CHAPITRE CXXVIII
UwAie den iroleMM ultaés mn ■•rd dm pmj de Dèaie. — €hp»«f« de la Nngèret Pao^ntat, irérrlèrea et aBsexes. — Le pay de (Thalârd et le semr Tasàaa.
le puy de la Nugire. — On rencontre an-dessus de Volvie nn groupe assez considérable de volcans modernes trèsrapprochés , et parmi lesquels on distingue Bleymas , Pau* gniat f Verrières , la Goulie , la Nugère , etc. Ce groupe a donné naissance à de puissants courants de lave de nature très-difTérente , qui presque tous se sont dirigés dans une large vallée élevée qui existait sur le sol primitif entre le puj de Verrières et celui de la Nugère. Ce dernier volcan est uo des plus beaux de TAuvergne ; c*est peut-être celui ou l'oo peut suivre le plus facilement Téruplion et la sortie de la lave. C'est un de ceux que nous devons étudier avec détails.
Le sommet de la Nugère ofTre un vaste plateau couvert de scories et présente un magnifique ensemble de laves et de monticules scoriacés. Tout parait bouleversé » incendié et semble avoir conservé les nuances violacées et lie de %io des lieux où le feu vient de s'éteindre. Si Ton y arrive à répoque où les Bruyères fleuries colorent des mêmes teintes les pentes gazonnées , un jour où le soleil ardent échauffe la lave et les scories , Tillusion est complète et Ton croit que le volcan brûle encore.
On ne distingue d*abord sur ce vaste appareil vol<^anlqae que des laves et des scories , mais bieutôt tout s'éclairât »
NORD DU Vm BE IK>MK. 7f
et Ton trouve que le sommet du puy (993 R.) est occupé par on grand cratère à pentes gazonnées ou boisées , doot la profondeur est de 82 m. R. Ce cratère est de forme ovale, et Ton aperçoit dans le fond on culot de lave noire , laquelle diffère de l'autre lave , et qui peut-être indiquerait l'origine d'une de ces coulées qui débouchent à Volvic par-dessous la lave grise de la Nugère. Le cratère est fermé de^^ant cette masse de lave pdr deux demi-cercles accolés qui constituent deux cratères égueulés dont la partie moyenne est commune , assez épaisse et formée de scories très-belles et trè9-abondantes.
Un de ces demi-cratères dégorge au nord une grande quantité de lave qui s'annonce d'abord par trois monticules scoriacés, aujourd'hui couverts de Bouleaux , et qui descend rapidement en s'élargissant et se dirigeant au N.-N.-E. pour rejoindre la grande nappe de lave.
L'autre , qui lui est adossé , vomit i l'est une cascade de pierre que l'on croit voir encore sortir et bouillonner. Cette lave chemine sur le vaste plateau du volcan , puis se déverse en un large flot sur le flanc oriental de la montagne où elle tombe en énormes fragments , et constitue une dea nappes de cette coulée dont on suit dilGcilement tous les con. tours.
Une portion de cette même lave se détache , reste sur le plateHo et va , souis forme d'up courant étroit » rejoindre la ia Itfve épunchée vers le nord.
Hais ce qui attire surtout l'attention sur ce plateau , c'est QD troisième point d'éruption encore mieux caractérisé que len autres el qui constitue on petit volcan distinct entièrement scoriacé. Ilest situé vers le nord du plateau et se nomme le jpuy de la Louve (907 R.). C'est un demi^^cercle de beiki
72 TERRAINS LAYIQCBS.
scories rappelant en miniature le puy de Lassolas » on petit cratère égueulé des plus remarquables, au milieu duquel on yoii un gros bouillon de lave qui est resté figé au point même où tous ceux qui Tont précédé se sont fait jour pour s'épancher. C*est absolument la nature prise sur le fait. Cette lave de la Louve va rejoindre celle de la Nugère , et tous ces courants u'en font plus qu'un. Le puy de la Louve est donc un des soupiraux de la grande masse volcanique dont il fait partie.
