‹ Les époques géologiques de l'Auvergne [microform]Chapitre 8 sur 82 · CHAPITRE CXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXXIX

CMsMtfntlMs céMénUes mut les altevi

Il est encore bien difficile » si ce n'est impossible, de séparer nettement les terrains d 'allusion de^ terrains sédimentaires. Les matériaui qoi les constitaent sont les mêmes : ce sont des sables , des graviers , des galets on cailloui roulés p des blocs pins ott moins volamineui ; et pendant que

coNsibiRAÎioifs ciNiâtAlÉs. 87

ces matérianx s'accoibàient , des sources minérales amènent encore tears produits et Véutiissent sur quelques fiôlnts ces matériaux incohérents par du ciment calcaire , silicîsùz ôh feitogineùt.

Ailleurs , ce soAt des dépôts tourbeux qui Vopèrent , dé rbomus qui s'accumule. Enfin » toutes ces formations qui se liéiM h I*ép6<tue actuelle » qui se continuent de nos jours, Tiennent en quetqùfe hoirie ^làcisir sons hos yeux des exemples de tous les modes erhplojré^ ^ar la nature daiis la constftdtibn de Técorce du glèbe.

Cet ensemble de loriiiatiôns modernes on contemporaines a donc pour le géologue une très-grande importance; et; a?ant d'entrer dans les détails intéressants que le plateau cetotral va nous offrir , il est nécessaire que nous fassions précéder cette élude de quelques considérations générales siif ces époques relativement modernes.

L'étude des matériaux ronfés , des couches qu'ils ont formées autrefois , et des dépôts qu'ils constituent encore de DOS jours 9 c'est l'histoire de toute la géologie neptunienne; les allunoni nous retracent par leur présence la série dés événements que les eaux courantes ont amenés sur la terre.

Ce n'est pas seulement à Tépoque actuelle que l'on trouve lé preuve de cette tendance des eaux i charrier et & arrondir des matériaux pour fes déposer et les abandonner ensuite. Dans tous les temps, et dès la consolidation de la première écorce du globe , l'œuvre de destruction et de reconstruetiott a commencé.

Dans la formation des blocs arrondis comme dans la plilpàrt de^ phénomènes qui tiennent aux sédiments qui se stfnt opérés sur des points divers » nous voyons une suite d'àctfoos non interrompues dont lloteosité a Tarie sans doute /

88 TBRMAI98 d'alluviov.

et qoe des perturbations plas oa moins considérables ont pa suspendre on arrêter, mais qoi ensuite ont repris le cours successif de leurs dépôts. Les matériaux roulés existent donc à toutes les époques des terrains de sédiments , depuis les plus anciens jusqu'à ceux qui se forment encore de nos jours.

Dès que les roches qui ont formé Técorce extérieure de la terre ont été solidiGées , elles ont été attaquées è la fois par les pluies , par les marées et par les eaux courantes ; mais comme è l'époque de ces premiers sédiments il y avait bien peu de terres émergées , ces actions combinées des eaux ne pouvaient se manifester que sur des espaces restreints; les cours d'eau, peu prolongés sur des ties, manquaient d'étendue ; la surface de la terre , presque uniforme, n'ofTrait pas les inégalités et les pentes qoi leur communiquent maintenant leur force et leur vitesse; les eaux que nous appellerons lumullueuseê n'existaient pas.

Dès^lors , les parcelles arrondies et roulées, détachées des roches primitives charriées dans des bassins, s'y déposaient en sédiments, qu'une pression considérable ou d'autres causes qui nous sont inconnues transformaient en gris , en poudingues ou en conglomérats.

Aux anciennes époques géologiques comme pendant répoque actuelle , trois conditions étaient nécessaires pour la production des parcelles ou des blocs roulés , ViroêùmM le tramport et le dépôt.

