CHAPITRE VI
DRAMES d'histoire POLITIQUE ET DE CONTROVERSE PHILOSOPHIQUE.
Il est parmi les œuvres conservées et commentées du théâtre indien deux pièces sui generis ; vraiment distinctes des productions qui viennent d'être décrites. L'une est le tableau d'une catastrophe de cour fort ancienne, mais demeurée célèbre et habilement retracée en plein moyen âge : sous le titre de Moudrârdkcha$a (le ministre RAkchasa reconnu à son cachet), elle offre une image saisissante d'intrigues et de conspirations vraiment tragiques, comme celles qui, dans l'Orient ancien et moderne, ont assez souvent abouti au renversement des dynasties et à la succession d'un grand nombre de ministres.
L'antre est un drame exclusivement philosophique; il repose sur une connaissance sérieuse des systèmes qui étaient en présence dans l'Inde depuis plusieurs siècles, et, sous le nom de pei'sonnages allégoriques, il en retrace la lutte. C'est le Prabodha-chan" drodaya ou « le Lever de la lune de l'Intelligence », que Ton regarde comme une production du xi^ siècle de notre ère. Une œuvre originale, unique même dans la littérature sanscrite, mérite un examen particulier qui trouvera place dans ce chapitre.
Le drame politique dont nous allons parler est fondé sur les complots qui ont fait passer le gouvernement d'un ancien royaume de l'Inde de la dynastie des Nandas à celle des Mauryas.peu d'années après les conquéfës d'Alexandre. Quoique l'histoire remonte aussi haut, la pièce n'a été écrite que vers le xii® siècle de notre ère (1) : l'auteur serait Visâkhadatta, prince ayant régné à Adjmir
(1) Lassen, Antiquités indiennes, tome IV, pp. 819-820.
et à Delhi dans les premiers temps de la conquête musulmane, à l'époque des Ghaznévides ou des Gorides. Le poète véritable aurait été le protégé du prince, dont le nom a passé comme celui de Fauteur. Il aurait rappelé à ses compatriotes le temps de Chandragoupta, où ils s'étaient révoltés contre les Grecs, traités de Mlétchas ou barbares comme tous les peuples étrangers à Tlnde : il a, selon toute apparence, travaillé en vue de la résistance d'un parti national aux envahissements de races musulmanes.
Le mérite du poëte dans l'exécution littéraire du drame est moins grand que celui qu'on lui attribuerait dans l'exposition dramatique d'une histoire fort compliquée. C'est avec une très grande habileté qu'il a représenté l'astuce des ministres indiens etia désinvolture des personnages mêlés à la politique des cours^ ne connaissant d'autre morale que celle de l'intérêt, d'autre but que le succès à tout prix. Son drame ne diffère pas seulement des autres drames indiens par le côté sérieux du sujet ; il n'emprunte aucun moyen de succès ù la mythologie ; il ne renferme non plus aucune de ces intrigues d'amour qui forment le tissu de la plupart des pièces sanscrites.
Le Moudrârâkschasa a été traduit en entier par Wilson, qui a fouqpii en substance à ses lecteurs tout ce que les sources sanscrites nous apprennent sur Chandragoupta (1) ; d'autre part, la révolution qui a fait passer le trône de Pâtalipoutra à la famille des Mauryas a été racontée par Lassen, dans son grand ouvrage (2), comme un des événements les plus curieux dans les annales de l'Inde. En effet, Chandragoupta, le Sandracottus des Grecs, maître des royaumes de Porus et de Taxile, a déployé ses talents militaires dans plusieurs guerres, étendu beaucoup ses états avec l'appui de nombreux alliés et conclu la paix avec Séleucus après avoir expulsé
.(1) Dans la seconde édition de son Théâtre, il a consacré à ce sujet un appendice et a relevé tous les passages des auteurs classiques sur Sandi'acottus identique À Tindien Chandragoupta (toI. II, pp. 137 et suiv.)
(2) AnHq, ind., tome II, 1852, pp. 197*213.
