CHAPITRE CXXV
Balte des ToIeaBS nlniéA »o aord d« pay de Dôme. — Gre«pe
ém p«y de C^dme et de ses asBezes.
Le puy de Came. — Ce poy est on des plos beaox volcans de TAuvergne « et peut-être celui qui a donné la coulée de lave la plus étendue. Il e:<t situé derrière le puj de Pariou dont il est séparé par le puj domitique de Clierzou , et il offre à sa base deux petites montagnes scoriacées , Balmet et Filhoui » qui n'en sont peut-être que des dépendances ou des soupiraux.
Cdroe s'élève du plateau primitif, sous l'angle d'environ 35 degrés, jusqui la hauteur de 275 m. au-dessus de ce plateau, et jusqu'à l,£6i m. d*élévation absolue. Il est isolé et domine la plaine. Il offre h son sommet deux cra* tères inclinés et placés l'un dans l'autre. Le plus extérieur est ouvert du côté de l'ouest, tandis que Tinlérieur, profond de 76 mètres, est plus régulier et plus entier.
L'emboîtement des deux cratères deCôme n*a rien d'anormal ; en 1756 , le Vésuve ofTrait à la fois trois cônes et trois cratères concentriques , et , de plus , la vaste demi-ceinture de la Somma faisait la quatrième enceinte , ainsi que Fa rapporté sir W. Hamilton.
Il serait aussi impossible aujourd'hui de reconnaître cet ancien état du Vésuve que de reconstituer le cratère de Côme k l'époque où sa vaste coulée en est sortie. Il faut ajouter que ces changements s'opèrent dans un laps de temps
relativement très-court, car» comme le fait remarquer M. Poulett Scrope, dans ces cent dernières années » le cône du Vésuve a été cinq fois évidé ou modifié par autant de parosysmes, en 1794, 1822, 1831 , 1839 et 1850.
Les deux cratères de Côme ne paraissent avoir contribué en rien à vomir la masse considérable de lave que Ton voit du sommet du puy inonder la plaine et la transformer en un alTreuz désert.
Cet immense courant peut avoir reçu des laves de Bal-net et de Filhoux et très-probablement aussi du petit puy de Dôme. On voit distinctement un des points d'éruption , et probablement le principal, dans le bois de Côme, au pied de la montagne. Toute la portion de plaine située à l'ouest des puys en est recouverte, et le courant atteint, près son point de départ , plus de quatre kilomètres de largeur. Un peu plus loin, à Touest, il s'élargit encore, puis ne partage en deux larges branches qui vont toujours en se rétrécissant. Ces deux branches laifsent entre elles un grand espace libre oii le terrain primitif est au jour. Les deux branches, alors très-éloignées , se rétrécissent; Tune d'elles descend à Pontgibaud , l'autre vient s'arrêter h Mazayes.
Pour mettre de l'ordre dans les détails que nous allons donner sur cette importante coulée , nous nous occuperons successivement 1®. de son volume, 2°. de sa surface ^ 3**. et 4®. de la terminaison de ses deux branches^ 5®. des caractères de sa lave et de l'unité ou de la pluralité des coulées, et enfin 6^. des émissions de sources que l'on y a observées.
Volume de la lave de Côme. — Nous n'avons pas essayé de cuber la lave de Côme comme nous l'avons fait pour celles de Graveooire , de Pariou et de Montsineire. Mats
36 TERRAINS LATIQURS.
M. Poolett Scrope estime à 15 kilomètres carrés la saperficie de cette lave , et son épaisseur moyenne è 10 mètres, ce qui donnerait 150 millions de mètres cubes, et en attribuant A la lave la densité de 2,60 , on aurait 2,600 k. pour poids du mètre cube. Ce serait donc la masse énorme de 390 milliards de kilogrammes que cette vaste coulée représenterait.
Ce n'est que dans les formations basaltiques et dans quelques laves de l'Islande » que l'on pourrait trouver un volume aussi considérable.