Nous n'avons pas besoin de revenir sur les détails de ces trois conditions , nous les avons eiposés avant d'entrer dans la longue série des terrains de sédiments que nous venons de parcourir. Il nous sufBra de rappeler brièvement le résultat de ces actions neptuniennes et de les suivre à travera

CONSn^RATIONS GilfÉRAUBS. 89

le» Ages da monde pour les rattacher à l'époque à laquelle nous vivons*

Dès que nous admettons que les anciens sédiments sont ]*onvrage d'eaux érosives JI a d& arri>ert dans plusieurs dr* coifstances, que des blocs d'un certain volume ont été détachés» arrondis» et se sont déposés avec les sédiments. C'est » en eiïet , ce qui est arrivé , et les granwakes les plus andeiines, les terrains siluriens et dévoniens ne sont pas exempts de quelques cailloux de quartz qui y sont disséminés ou qui même y forment de petites couches. Les grès rouges nous montrent souvent des lits de cailloux de quartz de grosseur variable. Quand nous arrivons à la période des houilles « pendant laquelle des terres assez étendues se trou* yaieot déjà hors de Teau . nous reconnaissons d'une manière bien plus évidente des actions de transport. Presque partout , des cailloux roulés ou de véritables poudingues se montrent i la base des grès et viennent parfois s'y intercaler. Sans la pression ultérieure qui a dû agir sur ces lits de poudingue » ils nous présenteraient » s'ils étaient à découvert • tous les caractères des couches actuelles de cailloux roulés qui se déposent sur les bords des grands fleuves. Souvent on voit aussi entre le sol primitif et le terrain houiller des masses de granité arrondies serrées les unes contre les autres et qui témoignent d'une action érosive violente et d*aii transport rapide et prolongé qui lui aurait succédé.

Les grès bigarrés du terraui de trias sont formés fréquemment de grains de quartz et de feldspath arrondis et dmentiis* Les grès du lias présentent les mêmes caractères et renferment aussi des blocs plus volumineux. EnGn» en parcourant avec soin la série des dépêts sédimentaires » depuis les plus aodens jusqu'aux grès verts, on trouve partout

dO nBRAUfS ll*ALUm01l.

la preove d*an fait général » c'est ({ne les matérkiot arrachés aax roches préexistantes étaient roulés et arrondis fMfr l'eaa tirant de se déposer.

La frésenre de fragmefits arrondis suffit donc poor hoos indiquer ^ dans ces premiers èges du monde , des ploili calmes et abondantes tombaient avec une grande unifor*mité sur toute l'étendue du globe. Il fallait une cause bien active et bien générale pour produire ces grandes sédi* mentations que Ton retrouve si développées sous les loueft glacia'es et tempérées , et qui depuis Tépoque reculée de leur dépét ont été disloquées par toutes les commotions que la terre a subies. Le milislon-gritt , qui souvent est placé sous le grès houiller , les couches puissantes de conglomérat qui en Pensylvanie atteignent jusqu'à 1^000 mètres audessus des houilles, accusent è ces époques reculées une force d'érosion et de transport dont nous n'avons plus d'exeroplei aujourd'hui.

A l'époque tertiaire , la présence de sédiments aussi considérables que ceux que nous venons d'indiquer el qui oill donné naissance aux grés « leur puissance dans la tone polaire et tempérée de l'hémisphère boréal* annoncent on phénomène général et des causes actives en rapport avec la grandeur de ces effets. Il existait donc è ces époques reculées de grandes quantités d'eau continuellement en action ; et cela s'explique facilement en se rappelant que tMS les faits géologiques viennent à Tappui d'une température élevée è laquelle notre planète aurait été soumise. Dès-lors, une évaporation plus considérable et des pluies plus frf* queutes et surtout plus abondantes. Dès-lors » une décomposition plus rapide des roches préexistantes et Vn$ure ie leurs parties en graviers ou en cailloux arrondis. V^M »

dans des bassias étendus et noinbi*euz , recevait toita ces produits des lavages du sol « et les nivelait en sédiquenta horizoDtaui que des soulèvements odt pu déplacer par. la

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Mais si i cette époque la décompositiou des roches avait Keu sur une plus grande échelle • si des courants plus étendus en charriaient les débris , il semble que les causes qui produisaient Térosiop ne disposaient pas de moyens aussi énergiques qu'à Tépoque tertiaire et surtout pendant la période actuelle. Autrefois l'érosion produisait en quantité des graviers et de petits cailioui ; aujourd*hui , elle détache des blocs énormes et couvre des espaces immenses de cailloux roulés et volumineui.

C'est pendant l'époque tertiaire que Ton voit commencer le véritable dépôt de galets ou cailloui non cimentés et libres. Encore , dès le commencement de cette époque * il se forme des grès , des mollasses , des arkoses , dans lesquels on trouve bien des galets enchâssés, mais qui rappellent toujours l'ancien mode de formation. On remarque aussi des dépèts très-abondants d'argile sableuse avec beaucoup de masses de quartz arrondies ; mais ce sont aussi des assises nivelées dans des lacs et sur le bord des bassins.