324 ORIGINE ET SOLRr^ES DU DRAME INDIEN.
les troupes étrangères (ann. 315-291 av. J.-C.). C'est à sa cour que Mégasthène fit une longue résidence : la monarchie de Chandra comprenait TAryâvarta jusqu'aux embouchures du Gange. Dans le drame en question, figure ce prince indigène, maintenant et agrandissant son pouvoir par toute espèce d'entreprises et de conspirations. Mais on voit agir à ses côtés un brahmane fort habile. Chânakya, qui seconde ses projets d'usurpation et lui instigue tous les moyens de mettre ù néant les forces de ses adversaires. Il était consommé dans la Niti^ la science politique, l'art de conduire et de gouverner ; il était aussi écrivain, et il nous est parvenu sous son nom un recueil de sentences morales et politiques qui sera mentionné dans une autre section. L'objet principal de la pièce est de décrire comment le rusé brahmane , sumonuné KautUya ou le tortueux, le rusé, a travaillé à l'élévation de la famille des Hauryas, comment il a opéré une réconciliation entre Ràkchasa, ministre du roi Nanda assassiné, et les personnages au profit desquels Nanda avait été tué. La vie humaine n'était pas plus respectée dans les anciens royaumes brahmaniques qu'elle ne l'a été à la cour des sultans musulmans et de leurs vizirs, si souvent victimes les uns et les autres de conspirations de sérail.
Le Moudrârdkchasa représente une révolution politique; elle se rapporte au renversement et à la mort de Nanda, à l'avènement de son successeur Chandragoupta. La pièce consiste en une suite d'intrigues entre les deux ministres des deux familles en ri^-alité : ce n'est pas que l'action même qui se déroule en VU actes, ait beaucoup de mouvement; mais il y a une série d'incidents qui révèlent la profonde astuce des souverains et de leur entourage, de mesures et d'attentats qui traduisent les idées de gouvernement prévalant chez les Orientaux. Nous toucherons à quelques-uns de ceux qui font le mieux pénétrer une telle situation politique.
Une dynastie du nom de Nandas régnait sur l'ancien Magadha, dont la capitale était Pâtalipoutra sur les bords du Gange. Le dernier des Nandas avait été offensé par le brahmane Chânakya^ et
il Taurait chassé ignominieusement du palais. Alors le brahmane aurait prononcé une malédiction contre le Râdja : il n'eut pas de repos avant de lavoir réalisée.
Chânakya ourdit un complot pour mettre à la place de Nanda un membre obscur de la famille, Chandragoupta, nommé aussi simplement Chandra (1). C'est à cet effet qu'il s'assura le concours d'un puissant chef de montagnards, Pàrvatika, en lui promettant la moitié de l'empire : ainsi fit-il marcher une grande armée irrégulière qui s'empara de Pûtalipoutra. Nanda fut tué, et son ministre Rftkchasa dut s'échapper de la capitale. La lutte continua entre les ministres des deux princes, Râkchasa, ancien serviteur des Nandas, et Chânakya qui s'était attaché à la personne de Chandragoupta. Râkchasa organisa une puissante résistance au nouveau maître; mais il recourut principalement aux assassins dans l'espoir de faire tomber. Chandra. Telle fut l'adresse de Chânakya que non seulement il détourna les coups qui menaçaient son chef, mais encore sut atteindre grand nombre de personnes dont les intérêts étaient tout opposés. Tandis que l'odieux de tentatives avortées tombait $ur Râkchasa, Chandragoupta tirait avantage de chaque attentat. Une femme chargée d'empoisonner Chandra donna le poison à Pâr\'atika, et éloigna ainsi un prétendant au partage de l'empire. Un architecte s'était engagé â faire tomber une voûte sur la tête du nouveau roi ; mais la chute de cette voûte écrasa un fils de Pârvatika, qui avait hérité des prétentions de son père. Râkchasa retient encore de son côté un autre fils de Pârvatika, Malayakétou, â qui il a promis la pleine possession de l'empire ; il compte sur l'assistance de cinq grands râdjas qui sont à la tête de fortes armées, et il parvient même â attirer parmi ses alliés des généraux de Chandragoupta.
Les complots se succèdent sans aucune trêve, ourdis par Châna-
(1) Chandra reçoit quelquefois les épitbôtes de Vrichala et de Soudra pour signifier sa basse extraction.
kya et Râkchasa, Fun contre l'autre, avec l'appui de leurs espions respectifs qui déployent une variété extraordinaire d'artifices. L'un de ces espions est un charmeur de serpents. L'autre est une espèce de charlatan religieux, qui voyage avei; des tableaux représentaDt Yama dieu de la mort et qui chante des hymnes barbares en son honneur. Le troisième est un mendiant bouddhiste, le quatrième un musicien ambulant.
