PUISSANCE
prompte fosion des neiges qui s'opère sur une grande surface de terrain. Toute celle qui s'est accumulée pendant rhiver sur le Oanc des montagnes qui regarde le sud , est nne des premières et des plus puissantes causes de la crue des fleuves (E. Robert. Y^y^9^ ^ Islande^ p. 203).
M. Ebray a cité , dans le département de la Nièvre , des dénudations de 600 mètres « de 400 mètres dans celui du Cher, de 300 à 400 mètres aux environs de Lyon ; il regarde ces grands phénomènes de dénudation comme propres à la France entière.
Ces érosions et les dépôts allnviens qui en sont la conséquence, se forment surtout par l'action momentanée ou séculaire des matériaux durs que Teau met en mouvement. Nulle part on ne peut mieux observer cette action que sur les bords et dans le lit de la Rue , petite rivière du département de la Corrèze. Quand les eaux sont basses, on voit, aa-dessus de Saint-Thomas, un grand nombre de cavités creusées dans le gneiss. Nous les avons déjè citées en parlant du terrain primitif. Ces cavités hont souvent arrondies ; les parois sont lisses. A côté existent des gneiss h surfaces moutonnées. Les points touchés par Teau dans sa chute, surtout près de la cascade, ont aussi leurs roches très- polies et usées. On comprend très-bien le creusement de la vallée où coule la rivière , en remontant à l'origine de ces cavités souvent désignées sous les noms de cuves ou mar^ mile$ de géant. Elles sont prodnites par des pierres , quelqoefois très- grosses, qui Bnissent par se creuser une cavité et qui y restent. On voit aussi de ces marmites commencées et qui ne s'achèvent pas , parce que la pierre que Teau devait faire agir pour la creuser a été emportée par une crue et n'a pas été remplacée. Dans d'autres , aa contraire , les
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pierres sont tellemerit enfoncées qu'elles ne peuvent plus lèriir, et, chaque fois que Peau les agite, la marmite s'a-grandit. On trente donc parfois de grosses pierres occupant presque tout l'espace d*une cavité , et de grandes martnites entièrement vides, parce que les siècles en ont usé les pierres. On peut donc suivre ici le mode et la série des érosions.
Nous ne 6nirions pas si nous voulions rapporter toufes les additions, tous les changements que font aujourd'hui les eaux des fleuves à leurs deltas , si nous voulions citer toutes les couches alluviales que les cours d*eau abandonnent dans leurs débordements en nous astreignairt même à ceux du plateau central ; mais le grand intérêt que nous présentent les alluvions modernes , c*est de mettre encore sous nos yeux les moyens que la nature employait aux autres époques géologiques pour détruire et pour reconstituer les couches dont la terre est formée. Nous ne pouvons pourtant terminer cet article sans mentionner une cause géné^ raie sur laquelle M. Babinet a appelé Pattention de PAcadémie. « Tous les cours d*eau , dit-îl , et principalement ceux qui suivent à peu près les méridiens , se portent tous sur leur rive droite dans notre hémisphère et sur leur rive gauche dans Thémisphère austral. Il attribue cette tendance i la différence de vitesse acquise pendant Técoulereent de Peau à mesure que cette eau s'éloigne de Péquateur, par suite du mouvement de rotation de la terre. Reste k examiner maintenant si cette tendance du liquide è se porter sur la rive droite a réellement assex de force pour attaquer les berges k la suite des siècles ; il reste k étvdier Pactton réelle de ce mouvement , et surtout sous le parallèle du 45* degré où cette action doit exprimer la moyenne.
L'AuTergne ne nous a rien oiïert qui puisse appnyer la théorie da savant académicien , mais noas trouvons dans le journal de physique (t. 38 » p. 238 } une note de Patrin qui vient à Tappni de l'observation de M. Babinet. « Je remarquerai , dit Patrin , qu'il est ordinaire de voir dans TAsie septentrionale , et surtout en Daourie , les chaînes de montagnes et de collines terminées à Test par des élévations considérables taillées à pic , sillonnées et excavées , et qui portent évidemment l'empreinte de Faction des eaux longtemps cent innée» ce qui, joint à la situation des pooddings, dont j*ai parlé plus haut » annonce que l'ancien Océan qui coovrait la terre avait un mouvement violent d'orient en occident , qui a emporté la partie la plus orientale des chaînes des montagnes , jusqu'à ces masses considérables qui tes terminent aujourd'hui du côté de Test, et qui ont préservé de la destruction la partie occidentale dés mêmes chaînes.
a C'est vraisemblablement aussi cette action des eauï qni , en décharnant du côté de l'orient les montagnes à filons , a mis à découvert leurs veines métalliques , puisque c'est constamment de ce côté que se présentent les indices de minerai. »
TKREAUfS D ALLUVION.