CHAPITRE CXXXIV
Le I<Nmd«ls. — AUavloMi de 1* Dore et de 1* HveUe.
Le lac du lÀvradois. — AUuvions de la Dore. — Plusieurs ruisseaux qui descendent des montagnes et parmi lesquels se trouvent la Dore et la Dolore , se réunissent pour traverser le bassin du Livradois. La Dore a commencé à déposer quelques alluvions avant d'arriver à Dorc-l'Eglise , et an delà de ce village, en descendant à Ariane, la vallée s'élargit et Talluvion se développe. Ce sont évidemment des alluvions modernes que la Dore peut quelquefois recouvrir encore dans ses débordements. On y voit principalement des quartz, des gneiss , des micaschistes et diverses variétés de roches primitives. La Dolore, qui passe à Ariane, a couvert aussi tout le fond de la vallée d'alluvions qui s'élargissent encore quand la Dolore vient se joindre à la Dore.
Jusque-là, c'est à peine si l'on remarque quelques lambeaui d'alluvions anciennes; mais au-dessous du point de jonction , on voit de grandes plaines entièrement formées de cailloui roulés de volume inégal , mais très-distincts des alluvions modernes et reposant principalement sur les argiles sableuses.
Plusieurs morceaui de ces anciens terrains de transport se trouvent entre Beurières et Chaumont. Un peu plus bas, au point de jonction des cantons d'Ambert et d'Ariane, on Toit que la Dore a creusé son lit tout entier dans les cail-
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loQx roulés qui coavreni toute la plaine « et elle a mis à nu les argiles qui Tonnent le Tond du bassin. Ce sont toujours les quartz blancs qui dominent et Hoovent ils contiennent des aiguilles de tourmaline. Sur les bords de la vallée on trouYe aussi des cailloux de silex ou de quartz coloré en rouge par Toxyde de fer. C*est aussi sur les bords et souvent en contact avec la roche primitive , que l'on voit le plus fréquemment les argiles colorées en rouge vif.
Tous les environs de Marsac sont couverts d'alluvîons. Ces terrains meubles existent principalement sur la rive droite actuelle de la Dore , ce qui prouve que le lit de cette rivière est maintenant déplacé vers la gauche. Ce terrain oc^ cupe i peu près toutes les hauteurs qui ne sont pas trèséloignées de la Dore « et dans tous les ravins on voit l'argile généralement verte » sur laquelle l'alluvion ancienne a été déposée après que cette argile eut subi des lavages et des dégradations plus ou moins profondes. Les terrains meubles ont comblé les cavités et ont nivelé le sol.
Il est probable qu'avant le cours actuel de la Dore» et sans la présence de divers ruisseaux qui descendent des montagnes et qui ont raviné le terrain , il est bien probable que Tallu^ion ancienne formait dans le bassin do Livradois une large nappe continue ; maintenant il est presque impossible de marquer la limite exacte entre les alluvions anciennes et modernes , car ces dernières ne sont autre cho^ que les matériaux remaniés des premières. Il y a passage d'on terrain à un autre , et la diiïérence des niveaux est à peu près le seul caractère que Ion puisse observer pour les séparer.
Au delà d'Ambert, les alluvions continuent et des dépôts assez modernes s'étendent sur la droite en une espèce de golfe qui arrive jusqu'à la Forie. Un peu au delà , on
voit 8vr la rive giiache de la Dore an fragment d'alluvion aoeieiine , puis la Dore suit spn cours i travers les rochers dans une vallée étroite , où la pente conduit rapidement les eaai.
Dans tout le long trajet qui sépare l'ancien lac du Liwadoia du go'fe de Courpière, la Dore ne trouve aucun bassin dans lequel elle puisse abandonner des alluvions. On remarque cepeiylant prés du pont de ChAteiet « entre Ambert et Ollîergues , un amas considérable de cailloux roulés granitiques, mais ces cailloux n'appartiennent pas à la Dore ; ils sont descendus des montagnes de Pierre-sor- Haute , à une époque où une énorme masse d'eau venait se jeter dans cette vallée.
Courpiêre^ — Thiers. — Darat. — Le BreuiL — Carîalier. — Courpière est bâti sur les anciennes alluvions de la Dore qui se sont répandues dans un lac et qui plus lard , quand le lac a été desséché , ont été en partie entraînées et remaniées par la Dore elle-même.