Chânakya parvint à découvrir qu'un riche joaillier, Chandanadâsa, est le protecteur de la femme et des enfants de Râkchasa, restés dans la capitale, et il le somma de les lui livrer. Le fidèle ami lui refusa de signaler leur retraite : en conséquence, Chânakya le fit mettre en prison et le menaça du pal, dans l'espoir que Râkchasa reparaîtrait tout exprès pour sauver son ami.
Chânakya met encore en jeu un autre artifice pour attirer Râkchasa dans la capitale ; il engage à dessein une querelle avec Chandra. De son côté, Râkchasa envoie un musicien pour chanter des vers en présence du roi de manière à lui donner des soupçons sur les projets ambitieux de son ministre. Plus tard, Râkchasa parvient à savoir que la querelle s'est aggravée à un tel point que Chânakya a été déchargé du poignard, insigne de sa dignité de ministre. Trompé par ces apparences, il croit le moment venu et il propose aux rois confédérés de marcher inmiédiatement sur Pâtalipoutra.
Mais, sur ces entrefaites, le vigilant Chânakya avait réussie répandre un esprit de mutuelle défiance parmi les alliés de son adversaire ; même les chefs qui avaient déserté le parti de Cbandra se prêtèrent à l'exécution des desseins de Chânakya. Malayakétou lui-même fut amené à croire que Râkchasa fut en réalité coupable du meurtre de son père. Des lettres fausses, mais portant le sceau de Râkchasa (1), ont été trouvées sur un espion : elles sont adres-
(!) Un anneau de Tancien ministre, qu'on lui avait soustrait, avait servi À apposer sur ces missives le sceau distinctif qui lui appartenait. Ce seol incident a fourni le titre de Touvrage entier : « Râkchasa reconnu par Tanneau lui servant de cachet. •>
sées à Chandragoupta, pour lui annoncer que les cinq grands Râdr jas sont disposés à embrasser sa cause, et que Râkchasa lui fera aussi sa soumission, pourvu que Chânakya soit banni du royaume.
Qu'advint-il par suite de ces stratagèmes? Lorsque Râkchasa proposa de marcher sur Pûtalipoutra, Malayakétou demanda à voir Tordre de s'avancer : le chef montagnard découvrit alors que ses propres troupes pourraient être cernées par les armées des cinq alliés; il en inféra naturellement que Râkchasa avait fait cette combinaison en vue de le faire prisonnier et de le conduire à Chaadra. Il arrêta les cinq Râdjas coupables de trahison et les fit mettre ù mort en même temps ; il dénonça hautement Râkchasa comme le meurtrier de son père ; enfin, il se mit en marche vers Pâtalipoutra. Mais, sur la route, il fut saisi par les généraux de Cliandragoupta, c^t il fut amené prisonnier dans la capitale, tandis que toute son armée tombait entre les mains de Chânakya. Informé de ce qui s'était passé récemment, Râkchasa se rendit en hâte dans la grande ville, et il arriva en temps pour prévenir l'exécution de son ami Chandanâsa déjà mené au supplice, en se livrant lui-même à Chaiidragoopta et en se mettant à son service.
Chânakya s'empressa d'abdiquer le pouvoir, du moment on il eut assuré à son royal ami le concours d'hommes dévoués, et surtout de Râkchasa dont la loyauté envers la dynastie déchue s'était si longtemps soutenue. Au dénouement de la pièce, l'ancien ministre de Nanda apprend qu'à moins d'accepter le poignard de la dignité suprême, la vie de son ami ne serait pas épargnée ; mais il obtient la liberté de Malayakétou qui, trompé par des soupçons injustes et par de fausses lettres, l'avait tout à coup abandonné. Deux traits saillants font honneur au héros qui a donné son nom à la pièce : sa fidélité au prince qu'il avait d'abord servi, et son dévouement au sauveur de sa famille.
