3,05 ; sa dureté peu considérable ; sa couleur le gris-verdAtre assez IDncé ; sa structure schisteuse ; ses fissures sont très-nombreuses ; elle fond au chalumeau en émail gris ; elle paraît

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eotièremeDt composée d'albite et d'arophiboie. Cette dernière substance domÎDe et s'y présente en cristaux acicotaires , coachés à plat » les uns sur les autres et communiquant ainsi la structure schisteuse à la masse» L'albite est blanche, quelquefois rougeAtre ; elle domine rarement , et la roche, dans ce cas , offre tous les passages possibles à la véritable siénite. Cette diorite, comme toutes les roches schisteuses , tend à se décomposer et l'on en trouve des masses qui tombent d'elles-mêmes en feuillets friables. Elle est subordonnée au granité.

En allant au sud , le soulèvement du puy Cbopine a mis ao jour des masses de diorhe et d'eurite plus ou moins altérées. On y distingue surtout une diorite granitoïde dont voici les caractères : pesanteur spécifique 2,82 ; dureté variable ; couleur vert-foncé ; albite à teinte rosée ; texture grenue ; cassure inégale. Cette diorite contient toujours du fer solforé disséminé en parcelles souvent invisibles et quelquefois très-apparentes. Elle présente beaucoup de fissures de dîsgrégation , et quoique très-dure , elle se décompose facilement, perd sa compacité et passe tout à fait h l'état terreux. Certains échantillons à grains fins , passent insensiblement i Taphanite, mais souvent alors l'albite ou peut-être le feldspath devient plus abondant et constitue presqu'à lui seul noe roche compacte que M. Bouillet et moi avons décrite sous le nom d'eurite compacte dans nos Vues et coupes du dépariemenl du Puf-^e-Dôme (p. 95 et 98).

C'est sans doute la même diorite qui se prolonge dans la direction du sud, et qui vient affleurer dans une foule de localités, à Verneuge, à Aydat. Dans ce dernier village, elle passe au granité et constitue d'énormes blocs très-durs. Noos ne pouvons guère séparer des ampbibolites une

roche qui eiiste aa Pont-des-Eani , et que noas avons décrite sous le Qom de trappite terne. Sa pesanteur spécifique est 2,62 ; dureté faible, couleur gris-\erdAtre plus on moins foncé ; structure fragmentaire ; fissures très-nombreuses et toujours tapissées de fer hydroiydé ; texture compacte à grains fins ; cassure unie , un peu esquilleuse ; odeur argileuse par insufflation ; fusible au chalumeau en émail d*un gris verdAtre. Cette roche est subordonnée au granité.

C'est encore dans le granité que se trouve à St-Genès- Champanelle un filon puissant d'une roche que M. Bonillet et moi avons décrite sous le nom d'Eurite porphyrotde et dont voici les caractères : pesanteur spécifique 3,03 ; dureté un peu moins grande que celle du verre ; couleur gris foncé ; structure massive ; texture grenue ; cassure inégale ; ténacité assez forte , répand par l'insufflation une très-forte odeur argileuse , et fond facilement an chalumeau en émail noir. Cette roche offre une pAte feldspathique qui renferme des cristaux très-nets d'amphibole. Cette dernière substance entre aussi quelquefois comme principe composant de la pAte, et la roche passe alors à une véritable diorite. Dans d'autres masses, c'est l'amphibole qui disparaît et il reste un pétro* silex pesant 3,25 , verdAtre on rosé , à cassure raboteuse oq cireuse et fusible au chalumeau en émail d'un gris plus oo moins foncé.

Nous ne pousserons pas plus loin les descriptions détaillées des roches que nous rattachons aux amphibolites , car elles varient souvent dans le même gisement ou à de trèspetites distances.

DE LA PROTOGYKE.

C'est encore au granité qu*il faut rapporter cette roche.

PROTOGYNE. 111

pobqa'elle n'en diffère que par ane substitution souvent incomplète des minéraui stéatiteux aux lamelles de mica* Noos ne la connaissons en Auvergne que comme accident local. Elle forme ou quelques filons ou des amas circonscrits dans le granité , à moins que nous ne voulions considérer comme une protogyne le granité ou porphyre pinitifère dont nous parlerons plus loin.

Nous nous contenterons de décrire deux espèces de protogyne ; dans Tune la chlorite remplace le mica ; dans l'autre c'est la stéatite qui en tient lieu. La première, protogyne poq^hyréîdet forme des filons puissants dans les granités de de St-Yvoine , entre C40udes et Issoire , et l'on en voit un affleurement. considérable à la montagne du Four-la-Brouqoe. Cette protogyne remarquable passe au porphyre ; voici ses caractères : pesanteur spécifique 2,71 ; dureté trop faible pour rayer le verre ; couleur gris sale, plus ou moins jaunâtre ; structure porphyroïde ; fissures très-nombreuses ; cassure inégale ; happe à la langue ; donne Todeur argileuse par insufflation. La pâte, entièrement feldspathique , renferme des cristaux de quartz bipyramidaux à surfaces ternes , de la chlorite en petites paillettes et des cristaux de feldspath; œax-ci sont plus ou moins volumineux , blancs ou d'un beau rose, tantAt simples, tantôt maclés ; ils sont quelquefois légèrement altérés dans l'intérieur seulement, et semblent passer à Tétat ponceux. Les plus gros seulement offrent ce caractère.

