CHAPITRE CXXXÎX
Dé VmtU&A de ta' neige éi des «làees danrf la formation des terrains de transport ou dTaHavlon. — Des aUavlons «laelaires dn défiartement dn Puy-de-DOnie.
Dans les coûsidérations générales que nous avons émises nr les teiraîns de transport oA d'alluvioh , et auparavant sur les terrains sédimentaires en général , nous avons fait remarqoer que , par suite du refroidissement très-lent de notre globe, une époque était arrivée où l'eau pouvait passer k Tétat solide sur quelques points de la terre. Rien de plus logique que de conclure à la présence de petites quantités de neige éphémère sur les plus hauts sommets et sur les contrées les plus voisines des pAles. Ces neiges, déposées pendant une saison, fondaient bientôt par Tactiondes rayons solaires. Un peu plus tard , la chaleur du climat diminuant toujours y la neige couvre de plus grands espaces , et s*acctt* mule en masses plus considérables ; néanmoins elle fond tous les ans , et Teau de fusion qui s'échappe des points les plus élevés descend en torrents plus ou moins rapides , et conduit vers les points les plus bas les nombreux maté-* rianx arrachés à ces montagnes. Ce sont ces alluvions, dépendant de la fusion des neiges , que nous désignons sous le nom de iermins ncfvéens.
Plus tard encore , par suite de rabaissement de température du climat, ces neiges accumulées sur des points âevéa f pendant une saisod , ne peuvent plus fondre com-
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plétement dans l'autre , et chaque année il y a uo reste. Ces restes annuels s'accumulent , un glacier se forme . grandit et s*étend ; il transporte des blocs et des matériaux , qui ne sont plus roulés, mais souvent striés et anguleux ; c'est ce que nous désignons sons le nom de terrain glaciaire.
Les neiges s'accumulent encore de nos jours sur les points refroidis de notre globe; elles se changent en nivi: le névé devient de la glace , et les glaciers sont encore des phénomènes contemporains.
Toutefois, une époque a eiisté pendant laquelle l'extension de ces glaciers a atteint son maximum, et l'on désigne cette époque sous le nom de période glaciaire. Presque tous les géologues sont aujourd'hui d'accord sur l'ancienne extension des glaciers , mais ils sont loin de s'entendre sur les causes qui ont pu produire ce phénomène.
Nous ne reviendrons pas ici sur les faits que nous avons exposés, relativement à la théorie des glaciers, dans oo travail spécial, publié en 1847 , et intitulé : De$ glaciers et des climats , ou des causes atmosphériques en géologie (i); nous nous contenterons d'en reproduire le résumé, qui suffira pour nous faire comprendre l'origine des terrains névéens du plateau central.
Il n'est pas une question de l'histoire du globe qui , étudiée avec soin , ne s'étende bien au delà des limites que I'od croyait d'avance pouvoir lui assigner : telle a été pour nous celle des glaciers.
L'examen de leurs caractères physiques et la contemplation de leurs effets fiittoresques , nous ont conduit à des réflexions sur les causes de leur extension, et l'existence d'an-
(I) Uo vol. io-8«, chez Pierre Bertrand, rue St-André-des-Arcs , i Piris.
dens climats solaires nous a paru rorcément démontrée par des faits qui oe pouvaient trouver ailleurs d'explication satîs* faisante.
Nous avons donc été amené à introduire en géologie une grande cause , que des observations directes n'ont pas encore démontrée ^ mais dont le raisonnement peut admettre la possibilité.
Les faits nombreux groupés dans les chapitres de cet ouvrage indiquent les conclusions suivantes .:
ce Tous les corps célestes qui composent notre système planétaire, d'abord incandescents , se sont successivement refroidis en rayonnant dans l'espace.
» Le soleil, beaucoup plus volumineux que tous les autres, perd continuellement de sa. chaleur depuis sa création ; mais il en conserve encore une très-grande quantité , qui cependant doit sans cesse s'affaiblir.