Cette masse oiïre encore d'autres cratères ; on en voit deux très*petits derrière le puy de la Louve , ainsi que plusieurs amas de scories boursouflées très- fraîches, disséminées sur le plateau. Il est probable que ce volcan a agi longtemps et a donné plusieurs coulées dont celle de VoUic est très^certainement la dernière.
Toutes les scories de la Nugère rappellent les scories de trachytes du Mont-Dore, comme la lave rappelle les coulées trachytiques modernes de ce groupe de montagnes; mais il faut convenir qu'à la Nugère ces scories ont un caractère de fratcheur et d'incendie récent qu'elles n'offrent pas aa Mont-Dore.
Les scories de la Nugère ressemblent aussi, sauf l'amphibole qu'elles ne renferment pas , aux scories du volcan de Montchié. On croirait, en les voyant, à la fusion et à la transformation du domite en scories. Cette impression fut la première que nous éprouvâmes k !a Nugère , et , longtemps avant nous, elle avait frappé le célèbre de Buch.
« Des phénomènes de cette montagne (la Nugère), dit » L. de Buch, nous tirons un résultat inattendu ; c'est que » la lave est du domite en fusion. • {Lellret V sur le$ vo/-^ coiu d* Auvergne, Annales de TAuvergne, 1. 1 4.)
tl>
Plusieurs laves ressemblent eflectivement beaucoup i du domite modifié. Ce sont les laves grises et feldspathiques de la Nugère , de Cdme et de Pariou. C'est surtout dans les scories que Ton aperçoit ces caractères de transition qui pourraient, jusqu'à un certain point» faire supposer que le le feu H réagi sur des domites pour en faire des laves. Il y a» cependant, une différence d'âge très-grande «entre les domites qui , évidemment, appartiennent à lYpoque trachytique , et les laves grises qui sont les dernières épanchées de DOS volcans ; toute la longue série des basaltes et des laves noires s'y trouve interposée. Comment peut-il se faire que la partie liquide et intérieure du globe, rejetée en dehors à des époques si différentes, puisse offrir de si grands rapports ?
Il existe encore sur le puy de la Nugère, au sud- ouest» une dépression ovale dont l'accès est défendu par d'épaisses broussailles. Ce n'est probablement qu'un cratère d'explosion dont aucune lave n'est sortie. Nous n'oserions toutefois adirmerque ce cratère n'a rien fourni, tant est grande la confusion qui règne dans l'accumulation des laves situées au sud-ouest ei au sud de la Nugère.
Nous devons maintenant nous occuper des courants qui dérivent positivement de cette montagne et qui se sont dirigés vers Volvic.
Les deux branches de la grande coulée que nous avons citée, descendant au nord et à l'est de la montagne, entourent un assez grand espace de terrain primitif et cultivé qui est resté intact au milieu des fleuves de feu qui Tenveloppaient.
Un peu plus bas, la lave laisse encore surgir une tie de terrain primitif. C'est un monticule surbaissé en granité et
offrant deoi sommets peu apparents, dont Tun est en granité à grains fins, et Tantre en une espèce d*eurite micacée, analogue à celle qui a été soulevée et altérée au pny Cho-* pine, et que Ton doit peot-ètre rattacher, au moins comme salbande, au grand filon d*amphibolite dirigé nord-sud, qat passe sous les volcans modernes de la chatne des dômes.
Près de cette tie primitive, il reste encore on petit ttot de granité épargné parla lave.
Après avoir contourné ces espaces qui , sans nul doute , aisaient saillie Je courant se rétrécit, et, après avoir parcouru environ quatre kilomètres, il s'arrête en pointe i Volvic. .