EoÇn , à la partie supérieure du terrain tertiaire commencent ces couches de sM>les , de graviers et de cailloux roulés incohérents que l'on remarque sur diflérents points de {^Europe. Lorsqu'on remonte des premiers Ages de notre plaqète à l'époque tertiaire » sur laquelle nous nous arrêtons un instant, on voit bientôt que la force qui a produit les cailloux roulés et les grès« a toujours été en se localisant » en se resserrant , et les dépAts que nous connaissons aujourd'hui sont tous limités à des contrées restreintes et ne s*étendent

92 nHftAms u'AUimoK.

pins comme les sédiments des terrains silnriens et détoniens.

Autrefois « dès qu'un soulèvement amenait une surface insulaire ou continentale au-dessus des eaux » cette surface molle et mobile était aussitôt attaquée par des pluies torrentielles et ses parties, peu è peu disgrégëes, ne formaient en général que des matériaux d*un petit Tolume ; è Tépoqae tertiaire y on reconnaît que l'étendue des terres émergées était plus grande et que les causes d'érosion étaient modifiées , car on commence à trouver des cailloux d'un certain volume également arrondis par les eaux.

Dès cette époque « il intervient sur quelques points de la terre, et par suite de son refroidissement, un phénomène qui n'avait pas encore paru et qui a exercé la plus grande influence sur la création et la dispersion des blocs roulés : c'est l'abaissement de la température au-dessous de 0 , on autrement dit le passage de l'eau de l'état liquide è Tétat solide.

C'est à peine cependant si dans cette période il pouvait exister sur le globe quelques points assez refroidis pour qu'une congélation puisse s'y opérer ; mais nul doute que les pâles et les sommets des hautes montagnes ne puissent atteindre une température assez basse pour conserver au moins pendant une saison de l'adhée la neige qui se formait dans l'atmosphère. La vapeur d'eau , condensée k une certaine élévation , cristallisait en étoiles ; celles-ci se groa« paient en flocons, et dès lors l'eau solide descendit sur la terre el forma des amas considérables par son accumulation.

On comprend , en effet , tout ce qu'une évaporation si active devait produire de vapeur ; et si , pendant l'hiver, des points, même circonscrits, étaient soumis à nue tempèratore

BLOCS BOOLéSé 93

aisec basse pour qae la neige n*y Tondit pas , il devait s'y accomiiler une masse prodigieuse d*eau glacée. Le retour du printemps , et è plus forte raison les chaleurs de Tété » de- Taient fondre immédiatement Teau congelée de ces réser- Toira glacés» et d*immenses torrents, partant de tous les pointa élevés de la terre , entraînaient alors une immense ^[oantilé de débris.

JDES BLOGS HOULiS 0B l'ÉPOQUB ACTOELLE.

Nous venons de voir commencer à l'époque tertiaire le grand phénomène de la solidification de l'eau sur la terre. C'est en quelque sorte è cette date qu'il faut rapporter l'apparition des blocs roulés proprement dits. Nous allons voir ces blocs tantôt entassés et réunis en puissantes assises^ tantôt épars è la surface de la terre , mais n'oflrant au premier abord que désordre et confusion. Aussi les géologues, reconnaissant tous de grands lavages et des moyens puissants de translation dans ces terrains modernes , les ont nommés terrains de transport , terrains dilutiens , terrains d'alluvions et terrains erratiques.

Nous avons cherché les blocs roulés et les terrains de transport des deux côtés de la chaîne des Pyrénées, sur les deux versants des Alpes et dans les plaines de la Provence et de ritalie ; nous les avons soigneusement étudiés sur le plateau central de la France ; nous les avons retrouvés dans les montagnes de la Corse , au pied des Vosges comme dans les vallées du Rhin. Nous avons vu des dépôts analogues sur les bords du P6 , du Danube et de l'Elbe, dans les vallées ^e la Carinthie comme dans les sables de la Prusse et sur les bords de la Baltique ; partout nous sommes resté coq-

M TEEIIAtlC6 B^AULUnOlf .

f ainça de Faction aimaltanée on platôt socceasive de Teaii congelée el de Tean liqeide dans la formation des bloca et dea cailloux rouléa dont la production 8*opère encore m>q$ DOS yens.

