‹ Les époques géologiques de l'Auvergne [microform]Chapitre 21 sur 82 · CHAPITRE CXXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXXV

AllavloBs de TAUler et de ses afiliieiits.

Sainl'Ilpize. — Vieille-Brioude. — Brioude. — ii/lutnans du département de la Haute-Loire. — Sar plasieare points du sol de la Haute-Loire , on retrouve « des deni côtés de rAllier, une couche de galets, la plupart basaltiques , qui recouvrent les plateaux » et qui prouvent que le lit de cette rivière n'était pas encore complètement creusé quand les basaltes étaient déjà roulés par les eaux. Ces terrains ont succédé aux calcaires concrétionnés et aux allnvions tertiaires qui sont en Auvergne les derniers termes de la série tertiaire.

Plusieurs lacs secondaires apportaient à cette rivière le tribut de leurs eaux. Alleret a été lac; son bassin assez fertile contient encore des alluvions. Au delà , dans la plaine de Paulhaguet « il existait un lac tout entouré de cônes volcaniques modernes. Ce lac communiquait avec le bassin de Brioude qui lui-même se rattachait à celui de Lempdes. Le bassin de Langeac communiquait aussi avec celui de Brioude.

L'Allier traversait probablement autrefois la plaine de Paulhaguet ; il a été détourné de son cours par les montagnes volcaniques.

Il reste encore dans toute la Haute-Loire des preuves évidentes de l'ancien volume de l'Allier. Près de Saint-II-

20& terhahib d aixwiqr.

piie, le gneiss est siogulièremeot eicavé sous le basalte. On voit une énorme masse de cette roche divisée en trois par des scories, et sons laquelle les excavations ont en Ueo.

A Vieille-Brioude , Térosion de TAilier est évidente, car la plaine , recouverte de cailloux roulés , oiïre un sillon profond creusé par la rivière dans le granité ou dans le gneiss.

La ville de Brioode est aussi assise sur une couche épaisse de cailloux roulés qui s'arrêtaient dans une vaste plaine en sortant des vallées resserrées de la Haute-Loire.

M. Pissis admet en cette l«Katité plusieurs cataclysmes qui ont produit des alluvions distinctes séparées par des éruptions volcaniques. Il nous paraît plus naturel de voir dans ces alluvions la suite à peine interrompue d'un même phénomène.

Lempdes. — - Beauiieu. — Alluvion de VAUagnan. — Lorsque Ton a passé Brioude en allant vers le nord , il devient difficile de séparer les cailloux abandonnés par l'Ai* lier de ceux qui ont été déposés par un de ses affluents la rivière d*Alldgnon. Ainsi en descendant à Lempdes , on trouve un bassin dont le fond est nivelé par des cailloox roulés et par la terre végétale. C'est le fond d'un ancien lac. L'Allagnon y a creusé son lit et a mis le sol primitif à découvert. Les bords de ce bassin sont garnis i Touest d'argiles rouges sableuses très-abondantes, et le basalte forme des chapeaux sur ces plateaux.

Entre Lempdes et Brioude , toute la plaine ou tout le fond du lac est en argile sableuse recouverte de cailloux roulés , car Brioude occupe aussi le fond d'un grand lac. Près de Lempdes et au-dessous , la rivière a charrié une très-grande quantité de cailloux roulés presque tous basai*

AUiEil m SÈ$ AFFLUENTS. 207

tiqfykes:; ee qui devait être , puisque rAllagnon coule daM des faliées granitiques ouvertes sous des plateaux volcani^ qnes aujourd'hui morcelés , et dont toutes les masses ont élé entraînées et roulées. Il faut se rappeler aussi que rAllagnon, étant un des principaux dégorgeoirs du Cantal^ devait amener, autrefois dans la Limagne , une très-grande quantité de débris , et c'e9t au point que des plateaux trèséle%és en sont couverts sur les deux rives. Ces cailloux sont déposés sur le sol primitif, sur le terrain houiller, sur les argiles sableuses; il y a des plateaux entièrement recouverts de cea cailloux de quarti^et de basalte.

