BESSE ET SES ENVIRONS. PAVIN. EGLISE-NEUVE
PICUBRANDE. LAJOCX. VALBELEIX.
SAINT- AN ASTAISE.
Dans un canton ou les roches volcaniques de toute espèce se sont épanchées , on ne peut espérer rencontrer le sol primitif que dans le fond des vallées. C'est en effet ce qui a lieu. Toutefois, avant d'arriver à Besse, en venant de Champeix , on voit en dessous de la route et sur la route
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même (991), le gneiss assez Teuilleté qui se dégage sous les basaltes. On peut continuer de suivre la même roche en remontant la vallée jusqu'auprès du lac Pavin, puis ce terrain disparaît sous d'immenses plateaui de basalte et de trachyte. On ne retrouve plus le terrain primitif au sud , que près d'Eglise-Neuve-d'Entraigues. C'est une roche Teuilletée , intermédiaire entre te gneiss et le micaschiste. On la trouve tout autour du village, à l'altitude d'environ 1,000*, et le basalte lui est immédiatement superposé sans intermédiaire , ce qui prouve que cette roche s'est étendue et épanchée plus loin que les conglomérats ponceui sortis des centres éruptifs trachytiques et transportés ensuite par les eaux.
On remarque aussi aux environs d'Eglise-Neuve, et près du lac de l'Esclauze (1076), au point de jonction du basalte et du terrain primitif, une petite zone d'argile sableuse rouge qui eiiste à Picherande. Existerait-il là quelque lambeau de terrain tertiaire? Cela est douteux , et ne faut-il pas plutôt attribuer ces argiles, dans une contrée aussi élevée, à la décomposition du terrain primitif composé de gneiss et de micaschiste.
Au sud-ouest, le même terrain primitif est à nu dans une longue vallée située près du lac Chauvet , et qui s'étend audelà de Picherande. Dans cette vallée , au-dessus de Ravel, ce sol atteint 1055 et 1071 m.
On peut même suivre ce terrain encore plus haut , dans une petite vallée , jusqu'au-dessous des burons de Chomelus. Là, une coulée de basalte recouvre !e gneiss et présente sa coupe étagée au ruisseau de NeulTont qui s*t précipite en cascade. Au reste , les gneiss existent dans toute cette vallée qui s'élargit beaucoup.
En se dirigeant vers Lajoux (1057), le sol devient très-
CAMTOMS DE SAlNT-AMAJf T y DE CHAMPEIX, etC. 301
io^al , et l'on voit de oombreases saillies de gneiss , arrondies et osées. Ces saillies se multiplient jusqu'à Lajoux. Le ruisseau serpente à travers leurs sinuosités , et à Lajoux même, sur les hauteurs» on voit encore la même roche moutonnée et partout des blocs de basalte arrondis , quelquefois très-volumineux , disséminés sur le sol primitif.
Cette même roche feuilletée se retrouve encore en-dessous de Regheot et près du lac de laLaudie» et à la Paranègre, en-dessous de TEsclauze. C*est évidemment à des dégradations qu'il faut attribuer l'apparition du sol primordial, car 00 le voit dans le lit des ruisseaux , puis à Maubourg , en allant d'Eglise-Neuve à Beaugeon , puis dans la rivière de la Rue et dans le ruisseau de Tioillère , qui vient s'y rendre.