Nous voyons, dans une lettre écrite à Dufrénoy par M. Descloizeaux {Comple-rendu de VAcad. des sciences^ t. 23 , p. 773) , que le courant principal de la lave sortie de l'Hécla , en 1845, peut être suivi, è partir du point de son origine jusqu'à celui où il s'est arrêté , pendant six heures. M. Descloizeaux estime sa longueur è 1 6 kilomètres, sa largeur à 2 et son épaisseur entre 1 5 et 25 mètres. Ces chiffres donnent 640 millions de mètres cubes , ou , eo adoptant la même densité que pour la lave de Cdroe, 2,60, le nombre quatre fois plus grand de 1^660 milliards de kilogrammes.
Si l'on songe que l'Auvergne et l'Islande oITrcnt un grand nombre de coulées , on restera effrayé de la masse de matière fondue qui s'échappe du sein de la terre pour se répandre è sa surface.
Surface de la lave de Côme. — Cette lave est sans contredit la plus étendue, la plu? puissante de toute l'Auvergne : la cheire ou le désert qu'elle forme en approchant de Pontgibaud , offre un tel bouleversement , que Ton aurait peine & comprendre comment une matière , demi-liquide, a pu produire tant d'aspérités, si l'on ne se rap-
pelait qne la surface des courants est refroîdie depuis longtemps , quand le centre coule encore , et si on ne réfléchissait au poids énorme qui doit chasser les blocs amoncelés de la croûte fracturée.
Nous avons parcouru , non sans difficulté, cette immense étendue. Partout la lave est brisée. La vue se perd sur un désert formé de blocs de pierres irréguliers et entassé» dans le plus grand désordre {fig. 165). On se demande comment la végétation a pu s'emparer d'un terrain aussi aride pour le couvrir çà et là de bouquets d'arbres dont la hauteur égale à peine celle des rochers qui font saillie au milieu du désert. Et cependant ces bouquets de verdure ainsi dispersés ne sont que les restes d'anciennes forêts de Chênes qui ont été détruites.
En approchant de Pontgibaud , la cheire devient plus horrible encore ; c'est à peine si l'on peut y pénétrer. On y remarque une multitude de cavités , dont les unes très-irrégulières , tandis que d'autres approchent de la forme d'un petit cratère dont les bords seraient escarpés. Les rochers de formes bizarres qui constituent ces entonnoirs , laissent toujours entre eui des fissures nombreuses , souvent cachées par d*élégants tapfsde Mousses qui cèdent sous les pieds du Datoraliste ; de sorte qu'il faut avancer avec précaution et poser de préférence le pied sur les roches qui sont à nu. Ces cavités atteignent rarement plus de 20 mètres de profondeur. Elles servent quelquefois de points de départ à de petites vallées très-irrégulières et qui présentent les mêmes caractères.
Il est assez difficile d'expliquer l'origine de ces entonnoirs. On peut admettre qu'ils sont dus à des explosions qui
38 TERBAHIS LAYIQITBS.
auraient en lien dans la lave encore pâteuse » dans des points où son épaisseur était considérable.
Quand on atteint pendant VHé le fond de ces entonnoirs, on sent une fratcheur qui contraste avec la température de l*air ambiant , et si l'on détourne quelques pierres assez volumineuses 9 on voit de grandes fissures se prolonger bien au delà du fond. On éprouve à rorifice de ces fissures un froid assez vif, et Ton j observe une humidité constante qui se traduit souvent en gouttelettes de rosée qui entretiennent la fratcheur des tapis de Mousses du plus beau vert.
On concevrait que la neige de rhi\er, accumulée dans ces espèces de glacières , dût s'y conserver longtemps ; mais elle y fond au contraire quelquefois très-vite , tandis que dans les jours chauds de Tété Tintensité des courants d*air froid est presque toujours assez forte pour y former de la glace.
Le 12 août 1838, par une température très-é!e\ée, nous avons rencontré de Peau glacée dans plusieurs de ces entonnoirs. Dans l'un d*eui, profond d'environ 20 mètres, nous avona trouvé de belles masses de glace dont nous avons transporté de gros morceaui ; cette glace était dure , transparente , offrant dans l'intérieur de ses masses de petits tubes contournés remplis d'eau dans lesquels l'air ne tardait pas à s'insinuer en suivant tontes les sinuosités des tubulures. Cette glace nous parait produite par les courants d'air froid qui s'échappent de la lave.