Cette lave est huileuse, tahradorique,très-taillable, d'un beau grain uniforme. Elle est connue, en architecture, sous le nom de pierre de Volvic. Sa pesanteur spécifique est de 2 à 2,65 , selon la quantité de vacuoles qu'elle contient. Sa dureté peu considérable permet de lui donner au cisead toutes les formes possibles : sa couleur est un gris bleufttre, tirant quelquefois sur le violet ; sa structure estt massive en grand , cellulaire en petit ; les fissures sont assez rares dans certaines parties, ce qui facilite Textraction d'énormes blocs. Les vacuoles sont nombreuses , plus ou moins grandes , allongées en général dans le sens de la coulée. La cassure est raboteuse , la texture compacte ; sa ténacité est trèsgrande ; elle est légèrement élastique en plaques minces , et résonne sous le marteau ; elle happe légèrement à la langue, et fond au chalumeau en émail gris un peu bulleui.
Cette lave contient peu de minéraux disséminés ; on f voit cependant des cristaux de labr^dorite et beaucoup de fer oligiste magnétipolaire, selon l'observation de Delarbre. M. Delesse j cite du quarU fendillé {Bulletin de la Société
NoniD mj pirtr de dôme. 75
géologique f 2* série , t. 15 , p. 769). Le péridot, s*il y existe, est très-rare.
Le (er oligiste se trouve répandu en petites paillettes dans toute la masse, et paraît au soleil sous la (orme de très-petits points brillants. Quelquefois il tapisse, sous forme de lamelles, des cavités qui existent dans la lave, etoii celle-ci 8*est Ggée sous forme de mamelons ou de rameaux coralloîdes.
Cette lave a les plus grands rapports avec celle de Cème et celle de Pariou ; elle en diffère par la moindre dimension de ses pores et par sa dureté plus faible. Sa surface est assez unie , et diffère en cela de ces déserts de lave que Ton trouve au puy de Côme ; la végétation s*y est établie depuis longtemps.
Celte magnifique coulée de lave est devenue l'objet d*une immense exploitation , et l'on a pu étudier sa structure à peu près sur tous les points. On a remarqué des difTérences qui tiennent sans doute à la proportion des gaz enfermés dans la lave et aux conditions de son refroidissement.
Les carriers distinguent plusieurs qualités de laves, et si Dous supposons une coupe de haut en bas , coupes trèsfréquentes pour l'exploitation, nous aurons la superposition suivante :
1^. Une petite couche de terre végétale, ornée de Bruyères, de Viormes, d'Aubépine, d'Ancolies, etc.;
2^. Des scories éparses et parfois accumulées, véritable écume du bain de lave qui descendait de la Nugère ;
3**. Lave dure , compacte , formant une couche peu épaiâte, mais inexploitable ;
4®. Cette lave dure passe insensiblement à une couché paissante, poreiiseï mais à cloisons minces, à pores petits et
76 TERRAINS LAV1QCE8.
nombreux , focile i tailler. C'est la pierre de première qualité pour la taille et pour la sculpture ;
5^. Vient ensuite une zôiie de seconde qualité qui succède en descendant à la première. Elle est un peu cariée , à cavités irrégulières ;
6^. Plus bas encore , la lave est presque cellulaire , offrant parfois des fissures ; elle est peu estimée :
7*. Puis arrive un banc considérable dans lequel les mauvaises qualités du banc précédent ne font qu'augmenter; elle est boursouflée et souvent ses cavités communiquent entre elles ;
8^. Plus bas encore , et , par conséquent , près du sol » la lave , comprimée par la masse supérieure » reprend des pores petits et nombreux , se laisse tailler facilement , et présente de nouveau tous les caractères d'une bonne pierre de taille.
Toutes ces assises constituent ensemble un massif de 1 1 à 12 mètres de puissance , lequel repose sur un sol argileux de deux décimètres au plus d'épaisseur, et qui représente» sans doute, la terre végétale de cette époque reculée.
Au-dessous encore , une lave noire pyroxénique , dure et compacte , indique une coulée antérieure et différente par sa nature , coulée qui , peut-être , a été \omie aussi par la Nugère, qui « peut-être et probablement, appartient è quelque cône voisin. C'est cette lave qui sort à Volvic de dessous la première et qui continue jusqu'à Mariât.
