LA SIOULE
prairies OÙ la Sioule déroule maintenaDt ses gracieux méandres. Saint-Pierre-le-Chastel y forme un cap recouvert de basalte , et s'avance assez loin dans la prairie. Le lac remontait par une bifurcation à Test du village, tandis qu'une branche de la lave de Côme, se prolongeant bien au delà de Mazayes, arrivait jusqu'au bord de l'eau, et peut-être même atteignait l'extrémité du lac.
L'eau s'élevait dans cette vallée, refluait dans les vallées latérales dans lesquelles des alluvions indiquent son séjour plus ou moins prolongé. Ce beau lac de Saint-Pierre-le- Chastel avait sans doute été précédé par la Sioule ancienne, plus puissante , et qui , avant d'avoir creusé son lit , avait éparpillé de nombreux cailloux sur les plateaux basaltiques qui maintenant dominent son cours.
Ainsi concentrée dans un lac allongé dont la digue de lave emprisonnait les eaux , la Sioule lutta longtemps pour s'échapper. Elle finit par user sa digue, attaquant tantôt le produit volcanique, tantôt le porphyre ou le gneiss. Un petit lac que l'on reconnaît aux alluvions très-superficielles qu'il a laissées dans la prairie d'Anchald (609), perdit aussi ses eaux par la rupture de cette digue , et la Sioule en liberté put continuer sa course.
Il faut suivre, pendant bien longtemps , le cours de cette rivière pour retrouver un terrain d'alluvion. On ne peut nier cependant qu'elle en ait déposé autrefois. On en a la preuve à Pranal , où la lave, suspendue au-dessous de la rivière, recouvre une couche assez puissante d'alluvion. C'est l'ancien lit de la Sioule, au-dessous duquel elle a continué de creuser , et où elle creuse encore en courant avec rapidité.
La lave de Pranal fut donc encore un obstacle que la ri-
S58 TERBAIRS D'aLLCTION.
TJèreciit k Tiincre après avoir été arrêtée dans la TiDée de Barbccrt par de nombreux Moas de galène qs'elle a coapés et<|D'elle a mis as jour.
A l'eitréiDité do courant de Iste de Pranal, la Sioale reçoit un petit afllilent , c'est le niisseas de Hailères qui sort km de U, i l'Ëtang Grand, ao-desses de Saint^Ours.
On peut remonter tout ce ruisseau sens rencontrer d'a^ lofîon ; mais à l'étang même, on voit Talluvion qui s'étend iDtoar de l'eaa sur un asseï grand espace , et qui est composé de sables , de graviers et d'une grande quantité de caHlonx de quarts d'un aspect gras et d'une forme très-irréguliére.
En reprenant le cours de ta Sioide, au deli du moulin des Combres , et en la suivant dam ses nombreux détours jusqu'à Montfermy et à la Chartreuse , on est frappé des travaux d'érosion que cette rivière a été forcée d'eiérut«avec une extrême lenteur. La présence de filons de porphyre transversaux l'a obligée de se détourner pour se frayer UD passage. Les barrages et, par conséquent, les lacs étages se sont multipliés , puis le courant a tout vaincu , tout usé. tout entraîné, laissant è peine (à et là une étroite lisière de galets. Il n'est certainement , sur le plateau central , aucun cours d'eau qui ait autant travaillé, qui ait franchi autant d'obstacles et qui ait mérité plus que la Sionlesa franchise et sa liberté.
Son lit est h 501 mètres è Honlfermy et à 497 A la Chartreuse. Ici la rivière est encore fortement encaisiée, lea pentes de sa vallée sont abruptes ; elle a dA faire du grand nombre de circuits pour se dégager des poi^ym, et , enfin , elle a formé encore autrefois un petit lac indiqué par une alluvion au point de jonction du grand Sionlet d« PoDtaanuir.
LA SfOULB. 259
An delà , la Sioule est un peu plus tranquille ; elle coule entre les terrains de gneiss et de granité » puis elle entre profondément dans un massif de cette dernière roche, dans les communes de Combes, de Sauret-Besserve, de Queuille, de Vitrac et de ChAteauneuf. Il est impossible , dans ce long et sinueux trajet , de suivre les bords de la rivière , ilii sont trop escarpés. On plonge des hauteurs voisines , sur ce hardi cours d'eau , le plus pittoresque de ceux que nous avons en Auvergne.
Après ChAteauneuf, où cette rivière a rencontré de nou* veaux porphyres , elle rentre dans les gneiss et les micaschistes, et s'écoule dans le canton de Menât.
Près du pont de Menât, nne masse considérable de porphyre a arrêté ses eaux [fig. 1 8 eM 9 , page 240, tome 1), et un antre lac a dû s'étendre au sud et à l'ouest de ce barrage. De grands rochers se trouvaient sur ses bords , et de tous les bassins remplis par ses eaux ce dut être le plus sauvage et le plus curieux.