Les eaox des Oeovea et des torrents ont certainement lé pouvoir de transporter, comme nous l'avons dit, des matériaux arrachés aux pays qu'ils parcourent , d'user leurs angles , de les arrondir , et même de les polir si la roche en est susceptible ; mais on voit clairement arriver une action de transport tumultueux , que l'on ne peut attribuer qu*à la neige et à la glace , c'est-à-dire à Teau de fusion , aux torrents qui résultent de l'action de la chaleur sur des masses de neige ou de glace accumulées.

Pour se rendre compte de Timportance des blocs roulés ilans rétude de la terre, il faut jeter un coup d œil rapide sur l'Europe , par exemple , et replacer par la pensée les cailloux roulés qui en couvrent la surface, aux lieui d'où ils ont été arrachés. Ainsi , que l'on enlève les alluvions des différentes contrées que nous avons citées tout à l'heure el qu'on les restitue aux points dont ils proviennent, tout à coup la chaîne Scandinave, les Alpes suisses et autrichiennes, les Pyrénées, les Vosges, etc., vont prendre d'énormes proportions et élever leurs cimes bien au-dessus des limites qu'elles atteignent de nos jours. Si nous réfléchissons en* suite au travail prodigieux , à la force dépensée pour détacher tons ces matériaux de leur gangue primitive , pour les entraîner, |M>ur les user et 'les arrondir, nous reconnaîtrons sans peine une action séculaire qui date de la 6n de l'époque tertiaire et qui s'est toujours et constamment continuée sous des circonstances diverses. Nous trouvons partout la preuve d'un phénomène successif lié au refroidis-

BLOCS EODliS» 9$

f^ipwt de qotre globe : et , sans nier les pertorbatîons mn^entellça t cpoune les soulèvements* les débAcies cales inondations, nous ne pourrons aUribofr.les blocs roolés^ rt 1^, terrains de transport qu'à des actions prolongées et dépendant d*une cause générale.

L accuroulation des neiges sur les hantes^ montsgnes.et vers les pAles, et par suite leur Tusion rapide, ontcontriboé| ponr une très-large part , au transport des débris de roches teot autour des chaînes de monlHgnes qui en ont fourni lef matériaux. Plus les montagnes sont élevées , plus elles son( recolées vers le nord , plus la différence de température peut être grande entre Tété et Thiver, plus le phénomène es$ considérable et plus il acquiert d'importance. Ainsi , les Alpes et la Scandinavie sont les deux pays où les blocs roubles sont les plus abondants et où les terrains qu'ils forment sont les plus développés.

Nous ne reproduirons pas ici et les faits nombreux que noDs avons observés nous- même, ni ceux que des géologues éminents ont si bien décrits , nous constaterons seulement qne ces blocs roulés et ces terrains de transport , dus en grande partie à la fusion des neiges accumulées et aux torrents qui en résultaient, reposent partout, quand ils sont recouverts , sous le terrain erratique proprement dit , qu'ils débordent de tous côtés par-dessous , et que cette accumulation des neiges , cause première des blocs roulés , est antérieure à la formation et à l'extension des glaciers.

Ces effets d'accumulation et de fusion des neiges ne pouvaient pas être synchroniques sur la terre , car dépendant de^i saisons et par conséquent des latitudes , ils ont dû se produire dans un ordre géographique du p6le aux zones tempérées. Il est donc bien probable que les terrains de

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transport de la Scandinavie ont précédé ceoi dea Alpea « et qne les blocs roulés de cette dernière localité sont anlérieors à cenx de la Corse et à cenx de TAtlas.

Il est donc arrivé snccessivement poar chacun des itenx qui étaient Torigine de ces débâcles , une époque à laquelle, par suite du refroidissement qui continuait de s'opérer , la neige « accumulée sur les sommets « ne pouvait plus fondra entièrement pendant Tété. La température , encore plus élevée que de nos jours « donnait lieu à une évaporation plus active sur la majeure partie de la terre ; les points refroidis en hiver, les sommets élevés, et d*abord les régions polaires, agissaient comme d*énormes condensateurs pour recevoir des masses de neige, et les gelées qui avaient lieu en hiver conservaient intacts ces dépMs poissants d*eau congelée. Le soleil ne pouvait les fondre entièrement pendant Tété. Le reste non fondu s'ajoutait aux chutes nouvelles du commencement de rhi\er, et c*est à dater de celte époque que commence la formation et l'extension des glaciers.