L'Allagnon pénètre ensuite dans le département du Pa}«de-Dôme en abandonnant d'énormes quantités de galets. Nous remontâmes son cours jusqu'au village de Beaulieu qui est bâti sur le terrain primitif. Au-dessus de ce village , nous parcourûmes en tous sens un vaste plateau (488) entièrement formé d'anciennes alluvions. Ce plateau offre trois étages, et chacun d'eux est littéralement couvert de galets de quartz et de basalte. Ces cailloux sont peut- Atre plus nombreux sur le plateau supérieur que sur les autres. On voit là très-distinctement le retrait successif, mais saccadé des eaux de l'Allagnon qui ont creusé ces étages et les ont chargés de leurs alluvions. Partout les galets sont de même nature et à peu près de même volume , mais ils ne sont pas également dispersés. Sur quelques points , ils sont si nombreux qu'ils s'opposent à la végétation ; sur d'autres, ils sont clairsemés sur les argiles rouges que l'on rencontre immédiatement comme sous-sol.

Charbonnier. — En dessous de ce plateau et au sud , dans la direction de Charbonnier, il en existe un autre qui est aussi très-grand , allongé. Il commence près de Beaulien

208 TERRAINS d'ALLUVION.

et se termine à Charbonnier, où les galets deviennent rares et disséminés sur le terrain hooiller ou sur le sol primitif.

Nous descendîmes de ce plateau vers Saint-Blaiie, oi nous vîmes encore un peu de terrain primitif à nu , et nous remontime^ jusqu'au confluent de l'Âllagnon et de TÂlIier.

Les deux rivières sont là très-resserrées et coulent toutes deoi entre des roches primitives.

Sur la rive droite de TAIIagnon « nous remarquâmes encore de grandes terrasses de transport qui reposent toutes sur le terrain hotiiller et dont on pourrait peut-être attribuer quelques parties aui anciennes eaux de TAIIier. Le fait est que ces grands amas de cailloux roulés sont situés entre les deux rivières, un peu avant leur point de jonction. Nous avons vu i Brassac et dans ses environs, les cailloux de quartz très-dominants et parfois volumineux, et nous avons rencontré parmi eux quelques rares échantillons de jade. Sur la rive droite de l'Allier, très près et au-dessus de Jumeaux» nous avons constaté une petite couche très-circonscrite d'aïluvion ancienne qui repose sur le gneiss.

Saint-Germain^ Lemhron. — En suivant vers le nord le cours de l'Allier, on entre, avant d'arriver à Saint-Germain, dans une plaine uniforme, couverte d'alluvions modernes et qui représente encore le fond d'un anciei^lac. Cette plaine est si bien nivelée qu'en suivant ses bords limités par les gneiss ou par les argiles sableuses, on trouve au point de jonction avec le terrain primitif, à l'est 391 mètres, à Orsonnette, au nord 394 m., au Breuil, à l'ouest 393 m. et au nord , au château de Saint- Quentin iOO mètres. Un adluent, la Couse d'Ardes vient déboucher dans cette plaine et contribuait à alimenter son ancien lac. Maintenant, c^esl près du Breuil que la jonction des eaux s'opère.

Cette Couse suit aujourd'hui une plaine qui, très-probablement établissait une communication entre Tancien lac doBreuil et celui deSaint-Germain-Lembron. Cette petite Yille, située à Touest du Breuil, est assise encore sur des allavions récentes (403) et dominée par une terras^se d'allu- \îons anciennes qu'il faut rapporter à la Couse d'Ardes.

Au-dessus de Saint-Germain, en remontant au sud-ouest le cours de la Couse , on parvient encore sur un grand espace nivelé par les eaux (436, 434, 437, 448), ancien lac qui se prolonge jusqu'auprès de Madriat ou Ton retrouve encore un petit plateau d'une ancienne alluvion. La plupart des cailloux de cette plaine située entre Saint- Germain et Madriat paraissent provenir d'anciennes alluvions détruites et remaniées par les eaux.