Une fuis sortie, la rivière a continué de creuser une profonde vallée dans les roches primitives. Cette vallée qui sépare maintenant le département du Puy-de-Dôme de celui de l'Allier , a ses deux versants couverts de blocs, de gneiss ou de porphyre. La Sioule A Saint- Gai n'est plus qu'à 364 mètres et à 350 à Saint-Quentin.
Là elle est libre en6n , elle chemine sur les débris argileux qu'elle amenait autrefois dans le grand lac de la Limagne. Elle a recouvert ce terrain d'une large nappe d'alluvion ancienne. Plus loin , depuis Jacques-Martin jusqu'à Jenzat , dans le département de TAIIier , elle a miné et usé des micaschistes dont les couches déchiquetées s'élèvent aodessus de son lit.
260 TEBRAnts d'alluvion.
On trouve près de Ganoat et derrière Materier la limite bien tranchée du terrain pninitir et du calcaire k Phrjganes qui le recouvre ; mais là eiiste eu même temps un petit plateau très-curieui et tout couvert de railloux roulés. Il est peu étendu , mais très-distinct. Ces cailloux roulés se poursuivent jusqu'à Jenzat, et sont peut-être un ancien dépôt de la Sioule. On ne peut douter de cette origine pour ceux qui sont situés près de Jenzat même et que l'un voit en couches assez poissantes en montant la route de Cbantelle. On retrouve les mêmes cailloux à Saint-Germain-les-Joyeuses , et partout ces galets , d'origine ancienne , presque tous en granité ou en quartz , sont assez nettement séparés des allnfions modernes par la saillie du sol. Plus bas existent des bassins à Fond plat qui constituent le bassin actuel de h rivière et qui présentent de temps en temps des étranglements. La Sioule a donc aussi creusé son nouveau lit dans l'ancien.
Bien avant Sainl-Pourçain , oîi la Sioule se joint i> l'Allier , les cailloux , les sables et les graviers se présentent en amas considérables. On reconnaît sans peine un ancien golfe de la Limagne oit toutes les alluvions anciennes et modernes ont été bien souvent remaniées, et le sont encore à chacune des crues un peu importantes que présentent ces rivières.
L'altitude du point de réunion des eaux n'est plus que de 230 mètres. En retranchant ce chilTre de celui de 1,200. qui est l'altitude du lac de Servièrcs, on a pour un i-oun d'environ 80 kilomètres, une difTércnce de 9'70 mètres, ce qui donne une pente moyenne de 0,08 par mètre.
Il faut reconnaître touterois que cette pente est très-inégalement répartie et que le cours de la Sioule est trés-npide en quelques endroits. Aussi sa vitesse devient considé-
LA S10ULE. 261
rable quand les eaux sont fortes et ajoutent leur pression à la pente du terrain. Ces conditions expliquent parfaitement Tabsence des galets et des terrains d'alluvion sur la plus grande partie du cours de la rivière qui vient de nous occuper; mais si les galets sont rares, l'action érosive de la Sioule est manifeste. Le calcaire qui forme les plateaux des environs d*Ebreuil sur la rive gauche de cette rivière , se retrouve aussi sur la rive droite , à Château-Jaloux , et beaucoup plus loin à Bègues , sous la forme de petits lambeaux. Il est donc probable que ce calcaire a couvert une partie de cette contrée , et qu'il a été démantelé et entraîné par les eaux de Tépoque alluviale. Les argiles sableuses , si abondantes autour d'Ebreuil , ont été aussi fortement morcelées et ravinées, après avoir recouvert, en grande partie, les bords primitifs de ce bassin. Il y a donc eu de grandes érosions et par suite formation d'un lac ou d'un estuaire dont le fond est alluvien et dont les contours sont faciles à déterminer. Ce lac différait du lac tertiaire. Il date sans doute de Tépoque diluvienne ancienne et peut-être même moderne. Le courant qui a érodé les argiles et détruit en partie les calcaires , a laissé souvent ses traces sur ces derniers en les couvrant de cailloux roulés de quartz dont quelques-uns , quoique transportés , ont conservé leurs arêtes, ce qui prouve qu'ils ne venaient pas de très-loin. On trouve abondance de ces cailloux sur le plateau calcaire situé près de Vicq (Allier) et du côté du Puy-Vacher. Il y a même des endroits où ces cailloux sont si abondants, que l'on pourrait croire au passage du courant principal sur ces points mêmes où le sol en est couvert.