Partout où Ton trouve, en Auvergne, une vallée située près de la ligne des puys, on est è peu près sûr d'y voir déboucher un courant de lave , comme , dans les Alpes , on voit descendre un glacier. Mais ici , comme nous venons de le dire , une coulée inférieure sort de celle que nous avons
décrite , et peot-élre même un troisième courant , encore plus ancien, e.iiste-t-il en dessous des deux autres?
La lave feldspathique , en arrivant è Volvic, est bordée de deux bandes de lave pjroxéniques, lesquelles s'avancent Dn peu au-dessus de la ville et se prolongent beaucoup audessous en se réunissant.
On n*est pas bien certain de l'origine de ces laves noires pénétrées de pyroxène et de péridot. On les rapporte généralement à la Nugère, mais le puy de Bannière, situé près de Volvic, pourrait aussi ne pas leur être étranger. Ce qui est certain, c*est qu'un peu au-dessus de Volvic, en (ace du chemin qui descend de Viallard , on voit un très- petit lambeau de cette même lave noire , toujours très-facile i distinguer, en ce que n'étant pas taillable, elle a été respectée par les ouvriers. Un peu plus loin encore, en remontant» on Toît deux monticules indiqués sur la Carte de Dcsmarest sous le nom de puy de Bourdon. Ils sont en granité, mais leur sommet est couvert de fragments de lave si abondants et si bien scorifiés , que l'on pourrait soupçonner une éruption sur les lieux mêmes. Dans tous les cas, leur présence est difBcile à expliquer. Est-ce le reste d'un courant, de celui qui passe sous la lave de Volvic pour se rendre è Saint- Genès 7 Mais alors , pourquoi ces lambeaux antérieurs i la coulée delà Nugère seraient-ils situés si haut au lieu de s'être épanchés dans la vallée avant l'apparition de la lave labradorique? D*un autre côté , le terrain de granité et de porphyre situé autour de Mouilet et surtout autour de Caussedière et au-dessus de Rochevert , est couvert de morceaux de lave qui , là , sont évidemment erratiques et ont été indiqués sur la Carte de Desmarest, au moyen de blocs figurés, au-dessous de Védrine. Si ces blocs ont été lancés pendant les érnp-
78 TEBEAIHS LATIQUB9.
tions , n ne peut en être de même des véritables lambeaax du puj Bourdon, en sorte que l'origine de cette lave, que nous attribuons au puy de la Nugère , reste pourtant enveloppée d*un certain mystère.
Une fois au-dessous de Volvic , la lave noire et pjrozénique prend une allure très-décidée et descend vers Sain^- Genès-rEnfant , en une beUe et large nappe.
Volvic est bftti sur cette dernière lave , au point même oik la coulée labradorique vient s'arrêter en laissant échapper une source magnifique.
Il semble qu'au-dessous de Volvic la lave noire » parfaitement fluide , ait rencontré une espère de bassin dans lequel elle s'est nivelée cq occupant une grande largeur. Elle ressemble plutôt à un beau plateau de basalte qu'à une lave moderne , et sa surface est entièrement cultivée.
Cette lave forme un étage à Saint-Genès, et là paraissent des sources d'une abondance et d'une pureté remarquables. On pourrait admettre qu'une troisième coulée sort de dessous celle-ci présentant encore les mêmes caractères , une surface unie indiquant une fluidité parfaite et s'élargissaot de nouveau jusqu'à Marsat.
Cette lave est noire comme la précédente , chargée de pjroiène et de péridot. Elle se divise quelquefois en boules irrégulières comme du vrai basalte. On en voit un exemple sur le bord de la coulée entre Saint-Genès et Marsat. Elle s'arrête à ce dernier village , donnant encore des torrents d'eau pure qui arrosent de magnifiques prairies.
