‹ Les époques littéraires de l'IndeChapitre 6 sur 46 · LA TRADITION CHANTÉE PAR LES ARYAS DE L'INDE · texte numérisé non relu

LA TRADITION CHANTÉE PAR LES ARYAS DE L'INDE

toute retendue des pays brahmaniques. II faut bien faire quelques lialtes dans Timmense forêt de traditions et d'aventures qui s'offre à nos yeux en ouvrant le Mahâbhàrata (1), avant d'esquisser quelques épisodes concourant à notre dessein particulier.

Deux familles princières, les Câuravas et les Pândavas, commencent une lutte acharnée à laquelle prennent part toutes les monarchies d'institution primitive. La postérité de Gourou, ancien roi de la dynastie des Bharatides ou descendants de Bharata, régnait au Nord de Tlnde, à Hâstinapoura (2), « la Ville des Eléphants ». Un des plus puissants de ses princes, Dhritarâschthra, étant devenu aveugle, avait remis le gouvernement entre les mains de son frère Pàndou. Après plusieurs campagnes heureuses contre les peuples d'alentour, celui-ci rendit fidèlement Tautorité royale à son frère aine, qui gouverna dès lors avec l'assistance du vaillant Bhischma. Pândou, qui s'était retiré dans la solitude, y eut cinq fils de ses deux épouses, Kountî et Hâdri : les inventeurs du merveilleux poétique en font les rejetons, les enfants adoptifs de cinq divinités puissantes, qui voulaient opérer par leurs bras de grands et mémorables exploits. Les Pândavas ou fils de Pândou, Youdhichthira, Bhima, Ârdjouna, Nakoula et Sahadéva, personnifient dans l'épopée l'activité humaine puisant des forces dans l'appui d'êtres supérieurs à l'humanité ; mais ils représentent avec la valeur des temps héroïques les vicissitudes de la >'ie terrestre, les persécutions qui atteignent la vertu, et dont la vertu finit par triompher.

(1) La première investigation a été portée le plus loin par M. Lassen, d abord dans une série d'articles du recueil fondé par lui pour la connais- Bance de TOrient, imprimé d'abord à Qoettingen (tomes Mil, 1837-1840); puis dans son grand ouvrage sur les antiquités indiennes (tome I et H, J847etl849).

(2) Cette ville, située sur les bords du Gange, aurait subsisté comme capitale d'un antique royaume à peu de distance de la moderne Delhi, dont la partie ancienne, aujourd'hui ruinée, Indraprastha, sur les rives de la Djoumna, fut la capitale d*un autre royaume, celui des Pândavas avant leur exil.

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