Une longue terrasse de ces anciennes alluvions » souvent (armée par des galets et quelquefois par des sables et des graviers , se prolonge sur la rive gauche de la Dore , passe près du pont de Péchadoire où elle s'élargit au point d'atteindre plus de deux kilomètres , puis elle continue jusqu'à ce qu'elle vienne se confondre avec les grandes allumions du canton de Lezoux. Mais en sortant de Courpière pour se diriger vers celte dernière ville , on rencontre des couches de cailloux alluviens qui prouvent que les eaux de la Dore s'élevaient autrefois à une grande hauteur.
En face de Courpière , l'alluvion ancienne recouvre aussi les argiles sableuses sur une assez grande étendue , et quelques amas de cailloux roulés situés plus au sud , sont les
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premiers témoins de ces masses de débris que la Dore arrachait aa lit profond qu'elle parcourait après s*élre échappée du lac du Livradois ; comme sur la rive gauche , une longue bande de cette ancienne alluvion forme une des berges reculées de la rivière , recouvrant souvent des argiles sableuses que cette accumulation de cailloux a protégés.
Arrivé en face de Thiers , on voit encore un golfe qui s'étend jusqu'à la falaise porphyriqoe sur laquelle la ville est bAtie. Des deux côtés de ce golfe se trouvent ëgalemeot des alluvions dont une partie sans doute appartient aussi à la Durolle qui descend des montagnes de Thiers. Si Ton prend la rive droite de la Durolle et de ce golfe, on passe d*abord à Baruthel où des escarpements laissent à découvert les argiles sableuses. On voit du reste ces argiles partout où le terrain a été dénudé. En général » elles sont recouvertes par les ailuvions. Au-dessus de Baruthel , oq traverse un lambeau de terrain de transport sur lequel oa voit deux villages « le Faux et le Nohat.
Après avoir traversé la route de Thiers à Maringues, on descend dans de jolies prairies sur Talluvion moderne » et Ton remonte à Laterie par Courty et le Bost. A Laterie existe encore au sommet de la colline un dépôt d 'alluvion qui rerouvre les argiles sableuses. Il n'est pas toujours facile de reconnaître si ces sables amoncelée sur quelques points du golie de Thiers sont réellement des ailuvions de la Durolle ou reflet des lames qui venaient battre la berge à l'époque du lac de la Limagne.
Une berge d'ancienne alluvion conduit ensuite au château de Barante qui est sur la limite des argiles, puis au village de Dorât (290).
Ce village est situé si près de la Dore, qu'il était A craindre
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de le Toîr emporter; mais la rivière a changé de lit et coule maintenant à une assez grande distance. I/argile sableuse se montre dans le bas des petits escarpements de Dorât comme dans ceui de la rive gauche de la Dore. On voit que le lit de la rivière est creusé dans ce terrain recouvert presque partout d'alluvions modernes, anciennes ou remaniées.
En revenant jusqu'au pied de la ville de Thiers , et en prenant à gauche , on traverse des prairies arrosées par la Durolle, et Ton arrive chez Trois- Villes, village bflti sur les alluvions de la Durolle lesquelles consistent principalement en galets plus ou moins gros de granité et de porphyre. Comme la Durolle était le principal ndluent dans cette partie de la Dore , elle devait fournir à Tépoque glaciaire une très* grande quantité d*eau, ce qui explique la hauteur et la quantité de ses anciennes alluvions. La Durolle actuelle a creusé fton lit dans cet ancien terrain de transport qui présente partout, sur la rive droite, des escarpements déchirés. Quelquefois, il est vrai , on voit les argiles sableuses par-dessous le terrain meuble, et Ton remarque aussi, comme on devait s*y attendre, que les cailloux déposés par la Durolle augmentent de volume à mesure que Ton se rapproche de Touverture du ravin par lequel ce cours d'eau descendait des montagnes.
De chez Trois-Villes , nous montâmes chez Gardelle, et plus haut nous rejoignîmes la grande route à côté de chez Pinoo. Là, nous trouvâmes sur les argiles sableuses une couche de blocs as^ez volumineux, qu'il faut attribuer à a Durolle ou à un cours d'eau qui n'existe plus. Au-dessus, Dous vtmes encore une ancienne couche alluviale près des fiérauds. C'est une couche puissante de blocs presque tous
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graaitiqaes et assez volaroineui qui prorient sans doute éa même cours d*eau que ceux du plateau précédent. Ifow suivîmes alors la grande route qui descend en zigiag av Favgile, dans un joli bassin couvert de prairies et d*aHa«viens modernes, au milieu desquels coule le ruisseau dea Garniers.