Aujourd'hui des caves ont été construites sur ces courants glacés, et Ton a tiré parti du froid qui y règne pour la fabrication des fromages, à la façon de ceux de Roquefort. Nous avons vu en plein été les parois de ces caves couvertes de congélations transparentes.
Bien que les caves de Roquefort ne soient pas situées dans des terrains volcaniques » elles présentent un phénomène de refroidissement semblable à celui qui se manifeste dans la coulée du puy de Côme.
Elles sont placées sur le revers nord-ouest du grand plateau de Larzac, à environ 150 mètres au-dessus du Cernon qui coule dans la vallée et à égale distance du sommet. Une rue du village a surtout une grande réputation» et, en effet, il y règne constamment en été des courants d*air froid. Aussi, il sort des fissures des rochers contre lesquels les caves sont situées 9 des courants d*air assez froids et assez rapides pour souiller une lumière. On ne peut expliquer ces courants qu'en admettant dans le calcaire des fentes et des cavités. L'air chaud pénètre par en haut , et , refroidi dans l'intérieur, il s'écoule par en bas, reproduisant le phénomène qui se passe dans la coulée caverneuse et fragmentaire du puy de Côme. (Voir pour des détails curieux sur les caves et les fromages , Marcel de Serres , Notice sur le dé* parlement de VAteyron , Annales de la Société d'agriculiuredeLyon,i.b, 1842.)
Plusieurs contrées volcaniques présentent les mêmes phénomènes. M. Lyell cite les Bvfadors des environs d'Olot situés dans un terrain volcanique. Lorsque l'air extérieur, dilaté par la chaleur, vient à monter, l'air plus froid et plus lourd des cavernes de l'intérieur de la montagne s'échappe au*dehors , sous Tinfluence de la pression , pour suppléer au Ouide que l'élévation de température a raréfié. De Saussure a cité aussi des courants d'air froid dans des casernes.
Les mêmes faits ont été décrits dans des cavités de l'Etna. « Au pied de la montagne élevée par l'éruption de
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1669, dit Hamilton, il y a une fosse par laquelle au mojeo d'une corde nous de.«cendiroes dans différentes caves souterraines qui se ramiCaient et s'étendaient très-loin; tellement que nous ne nous hasardAmes pas de nous y enfoncer» le froid d'ailleurs y était excessif et un vent violent éteignait fréquemment quelque.r-uns de nos flambeaux. Il y a apparence que ces cavernes contenaient la lave qui se fit jour, et 8*étendit, comme je viens de le dire , jusqu'à Catane. On connaît plusieurs de ces cavités souterraines dans d'autres parties de l'Etna , telle que celle que les paysans nomment la Baracca-Veckia ; une autre, la Spelonca del Potomba, parce que les pigeons sauvages y font leurs nids ; et la caverne Thalin dont parle Boccace : quelques-uns sont des magasins pour la neige ; tonte la Sicile et Ttle de Malte tirent du mont Etna cette production essentielle dans un climat chaud. Je crois qu'on en découvrirait bien d'autres encore, si on les cherrhait particulièrement près et au-dessous du cratère d*où les grandes laves sont sorties; car l'immense quantité de matières que l'on voit au-dessus du sol suppose nécessairement de grands vides au-dessous. » (Leltre de Ch. Uamillon dans Faujas, p. 47.)
La surface , si tourmentée de la coulée de CAme , indique une lave feldspathique ou labra4orique, mais, en même temps, un refroidissement rapide de la croûte, pendant que la lave, encore fondue dans l'intérieur, avançait avec une certaine rapidité.