Si les deux coulées superposées à cette lave n'indiquaient pas son ancienneté , elle serait évidente par sa seule position dans la vallée » car » en plusieurs endroits, cette même lave parait suspendue, et l'on voit que le fond de la vallée
IfQRD DD PUT DE DOME. 79
caljcaîre sar lequel elle s'est épnncbée, a été creusé postérieurement à s«on arrivée. Uue partie du calcaire a été enlevée. En suivant cette petite vallée , on voit des boules sur une 99sez grande longueur, et l'on remarque que la lave repose sur une couche alluviale. Cette couche est formée de sable fin siliceux lié par une argile jaunfttre qui devient rouge au contact de la lave. La surface inférieure du courant est presque unie en grand , mais très-raboteuse en petit ; elle est un peu huileuse et scoriacée. On remarque au milieu de ces sables alluviens, qui indiquent le lit de l'ancien ruisseau 9 de petites couches de pouzzolanes noires et sou\ent de petits filets d'eau s'échappent au point de contact de la lave et de fallu vion.
POTS DE TRESSOUX, — DE LA GOULIE, DE PAOGNIAT,
DE TERRIÈRES » — DE BEAUNIT OU DE LA SUCHÂRES ,
DE YEIGHOUX.
An nord du puy de Louchadière , nous trouvons encore QD groupe très-développé de volcans modernes qui ont été peu étudiés. Leur examen est difGcile à cause des forêts et des broussailles qui en rerouvrent les pentes scoriacées, et il est presque impossible de rapporter à chacun d'eux la part de lave qui lui appartient. Il y a là une confusion que nous ne pouvons éviter, mais qui , nous l'espérons , disparaîtra si un géologue patient veut bien étudier avec soin ce petit canton de la chaîne des puys. Le nombre des montagnes volcaniques situées au nord de Louchadière, de l'autre côté de la route de Riom à Pontgibaud , est de sept.
1 • En partant de la route , le premier que nous rencontrons est le puy de Treêsoux; il est couvert d'un taillis ap-, pelé le bois des Sols. Il est entièrement scoriacé et présente
au sommet nn cratère peu profond « un peu érhancré au nord-ouest, avec une petite saillie éruptive sur le bord.
2. Le second puy (toujours en allant vers le nord) touche celui-ci par sa base. Il est aussi couvert de bois et de scories , avec cratère régulier au sommet. Nous ignorons soa nom.
A la base du premier , et au nord-ouest , on voit sortir une très- petite nappe de lave qui s*6tend sur le granité et n^arrive pas au hameau de TEspinasse.
A la base du second « et dans la même direction , paratt une coulée plus étendue qui se dirige vers Lambertèche » en laissant ce hameau sur le granité , puis qui tourne au nord et au nord-est , longeant aussi la base du puy des Bannières.
3. Le troisième puy est celui de la Goulie^ joli cône de scories terminé par une pointe éruptive sans cratère. Une roagniGque forêt de Ilètres couvre les pentes incendiées. On ne peut rien voir de plus frais, de plus beau , que ces ombrages qui , bientôt peut-être, tomberont comme les autres sous la cognée dévastatrice. Toute la base de ce puy, à Test et au sud , est entourée de Use sans que l'on puisse savoir si réellement le puy de la Goulie y a contribué. Il se pourrait que toutes ces laves provinssent de bouches aujourd'hui comblées et sur les ruines desquelles se seraient élevés les cônes de scories.
4. Les Bannières constituent encore une montagne de scories placée au nord de la Goulie et qui , sur notre Carte, porte à tort ce dernier nom. C'est un volumineux amas de scories recouvert de bois et difficile à explorer. Le sommet est éruptif , mais sans cratère ; c^est le reste d'une chemi-* née par laquelle les gaz se sont échappés ; mais latéralemeot I et pre^qu'à Test , on voit s'ouvrir un long cratère
échaoeré qui étend ses deux bras , toujours boisés , vers le puj de Paugnîat. On ne peut guère douter qu'une partie des laves que Ton rencontre , soit au nord-est , soit au levant du pnj des Bannières, ne provienne de cette large échancrure.
5. A Test des Bannières est le puy de Paugnial; il est entièrement scorifié. Son cratère est bien moins apparent qu'il ne le parait sur la Carte » mais il existe. De sa base sort une coulée feldspatbique qui rejoint bientôt un courant plus étendu qui descend de Verrières , leqpel se confond aussi avec ces laves d'origine incertaine que nous avons citées plus haut.