» La terre, primitivement liquide par fusion, s'est promptement refroidie à cause de son peu de volume, et la consolidation de sa partie extérieure a maintenu le feu central , qui manifeste à peine sa présence au dehors.
» L'action solaire , plus intense à cette époque que de nos jours , était cependant, dans le principe , masquée par l'incandescence extérieure de notre planète.
» Dès le commencement du dépôt des terrains de sédiments fossilifères , les climats ou l'action solaire se sont manifestés sur le globe , mais faiblement et dominés par la température propre de la terre.
» L'influence solaire est devenue de plus en plus sensible, et dès l'époque houillère , et à plus forte raison pendant la période du trias, elle influençait déjà les êtres vivants suivant les latitudes.
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p A la période jarassiqae ou oolitique, ou tout au moins à répoque de lu craie » les climats solaires ont acquis leur indépendance presque complète, et Faction de la chaleur intérieure de la terre a cessé de se manifester au dehors d'une manière sensible pour les êtres vivants et pour les phénomènes atmosphériques.
D A part les actions plutoniques accidentelles » telles que les soulèvements , les tremblements de terre , les eaux minérales, etc., qui n'ont cessé de se montrer depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'époque actuelle , l'action solaire a produit tous les phénomènes géologiques , depuis la craie et peut-être depuis l'oolite jusqu'à nos jours.
» Le soleil , alors plus chaud qu'aujourd'hui, agissait sur la terre en formant d'abord à ses deux extrémités une zone alternativement tropicale et refroidie , et en séparant ces deux zones par une large bande ultratropicale.
» Cette dernière zone s'est successivement rétrécie , en sorte qu'un climat équivalent à la chaleur actuelle des tropiques a formé sur la terre deux zones concentriques, ayant les pâles pour centre , et qui , s'en éloignant avec une extrême lenteur, se rapprochaient entre elles et sont maintenant confondues en une large bande, possédant, seule surit terre , la température élevée qui s'est promenée sur les zones glaciales et tempérées des deux hémisphères.
» Pendant ce refroidissement séculaire , d& au rayonnement du soleil , les deux extrémités de la terre , placées an centre des deux cercles à température tropicale , qui s'en éloignaient de plus en plus , passaient alternativement d'une température élevée à un état thermométrique inverse, puisque l'axe de la terre , incliné, comme il l'est toujours, sur le plan de son orbite , plaçait notre globe dans les mêmes
cDDditions relativement aa soleil , que celle où il se trouve encore annuellemeot.
» Une évaporation très-active était la conséquence inévitable d'une température élevée , et quoique moins grande , certainement, qu'à Tépoque où la chaleur centrale s'ajoutait encore à celle du soleil , elle donnait lieu à des phénomènes mieux caractérisés » parce que chaque pôle pouvant se refroidir jouait alternativement le rôle d'un vaste condensateur, sur lequel ruisselaient d ^immenses torrents.
» Une époque est arrivée oi^ chaque pôle , pendant l'absence ^n soleil, pouvait acquérir une température inférieure à 0 , et dès lors Teau solide parut sur le globe , et forma sur le pôle refroidi une masse plus ou moins volumineuse , mais incomparablement plus grande que celle qui existe maintenant , à cause de l'énorme évaporation qui avait lieu sur toute la terre.
» Quoique indépendante du feu central dès les terrains oolitiques, la chaleur solaire a probablement suffi pour maintenir le pôle au-dessus de 0 très-longtemps encore par le contact du point refroidi avec des terres échauffées, des eaux tièdes et des courants d'air à température plus élevée.
i> Les pluies seules agissaient alors comme auparavant et donnaient lieu à d'immenses dégradations.
» C'est à l'époque de la craie , ou au moins dès le commencement de la période tertiaire , que la neige s'est alternativement accumulée sur chaque pôle pendant les hivers.