Ces lacs partiels que nous venons d'indiquer et dont les contours sont tracés par les terrains de transport, n'ont pu exister qu'après l'écoulement des eaux qui les nivelaient tous et qui ont reçu, dans un lac étendu , toutes les argiles sableuses qui constituent le bassin tertiaire du Lembron.

AugnaL — Près d'Augnat, on rencontre encore sur les plateaux de gneiss et de porphyre une assez grande quantité de cailloux roulés, la plupart basaltiques, lesquels ont été charriés autrefois par la rivière et en représentent l'allu- ^on ancienne. On descend bientdt sur le terrain primitif, et Ion entre sur les argiles rouges. On traversé quelques prairies situées sur des alluvions assez récentes de la rivière, et Ton arrive à Madriat, village bâti sur les argiles rouges. • Des collines d'un rouge vif, quand il pleut , avoisinent ce filage, et l'on voit en même temps tous les ravages de l*érosion sur ces mêmes collines. L'eau en descend rouge et bourbeuse.

V li

210 TERBA1M8 p'aLLUVION.

Camidérations générales sur ces allutùms. — Les basaltes dont la période a été très-loogoe « ont donné naissance à une aliuvion spéciale » presque entièrement formée des galets de cette roche. On rencontre surtout cette aliuvion sous les nappes de basalte plus récentes et sur les bords du Haut-Ailier, bien au-dessus du Kt actuel de la rivière. M. Pissis a donné une note intéressante sur ces alluvions, dans le tome 14 du Bulletin de la Société géologique de France. « Ces alluvions , dit-il « se montrent dans toutes les grandes vallées du Velay et de TAuiergne; leur position est très-régulière. Lorsque les vallées sont resserrées et dominées par de hautes montagnes , elles forment une série de lambeaux plus on moins étendus qui suivent trèsexactement la direction de la vallée « se montrent surtout dans les points d'inflexion où les vallées offrent une largeur un peu plus considérable. »

« Quand ces vallées débouchent dans la Limagne, ces lambeaux prennent plus d*eitension ; ils recouvrent de vastes plateaux dont la longueur suit sensiblement le cours des rivières. C*est ainsi qu'ils se montrent aux environs de Coudes « où ils sont adossés aux arkoses, et s'étendenc de là dans la vallée de la Couse , à une hauteur de 30 à 40 m. au-dessus de la rivière. Ils reparaissent plus an sud » dans la vallée de rAllagnon, au-dessous des basaltes de la Peinide, puis sous ceux de Saint- Victor , près Massiac. Ici ils atteignent un niveau plus élevé , leur hauteur au-dessus de TAIIagnon étant à la Peinide d*une cinquantaine de mètres ; elle est un peu moindre à Saint- Victor. A aoe lieue environ , au sud du confluent de l'Allagnon, ils recouvrent le terrain houiller et le grand plateau qui s*éteiid entreLempdes et Brioude ; ils se montrent aussi sur Tan-

ciçDne rive de FÂlIier, à Vezezou, à Azerat ; enfin , dans ks environs de Brioude , ils forment à l'ouest de TÂIIier. Itt plateaux de Chomaget, de Gra>enauz« de Saint-Pierre €tla plaine de rEtang» A l*est de cette rivière, les plaçai de Lamotte et de Fotanes, Dans tous ces points qui <9Q)prennent une distance de 20 kilomètres» leur .niveau ^ (rès-bensiblement le même ; sur les plateaux de Bilhac, i*éléval\on est de 42 mètres au-dessus de TAIIier ; à Vieille- ^loude, elle est de 38 , à Lamotle de 40.