6. Le puy de Verrières , situé dans la commune de Charbonnières-les-Varennes, canton de Manzat» est un point volcanique très-important. La montagne» entièrement couverte de scories , est allongée et munie de six à sept cratères pea profonds » entiers ou échancrés , lesquels, pour la plupart , paraissent postérieurs aux éruptions de laves. Les scories sont frafobes et très-belles. Plusieurs de ces cratères sont ornés de bois de Hêtres , parsemés de Sureaux à grappes et de Framboisiers. Ils offrent de charmantes retraites , fraîches et ombragées , à Tabri des tempêtes et du vent que Ton entend siffler dans les branches sans en ressentir le souffle.
Ce puy a laissé épancher vers le nord une vaste coulée de lave qui sort de la base de la montagne et s'élargit immédiatement , en donnant naissant à quelques monticules scoriacés 9 arrondis , qui sont à cette coulée ce que sont à celle du Tartaret les boursouflures que Ton voit autour de Murol.
Cette coulée de Verrières s'élargit et s'avance peut-être jusqu'au village de Beaunit , bâti sur la lave , à moins que cette coulée de Beaunit ne provienne du puy de la Suchère, antre montagne yolcaniqae qui est plas rapprochée da vil-
82 TURAira UiV|QUE3>.
iege. Tous les environs de Verrières et de Papgniat soi^ tellement couverts de lave » qu'il est bien diffidlei condme nous l'avons déjà dit , de démêler leurs diverses origines. Dans tous les cas» le poy de Verrières en a donné beaaco.np ; il. a dû agir longtemps et à plusieurs reprises. Au sud de la montagne et à mi-cAte » on voit un courant de lave qui sort visiblement -d'un cratère » mais il ne paraît pas se prolonger. Desmarest indique une autre coulée sortant à Topposé et se dirigeant derrière le puy des Bannières.
La grande coulée de Verrières , s'élargit après avoir passé le puy de la Suchère. Elle s'étend alors joitqu'au ruisseau et longe la base du poy granitique de Monceau et se dir^e vers le village de Paugniat qui est bAti sur la lave.
7. Le puy de la Suchère ou de Beaunil » situé dans la même commune de Charbonnières-les-Varennes, est aussi entièrement volcanique et couvert de fraîches scories. Un cratère fortement échanrré est ouvert au nord-ouest dans une espèce de narse ou de marais sur terrain granitique, et très-près de Beaunit , bAti sur la lave. On remarque à l'est un point de lave qui sort vers la digue d'un étang, tandis qu'A l'ouest il semble que ce puy ait fourni son continrent au courant de Verrières qui descend A Beaunit.
8. Eu6n » A l'ouest de Veigbouxt entre ce village et Beaunit, il e&iste encore un dôme de scories assez étendu. On y remarque des fragmente de lave et des pouzzolanes. Le milieu de cette montagne constitue une crête granitique , puis, A l'eitrémité de cette crête , au nord de Beaunit , au-dessus du moulin , en un point où plusieurs chemins viennent se croiser , on retrouve aussi un espace couvert de scories.
Ici ne se termine pas encore la série nord des points éruptils , mais ici s'arrête le groupe dont nous avions A noos
ocfoper. Ao delà , vers le nord , c'est le granité pendant qnatre kilomètres , puis les monticales scoriacés de la Faye, et enfin le puy de Chalard, sa coulée et le ^otir Tazùna.
Le puy de Chalard et le goùr Taeana. — En quittant aa nord le groupe des volcans de Paogniat , de Verrières et deBeaunit, et en marchant toujours dans la même direc-* tion, on traverse un grand terrain granitique, sur lequel se trouvent les villages du Bourniou, de la Tranche et de Rochebréand.