La seconde, protogyne rougeâtre^ se trouve associée au granité du terroir des Chapelles , près Issoire ; ses caractères sont : pesanteur spécifique 2,56; dureté très-faible; couleur rougeAtre tirant plus ou moins sur le verdAtre; structure granitoïde; fissures très-nombreuses; cassure raboteuse;

m * TERRAINS PUllflTlFS.

ténactlé très-faible; odeur argileuse par insolDatioa. Cette roche est composée de feldspath, d'uo peu de qnartz et d*one très-grande quantité de stéatite en grvins ferdilres. Le mica s'y trouve quelquefois en petite proportion. On y remarque aussi des pinites en petits cristaux. Le feldspath est sujet i se décomposer, et passe à Tétat d'argile rouge, colorée par l'oxyde de fer. La stéatite éprouve aussi un commencement de décomposition , et la roche devient très-friable. ( Lecoq et Bouillet , Vue$ et coupes géoh du dépariemeni du Puy* de^DihM.)

Nous pourrions indiquer encore la protogyne pénitiière de Pranal que nous avons décrite dans l'ouvrage qM nous venons de citer, quelques protogynes des environs de Billom ; mais f à l'exception de .celle de Pranal , ee ne sont réellement que des modifications du granité.

DES PEeMATrrES.

Nous ne reriendrons pas sur ce que nous avons dit des pegmatites à la fin de notre sixième chapitre. Ce sont en-» core des accidents ou des modifications du granité sur lesquels nous appelions l'attention des géologues en parlant des localités oii l'on peut observer ces gisements restreints.

DES PORPBVRBS.

Il règne une assez grande confusion dans la détermination des diverses variétés de poqihyre. Cette roche esl généralement formée d'une pâte homogène et compacte, grise, rouge ou verte , feldspathique , ou plus ou moins siliceuse, dans laquelle on distingue des cristaux de feldspath , du

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qoartz bîfFjraoaidal , quelquefois un peu de mica , de piolte» de talc ou de serpentine.

Quand la pâte est unirorn>e, sans cristaux, on lui donne quelquefois le nom d'em(e. Le porphyre peut aussi conter nir de l'aniphibole.

Nous rencontrons sur le plateau central qiwtre variétés principales de porphyre.

1^. Le porphyre granitoïdê composé des mêmes élé-* ments que le granité « mais plus riche en feldspath , en cri^ taux nombreux ; iJse présente en masses et en Gloos.

2®. Le porphyre quartzifère , le plus répandu , consti* tue dea filons, des amas, des montagnes. Sa pAte contieat une grande quantité de quartz , et il passe même parfois à cette roche. La quantité de silice qu'il renferme est variable; M. Delesse l'évalue de 70 à 80 pour cent , tandis qu'elle n'est que de 62 pour le porphyre rouge antique.

3*". Le porphyre pinilifire renferme moins de quarts el contient de la pinite en petits fragments ou en cristaux réguliers. Ou le trouve dans les Vosges comme en Auvergne » mais sans cri&taux réguliers de pinite.

4^. Le porphyre vert à pAte veKe un peu ampbiboHque, k cristaux blancs ou roses abondants, forme des amas trèséteodua sur certains points de l'Auvergne. Il se divise avec la plus grande facilité en une multitude de fragments polyédjnque&.

Nons pourrions ajouter à cette liste des porphyres à paie noire et à cristaux blancs ou verdfttres, tels que ceux de l'étang de Giat , près Aigueperse ; des porphyres euritiçuee noirs ou roses et une multitude de variétés locales dont nous {erons meation en nous occupant des descriptions de localités.

Dans ces porphyres, comme dans beaucoup d'anlres roches, ce sont les couleurs vertes et rouges qui dominent. Ces couleurs sont dues à la présence du fer à l'état de proto ou de tritoxyde. Toutefois, la couleur rouge est plus fréquente. Cette nuance paraît due à Faction prolongée de Tatmos* phère , car nous trouvons en Auvergne des roches rouges à l'extérieur et vertes ou grises à l'intérieur. Durocher attribue cette rubéfaction à l'action de l'oxygène qui suroxyde le ferconpbiné avec les éléments de la roche. « Ainsi, dit-il, de grandes masses de porphyres quartzifères , de vertes ou grises qu'elles étaient, sont devenues de? porphyres rouges depuis la surface jusqu'à des profondeurs de plus de 20 mètres, sans que la roche ait cessé d'être solide et sans qu'elle paraisse être, perméable aux corps gazeux ; or, comment l'oxygène a-t-il pu pénétrera travers des masses solides jusqu'à une pareille profondeur? » {Bull, de la Sociiti géoL de France^ 2^ série, t. 3, p. 563.)

Cette rubéfartion n'est pas spéciale au porphyre. Nous la retrouvons dans la plupart des roches qui se peroxydent sous l'influence de l'atmosphère ou quelquefois par l'action du feu. L'eau en hydratant l'oxyde de fer leur donne encore quelquefois des nuances de jaune, de fauve ou d'orangé.

L'âge des porphyres est aussi très-indécis. Nous considérons ceux du plateau central comme postérieurs au granité, mais il existe un si grand nombre de filons de porphyres coupés par d'autres porphyres que nous admettons une longue période pour leur émission. Nous serions tenté de croire que leur sortie s'est prolongée jusque dans la période silurienne. Nous les considérons , pour la plupart , comme antérieurs au terrain houiller et nous en avons la preuve dans la pré* sence de galets de porphyre quartzifère cités dans les pou-

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