Quant au drame philosophique, dont nous allons parler, c'est un document qui appartient autant à l'histoire de la philosophie et des religions indiennes qu'à celle d'un genre important de la poésie
sanscrite; mats nous ferions, en cet endroit, une digression peu justifiée si nous montrions la valeur de Touvrage au point de vue des idées religieuses et des systèmes philosophiques. Nous dirons donc quel est le sujet et quel est le caractère de la pièce, d'une manière succincte, assez explicite cependant, pour qu'on aperçoive qu'elle ofire une savante originalité même parmi les œuvxes de l'esprit indien, imprégnées le plus souvent de philosophie. Le style, les procédés, l'ordonnance donnent à ce drame de fréquentes ressemblances avec les œuvres de la meilleure époque du théâtre, cependant il en faut placer la composition bien longtemps après Bhavabhoûti et Bâna : la poétique indienne, avec ses règles strictes, a rendu possibles des travaux d'imitation qui déroutent les conjectures fondées uniquement sur des nuances littéraires. Le Prabodha-chandrodayay nû^aca en six actes, n'aurait pas vu le jour avant le milieu du xi^ siècle, d'après des données historiques de quelque certitude (1). Une dynastie, fondée par Banga, et qui avait son siège dans le Bandeikhand, un des grands états de Tintérieur de la Péninsule, agrandit fort vite sa domination par des conquêtes : un de ses rois, Kirtivarman, par>'enu à une puissance redoutable, mérita d'être glorifié par les écrivains de son temps ; son nom reste inscrit dans le prologue du drame philosophique, dont la représentation fut organisée par le général Gopâla, un de ses vassaux. Le poète Krichna Misra pouvait appeler Kirtivarman le prince
(l) Lassen, Indische alterth., tome III, pp. 789-90, t. IV, p. 820. — Le même savant a pu rapprocher (ibid., tome IV, 1861, pp. 56 57) du drame du xi^' siècle un ouvrage similaire qui est une production du xv*. C'est un drame en dix actes, attribué à Karnapoura et intitulé Chaiianya-chandrodaya, lever de la lune de r**Entendement". Or ce nom de ChctUanya était celui d'un prophète qui a passé au Bengale pour une incarnation de Krichna : sa doctrine de la BhakLi ou de la foi, se rapportait au même dieu dans lequel les sectes modernes glorifiaient de préférence Vichnou. Le texte en a été publié en 1854 dans la Bibliotheca indica. On se convainc une fois de plus qu'il y eut un travail tout artificiel dans la confection de pareils drames calqués dans leur ordonnance sur d'anciens modèles.
victorieux et le diadème des rois. 11 comptait sur une haute culture dans les hommes des classes élevées pour mettre dans un spectacle de cour une revue aussi complète des systèmes indiens et une cri^ tique si aiguisée des mœurs de leurs sectateurs. Il exaltait un seul système de philosophie, le Védânta, et mettait en évidence les Vichnouites qui en étaient les principaux adhérents.
L'ouvrage intitulé Prabodha-chandrodaya, ou « le Lever de la lune de Flntelligence», célèbre la victoire de la vérité sur Terreur, le triomphe de la religion brahmanique remontant jusqu'aux Védas et défendue avec le plus d'autorité par les Védantins contre l'hérésie des Bouddhistes et les erreurs de toutes les sectes. Mais (les personnages réels, des sages vénérés, pris dans l'histoire de rinde, ne sont pas mis en scène pour retracer cette lutte et l'issue que I école Védânta se vantait de lui attribuer. Le poète a transformé en acteurs les idées, les facultés de Tàme, les passions, ou bien les écoles et les sectes. 11 a caractérisé parfaitement ces existences abstraites; il leur a donné un rôle accentué, et motivé leurs agissements. Il leur a même si bien communiqué la vie de personnages vivants, que le lecteur s'intéresse avec autant d'émotion à la lutte de la vérité et de l'erreur que si c'était un combat véritable. Le drame de Krichna Misra, strictement philosophique par son contenu, devait être allégorique par la forme : il est d'autant plus étonnant que l'auteur y ait mis tant d'intrigue et tant de mouvement, avec une variété nettement tranchée dans les rôles ; il a usé avec une discrétion bien rare chez les Hindous du merveilleux qui était l'aliment de l'imagination et le tyran de la pensée.