^ A partir de Vieille-Brioude » les galets basaltiques ^^^^nt de se montrer sur une distance d'environ 4 kilomètres ; ils reparaissent ensuite sur les bords de l'Allier à •Tapou y où ils sont recouverts par le basalte » puis à Saintilpize , à Blassac, et , suivant toujours le cours de cette rivière» à Chiliac» au Blot, à Billac, Langeac» Saint-Arcon, Uuanteugey Sainte-Marie , Saint-Privat dans le Velay, etc. £oSq î|g se montrent dans cette vallée, partout où des coulées basaltiques les ayant recouverts, les ont protégés contre les dégradations. Dans tous ces points , leur élévation audessus du niveau de l'Ailier varie entre 30 et 50 mètres. Ainsi o partirdeGoudesjusqu'au delà de Saint-Privat, c'esta-dire «ur une distance de plus de 100 kilomètres, on voit ^ lambeaux suivre le cours des principales valléf^s qui se raltacl^entà celles de l'Allier, se montrera un même niveau Sur les rives opposées des rivières , et à une élévation ao-aessus des cours d'eau actuels qui ne varie pas de plus de^O mètres dans un espace de dix myriamètres , ce qui ne doï^Oe qu'une différence de 25 centimètres par kilomètre. ^^ impossible, en présence de tous ces faits, de ne pas ad- ^^Ureque ces divers lambeaux ne sont que les restes d une ^Uche continue qui occupait , à une époque , le fond de

212 TERRAINS d'aLLCVIOIC.

vallées fort peu difTérentes de celles où coulent aujoard*ha les principales rivières du bassin de TAIIier... On peut donc considérer la couche de galets basaltiques comme un horizon bien déterminé , propre i établir une séparation entre les produits volcaniques des deux dernières formations , réserver à ceux qui Tout précédé le nom de formation basaltique , et a ceux qui lui sont postérieurs celui de formation volcanique moderne... Dans tous les lieux où ces galets se trouvent en contact avec le terrain lacustre, on voit qu'ils sont adossés et non superposés à ce terrain ; ils se montrent sur les flancs de plateaux élevés , suivant les vallées parallèles aux vallées actuelles, mais beaucoup plus larges. C'est ainsi qu'ils se montrent à Coudes, à un niveau bien inférieur à celui des arkoses ; dans la plaine située entre Lempdes et Brioude , à un niveau bien inférieur à celui du calcaire concrétionné et des marnes qui forment les plateaux de Laroche et de Moizou. Leur dépôt est donc postérieur non-seulement à Texhaussement du bassin lacustre^ mais aux phénomènes qui en ont si puissamment raviné la surface. D'une autre part, on voit dans tout le bassin de la Limagne et dans celui de la Haute-Loire de vastes lambeaux de masses basaltiques recouvrir le sommet de ces plateaux , qui dominent souvent de plusieurs centaines de mètres le niveau de la couche des galets basaltiques, et signalent ainsi de grands changements dans le relief du sol, entre Tépanchement de ces coulées et le transport de leurs débris dans les vallées qui ont précédé les éruptions des volcans modernes. Il résulte donc de ce qui précède qoe toutes les coulées qui recouvrent les plateaux du terrain lacustre et ne s*étendent pas sur leurs flancs appartiennent à la formation basaltique , tandis que celles qui recouvrent

la coDche de galets doivent être rapportées aox volcans modernes. D [Bull, de la Soc. géoL, t. ll».p. 243.)

H. Pissis s'occupe ensuite de Tâge des volcans dont les produits ne recouvrent pas immédiatement la nappe de cailloui roulés basaltiques , et il en conclut néanmoins que tous ceux de ces produits qui ont coulé dans les vallées actuelles y ou du moins à un niveau intérieur à celui du terrain lacustre (lequel varie , en allant du sud au nord » entre 800 et 600 mètres), appartiennent h la période moderne.