C*est une erreur profonde de croire que la période glacière pendant laquelle les glaciers polaires et ceux des mon* tagnes se sont étendus si loin , a été , pour TEorope comme pour le nord de TAsie et de TAmérique , une période de froid. Si un hiver séculaire ou seulement un abaissement de température avait eu lieu , les glaciers n'auraient pu ni se former ni s'étendre. La glace des glaciers provient de la neige qui tombe ; la neige est constituée par de la vapeur d'eau , et celle*d est d'autant plus abondante dans l'atmosphère qu'il existe plus de chaleur pour la produire. En admettant une période de froid, on admet implicitement la cessation de toute formation de vapeur, et Timpossibilité de fournir de la neige à l'extension des glaciers.

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Cette extension est donc une conséquenjce nécessaire da refroidissement de notre planète ; car rolgeclîon que Tça pourrait tirer d'un été plus chaud qui aurait dû fondre proportionnellement une quantité pLs considérable de glace^ tombe d'elle-même devant la mesure des surfaces de fusion des grands et des petits glaciers. La glace ne fon(|ant qu'4 sci surface et la fusion étant proportionnelle à cette surface, il est facile de démontrer qu'un prisme de glace représentant un glacier aura d'autant moins de surface relalivemeot à sa masse qu'il sera plus volumineui.

Dès cette époque oili non-seûlemcnt la neige s'accumule sur la terre, mais y persiste, dès celte époque où la gelée pendant l'hî\er devient l'état ordinaire du globe et l'expression do climat, l'érosion acquiert une arme d'une extrême puissance. L'eau s'introduit dans toutes les fissures des roches elle 8*y congèle en augmentant de volume et les fait éclater. D'énormes blocs se détachent des sommets et des pertes escarpées des montagnes , et tombent sur le glacier qui les conduit lentement et en forme ses moraines. Ib arrivent charriés, transportés avec les plus grands ménagements, conservant tous leurs angles. Peu à peu le temps les émousse , l'eau du glacier peut aussi agir sur eux , et ces masses, d'origine glaciaire, peuvent , par suite de fréquents remaniements , se transformer en blocs roulés. Ils peuvejp^ même s'user peu è peu et se diviser en particules ténues que les eaux entraînent et qu'elles déposent au loin. Telle est peut-être l'origine de ces lehm ou dépôts si fins des bords du Rhin ; telle est peut-être l'origine d'une partie de la Hollande, vaste et fertile delta arraché par trois fleuves aux terres de la France , de la Prusse et de THelvétie, et plfert par la nature à ses industrieux habitants.

98 TBBBAINS d'aLLUYION.

Aa reste , le» deltas qui se déposent à rembouchore des fleuves, depuis la Hollande, delta du Rhin et de la Meuse; depuis le Bengale, delta du Gange, jusqu'aux simples dépôts qui se forment aux confluents de nos ri\ières et de nos ruisseaux, n*ont pas d*autre origine que Térosion et le transport de roches préexistantes. Leur création est liée à celle des blocs roulés, è celle des alluvions , et si parfois les del* tas ne sont formés que de vase et de sables Ans , ils n'en représentent pas moins le phénomène de division extrême à laquelle sont arrivés les blocs et les cailloux roulés.

Conclusions. — Ainsi en admettant des causes diverses pour Torigine des blocs roulés ;

En tenant compte de tous les mouvements que les eaux courantes, torrentielles ou marines impriment aux masses de rochers détachés ;

En admettant les causes accidentelles , comme les soulèvements , les tremblements de terre et toutes les dislocations auxquelles notre planète a été soumise;

Nous reconnaissons que la cause la plus générale de l'usure des blocs et cailloux, de leurs formes arrondies, est le mouvement des eaux qui ont charrié des débris des terrains préexistants , débris qui se sont choqués pendant leur trajet , et qui se sont usés aussi contre les corps durs qu'ils ont rencontrés.

Ce phénomène est devenu plus sensible , plus important relativement è la grosseur des blocs, quand , par suite da refroidissement de notre planète , la neige a pu persister sur les points élevés ou sur les pAles , et fondre chaque année ao retour du soleil et des pluies vernales.

Si le phénomène a gagné en puissance pendant cette époque des neiges comparativement moderne ; si des eaax

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