‹ Les épreuves d'un orphelin [microforme]Chapitre 12 sur 19 · DE ER · texte numérisé non relu

DE ER

teur de tous nos maux, s'obstine à ne pas fermer son œil,

Dans l'autre coin de la tente, sur la couche de sage” frais, le vieux Chef dort paisiblement, Il ignore a souffrance horrible qui torture son fl's adoptif, car il sourit daus son sommeil. Edward, incapable de soutenir une lutte qui brise ses forces, prend le parti de chercher, au grand air une dissipation qui pourra chasser loin de son esprit ce cauchemar qui lui sert le cœur comme dans un étoc. S'habillant avec précaution, pour ne pas réveiller le Chef, il sort de la tente avec l’agilité du serpent.

Quelle nuit splendide! L'air est sec et vif, Sur la laine blanche court rapide une brise qui mord les, joues ; à voir les mille parcelles de neige que le vent conduit dans sa course folle, on dirait un immense boa développant sur la plaine les mille et un anneaux de son corps et de son énorme queue ; si l’on en fixe une seule, on dirait que les autres, jalouses de cette préférence, rivalisent de sautillement pour attirer nos regards. Mais ce qui frappe surtout, ce sont les aurores boréales, développant dans les cieux leur échappe de moire et d'argent. Elles sautent, elles dansent, s'agitent ensemble comme se tenant par la main; elles montent, descendent et n’'interrompent leur agitation nervense que pour recommencer de plus belle leur mouvement (apricieux que l'œil peut à peine suivre,

À la vue de tantde beautés, Edward oublie unins. tant qu'il ést le jouet d'un affreux cauchemar. Son me est ravie. L'enfant chrétien admire Dieu dans toutes ses merveilles, l: reconnaît dans son œuvre grandiose et bien digne d'un bel architecte, [1 veus tomber à genoux, mais au même instant il croit lire au firmament cette inscription en lettre de feu: “ Je meurs!” Son cœur est en feu, le crâne lui fait mal. |

Comme l'enfant prodigue, incertain de sa route, il marche au hasard; dirige ses pas vers la montagne qui élance vers le ciel son sommet couronné de sapins et Ge bouleaux rabougris, la base est

plongée ‘dans l'ombre. Il marche les yeux baissés, murmurant une p ière qu'il récite sans suite et sans attention. Soudain il s'arrête. Le pied tendu et l’oreille aux agvets, il écoute, tout en s’assurant que son couteau pend à sa ceinture, Il a cru entendre un son de voix humaine. I! écoute en vain. Je me serai trompé, dit-il, c'est peut-être un oiseau de nuit frolant les branches de ses aîles ; et il continue, sa marche, mais une voix plus forte, plus accentuée sa fait entendre. Il s'arrête étonné, et prête l'oreille, La voix part du pied de la montagne et la brise apporte jusqu'à Edward ces paroles terribles, qui semblaient sortir d’un sépulcre :

“ Maudit soit le blanc qui m'a ravi ma fille! Oui, j'avais une fille, belle comme l'aurore dontelle portait le nom, et le Chef des Visages Pâles, là-bas, aux grandes buttes, l’a fait mourir, Mais malheur! malédiction ! vengence ! Je suis l’amie du mauvais maniton, Le visage blanc dormira un jour dans le champ des morts et les corbeaux et les aigles dévoreront sa face blème, arracherout ses yeux de tigre. J'irai moi même eul:ver sa chevelure ; elle sera suspendue à la porte de ma hutte. Quand le vent du soir la fera gémir, je croirai entendre la voix de ses

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souffrances, et mon cœur se réjouira. Après m'avoir ravi cette enfant que j'aimais, l'enfant du guerrier le plus beau et le plus brave, il m'a traquée dans la forêt comme une bête fauve, Mais j'ai pour moi la vengeance du manitou, de l'esprit des ténèbres, Je lui ferai un sacrifise et il accordera ma demande de vengeance Oui! je veux me venger! J'ai soif de ce sang maudit des races pâles qui viennent troubler notre bonheur 1...