Tous ces faits s'accordent parfaitement avec tout ce que nous avons vu dans la partie haute du bassin de TAIIier, oh le chronomètre de galets basaltiques, signalé par M. Pissis» indique une séparation très-nette entre les deux périodes volcaniques. Mais leur application rigoureuse cesse sur d'autres points de l'Auvergne où nous retrouvons ces mêmes galets sous de grandes nappes élevées d'anciens basaltes, ou même sous des conglomérats trarhytiques , comme sous la grande ligne de tufs ponceux de Montaigut , d'Orcet et du puy Saint-Romain. Il est difficile d'admettre que ces conglomérats soient de l'ftge des volcans modernes. Ils contiennent aussi eux-mêmes des fragments de basalte et viennent appuyer l'opinion de la longueur de la période basaltique et de ses nombreuses dislocations.

On piiurrait peut-être attribuer h la même époque les cailloux roulés qui recouvrent , sur plusieurs points, le terrain houiller de Bra^'sac. Nous avons considéré ces cailloux comme d'anciennes alluvions, mais leur nalure permettrait aussi de les rapprocher des terrains terriaires supérieurs, qu'il est très-dilBcile de ne pas confondre avec les terrains d'alluvion , à cause des remaniements qu'ils ont souvent subis.

2t V TEBRAIMS d'ÀLLCTION.

On remarque dans ce terrain des caiHonx de qnartt coloré? à l'ettérienr. àen silei pjromsqnes, de» (tétrosilex ; noD3 y avons trouvé quelques érhantitlOns de jade, et Bnvard cite un galet de calcaire niliceut dont l'intérieur coitlenait une Véiiéricarde. L'aldtude de ce terrain atteint 1 peine 500 mètres.

ISSOIRB ET ENVIRONS. — PAREimCtlAT , TALLÉES A ETAGES. — VASENNES. — SADXILLANCES. — PBADBADX. — BODLADE. LA COUSE.

Ittoire et ses envtronx. — Allumions de la Couse. — En continuant de suivre le cours de l'Allier et la plaine de cailloui roulés qu'il a abandonnés sur plus d'un kilomètre de largeur , on re!«le pendant quelque temps ft une altitude de 382, 380, 378, 376, en approchant d'Issoire.

Cette grande nappe est bordée sur lo rive droite d'un étage d'ancienne allution qui se prolonge aussi jusqu'A la ville, et qui \i s'élarf>it encore de tout le terrain de transport que lui ap|iortela Conse d'issolre.

La ville d'Issoire est bâtie en partie sur les alluvions modernes, mais SB partie principale repose sur d'anciens cailloni roulés. Elle est traversée par une petite rivière qui prend le nom de Coose , comme toutes celles qui descendent du Mont-Uore dans la Limagne.

En suivant cette rivière . qui coule A l'est d'Issoire , on voit qu'elle coule sur un lit de caitloui roulés qu'elle entame quelquefois et sons lequel on distingue ) une petite profondeur les argiles sableuses qui emplissent le fond da bassin do Lembron.

Les cailloux sur lesquels on marche sont principalement

fermés de qnartz et de basalte, comme la plupart des galets que charrient la Couse et TAIIier , et il est diflicile d'admettre qu'ils aient été réellement produits par les cours d*eau actuels.

Quand on examine ces cours d'eau, même les plus rapides , on ne les voit pas, de nos jours, emporter ces masses de matériaux qui s'entrechoquent et qui ont la force de s'oser et de s'arrondir; c'est à peine si pendant quelques rares orages, ces phénomènes de destruction s'accomplissent , et cependant le nombre des cailloux roulés est immense. Il a fallu pour leur donner naissance des courants tumultueux dont nous n'avons plus maintenant d'exemples. Il faut donc considérer ce terrain d'alluvion moderne, nonseulement aux environs d'Issoire, mais tout du long du cours de l'Allier, comme étant composé de galets déposés à une époque antéiieure et formant alors ces vastes couches d'alluvions anciennes remaniées par les cours d'eau actuels.

La puis!iance de ces terrains meubles anciens, aux environs d'Issoire est très-considérable. On y distingue plusieurs courbes de cailloux roulés parfaitement en pbce, au moins quatre, et étagées à des hauteurs très-différentes.

