‹ Les époques géologiques de l'Auvergne [microform]Chapitre 5 sur 82 · CHAPITRE CXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXVI

flait« des Toleait!» silnéfi aa nord dn pny de DAine. » Groupe

des Gouleti y Ghaamont et annexes.

Le puy des Goules. — Entre le puy de Pariou et le grand pny domitique de Sarcoui , on trouve le puy des Goules, montagne de scories située exactement sur l'arête qui sépare le bassin de l'Allier de celui de la Sioule. Ce puy ne touche Pariou que par sa base , mais il tient à Sarcoui par un bon tiers de sa hauteur au-dessus de la plaine. Peutêtre a-t-il contribué au soulèvement de ce dernier , bien que la plus grande part de la force qui a soulevé le domite doive être attribuée au petit Sarcoui. Les pentes du puy des Goules sont gazonnées. A son sommet (1 ,149 R) existe un cratère peu profond » mais assez régulier. Nous ne lui connaissons aucune coulée.

A la base et au sud de ce puy se trouve le passage des Goules , le point culminant de la grand'route de Clermont è Pontgibaud. La coupure, exécutée pour le passage delà route, a rois à nu , au milieu des scories et des débris volcaniques , quelques masses de gneiss , sans doute arrachées an terrain primitif lors de l'éruption du volcan.

Un peu plus bas , sur la route même , en descendant vers Clermont , on voit en place le granité à gros grains. La proximité de ces deux roches primitives , le granité d'un côté, le gneiss ou gneiss euritique de l'autre , ne viendrait-

elle pas à Tappoi de Topinion que nous avons émise plusieurs fois, que les volraos se sont fail jour au point de contact de ces deux roches.

Le pelil Sarcoui. — « Les rapports de proximité et de position 9 dit Ramond , on fait donner le même nom è deux montagnes de nature fort différente , mais dont Tune ceint l'autre de manière à faire naître Tidée d*une dépendance réciproque. Le petit Sarcoui sembla le reste d'un immense cratère» et forme un arc qui embrasse , du levant au midi, la calotte du grand Sarcoui , laissant entre deux une tranchée semi-circulaire et très- profonde , où Ton trouve une grande quantité de scories , et des quartiers épars de lave, plus ou moins huileuse ou compacte. Ce cratère a fourni une cuuléc qui se dirige vers le hameau d'Egaules. Elle est indiquée dans la Carte de Desmarest comme sortant des protubérances de domite voisines des deux Sarcoui « et qui n'ont assurément rien de commun avec cette lave. Je doute fort que ce cratère ait jamais été complètement circulaire. »

Depuis ces observations de Ramond , le groupe de Sarcoui a été Tobjet de nouvelles études. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit du grand Sarcoui , magnifique montagne de domite , mais nous rappellerons que ce dame si rond et si parfait , cette pustule régulière de la terre a dû exiger une force immense pour être soulevée. La puissance des volcans modernes, dont nous admettons rintervention dans le soulèvement des domites , a dû être considérable, et nous voyons en eifet, ao sud de Sarcoui, uo cône de scories qui le touche , au nord un cratère qui Tétreint. L*éruption qui o*a pu se faire en perçant le dAme, s'est donc réalisée à sa base et de deux c6tés. Nous veooos

de décrire le puy des Goaics , le petit Sarcooi parait avoir plusd*importance.

Celte crête de scories s'élève à 1 ,040 mètres R, et reste, par conséquent , au-dessous du grand dôme trachytique.

Les scories sont très-rraîches, et au nord, au pied même du volcan, elles sont accompagnées de couches de pouzzolanes.

Nous avons étudié avec soin la lave qui s'échappe de la base septentrionale du petit Sarcoui, mais M. Vimont a décrit, avec beaucoup de détails, ce point tout spécial de TAuverf^ne. En substituant sa rédaction à la nôtre , nous voulons lui témoigner combien nous avons été frappé de son exactitude, et le remercier aussi de Tempressement avec lequel il nous a toujours fait part de ses découvertes.

« Celte coulée, dit M. Vimont {Mémoires de V Académie de Clermont, 1861), longe le coteau granitique qui borde, à Torient, la plaine du Cohnillon , en présentant une largeur qui varie entre 500 et 600. m. Après un parcours de 2,200 mètres, elle s'arrête près du hameau d*Egaules, et laisse échapper à son extrémité une source dont les eaux sont fraîches et limpides , comme toutes celles qui sont filtrées è travers les scories des volcans. C'est une lave pyroxétiique , pesante , non tailluble. Elle renferme quelques cristaux d'augite et de feldspath vitreux , et présente un certain nombre de pores allongés , mais peu serrés. La surface de la coulée est entièrement cultivée , assez unie ; et son relief au-dessus du sol environnant est très- marqué , surtout vers sa terminaison , car il dépasse sept à huit mètres. »

» Au delà de Textrémité de cette coulée , on en recon-

natt une plas ancienne qui s*échnppe aa-dessoos d'elle et qui furme le sol sur lequel sont bâties les maisons d'Égdules* La lave de ce courant inférieur est plus compacte et plus pesante que celle du courant supérieur ; elle présente, dans sa pAte, une plus gr«inde quantité de cristaux d'augite qui la font pnraltre comme parsemée d'innombrables mouchetures d'un beau noir. Elle s'étend considérablement , atteint une largeur de 800 m., puis, se rétrécissant uo peu» elle continue à descendre près d'Égaules, et arrive enfin à l'entrée de la gorge de l'Argnat où elle confond ses flots congelés avec ceux de la grande coulée de Jumes.