Au nord-ouest de ce dernier , on voit trois monticules, dont l'un, le plus voisin du village, est formé par du granité. Les deux autres, plus volumineux , offrent non-seulement des scories, mais encore des masses de lave scoriacée. Ce sont deux petits volcans modernes contigus , qui ont lancé des blocs de lave à de grandes distances, et qui semblent indiquer la ligne que suivait la volcanisation pour aller 9'éteindre à Chalard et à Tazana.
De ces collines scoriacées, il est facile d'atteindre le volcan de Chalard , en suivant au sud la direction de deux filons de porphyre , dont l'un fait une forte saillie au village de la Roche , et continue dans la même direction pour se perdre sous les scories de Chalard. Cette dernière montagne est un vaste cène volcanique, à pentes douces couvertes de gazon et de broussailles.
Il est facile d'en atteindre le sommet, et l'on y trouve an vaste cratère ébréché , flanqué de monticules de scories qni ne sont peut-être que les débris du bord d'un ancien cratère qui a été enlevé. Du centre , on voit sortir la lave sons la forme d'un bouton consolidé , et bientôt cette lave descend en cascade formée de blocs brisés et entassés, d'un effet très-pittoresqae. Dn sommet du volcan, on distingue
84 nftMUfs LATiQm.
presque toat Tensenible de la coulée» Elle w présente sous la forme d*Qn triangle un peu irréguUert sur lequel est bâti le village du Cheii * et elle produit de belles sources au moulin de las Fontas. La lave vient s'arrêter au moulin de Trouchevant. Quoique boisée, cette cheire eut âpre et difficile è parcourir.
Cbalard s'élève sur le granité. Le village de la Leicbère, situé an pied du volcan , est bâti sur cette roche toule saupoudrée de scories. On retrouve même le granité sur To* reille sud du cratère. II s'y présente en masses qui paraissent être en place , et qui » sans doute , ont été entraînées lors de l'éruplion du volcan.
Il o'existe pas en Auvergne de plus beau point de vue que celui dont on jouit du sommet de Cbalard. Toute la cbatne des puys et le Jllont-Dore se .montrent à la fois. Nulle partt la Limagne ne parait aussi belle, aussi étendue, et ne rappelle mieui l'ancien lac dont les eaux battaient les rivages primitifs de l'Auvergne et du Forei. Les départements de l'Allier, du Puy-de-Dôme et de la Creuse étalent des terres immenses , et la vue n'est arrêtée que par les brumes de l'horizon. Le gour Tazana est asseï rapproché pour que l'on distingue la couleur de ses eaux et le cirque de son cratère, dernier souffle de la force volcanique qui expirait alors.
Ce beau lac s'est ouvert au milieu des terrains primitifs. On y voit des granités è petits grains et è mica noir, et des fragments de porphyre qui proviennent de nombreux filons qui avoisiiient le cratère. 11 y existe des porphyres à gros foldspath rose, des porphyres pinitifères et d'autres qui eooH menceot k s'altérer et à se décomposer.
Au milieu de tous ces débris, on trouve des scories et des
Roan vo PUT db dohb. 85
blocs de lave noire qui empâtent quelquefois des granités blancs. On remarque aussi de grandes quantités de pouzzolane noire ou rougeAtre, entassées sur les pentes du nord et de Test du cratère. Ici, comme è Pavin, les débris ont été lancés par l'explosion et sont retombés pèle mêle pour constituer en partie les bords du cratère. C'est au sud-est, dans la direclioo du village de Charbonnières-Ies-Vieilles, qne l'on rencontre la plus grande quantité de produits volcaniques {fig. 166).
Il est bien remarquable de voir ce puy de Chalard faire an dernier effort et produire une large coulée i une grande distance des autres bouches volcaniques , de même qu'au sud , à l'autre eitrémilé de la chaîne , le puy de Monteynard est aussi isolé ; mais au delà de Monteynard » Pavin, Montchalme et Montsineire se montrent avec leurs cratères et leurs lacs , indiquant un plus grand développement de la ptnssance volcanique qu'à Chalard et à Tazana.
80 TEBBADCS d'aLLUVIOH.
ËMHlHBaHi^BaBa