L'blande offre plusieurs de ces courants bouleversés. M. E. Robert en cite un exemple. « Le premier champ de lave, située l'ouest d*Hafnarfiordur, est formé d'un ba* salte péridotique grtsAtre dont la surface est bien remarquable par les grandes tables en forme de pans de ma-
raîiief^ naturelles » dressées plus ou moins verticalement , et qui rappellent assez bien la disposition que prennent les glaçons dans une débâcle de rivière. Elles résultent ici évidemment d*nne rupture analogue, survenue dans la croûte ie la coulée, par suite de gonflements. Le même champ de lave ofTre aussi de nombreuses et profondes excavations coniques, qui se forment tous les jours sur le trajet des canaux souterrains qu'il renferme, et par où la lave circulait tranquillement pour se répandre quelquefois à deux ou trois myriamètres de distance de son point de départ. La plupart de ces cavités sont devenues les véritables glacières et les repaires pour les renards , qui y transportent une grande quantité de débris de chèvres et de moutons , et préparent ainsi des cavernes à ossements. (Eug. Robert. Voyage en Islande elau Groenland^ V^ partie^ p. 42.)
Le^ mêmes observations peuvent être faites à Pontgibaad. Il existe, dans le .bas de la coulée, une si grande quantité de cavités que les renards , les blaireaux , et une ioule de petits carnassiers y trouvent une retraite assurée.
Noos avons déjà dit que la grande cheire de Côme se divisait en deux branches qui laissaient entre elles un vaste espace de micaschiste sur lequel est situé le village de Chambois. Il est certain que cet espace , qui maintenant est un creux , faisait saillie avant l'écoulement de la lave. Il en est de même d'un petit bassin, situé près du bord de la eottlée , à peu de distance du village dé la Courteix. C'est une petite oasis arrondie, dont les bords sont formés par la lave et le fond par du micaschiste. Cette petite plaine est cultivée.
Noos allons maintenant suivre chacun des bra^ de la gmde coulée de C6aie jasqu*è leur extrémité. L'un s'ar-
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rétc dans la vallée de la Sioule^ Tautre aa village de Malayes.
La coulée de Came à Ponlgibaud. — A mesure que» des fontaines glacées , on descend vers Pontgibaud » le courant de la^e, en se rétrécissant , devient de plus en plus brisé, comme si une pente, effectivement plus rapide» lui eût permis de morceler plus complètement sa croûte. La la\e se précipite dans la vallée de la Sioule. Un des côtés du courant est libre et passe sous la >ille de Ponlgibaud ; Tautre c6té est accolé à une autre bande de lave venant d*nn autre point , mais pénétrant par la même gorge dans la vallée de la Sioule ; c*est la lave de Louchadière.
Ces deux courants sont distincts par la nature de leur lave ; celle de Louchadière est plus compacte et plus pyroiéniqueque celle de CAme.
Cette dernière lave passe sous Pontgibaud et suit la Sioule dans sa vallée jusqu'au delà du pont qui conduit aux mines. Ellexeste, pendant quelque temps, sur la rive droite de la rivière , puis elle empiète un peu sur la rive gauche. Elle s*étend un peu du cAté de la prairie d'Anchald, dont elle a fermé la sortie en en faisant un lac, dont remplacement est facile k reconnaître à son fond tourbeux. Elle acquiert dans cette vallée une grande épaisseur; la lave a dû s'y refroidir lentement; aussi M. Poulett Srrope cite cette la\e dans la vallée de la Sioule, comme un des principaux exemples, en Auvergne, d'une coulée moderne tendant i se diviser en prismes à la manière des basaltes.
Là elle a été entamée par la Sioule , et a laissé è découvert sa Htructure prismatique. On se demande quel laps de temps il a fallu è cette rivière pour se créer un passage aa milieu d'une lave aussi dure? L'arrivée de la lave, en fer*
mant la vallée très-étroite en cet endroit , a nécessairement fait refluer les eaux beaucoup plus haut ; et , en elTet , on Toit , au-dessus de Pontgibaud , une roagniGque prairie à fond plat qui ne peut être que le fond d'un lac. Cette prairie horizontale s'étend de Pontgibaud à Saint-Pierre-le- ChasteK parsemée çà et là de bouquets de verdure , au milieu desquels la Sioule marche lentement en gracieux méandres. Il ne fallait qu'une digue peu élevée pour contenir les eaux de ce charmant bassin. Le sol est partout horizontal» et la Sioule est dormante jusqu'à Pontgibaud ; mais là elle coule avec vitesse ; elle s'élanre encore sur les laves qui lui avaient fermé le passage» et des rapides se succèdent jusqu'au delà des obstacles qui gênent l'uniformité de son cours.