ParentignaL — En suivant la route qui conduit d'Issoire au pont de Parentig^iat , et à un kilomètre de la ville , on descend assez rapidement le dernier étage de ces cailloux roulés pour atteindre le ht actuel de l'Allier creusé dans les mêmes miitériaux. Ces sortes de gradins que l'on remarque dans un grand nombre de vallées sont ici très-apparents et indiquent des creusements successifs par des courants qui descendaient en s'approfondissant toujours.

Il est du reste assez difficile de se rendre compte de ces vaHées à étages, lesquelles paraissent correspondre à des ni-

216 TEiuim d'alldvion.

TCaax diiUncts que les eaui auraient pris snccessiveinent. Un fait corieuk, c'est que chaque rivière, l'Allier et la Couse, et même les plus petits ruisseaui , présentent «près chaque crue d'eau une série de petits étages dans les sables et les graviers déposés sur leurs rires.

Si les eaux qui ont rormé ces petits étages s'étaient lentement et successivement abaissées , il j aurait un talus incliné , mais il n'en est pas ainsi , et l'on r^connstl de U ma* nière la plus nette , deui , quelquefois trois et quatre étages distinrts dans la superposition des sables et des cailloux roolés qui bordent les ri>ières. Des causes accidentelles ontelles produit ces rban^ements de niveau , ou bien les eaux déjà basses ont-elles gonflé momeutanément pour déposer ou remanier ces mnlériaui?

Au delà du pont de Parentignat, on trouve les alluvions du ruÎRseau de l'Euu-Mère, qui vient encore tr&s-aflaibli , mélot ses eaui à celles de l'Allier. On ne peut guère rependant lui attribuer l'ancien terrain de transport qui aviiisine Parenlignat et sur lequel se trouve le village des Pradeaui (397J. Ce terrain meuble représente le bord opposé de la vallée à étage que l'on 8 descendu pour arriver k l'Allier.

Varennei. — Un peu plus loin , on est à Varennes (383). Celte commune , à l'est de Parentignat, est située dans un b'is-fond trés-uniforme , entièrement couvert de sables , de graviers et de galets. C'est le fond d'un ancien lac allongé, aujourd'hui traversé par ta petite rivière de l'Eau-Mère qui passe i Manglieu et k Sauiillangcs, et par la jonction du ruisseau d'Aillouse qui descend du canton de Sauiillanges. En remontant le cours de ce ruisseau de l'Eau-Mère, oa voit partout dans la vallée les cailloux roulés qu'il a dé-

posés, et Ton rencootre aussi près de Sauxillanges uoe bande d'allovion ancienne qu'il faut lui attribuer.

Le$ Pradeaux. — Au lieu d'aller à Varennes et à Sauxillanges, après avoir traversé le village des Pradeaux , si Ion monte directement, àTombre des noyers, au château de la Grange, on atteint le sommet d'un petit plateau que l'on pourrait considérer comme le troisième étage des cailloux roulés. On y trouve aussi beaucoup de basalte. Tout à c6té existe une carrière où l'on exploite un calcaire lamellaire , analogue à celui de Chaptuzat.

Valties à étages. — En continuant sa course au sud , OQ s'élève hur des calcaires tertiaires au milieu desquels on distingue çà et là des grès peu solides et même des argiles sableuses, puis on atteint au-dessus du domaine de Bethelle, ao plateau assez vaste et assez élevé (470) sur lequel existent aussi des cailloux formant une couche assez épaisse. C*est un quatrième étage contenant toujours beaucoup de basalte.