» Le retour d'un soleil plus actif que le nôtre , et sa présence prolongée sur chaque extrémité du globe , accompagné sans doute de pluies vernales et abondantes, dissolvait et délayait ces neiges amoncelées , en produisant d'immenses courants , chargés de nombreux matériaux , qui , chassés
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des points calmioants sur des plans plu5 on moins déclires, les ont usés , polis et sulcaturés , mais non burinés.
» Le calme succédait à la débâcle ; les courants marins devenaient moins actifs ; les rivières rentraient dans leor lit k la période estivale et automnale ; le repos absolu annonçait rhiver et sa longue nuit polaire.
» Ces eiïets périodiques se renouvelèrent pendant une longue suite de siècles , agissant alternativement sur les deoi pôles et sur les montagnes élevées qui avaient déjà été soulevées dans les deui hémisphères.
x> L'action solaire diminuant toujours d'intensité » il dut rester sur les pôles et sur les montagnes une certaine quantité de neige qui résistait à la fusion estivale.
» Cette neige » à demi-fondue par la chaleur solaire , se transformait en glace » qui prit successivement plus d*eitension , et dès lors commença Tapparition des glaciers et la cause des phénomènes erratiques , dont TAge est très-probablement diiïérent pour les pôles et les diverses chaînes de montagnes.
» La formation des glaciers exige la chute de la neige sur un point du globe » son ramollissement et sa demi-fosion par la chaleur « sa persistance au delà des deux saisons contraires, rhiver et Tété.
n La progression du glacier et sa marche plus on moins rapide demande encore de la chaleur, et se trouve aussi subordonnée à la conBgnration du soi.
» Son extension ou son rayonnement autour du pôle oo des points culminants est dû à Talimentation qu'il reçoit par la neige qui tombe.
» Son retrait on sa rétrogradation vers les centres de rajoooement tient à la fusion de son extrémité inférieure.
» Si cesdeai actions se compeDseDt, le glacier est stationnaire.
» Des inégalités dans l'alimentation et la fusion sont les causes d'extension et de retrait.
» La principale cause d'alimentation da glacier réside dans Tabondance du névé et dans détendue du cirque qui le reçoit. La congélation de Teau & l'extérieur ou & l'intérieur de la glace , la condensation de la vapeur contenue dans l'air, la neige éphémère qui descend à sa surface , ne font qu'une très-pelite fraction de l'alimentation.
» Les ressources du névé n'existent que dans la neige qui tombe ; la neige ne peut se former qu'aux dépens de la vapeur élevée dans l'atmosphère , et celle-ci ne peut être produite que par l'action de la chaleur.
» Le froid ne peut donc fournir que des neiges éphémères, et si l'abaissement de température était général sur le globe, il n'y aurait pas de glaciers , parce que l'évaporation cessant , la neige même ne se montrerait plus.
» La chaleur, au contraire, favorisant la création de la vapeur d'eau, est la principale cause de la chute de la neige sur les points élevés ou refroidis , et cette cause a été bien plus active autrefois que de nos jours.
» L'évaporation était encore favorisée par une plus grande abondance d'eau en circulation , par des eaux plus troubles, qui s'échauffaient plus vite et plus fortement ; et par une atmosphère plus agitée, puisque les inégalités de température étaient plus grandes.
» La fusion agissant sur des glaciers plus étendus était proportionnellement moins active , parce que les surfaces exposées à l'action solaire et aux pluies étaient moindres, parce qu'une partie des rayons solaires étaient réfléchis
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comme aDJoard*hui , parce qae des vents polaires devaient soalller longtemps an printemps » et parce qu'il faut k la glace 9 pour se liquéfier, une très-grande quantité de chaleur qui devient latente.