A Test de Besse, après avoir traversé encore une profonde vallée , creusée dans les gneiss , et un grand plateau de basalte f on arrive à Lagarde (1006) , où l'on voit le granité ; mais il devient schisteux et même talqueux. On a de là une vue magnifique sur le Valbeleix ; dans la partie haute de cette vallée, près de Gompains, on trouve le gneiss à Para-des-Gazelles , où il est traversé par un filon de baryte blanche. La même roche continue de ce cAté de la vallée , à Harsol (1044), à Bohand, à Brolhat, à Chaveissain, quoique Desmarest en ait fait une longue et régulière coulée de basalte. Le granité forme une crête très-haute au-dessus do Valbeleix (1094) , et l'on y voit des masses de porphyre quartzifère qui font saillie et qui ont sans doute déterminé celle de cette crête. On le retrouve encore à Saint- Anastaise , au Vemet , et sur l'autre versant de la vallée. 11 supporte les basaltes de la Chavade et se joint aux immenses et pittoresques déchirures de la vallée de Courgoul et de
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celle qai sépare la commune de Valbeleix de celle de Ch saigne dans le canton d*Ârdes. Ce sont d'effroyables préci* pîces et des roches aiguës et escarpées do plus bel effet. Ce ne sont pas cependant de véritables granités à gros grains , comme ceux des environs de Saint-Nectaire. Ce sont des gneiss , des micaschistes et quelquefois des granités à petits grains, ou même des sléaschistes » tous antérieurs è ces beaux granités en boule , si répandus dans diverses parties de TÂuvergne.
SA1NT-GENi»-€HAMPESPE. — SAIlfT-DONAT.
Lorsque Ton va de Besse h Saint-Genès-Champespe , on abandonne le basalte à GroufTaud , pour entrer dans celte vallée de gneiss dont nous avons déjà parlé. En approchant de Saint-Genès , on voit partout la roche former de petits d6mes , ou des surfaces bombées ou fendillées et présenter Tapparcnce de ces roches moutonnées, que Ion trouve dans les Alpes y et dont nous étudierons plus loin les causes.
Partout les mêmes apparences se présentent autour de Saint-Genès « soit que Ton se dirige au sud , oii Ton atteint bientôt le département du Cantal , soit que Ton aille à Touest oii Ton rencontre le joli lac de Laspialades.
Près de là , le granité forme quelques saillies au milieu des gneiss, lesquels sont entre 900 et 1000 mètres d*élévation et dépassent même parfois un peu ce dernier chiffre.
Ce lac offre un charmant point de vue ; d*un c6té, il est entouré de vieilles forêts de Sapins, et de l'autre il est bordé d'une multitude de dêmes et de saillies, de gneiss ou de granité. Au-dessus de cet ensemble, on voit, dans le lointain
CANTONS DE SAINT-AMANT, DE CHAMPE1X , etC. 303
le cirqae de la belle vallée de Saint-Uonat , où coule le ruisseau de Nenfonds.
Saint-Genès est construit sur un monticule de granité à Taltitude de 1027 m. Au sud du village , ce sont encore des gneiss choqués et moutonnés par l'action d'énormes blocs. Nous passâmes à Nadeil (1018)« et après avoir traversé une petite rivière , nous montâmes à Lusclade. Des coupures fraîches faites dans le gneiss , le long de la route, nous montrèrent des parties de la roche, qui se décomposaient en kaolin. Lusclade est sur le gneiss.
De Lusclade, nous descendîmes à Ginnes (1004) par on chemin affreux , et nous passâmes la Trantaine sur un pont très-étroit, près d'un moulin où l'eau a creusé dans le gneiss dur , une petite cataracte et des trous ronds faits par des cailloux oscillants.
Nous remontâmes au Nugerolle (1008) et de là è Saint- Donat. Le village est construit sur le granité , et l'on voit déjà cette roche percer sur plusieurs monticules , dont Saint- Donat est entouré. On y remarque aussi un beau filon de porphyre quartzifère , dont la roche peu caractérisée se rapproche d'un granité à petits grains. Quelques points basaltiques isolés sortent de ces granités.
Le granité de Saint-Donat est porphyroîde avec beaux cristaux de feldspath. Il a laissé au nord du village une dépression tourbeuse assez étendue, mais en suivant le chemin du nord , on arrive sur des masses de granité très-dures (1031), exactement moutonnées comme les gneiss de Saint- Genès , avec de profondes cannelures. Ce granité se prolonge au sud et à l'est , où il est recouvert par les grandes nappes de basalte , qui descendent des hauteurs de Pichcrande.
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