La lave » coupée par la Sioule , continue sa marche dans la vallée ; elle forme la rive droite de Tétang de Péchadoire (tandis que la gauche est bordée par le courant de Lonchadière) » passe au bas du village de Péchadoire» et, se rétrécissant en pointe, va s'arrêter au bord de la Sioule, sous la côte de Broussole» non loin des mines de Bnrbecot.
La lave de Côme , en arrivant à Pontgibaud , descend près du château » laissant à côté d'elle un tout petit ravin qui la sépare de celle de Lourhadière. Cette dernière se tient à un niveau plus élevé , tandis que celle de Côme passe sous le château » dans le jardin duquel M. Fournet nous a fait remarquer des couches qui se recouvrent et qui forment le bord d'un petit escarpement sur lequel on distingue trèsbien la superposition de lames fondues qui arrivaient en entratnant dans une marche lente les blocs figés de leur surface. La lave va ensuite passer sous la fonderie. Elle est , comme nous Tavons dit, entièrement feldspathique , très-
poreuse en quelques endroUs , tailluble et exploitée. Dans une fouille que Ton fit en 18i8 , on a trouvé en dessous.de cette lave taillable une autre lave beaucoup plus dure « plus compacte et contenant du pyroxène. En 1844, en creusant le puits d'une maison neuve , à droite de la route en entrant à Pontgibaud « on a trouvé aussi sous la lave feldspathique cette même coulée pyroiénique sous laquelle seulement le puits a pu recevoir de l'eau. Cette coulée , évidemment la même , trouvée dans la fouille de ce puits et dans celle de la fonderie , offre une lave compacte qui a beaucoup de rapports avec la lave basaltique et pseudo-prismatique que la coupure de la Sioule a mise à découvert. En se promenant en bateau sur la Sioule , quand les eaux sont basses, on voit que cette lave est formée de couches successives qui sont venues se superposer et que Peau a coupées pour se frayer un passage. En comparant ensuite la lave de cette coulée inférieure à celle de l'extrémité du courant qui s*est arrêté sous la côte de Broussole , on trouve encore une grande analogie. On pourrait donc supposer qu'une coulée intérieure à la grande nappe fcldspathique que nous avons décrite, vient se dégager de celle-ci en dessous de Pontgibaud, et que, plus fluide, comme les laves pyroxéniques , elle déborde sous l'autre, s'en sépare et vient former Textréroité du courant. Cette opinion a pour elle une grande probabilité ; si on la repoussait , il faudrait recourir à des phénomènes de liqua ion très-marqués , car la terminaison de cette coulée est bien plus pyroxénique que la grande nappe. Si, d'un autre côté, on regarde cette lave comme distincte de l'autre , on ne peut affirmer qu'elle vienne da puy de CAme plutôt que de tout autre point éruptif. Il y aurait peut-être plus de probabilité à attribuer cette
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laye à Louchadière. Si Ton s'élève au-dessus de la prairie d'Ancbald , sur les coteaux couverts de Bruyère situés sur la rive gauche de la Sioule , on jouit à Taise du curieux spectacle de ces laves superposées. On voit que la lave noire (probablement lave de Louchadière) , s'est étendue largement dans la vallée, et Ton n'aperçoit aucune interruption entre cette nappe de lave et le prolongement qui vient s'arrêter sous la côte de Broussole. On remarque au contraire une bande de blocs brisés qui recouvre la lave noire et qui n'est autre chose que le prolongement de la coulée de Côroe qui vient s'arrêter à peu près en face de la prairie d'Anchald.
La lave noire déborde de tous cêtés par-dessous l'autre , et ce serait elle qui présenterait les prismes que nous avons signalés et dont parie aussi M. Poulett Scrope.
Outre cet intéressant sujet d'étude , le paysage est des plus curieux et montre partout le courant de lave aux prises avec le cours d'eau qui blanchit et écume contre ses noirs rochers.
