‹ Les époques littéraires de l'IndeChapitre 34 sur 46 · COUP D'OEIL SUR LA PHILOSOPHIE VEDANTA · texte numérisé non relu

COUP D'OEIL SUR LA PHILOSOPHIE VEDANTA

Le grand système de la philosophie orthodoxe des Hindous, le Védânta, dont le nom même affirme l'étroite connexion avec leurs livres sacrés du nom de Védas, n*est pas encore à l'heure qu'il est, connu en Europe dans l'ensemble des sources. Des productions de cette philosophie, quelques-unes ont été admirablement analysées, la plupart simplement indiquées par Colebrooke dans son Mémoire sur le Védânta; mais elles ne peuvent prétendre à une haute antiquité. Au moins existe-t-il des travaux supérieurs d'exégèse qui, composés au milieu de notre moyen âge par Çankara âchârya, ont mis en valeur les principes essentiels delà doctrine; en outre il nous est venu de la même époque, et de la main du même auteur, un poëme didactique qui résume les thèses fondamentales de l'école.

Ce poème, intitulé Atmabodha, ou « la Connaissance de l'Esprit, •» nous a paru digne d'une nouvelle traduction après celle de Taylor, sur laquelle est calquée la version française de M. G. Pauthier (1) : car c'est peut-être l'ouvrage indigène qui a popularisé avec autant de fidélité que de clarté une philosophie véritablement célèbre. En remplissant cette tâche, nous nous sommes préoccupé des transformations que le Védânta a dû subir dans le cours des siècles : c'est pourquoi nous avons fait précéder le poëme de considérations sur les origines de la doctrine qu'il représente, et sur les vicissitudes de cette doctrine après l'époque à laquelle on le reporte.

(1) Voir le premier appendice aux Essais sur la philosophie des Hindous, par M. H. T. Colebrooke, traduite de l'anglais, etc. p. 266-276 (Paris 1833), La version anglaise de Taylor date de 1812.

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Nous montrerons le rôle que Çankara a rempli comme interprète de cette grande doctrine philosophique et théologique, au vn« et au VIII® siècle de notre ère, en même temps qu'il a restauré les religions brahmaniques et relevé Tascendant de la caste sacerdotale. Pour mieux afïlrmer l'importance des écrits et de renseignement de Çankara (1), nous jetterons un coup d'oeil sur les productions des siècles suivants qui témoignent de leur longue influence, ainsi que sur celles des temps postérieurs qui s'éloignent de leur esprit. Nous irons même jusqu'à invoquer à cet effet la renaissance littéraire dont a joui le Védànta, au midi comme au nord de l'Inde, dans des œuvres poétiques en langue tamoule et en d'autres idiomes populaires.

Enfin nous placerons à la fin de l'introduction les renseignements nécessaires sur le texte de VAtmabodha que nous avons pris pour base de notre traduction, sur les manuscrits que nous avons consultés et mis en rapport avec les éditions imprimées ou lithographiées de ce petit ouvrage, ainsi que sur le commentaire sanscrit anonyme dont nous nous sommes aidé et dont nous avons reproduit des extraits dans une analyse suivie des stances du poëme (2).

Louvain, 13 juin 1865.

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