» Cette chaleur latente * absorbée pendant la liquéfaction de la glace , est enlevée à Tair et aux corps terrestres environnants , tandis que celle qui est mise en liberté lors de la cristallisation de Peau , étant abandonnée dans les hautes régions de l'atmosphère » rayonne presque immédiatement et en grande partie vers l'espace.
» Lorsque, par suite du refroidissement du soleil, les premiers glaciers commencèrent à se former, à l'époque tertiaire vers les pôles, et à l'époque de transport sur les montagnes des zones tempérées, l'alimentation produite par une large évaporation l'emportait sur la fusion ; il y avait chaque année un reste qui s'accumulant avec celui des années précédentes augmentait le glacier.
» Ainsi une température élevée, en favorisant la fusion par la destruction de l'extrémité inférieure du glacier, augmentait l'alimentation dans une proportion plus grande encore , puisqu'elle était la cause première d'une forte évaporation.
» L'une des deux causes, Valimenlation^ ayant bien plus d'importance que l'autre , la fusion , une température anciennement plus élevée a dû servir è l'extension des glaciers, tandis qu'une température très-basse n'aurait pas même permis leur création.
» L'ancienne extension des glaciers s'accorde donc parfaitement avec ce que toutes les observations géologiques nous ont appris sur l'ancienne élévation de chaleur des climats, pourvu que l'on considère ceux-ci comme dépendants de Faction caloriGque du soleil et non de la chaleur centrale.
» La question envisagée sous ce point de vue» nous permet de comprendre une plus grande extension des glaces aui deux pôles » dans les vallées des Alpes et dans toutes les chaînes de montagnes soumises à des alternatives de froid et de chaud , d'été et d'hiver , de gel et de dégel.
» Elle nous laisse aussi la possibilité de voir des restes de glaciers dans des lieux comme les Vosges , l'Ecosse * etc., où il n'en existe plus aujourd'hui » et où » par une température plus élevée, il pouvait tomber en hiver une quantité de neige si grande , qu'elle ne pouvait complètement fondre en été.
» L'époque de la plus grande extension des glaciers ayant été atteinte , ils ont dû rester quelque temps stationnaires ; pois l'alimentation diminuant comme l'évaporation et la chaleur , ils se sont lentement retirés , et très- probablement ils se retirent encore.
» C'est à la période de plus grande extension que les gladers se sont développés sur les Oancs des Alpes Scandinaves, préalablement ravinés, dénudés et sulcaturés, qu'ils ont rempli les grandes vallées des Alpes, qui avaient déjà reçu du terrain diluvien , qu'ils ont rayonné autour des Vosges , qu'ils ont occupé les cirques des Pyrénées , et qu'ils ont puru même sur les crêtes du Jura , tandis que d'autres glaciers , venant des Alpes , se dirigeaient vers les pentes de cette même chaîne jurassique.
» C'est è cette époque qu'il faut attribuer les laves ou roches polies et striées , notamment celles qui existent dans les Alpes , au-dessus de la limite des glaciers actuels.
» Pendant la même période d'extension, les glaciers ont posé eux-mêmes , en les charriant , une grande partie des blocs erratiques de la Suisse, du Jura , des Vosges et de plusieurs autres localités.
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» Uoe autre portion de ces blocs a été entraînée on an moins déplacée par d'antres causes , surtout par les glaces flottantes , par les soulèvements du 9ol où ils étaient déposés , ou par la fonte instantanée de glaces qui les ont emportés.
tt Pendant que les glaciers occupaient vers les pôles et dans les vallées des montagnes des lieux qu'ils ont aujourd*hui abandonnés , la fusion annuelle et périodique , très-probablement combinée avec des pluies aussi périodiques et trèsabondantes « donnait naissance à de véritables torrents d'une extrême puissance qui s'échappaient de l'extrémité des glaciers , comme ils le font encore de nos jours , mais réduits aujourd'hui à de simples 6lets.
» Le terrain névéen se déposait alors en même temps que le terrain erratique , phénomènes qui ont continué jusqu'à l'époque actuelle.