La coulée de Came à Mazayes. — Du plateau de Gouhai et des environs , on distingue parfaitement la seconde branche du courant de Côme. Elle est aussi très-hérissée de monticules ; mais en avant , on croit voir une autre coulée moins raboteuse et débordant sous la première. Serait-ce cette lave antérieure dont nous avons déjà parlé qui se serait aussi divisée et qui aurait pris les deux directions comme la lave plus moderne? On rencontre cette coulée en dessous de Ceissat , et le chemin qui mène à la Gardette est tracé sur elle ; toutefois » en approchant de ce dernier village , on rentre sur le micaschiste qui est la roche primitive dominante des environs de Mazayes. La lave s'arrête sous la
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forme d'un escarpement pittoresque le long de ce chemin , et, en suivant le bord de la coulée , on arrive à Mnzayes- Hautes. Ce village est construit sur la lave » mais alors la coulée s'élargit et oiïre encore une sorte d'escarpement.
L'eau qui s'échappe de cette lave remplit à Hazayes- Basses un petit étang allongé , ou les Callitriches » les Honti et la Véronique beccabunga forment des touiïes du plus beaa ▼ert. Un des côtés de l'étang est bordé par du micaschiste, l'autre par une lave qui paraît être un prolongement de celle de Maza) es-Hautes.
Quelques maisons de Mazayes-Basses sont bAties sur le micaschiste. Dès que l'on est sorti du village , on n'aperçoit plus la lave » elle existe néanmoins et forme un courant étroit qui paratt appartenir à une autre coulée , peut-être è celle que nous avons vue plus haut déborder. Cette lave , évidemment plus fluide que l'autre « à surface unie , conti* Due son cours au milieu des prairies ; elle disparaît sous l'herbe fleurie des prés , et elle est assez compacte pour que les ruisseaux coulent à sa surface sans pénétrer dans ses interstices. Enfin elle entre dans le canton de Pontgibaud et s'arrête au milieu d'une prairie, en dessous d'un grand plateau de basalte.
De deux choses l'une : ou bien il existe réellement ici deux coulées qui se séparent à Mdzayes , comme à Vohic et à Fontfreyde , ou bien , par un phénomène de liquation , une portion de matière lavique plus fluide, se serait accumulée à l'extrémité de la coulée , se serait fait jour et aurait continué sa course sans produire les mêmes aspérités ; mais alors pourquoi une source entre les deux coulées?
Les eaux de la coulée de Côme. — Nous avons vu combien cette large nappe de lave était fracturée et fissurée dans
tous les sens. Des courants d'air la traversent et se rerroidissent dans ses cavités intérieures; des cours d*eau voyagent protégés par cette couche puissante de pierres. Le grand espace occupé par la coulée est entièrement privé d*eau, et c*est seulement à son extrémité et sur ses bords que des sources d'eau pure peuvent arriver au jour.
Nous ne pouvons considérer comme dépendant de cette coulée cette mare désignée sous le nom prétentieux de /oc de Came. C'est un point surbaissé où les eaux pluviales et celles qui sortent des terrains voisins viennent se réuiiir. Peut-être cet amas d'eau était-il | lus considé able autrefois. La proximité de la coulée « en créant un obstacle à son écoulement , a pu déterminer la stagnation de l'eau comme cela a eo lieu au lac de Casâière par l'arrivée de la lave du puy de la Vache.
Le sol reste partout extrêmement aride jusqu'aux Roches, OQ des sources commencent à s'échapper de la lave. Ensuite il faut arrivera Pontgibaud pour en observer d'autres. Là se trouvent des sources ahondantes et nombreuses , mais les fissures de la lave ne leur permettent pas de sortir au même point. Une des principales est la source de Sainl-BenoU : mais elle est souvent à sec dans les mois d'août et de septembre, à moins que les pluies ne soient abondantes. Dans ce dernier cas , on voit surgir, près de la fonderie , une trèsbelle source , assez considérable pour faire immédiatement tourner un moulin. Les habitants appellent cette source accidentelle Bramafain , de bramer , crier , crier la faim , parce qu'elle ne paraît que dans les années où des pluies trop fréquentes peuvent nuire à la récolte.