Du reste , tous les environs , et même ceux d'Aigueperse et de Riom , sont parsemés ou recouverts de ces mêmes
262 TERIAIHS d'aLLUTIOR.
caiUoox , lesquels iodiquenl des lovoges prolongés , nuis que l'on De peot plos attribuer aux eaux de la Sioule.
ÀLLUVlOIfS DE U MORGB.
Cette petite rivière prend sa source ao-dessos do hanieaa des Gilardis, dans le canton de Menât, k environ 6i0 m, d'altitude. Elle coule sous la forme d'un Faible ruisseau , snr le terrain de porphyre , puis sur le gneiss , traversant des liens pittoresques et sauvages dans les communes de Blot-l'Eglise et de Saint-Pardoux.
En dessous du hameau de? Hasières , ce ruisseau foratiait autrefois un petit lac allonge retenu par une digue de porphyre usée depuis longtemps.
A un kilomètre plus bas, i Laroche, ce ruiiisean en reçoit un notre qui lui aus&i avait formé un lac allongé an milieu du granité et du porphyre. Le fond plat de cet ancien lac est couvert d'alluvion et l'on y a construit le village de Gravière. Une fois la Horge formée de ces deut ruisseaai , elle continue son cours dans aa pittoresque vallée où elle forme encore deux et même trois lacs ouverts, mais dont on reconnnlt facilement l'emplacement ; elle sort du porphyre au village du Pont , dans le canton de Combronde , et I'od peut suivre encore ses alluvions sur le terrain tertiaire. Elle traverse an massif de porphyre , et elle s'étendait autrefois dans un grand lac dont le fond desférhé porte le nom de bassin de Combronde. C'était un lac secondaire, tributaire de la Limagne , et qui a dû conserver longtemps ses eaux. Son fond est élevé d'environ 360 mètres , et de vssles couches d'allnvions annennes nous montrent que b Morge , débouchant de 11 profonde vallée qu'elle s'est creusée dans les
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terraÎD» primitif » abandonnait ici ses débris et les livrait ao nivelleoient det eaux.
Ces alluvions recouvrent des argiles sableuses profondément ravinées, et contiennent de grandes quantités de quartz.
Plus tard , le lac a été réduit et s'est borné à une pièce d'eau i trois branches dont le fond vaseux d'alluvion moderne est couvert de Saules et de Peupliers.
I^a digue de ces lacs , qui s'est successivement abaissée , était formée par les gneiss et tes porphyres de St-Myon , et peut-*étre les hommes ont^ils aidé un peu à faire écouler les deraières stagnations du lac. L'eau une fois échappée de ce bassin a répandu encore d'anciennes alluvions à une assez grande distance des bords de la rivière. Déjk près de Saint- Ujon , sur les plateaux de gneiss et de porphyre , on trouve une quantité de cailloux roulés de quartz et de granité qui annoncent le passage et le dépAt d'un puissant cours d'eau. Cea dëhris sont d'autant plus usés et arrondis qu'ils s'éloignent davantage du vtlla^.
Tout autour d'Aubiat, de la Moutade» du Choix , on voit de grandes couches d'alluvion qui , sur plusieurs points, atteignent plus d'un mètre d'épaisseur , et présentent les altitudes» de 370, 373 , 30S, 356, 352 à la Moutade. Il fallait à la Morge une bien grande énergie pour agir avec tant de force sur une si grande étendue. Il semble que cea alluvions s'élargissent è mesure que ta rivière s'étale dans la plaine, comme si l'eau , ayant d'abord une vive impolsioo , s'était ralentie en prenant de l'espace et gagnant du terrain.
Cette grande étendre d'alluvion s'expliquerait trè»*bien par un second lac situé entre St-Myon, la Moutade, Aubîat et le Choix , lac dk)ot les anciennes aUuvions auraient pré*
264 TERRAINS d'allution.
se'rvé le sol, tandis que les cnlcaires environnants sontnis à une lente mais continuelle érosion, auraient été emportés ou au moins ravinés el diminués d'épaisseur, de telle sorte, que le Tond du lac préservé Terait aujourd'hui saillie sur tons ces points.
On ne peut nier non plus qoe depuis cette époque . la Morge ne se soît étalée de nouveau dans la plaine. On trouve, près de Cellule, an grand espace qui n'a plus de cailloux (341, 337. 330, 334. 328. 346). C'est le fond d'un marais qui d'un cdté, au nord, arrivait jusqu'auprès d'Arlonne et de fiicon. La terre végétale n'y est pas noire. Elle est blanchâtre et contient du calcaire. On j rencontre comme dans la vase desséchée de plusieurs marais de la Limagne, des concrétions calcaires éparses qui se sont formées dans la terre végétale et qui gisent à sa surface.