» Mais la période né\éenne qui a précédé partout l'apparition des glaciers , a produit les principaux dépôts de transport qui débordent partout dessous le terrain glaciaire ou erratique.
» La présence de cailloux roulés à de grandes élévations » et leur immense accumulation sur certains points , accuse une grande puissance dans la force qui les transportait, une action tumultueuse dans leur dépôt , et des alternances d'agitation et de tranquillité.
» Elle accuse surtout la grande importance des cours d'eau de cette époque, dont les Oeuves actueU ne sont que de faibles délaissements; elle rappelle l'étendue des laa et la grande quantité d'eau qui était alors en circulation.
9 Elle nous indique que» malgré sa puissance» cette grande force diluvienne n'était qu'un reste de ces anciens lavages
GONSIBÉRATIONS GéNÉRALES. 281
qQÎ, commençant aax pôles , ont détrait les premiers ter-^ rains pour former les cooches siluriennes , et se sont continués sans interruption en dénudant le sol et abaissant les montagnes, mais en s'afTaiblissant toujours jusqu'à Tépoque acluefle.
» La disposition rayonnante des terrains de transport autour des centres nombreux , aujourd'hui surbaissés par une action destructive , nous démontre que les pAles et les montagnesont toujours joué le rôle de condensateurs , dont les effets étaient d'autant plus marqués , que l'évaporation était plus active et les inégalités de température plus caractérisées. m II est impossible cependant de ne pas reconnaître comme effets accidentels quelques lavages instantanés , sans doute produits par les soulèvements assez modernes , de quelques grandes chaînes de montagnes.
» Tous les faits géologiques relatifs aux glaciers, aux terrains erraliques et diluviens , s'accordent avec l'hypothèse d'une diminution très-lente de température, ayant pour cause le refroidissement propre de la terre jusqu'à l'époque oolitique , et l'affaiblissement de la chaleur solaire dans toutes les périodes suivantes , notamment pendant la longue série névéenne.
B Parmi les diverses théories qui ont été présentées pour l'eiplicationdu phénomène erratique, et qui admettent toutes une température inférieure à celle qui règne de nos jours , il n'en est aucune qui s'accorde avec les faits observés.
D La théorie des giacialistes est surtout incompatible avec tout ce que l'on a observé jusqu'à ce jour.
» L'étude des fossiles et de leur distribution dans le sens vertical et horizontal, on en profondeur et en latitude, vient confirmer l'hypothèse d'un refroidissement solaire et
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de l'influence des climats depuis l'époque de la première apparition des êtres vivants sur le globe.
» La grande uniformité, ou les nombreuses analogies que Ton remarque dans les formes des anciennes productions organiques de la terre , annonce que la chaleur centrale était dominante et faisait sentir son influence sur toute sa surface ; mais déjà , cependant , il y a\ait diversité de faunes et de flores dans des lieux très-éloignés.
» Le développement excessif des êtres vivants de cette époque 9 se trouve surtout confiné dans les régions polaires et sous les zones tempérées , sans qu'il soit bien constaté encore que de vastes terrains siluriens se trouvent sous la zone torride , et s'ils y existent , qu'ils soient du même âge que ceux des zones tempérées.
» La présence des plantes fossiles du terrain houiller, avec des formes analogues « mais non identiques , dans des lieux très-différents du globe, indique encore cette uniformité de température élevée qui a régné sur la terre , vers les deux extrémités du globe et sur les zones acluellemeot tempérées.
X» Ces débris désignent un climat tropical, même au delà des cercles polaires ; mais il n'est pas constaté que les houillères situées sous des latitudes aussi élevées , soient contemporaines de celles qui existent sous les latitudes les plus basses des zones tempérées , et à plus forte raison , sous la zone équatoriale.