Du côté opposé du golfe de la Durolle» au Breuil « à Car* talier, etc. » ce sont encore des alluvions anciennes qui proviennent plutôt de la Dore que de la Durolle, et tout le fond plat qui s'étend de cette berge jusqu'aux escarpements ravinés que baigne la Durolle, sur une largeur de plus d'un kilomètre, est 'nivelé par l'alluvion moderne (300).
En fdce de ce golfe de la Durolle, et après avoir passé le pont , on trouve sur la rive droite de la Dore trois sortes de terrains superposés. D'abord Targile sableuse qui forme le fond du sol et qui se trouve découverte dans quelques vallées et sur les plateaux; ensuite Tallouon tertiaire, formée de cailloux roulés dans lesquels on distingue surtout des galets de quartz d*un gris bleuâtre. Enfin , les alluvions anciennes qui occupent des points plus bas que Tullu^ion tertiaire, mois qui sont compo^ées des mêmes éléments anxqoeb viennent s'ajouter quelques cailloux de basalte.
En continuant de descendre le cours de la Dore , on la voit toujours bordée d'anciennes berges alluviales, et i'oo arrive à Puy-Guillaume (290) biti sur le prolongement d'une de ces berges caillouteuses. Un peu plus loin , toojoars sur la droite, s'ouvre un petit golfe (29 Ij qui recevait les eaux de la petite rivière qui passe à ChAteldon. On y voit aussi des berges de terrain meublé qui couvrent les argiles, mais il est probable que toutes les allumions anciennes qui existent au-delà de Puy-Guiltaume, appartiennent à rAUier,
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carie confluent (268) est très-rapproché i)e rooTertore de ce petit golfe. Si TAllier et la Dore ont creusé séparément Jeiir lit dans des terrains de transport, leurs eaux autrefois pins abondantes , ont dû se réunir avant même d*arrt?er ao point où se trouve aujourd*hui Puy-Guillaume. Les odln- ▼ions ont dû par conséquent être confondues.
Ces divers terrains de transport que nous venons de parcourir depuis la naissance de la Dore jusqu'à son point de jonction avec TAIIier , n*ont pas été dérangés depuis leur dépôt. Les seules modifications qu'ils aient éprouvées « ce sont de nouveaux transports et de fréquents remaniements par les eaux. On reconnaît, dans leurs érosions, les fré-^ qaentes inondations et toute Tirrégularité de cours d*eau plus ou moins torrentiels et descendant rapidement des montagnes.
Il existe aussi , comme on pouvait le prévoir, peu de différence dans les altitudes des deux sortes d'alluvions ; si nous prenons les alluvions anciennes, le point le plus élevé est de 726 mètres au-dessous de la Barrette et audessus d'Ambert, élévation due à un afHuent de la Dore; car plus haut, prés de Beurières et de Chambeuf, on ne trouve que 575 et 526 mètres. Au-dessous d'Ambert et au-dessus de Villeneuve 581 mètres, en face Je la Forie où existait un aflluent 620 mètres.
Près de là, la Doresuit rapidement une ligne sinueuse au milieu des granités. Elle sort près de Courpière , bftti sur ces anciennes alluvions à 313 mètres, c'est-à-dire près de 300 mètres plus bas que Textrémité du bassin du Livradois; à partir de Courpière, quoique Talluvion se relève à 348 en face de Péchadoire , la pente devient très-douce , 302 mètres aux Gaillards, 290 mètres à Dorât, 286 à
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Noalbat , puis 30 1 , 3 1 1 , 347 et enGn 290 mètres à Poy- Gaillaume» un peu avant le confluent.
Quant à Talluvion moderne, nous trouvons son roaiimnm d'élévation près d'Ariane, en dessous de la ville, 586 m. et 571 m. , et 573 en dessous du village de Dore. 555 m. au-dessus de Fourcheval , 544 à la Visseyre , 524 à Ambert, puis en descendant toujours 537 à Chilelet.
L'affluent qui descend à la Forie , fait remonter le sol à 565 m. en (ace de ce village.
Au sortir des gorges granitiques , les plages de la Dore
sont à 301 m. à Néronde , »300 m. à Thiers« puis à 280,
à 291 en face de Ch&teldon, et, enfin, à 268 au point de jonction a%ec celles de TAIIier. G*est donc encore une différence de niveau de plus de 300 mètres entre les deux extrémités de la Dore.
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