L'ouvrage mérite une traduction en plusieurs langues ; jusqu'ici il ne compte qu'une version anglaise (celle de Taylor, iSiâ) et deux versions allemandes, celle de Théodore Goldstuecker (1) publiée
(1) Prahodha-chandrodaya Oder die Gehurt des Begriffs, Ein theologischphilosophisches Drama von Krishna-Miçra ; zum ersten mal aus dem Sanskrit ins Deutsche ûbersetzt. — Koenigsberg, 1842, (pp. XKV-184, in-8°}. — La nom de Goldstuecker a passé dans toutes les bibliographies ;
SOUS l'anonyme, et celle de Bernard Hirzel (1) ; elles sont fondées Tune et Tautre sur le texte sanscrit publié en 1835 par le professeor Hermann Brockham et complété plus tard par un choix de scIioIîes(â) . Ce fut un philosophe de Kœnigsberg, Charles Rosenkranz, qui se préoccupa de la fortune du drame en Europe, par la publicité qu^il procura à la version du jeune indianiste, en tète de laquelle il mit une préface : déjà en 1832, ce maître avait placé un sonunaire du drame philosophique dans son histoire générale de la poésie (3.1 ; nous allons en reproduire le canevas.
L'Erreur fmo^aj, issue deVÉgoïsme(ahankara), fait alliance avec tous les vices, pour ruiner l'autorité de la religion. Elle tente de gagner Tlntelligence (vivéka) à une nouvelle amante, l'Opinion (mati), afin de la séparer de sa légitime épouse, la Révélation (oupanischadj. Celle-ci rallie ses fidèles amies, la Foi (çraddha) et la Vertu (dharma) ; elle appelle au combat, avec la Connaissance (prabodha), toutes les vertus qui sont ses auxiliaires naturelles, telles que l'amitié, la tranquillité d'âme, la compassion, lé contentement, le renoncement, la patience, etc. Elle accepte le secours d'une nouvelle puissance, l'adoration de Yichnou.
La guerre engagée, l'Erreur rassemble une grande armée où sont enrôlés tous les enfants de l'Egoïsme, l'Amour fkâmaj, la Volupté (ratij, la Cupidité (lobhaj, l'Orgueil son fils (dambha), la Soif insatiable (trichnâ), la Colère (krodha), la Violence fhinsà), la Séduction (vibhramavaiîj, etc.
il a pris rang parmi les indianistes de ce siècle qui ont le mieux exploré les trésors de la littérature sanscrite encore inédits; il est mort en 1873 professeur à Tuniversité de Londres.
(1) Der Erkentnissmondaufgang^ philosophisches draina, ZUricL, 1846, 102 pp., in-S^'. — Les stances sanscrites sont traduites en vers.
(2) Frab, etc. Krishna misri comoedia^ (Lipsiae, 1835 et 1845). La version latine promise par l'éditeur n*a point paru.
(3) Allgemeine Geschichte der Poésie, tome Ir (Halle, 1832), pp. 67-69. — P. Bohlen avait tracé le même sommaire au tome II de son AUes Indien (1830), pp. 407-409, en s'appuyant sur une traduction allemande de U version de Taylor par Rhode.
Malgré les efforts des passions conjurées, l'Égoïsme ne conserve son empire que sur ceux qui, une fois vaincus, restent les esclaves de la sensualité. Dans cette défaite apparaissent toutçs les sectes, en première ligne les sectes hétérodoxes des Bouddhistes et des Djainas; celle des Chârvakâs réputés athées, et la secte civaïte des kapûlikàs, odieuse par ses sacrifices humains. C'est en vain que plusieurs représentants des sectes ennemies du Brahmanisme revendiquent pour elles la religion dont elles font leur esclave : sous Tempire du vin, les sectaires se jettent dans les bras de la Volupté et de la Séduction. La Révélation qui a rallié toutes les puissances relevant de Tlntelligence triomphe des forces ennemies; elle assure la royauté à la Connaissance (PrabohhaJ, c'est-à-dire à la vraie connaissance de Tétre.
L'esprit supérieur primitif (PounmchaJ se reconnaît lui-même dans ces deux personnages de l'action, Révélation et Intelligence. Ainsi se trouve glorifiée la doctrine du Yédânta, qui se disait fondée sur les traditions de l'antiquité védique et de la sagesse ancestrale : mais la ferveur de l'école est satisfaite; FtcAnoubhalUi^ tt la foi en Vichnou », assiste au dénouement en qualité de
princesse.