» Une température uUra-tropicale régnait probablement alors sous la zone torride , et si ces anciens terrains s'y sont déposés , ils n'ont pas le même âge que ceux des régions aujourd'hui refroidies de notre planète.
» A l'époque silurienna et carbonifère , les fossiles iodi-
CONSIDÉRATIONS GiNÉRALES. 283
qoent an climat très-chaud » dii sans doute à la chaleur centrale ; mais à mesure que celle-ci s'alTaiblissait, les climats solaires devenaient de plus en plus prépondérants , et les fossiles des terrains supérieurs , tels que ceux du terrain permien , changent d'espèce et se localisent davantage. Certaines races ont déjà disparu.
» Les fossiles du terrain oolitique, de la craie et du sol tertiaire , annoncent encore une température élevée ; mais 00 reconnaît que la chaleur diminuait et la localisation de plus en plus marquée de certaines espèces » leur limitation dans des bassins » qui deviennent de plus en plus restreints, et par conséquent les grandes différences qui existent entre les débris de chaque dépôt particulier d*une même formation 9 s'accordent mieux avec l'affaiblissement lent et graduel d'un climat solaire indépendant , qu'avec l'action affaiblie de la chaleur centrale.
» Les fossiles de ces difTérentes époques , et surtout ceux des terrains tertiaires , semblent nous indiquer que les divers dépôts d'une même formation n'ont pas été contemprains, mais se sont présentés successivement avec des caractères analogues , en commençant d'abord vers la latitude la plus élevée où ils pouvaient se produire , et arrivant lentement sous la zone torride « où probablement leur dépôt s'opère encore & l'époque actuelle , ordre de développement incompatible avec l'action de la chaleur centrale et parfaitement en rapport avec l'afTaiblissement successif des climats solaires.
» La présence dans les terrains de transport de nombreux * débris de Mammifères , appartenant à des genres très-différents , accuse encore à cette époque un climat plus chaud que celui qui existe de dos jours , et nous prouve que la
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chaleur solaire a diminué d'une manière très-sensible depuis le commencement de cette longue période.
0 Les Pachydermes , dont -on trouve abondamment les restes dans les zones tempérées ; les Palmiers qui existaient aussi à la même époque , nous indiquent à peu près le climat des plaines » mais ne prouvent rien pour celai des montagnes et des régions polaires.
» Ces dernières contrées avaient alors des étés plus chauds, et très probablement des hivers plus froids» à cause de la plus grande force du soleil dans la première de ces saisons , et de la chute plus abondante des neiges pendant la seconde.
i> Les Pachydermes, qui habitaient alors les régions du Nord» étaient des espèces particulières, organisées pour supporter ces alternatives de température , et dont les cadavres, pris dans les glaces , ont pu facilement arriver jusqu'à nous.
» Nous devons considérer Tétat actuel organique comme le plus compliqué qui ait jamais existé , et notre époque comme celle qui présente le plus grand nombre de genres et d'espèces qui se soient jamais montrés ensemble ou qui aient vécu dans les mêmes temps.
» La présence des fossiles dans les divers terrains, la soecession et la localisation de leurs espèces , s'accordent donc avec une uniformité de température qui aurait régné dans les premiers âges du monde et qui serait due à la chaleur centrale ; mais bientôt l'influence des climats solaires se serait fait sentir , et le feu central aurait cessé de se manifester au dehors, des zones différentes par leur température se seraient successivement établies sur la terre ; indécises d'abord dans leurs limites , elles seraient devenues de plus en
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plus distinctes» et les êtres vivants y auraient rencontré des conditions de moins en moins semblables.
» Enfin, ridée d'un refroidissement lent et séculaire du soleil n'est en opposition , ni avec les lois de la physique , ni avec les observations astronomiques. Elle s'accorde avec rbypothèse de La place sur la formation de notre système planétaire ; avec les découvertes récentes faites sur les nébuleuses ; avec les présomptions de plusieurs savants célèbres.