La voix s'arrêt: uninstant, Edward sent son cœur se briser sous l'effort des pulsations,

“Ti, jeune blanc, qui écoutes mes parnles, continue la voix, quoique je ne te vois pas je sens ta pré sence Approche que je vois ton visage. Tu erres par la nuit, le cœur attristé, corime le passereau qui à perdu sa compagne, filèle à ses premières Années d'amour. Je te pluins conime la gazelle timide errant sur [a montagne et cherchant en vain à arracher de son flanc meurtri le dard empoisonné que Wüi a décoché la main du chasseur daus la plaine, ?

À ces paroles, froides comme le vent de la nuit, Edward sentit son être frissonner, Partagé entre la rai. ‘+ et l’effroi, il avance comme à regret, Il sent 4 pe sais quai d'indicible qui le paraiyse etluidit de fuir. Il avance versle lieu d'où partait la voix. Uue femme hid-use apparaît à sa vue. Ses long cheveux sui s tombent en roulad-s eur ses tenpes décharnées, Sa tête couverie d'un bonnet de peau de castor, se tient raids et immobile comme le tronc d’un arbre séculaire, Ses pieds sont emprisonnés dans des mocassins de prau de daim. Sur ses épaules, dont l'une semble plus haute que l'autre, un vêiement bizarre s’ajuste 48<e2 commoiément, C’est une peau d'ours gris (grizzely) taillée juste au corps. S:s yeux renfoncés sous l’orcade sourcillaire, lance:t des jets de flamme dans la nuit ; sa bouche continuellement entrouverte par des paroles articulees sa cesse, laisse voir une rangée de dents plus ou moins bien alignées et dont la Llancheur contraste avec le bronre de sa

rat la Jonglenuse de la tribu des Naskapis, esprit du mal m'a communiqué sa force et sa puissance. et le temps passé comme les lunes à ve. nir n'ont pas de secret pour la Jongleuse ou mieux pour la Rose-d'eau,” Tu veux une preuve? Eh bien! J'ai vu dans ton cœur, meilleur que celui ds blancs des grandes cabanes là-bas, la flèch empoisonnée que tu traînes dans la nuit comune un faon blessé, Ecoute, visige pâle, j'ai maudit ta race, dastructrice des miens. Ja voudrais, par vengeance, at. tirer sur ta tête les foudres du mauvais manilon, mais la compassion a trouvé plaie daus ton cœur pour là * Rose-d'eau, ” je venx bien avoir pitié de toi. Ecoute mes paroles: elles seront terribles comme la ‘oudre aux Jours d'orages et de tempêtes, mais elles seront vraies comme l'existence d’un esprit supérieur qui récompense et punir les hommes de la terre, selon leur mérite, Oui ! dit-elle en se levant et en étendant sa main vers le Sud, oui, à cette heure, le pressentiment qui afflige ton âme n’est que trop réel, car la femme au vis:ge blanc comme la neige de la montagne, qui t'a donné la chaîne de l'amitié, lulte contre la mort, et bientôt il ne rescera plus d’elle qu’un corps saus vie, qui ne pourra plus revoir le soleil du jour, ni l’astre qui nous éclaire pendant la nuit, Remarque ce jour, Visage Pâle, et #"che te souvenir de la ‘ Rose-d'eau,” jongleuse de la tribu des Naskapis. Elle dit et dis. parut à Lavers la forêt,

La foudre fut tombée sur la tête du malheureux Edward, qu'il n'eut pas été plus anéanti, II ne peut plus se contei.ir, il tombe à genoux sur le sal durci par l'abondance de la neige; les mains jointes, la poitrine oppressée par d’interminables sanglots,

‘Mon Dieu |! dit-il, prenez ma vie, mais qu’elle vive ! Ne m’enlevez pas une dernière consoiation | Laissez moi mourir ici, mais qu’elle jouisse de la vie 1”

Comme il achevait ces paroles entrecoupées de

poitrine et de sa figure osseuse et décharnée : c'était souprrs, un hibou jeta dans la nuit son cri rauque ua reste de beauté sur un visage décrépit. Les pau-|et perçant, On aurait dit que tout conspirait à excimettes de ses joues, comme celle de sa race, sont|ter dans son âme un mortel chagrin, capable de tuer saiilantes et bien fournies de chair veinée. A la voir | une vie.