» Du petit Sarcoui sont donc sortis deux courants de lave distincts à des époques différentes , de telle façon que le plus moderne est venu se superposer au plus ancien, dont il a recouvert une partie et dont il ne laisse aperce>oir que Teztrémité. »

Nous avons encore remarqué à l'ouest et à la base du petit Sarcoui un point éruptif de lave dont la végétation nous a caché la suite. « H. Vimont dit que cette lave a coulé dans l'intervalle peu considérable qui sépare le petit Sarcoui du puy voisin de Chaumont, pour s'arrêter après 1 .200 mètres de parcours. La lave de cette petite coulée est identique à celle de la coulée plus récente de Sarcoui dont elle n'eU peut-être qu'un rameau détaché. »

Nous pensons, comme H. Vimont, que les scories qui forment le petit Sarcoui cachent le véritable point d'où la lave est sortie.

Le$ puyi de Chaumonl et de Porcherolles. — A l'ouest du Petit-Sarcoui , au milieu d'une plaine parsemée de Bruyères ou récemment boisée, on apergoit un petit dôme

couvert de scories et s'élevant à peine aa-dessQS du terrain. On lui a donné le nom de Porcherolles. Il est tout entouré de domites qui ont été percés par ce petit point éruptif.

Un peu au nord de Porcherolles, on trouve le puy de CkaumofU (1,1 10 R.). C*est encore un cône de scories et de pouzzoUpes , avec un cratère très-déprin)é. Les scories y sont nuéJangées de fragmeuts de domite ; elles contiennent beaucoup de péridot.

On rencontre sur Chaumont des morceaux d'une lave grise trés-pesiinte , semblable à celle que Ion trouve è Chopine; mais ce sont des blocs épars. Cette lave ne se voit <|ue dans le voisinage des domites. Chaumont en est , en effet, tout entouré. Peut-être a-t-il donné une coulée , peut-

être faut-il lui attribuer un petit lambeau situé au nord-est de sa base ; l'uniformité et la végétation de cette plaine rendent les observations bien difOciles et leurs résultats bien incertains.

Le creux Morel. — Le creux Morel est un joli petit cratère d'explosion parfaitement aligné nord-sud avec Porcherolles et Chaumont au nord , avec Pariou et le Nid-de-Ia- Poule au sud. Le cratère est donc au niveau de la plaine, mais il est dominé par une butte qui fait partie de son enceinte, et dont le sommet s*élève à 1,013 m. , tandis que de ce point au fond du cratère il y a 69 m.

Cette butte est entièrement scorifiée et ne paraît pas avoir donf é de lave. On en rencontre pourtant des fragments trèsdurs , très-coinpactes , et riches en pyroxène ; mais on ,np recç^oatt pas de courant qui parte de la butte ou du cratère. Biqn que les scories dominent, on trouve .fréque.çpineot des.morceaux de domite et de granité.

56 TERRAINS LAYIQUBS.

Il est assez singulier que tous ces matérianx , projetés lors de l'explosion du cratère » aient tous été rejetés du même c6té et ne forment pas un bourrelet circulaire , mais un monticule situé sur le c6té nord-est.

Le puy de Lantegy. — Sur le bord même de la grande route de Clermont à Pontgibaud , au delà des Goules et en face de Chopine, on trouve le puy de Lantegy (1 ,020 R.) » dont la base touche pour ainsi dire à celle du puy des Gouttes. Ce puy est presque plat , couvert de scories et un peu échancré vers le S.-O. Ses scories ressemblent à celles des trachytes. Le puy est tout parsemé de morceaux de granité et de trachyte. En elTet , il est entouré de terrain domitique. Malgré cela , la butte entière est formée de scories. Les fouilles que Ton y a faites pour l'entretien de la route ont fait voir que ces scories ne sont pas* comme on pourrait le croire , une simple pellicule rerouvrant le domite, mais bien un cône volcanique moderne. D'ailleurs une coulée de lave s'échappe de cette montagne à la base du cratère échancré . et elle s*étale sur le terrain domitique. Cette coulée présente des diiïérences de niveau qui pourraient faire soupçonner que Lantegy a produit plusieurs nappes de la>e superposées. Il est vrai que Ton pourrait aussi admettre que le puy des Gouttes , après avoir soulevé Chopine * aurait pu émettre dans cette direction une nappe que la coulée de Lantegy aurait recouverte.

Sur un point de cette dernière coulée , en allant de Lantegy au lac ou plutôt à la mare de Côme , on rencontre un amas de scories que Ton peut considérer comme un point d'éruption. Nous avons été frappé de la fusibilité de ces scories. Un jour» où l'on venait d'y brûler des gaxons.

des masses de ces scories étalent fondues et vitrifiées» bien que le feu ne soit pas très-ardent. Cette facilité de fasion existe aussi dans les domites que Ton emploie maintenant très-utilement dans la fabrication du verre de boateilles.

Très-près de Lantegy » à l'ouest » on remarque aussi , au milieu des domites , un petit point éruptif dont les scories apparaissent au-dessus du sol.

58 TsaaAiNS laviqoes.

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