Cet ancien marais recevait aussi les eaui du ruisseau de Passoux prés Davayat, et c'est sans doute i ce même cours d'eau . mais à une époqae antérieure, qu'il faut attribuer les cailloux d'ailleurs peu roulés qui forment deux petits plateaux au sud et au nord de Davayat.
Quant au marais moderne, ce ruisseau l'alimentait aussi , el quo'que réuni au grand marais de Cellule , un de ses appendices existait à l'ouest de Davayat. et s'étendait jusqu'au pied de Gimesux et d'Yssnc-Latonretle.
Le ruisseau de ChAtelguyon est venu aussi apporter ses débris, sinon au marais de Cellule, au moins aux trois oo quatre coteaux entre lesquels le village de St-Bonnet est bAti (367, 370, 401, 382, 375). Ce ruisseau qui porte le nom de Roroœuf-la-Serve a été autrefois très-puissant.
Au reste , de nombreux ruisseaux descendus des montagnes, ont laissé dans les environs de Riom et d'Aiguë-
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perse , de larges assises d'alluvion , sans que Ton puisse précisément rendre chacun d'eux responsable de ses œuvres.
C'est ainsi qu'à Riom même et à Marsat, on voit ces grandes alluvions. On les retrouve au sud de Riom, sur la roQted'Aigueperse jusqu'à Pessat- Villeneuve; On y voit des cailloux peu arrondis et dont les arêtes seules sont émoussées. Ce sont en général des quartz , des fragments de porphyre quartzifère et quelquefois des granités et des gneiss ; mais on y distingue rarement des basaltes. Ces alluvions sont locales, et descendent , comme nous l'avons dit, des haoleurs primitives qui constituent à l'ouest la falaise de la Limagne, localité où les porphyres quartzifères sont abondants et fragmentaires. Ce sont les débris que le temps et les eaux ont lentement entraînés.
A Rîom même, le monticule ou le plateau où la ville est bâtie a , évidemment , été recouvert par les eaux , puisque l'on y trouve au-dessus des calcaires de petites couches de marnes cachées sous des galets. Il n'y a rien d'étonnant, puisque Riom se trouve placé entre deux ruisseaux.
On rencontre aussi , à quelques kilomètres au sud de Riom , une alluvion assez compliquée , sur l'ancienne roule de Clermont à la c6te de Ladoux.
C'est un petit escarpement où l'on remarque que les couches sont inclinées et plongent au nord. Ce sont, à la base, des couches terliaires de calcaire lacustre , assurées dans toutes les directions. Ces couches se délitent et tombent en fragments. Elles forment à peu près les deux tiers de l'escarpement au-dessus de la route. Au-dessus d'elles existe une couche composée de débris de calcaire et de cailloDi roulés , parmi lesquels on remarque surtout du basalte analogue à celui des plateaux yoisins de Mirabelle et
266 TBBuns D'ÀurnoH.
de Chaotorgnes. Les caillons priinîliE) y sont bmids Iir6-
queoU.
Celte assise o'a goère que 5 i 6 d^imëtret i'épmtêear. Elle supporte une couche de pouzzolane aftglutïnée anakign^ i celle <|ui eiiite sur les peotes de Chanlurgues et dans les plaines aoi environs de Geriat. Cette couche peut atteindra sii décimètres, et contient ci et li quelques caillooi roulét.
Enfin , au-dessus de toutes ces assises , tout i fait k bt partie supérieure du sol, existe une couche très-io^galfl d'ancienne alluvion. Ce sont toujours des cailloui pen volumineux et de nature très-variée, basalte, granité, qaartz, gneiss, trachjle, rangés dans l'ordre de leur plus grande abondance. Près de li se trouve une source qui tarit bieo rarement.
Ce plateau de Ladoui, qui Tait aujourd'hui saillie, étaitil autrerois le lit d'un de ces nombreux torrents qui desoeii> daientdansia LimagneT
Aigueperse est aussi entouré de plateaux de cailloQi roulés. Ou voit même , sur un de ces plateaux , au Créai 4v lac, des dépressions alluviales qui contiennent toujours de l'eau. Partout à Sardon , à Thiiret , à Percignat, i Chassenet, c'est le même terrain. A Sardon , ils occupent seale> ment la partie haute du sol, et encore y sont-ils disséminés. Plus loin , en allaot h Tfauret, ils manquent même snr w monticule tout entier, puis on les retrouve sons une Irès-fietite partie de ce village qui est bAti sur le calcaire. Od suil les cailloux i Chassonet (353) . i Varenœs^le-Sainfc-C liment et sur une longse traînée de plusieurs kilomètres (346, 241, 311), qui va toujours en s'abaissent.
Tontes ces alluvioos manquent de basalte et cealienneak beaucoup de yiartz. Quelques csilloui de cetLe dernièn