‹ Les époques géologiques de l'Auvergne [microform]Chapitre 26 sur 82 · LA M0R6E · texte numérisé non relu

LA M0R6E

sobstanee sont noirs en dehors et bruns en dedans. Ils siiDQlent tout à fait le basalte , et il est facile de s'y tromper. L'absence de cette dernière roche pourrait faire supposer 4ue cette alluvion est tertiaire , et qu'elle pourrait être la même que celle de la Cannière.

Près de Thuret , on voit un très-petit monticule , que Toa a pu prendre pour un tumuins , mais dont les couches, ^qojqoe brisées, sont en place. C'est le résultat d'une érosion.

Les eaux de tous ces ruisseaux, après avoir déposé leurs anciennes alluvions , après avoir miné et corrodé le sol calcaire , ont encore séjourné longtemps dans les parties les plus basses de la Limagne. On reconnaît leur séjour à la présence de terres noires et marécageuses que nous avons considérées comme des alluvions modernes. Un des plus grands de ces derniers marais existait à Test de Riom, à la Gravière, à Mariol , à Cœur, etc. , et continuait encore au delà de Saint-Beauzire , d'Aulnat , etc. (322 , 319 , 326, 323, 324), constituant, comme on le voit, par les altitudes ci-dessus, un fond très-égal et très-uniforme.

Dans tout le canton d'Ennezat , le calcaire lacustre se montre à nu sur un grand nombre de points , mais , sur beaucoup d'autres , il est recouvert par de grandes quantités de terre végétale dans laquelle on reconnaît une infinité de grains de sable et de petits cailloux roulés qui témoignent des grandes alluvions qui ont recouvert autrefois toQte la Limagne.

On voit aussi sur les bords de Beda et du ruisseau d'Ambine, de3 signes non équivoques de leur ancienne puissance par les traces très-marquées de dépôts alluviens qui sont restés appliqués sur. le calcaire. Ce sont, en général,

268 TERRAINS DALLDVION.

des sables et de petits cailloux stratifiés. On conçoit en effet que ces rivières, ainsi que la Horge dont nous nous sommes détournés pour un instant , dont l'origine et les affluents se trouvent dans les terrains primitifs do bord occidental de la Limagne, n'aient pu amener de très-loin que des débris menus et usés pendant le trajet. C'est è peine si l'on y voit des caillous volcaniques , et si l'on suit, en le remontant sur la Carte , le cours de ces rivières; on voit eftectivement que les roches volcaniques manquent sur leurs parcours.

Les coteaux qui bordent la Morge à Varennes eti Clerlande, offrent, en assez grande quantité, un porphyre vert, que l'on rencontre oui environs de Saint-Bonnet où il forme des monticules assez nombreui.

L'alluvion ancienne s'arrête aui Martres-sur- Morge (331), et la rivière laisse à peine un lit de cailloux modernes jusqu'à Champeiroux, où l'alluvion ancienne recommence sur ses deux rives.

Les couches de sables et d'atluvlon deviennent bien plus puissantes en approchant de Maringues , près de Plaisir et de la côte Rouge , où la Morge et le Beda le réunissent. C'est surtout sur la nve droite de la Morge que l'on rencontre les plus grandes masses de sables ; mais tous ces tables depuis leur dépAt ont été dégradés, morcelés, emporté« en plusieurs endroits , et l'on rencontre des escarpements où l'on toit leurs assises superposées.

En approchant de Maringues , on commence i trouver des cailloux de basalte dans les alluvions , et aussi quelques morceaux de trachyle qui ne peuvent provenir ni de 1> Morge, ni des ruisseaux qui traversent le canton d'Enoeul. L'Allier a donc pu amener ses alluvions Jusque-là , et cou-

LA HORGE. 269

fondre les débris qu'elle charriait avec ceux qui étaient amenés par la Morge. C'est surtout au confluent de ces deux rivières (293) que les dépôts sont abondants. Là tous les produits sont réunis. La grosseur des cailloux est extrêmement variable. Ils sont rarement plus gros que le poing , et très-souvent le dépôt est sous la forme de sable fin en couches plus ou moins épaisses.

C'est TÂIIier qui a fourni les plus gros galets, et la Morge le plus souvent a payé son tribut en sable et en menus graviers. Le basalte est aussi bien plus abondant dans les alluvions de l'Allier que dans celles des autres cours d'eau, où souvent même il n'existe pas.

Bien de plus varié, comme on le voit , que ces dépôts de sables , de graviers et de cailloux que l'on trouve partout dans la Limagne, mais surtout aux environs de Maringucs, depuis le bord de l'eau ou ils arrivent tous les jours , jusque sur les plateaux les plus élevés du voisinage, où ils sont nécessairement plus anciens, et témoignent d'une action continue non interrompue , mais , comme nous l'avons dit si souvent et le répétons encore , bien plus puissant autrefois que de nos jours. Il y a donc dans cette partie de la Limagne des accumulations de galets d'âge très-différent, depuis la fin de la période tertiaire jusqu'à l'époque actuelle.

Une chose très-remarquable aussi^ mais facile à observer malgré le morcellement du sol d'alluvion , c'est la continuité de certaines couches , parfois très-minces et peu importantes, mais très-étendues; c'est la composition souvent identique de ces nappes, où dominent tantôt le quartz blanc, tantôt le quartz veiné on coloré, ou le granité, ou le basalte, et qui nous prouve que , pendant la longue période de ces dépôts , il y avait , comme de nos jours , des inondations

270 TERRAINS d'aLLUVION.

parlielleSy des crues accidenïelles , provenant , soit de ploies générales sur toute la contrée, et gonflant toutes les rivières à la fois, soît de pluies partielles , dont Pac^ion ne se faisait sentir que sur ud ou deux affluents » lesquels venaient se jeter dans l^Allier, alors la grande artère de la France centrale.

Dans le premier cas » les matériaux mélangés par la rivière formaient une couche uniforme partout. Dans le second , la nature des galets prédominants indiquait que la force alluviale avait été locale, et les roches des lieux soumis à la pluie dominaient dans les couches déposées.

Ainsi Fétude approfondie de la nature des galets, de leur prédominance, de leur stratification, nous donne de précieux renseignements sur la météorologie des diverses époques volcaniques.

AUlmorts éLAétAiÉtd. 271

Page 1