D'autres eaux existent sous la coulée inférieure dont nous Tons parlé, puisqu'elles alimentent des puits; mais on re-
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marque sortoot les sources de cette coulée inrérienre, lorsque, pendant les basses eaux de la Sioule, on se promène en bateau dans la coupure que la rivière a faite dans la lave. On voit Teau s'échapper partout» et eo si grande quantité , que la Sioule en est refroidie.
Un peu plus bas , naissent des sources qui » conjointement avec celles de Loucbadière , alimentent Tétang de Péchadoire , si renommé par ses truites saumonées. £n6n uq dernier filet s'échappe de l'exlrémité du courant.
L'autre branche de la coulée qui descend du côté de Mazayes est tout aussi stérile que l'autre; mais sur sa rive droite, près du bois et du domaine des Gardes, il sortda sol une assez grande quantité d'eau pour constituer le ruisseau de Vergne qui passe sous le village de Charobois et se rend à la Sioule par Ma7ayes.
Avant d'arriver à ce village , sur la rive gauche du courant de lave, on voit sortir très-près de la lave une source magnifique dont l'eau pure s'écoule dans une petite vallée se dirigeant au sud et constituant le ruisseau de l'Etang. U existait , eo effet » entre cette source et le domaine de Coofolens une belle pièce d'eau nommée Vétang du ftin^.La digue étant détruite, le sol est resté à sec. De Montlosier a prétendu que l'étang du Fung, comme le lac d'Ajdat, était dû au barrage de la vallée par le courant de lave, et il a reproché amèrement à Legrandd'Aussy d'avoir soutenu que la source qui alimentait Tétang se trouvait près de la coulée. Le dessèchement a donné tort à l'auteur de la Théorie des volcam d'Auvergne.
Une fois arrivée à Mazayes, la lave abandonne ses derniers filets d'eau. On les voit sortir de toutes les fissures des rochers.
Puys Balmet et Fithoux. — Nous citons seulement comme annexes du grand puy de Côme deux monticules de scories situés au sud et (jui ont pu contribuer à verser de la lave dans la grande cheire.
Le plus rapproché est le puy Balmet qui atteint 1 ,086 mètres B. Il offre à l'ouest une petite dépression transversale qui est probablement remplacement d*un cratère. Ses scories sont mélangées de domite et de granité. Une petite coulée de lave passe entre Côme et Balmet pour aller se confondre avec la grande cheire. Peut-être appartient-elle à Balmet , peut-être sort-elle de la base du grand Suchel qui est derrière, et qui lui-même, accolé à deux montagnes de domiie, peut très-bien avoirjTourni un courant de la\e à la suite de ses efforts.
Le petit puy de Filhoux , placé au sud de Balmet , offre la même altitude et les mêmes caractères. Il est plus gazonné , mais il laisse aussi apercevoir au couchant une petite dépression cratériforme.
Les pnys de Fraisse. — Deux monta j?nes accolées , situées au nord-ouest de Pariou, portent cette dénomination. Ce sont le petit et le grand puy de Fraisse dont le sommet atteint 1,122 mètres.
Le petit Fraisse, situé à Touest du grand , est composé de scories et de quelques fragments de domite. On y remarque deux points éruptifs. Du second sommet, on arrive, en quelques instants , sur le point culminant du grand Fraisse, où Ton trouve un cratère déformé, déprimé vers le nord et couvert de broussailles.
Il sort de la base du puy , peut-être entre les deux , une coulée de lave assez large qui descend du c6té du creux
Morel , mais qui s'arrête bientAt. Cette lave recoQ?re des pouzzolanes et des débris de domite.
Le grand Suchei touche d*un côté la base du puy de C6me, et de l'autre les puys domitiques de Clierzou et du petit Suchet. Son altitude est de 1,241 m. R. Quoique gazonné partout , on reconnaît facilement qu'il est formé de scories avec mélange de domite et de petits fragments de roches primitives. Il est en connexion intime avec le petit Suchet entièrement domitique » et qu'il a probablement soulevé en cherchant à douner issue à ses produits gdzeui ou incohérents.