Il n'y a rien d*étonnant de trouver ainsi à des niveaux distincts des couches de galets alluviens , lesquels ont été abandonnés par l'Allier. Aucune de ces couches, aucun de ces étages ne parait avoir été dérangé par un soulèvement nltérieur. Ce sont toujours des débris abandonnés par la rivière à ces divers niveaux , à mesure qu'elle creusait son lit. Ces étages marquent les limites de plus en plus étroites cotre lesquelles ces eaux ont été successivement resserrées. Lorsque le cours d'eau arrivant sur des terrains peu dégradés n'avait pas encore de lit déterminé , on conçoit qu'il ait couru de divers cAtés et qu'il ait couvert d'alluvions des terrains différents à chaque crue nouvelle. Plus tard d'autres galets furent charriés et abandonnés, puis remaniés, en

218 TEiBAiRB d'allvvhhi.

sorte qne l'on peal suivre sans interruption les courbes al-. lutiennes étagées depuis le plus haut cours de la rivière jusque dans son lit arinel.

Sainl-Mariin. — Avant de rentrer i Issoire, on voit encore A l'estrémtté ouest d'un plateau calcaire «ar lequel est situé le village de Saint-Martin , un monticule égalemeot calcaire, mais recouvert d'une couche alluviale (474). C'est le couronnement de cailloui roulés le plus élevé des environs.

Boutade. — Au nord de la ville d'Issoire, on aperç(Ht de vastes nappes de terrain de tran<port. Un grand plateau domine la ville, mais il est séparé des maisons ronsiruites sur ce même terrain par une petite bande de terrain primitif que l'on nomme le terroir des Chapelles. C'est une espère de prolugyne talijueuse colorée en rouge , laquelle n'est qu'un accident local du granité. Au-dessus de la roche primitive, on voit les argiles rouges, puis une couche de caitlout rotilés basaltiques, et enfin le conglomérat ponceux (415) Hais ce dernier n'occupe là qu'un espace très-lirailé. Au delA recommencent tes cnilloui roulés des anciennes flllutions sous-volcaniques qui s'étendent au loin. Ils rerouvrent le granité sur lequel la route est tracée. ILi j Forment une couche très-mince. C'est en marchant toujours sur ces nlluvions que l'on arrive au delà de Brivadet (483), de Chambon etdu domaine de Boulade, à d'énormet masses de conglomérats poncent.

A Boulade se trouve celle couche alluviale dans laquelle ont été trouvés une si grande quantité d'ossements fossiles.

C'est un mélange de sable quartieui plus ou moins fin, raélé d'un peu de mica et d'argile. Les ossements on dèbrù d'ossements se trouve pèle mêle dans cette couche. Ib

ALLisâ n SES AFFLimrrs. 219

sont mêlés sans aucun ordre , souvent brisés et couchés à plat. On reconnaît facilement que ces os ont été entraînés par les cours d'eau qui déposaient l'alluvion. On ne trouve aucun squelette entier, et souvent même la moelle est remplacée par du sable ou par du fer hjdroiydé.

Ce sont principalement des Ours, des Felis^ des Canis, Elephas, Tapirus^ Cervu$, Aurochs et Equus.

La grande couche de cailloux roulés , presque tous basaltiques que nous venons de citer au nord d*Issoire, existe encore sur une étendue plus grande , au sud et au nord de c6tte ville. Comme ce terrain offre à peu près partout les mêmes caractères, comme il est presque toujours placé sous des coulées de basalte ou sous des conglomérats trachytiques qui l'ont préservé , nous lui avons donné le nom d'à/luvion souS'Volcanique.

Cette alluvion contient comme les autres des quartz, des gneiss et des granités , maïs la grande majorité de ces cail^ loux sont des trachytes et surtout des basaltes en cailloux ronds ou allongés , souvent aplatis. Quoique l'on puisse trouver en Auvergne de nombreux exemples de cette alluvion, nulle part elle n'est mieux développée qu'aux environs d'issoire. A l'est de cette ville, elle formait une large nappe continue qui a été dégradée par la Couse, et dont il reste de grands fragments (442, 469, 423). Cette couche s'étendait à l'est au-dessus de Neschers^de Chadeleufet jusqu'à Montaigut-le-Blanc , où on la retrouve encore sous les conglomérats \olcaniques.

220 TEBRAIMS d'aLLOVKHC.

Page 1