assise au pied d’un arbre, la tête droite, lenez rejoi-| Edward se prit à trembler de tous ses membres. gnant le menton, on aurait dit une de ces ghitanes | Il regagne en courant la cabane du Chef. Quelle du moyen-àge, diseuses de bonne aventure, dont la | nuit affreuse il passa ! Que de fantômes horribles mine inspirait autrefois l'horreur et qu’on faisait |se dressèrent devant ses yeux remplis de frayeur.

brûler aux portes des églises comme sorcières et suppôts de satan.

jdward, en la voyant, se sent pris de compassion. Femme, lui ditil, tu sembles bien malheureuse | Le froid mord brutalement ta poitrine découverte : viens sous le wigwam de mon père, tu réchauff:ras tes membres engoloris par la brise, au feu de l’hospitalité,

— Ah! tu es bon, dit-elle d'une voix sépulcrale ; ton visage est blème ; tu es un blanc, ennemi de ma race, mais ton Cœur * in. Pourquoi être tombé dans les fiets où tu .,ais trouver ur bonheur sans mélauye ? Il me semble que le manitou du malheur avait suivi tes pas avec assez de tenacité pour t’empècher de choir ainsi dans la trappe!

— Femme, pourquoi ces paroles prophétiques ?

— Tu parais étonné de mes paroles ? Sache, enfant des blancs, que je lis dans l'avenir ! Je suis la

Ah! il demanda la mort comme un remède à tous ses maux, comme un libérateur bienfaisant qui nous délivre d’un poids trop lourd pour nos épaules,

Et pourtant, se disait-il, moi qui suis enfant chrétien, doisje donc me laisser abattre par ces paroles prononcées par une misérable femme, ennemie du nom français? Est-ce que l'âme de l’homme peut franchir - nsi les espaces, voir d’une manière certaine des scènes desolantes, et cela sans connaissance de lieu. sans connaissance topographique ? Non, non; Dieu ne peut pas permettre que l’œil de l'houme découvre des secrets qui n’appartiennent qu'à un esprit pur, à une intelligence supérieure comme celle du Créa'eur du monde!

En vain cherchait il en lui-même les meilleures raisons possibles pour calmer ses craintes et sa dou leur! Comme le naufragé, espérant l’heure de sa délivrance voit le sombre désespoir s'emparer de son

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âme À mesure que l'heure s'écoulè, ainsi il voyait le spectre de la mort se dresser devant lui dans toute son horreur el sa nudité,

“ Mourir, sans la voir ! se disait-il. Mourir si jeune sansentendre lomber de ses lèvres un dernier adieu! Elle mourrait ainsi loin de moi, sans presser celta main qui lui jura fidélité ! Je ne pourrai pas assister à sa dernière heure, essuver sur son front pur et blanc, les sueurs de l'agonie! Dieu ne saurait m'éprouver de cette sor'e! Mon Dieu! que c'est triste de se voir ainsi torturer par ces cauchemars! Ah! je tombe à genoux devant vous: ne brisez pas denx vies à la foisl C'est bien assez que j'aie été jeté dans le monde sans appui, sans parents, pour qu'il me

Cette croyance a jeté de profondes racines dans le cœur de nos bons villageois, surtout chez le sexe féminin des campagnes, C'est tout naturel, car il y a dans ces sujets ample matière à faire nn thème plus ou moins développé. Cependant cette superstition qui peut être possible en ellemême, trouve place non-seulement sons le chaume, mais dans les palais et les antichambres dorées. La tête couronnée, comme le vieillard courbé sous le poids du tra vail des champs, y croient de toute leur force. De là ces mille et une légende. dont le peuple peu instruit e:t si friand, Où se les redit cent fois au coin du feu, on les répète sans cesse ; el'es passent de

père en fils, et cela presque sans altération. O'est soit permis d'espérer un moment de repos dans un |une tradition qui s’enchaîne avec les ans et qui ne ( | q q

bonheur que je me suis plu à réhausser par la vertu | perd pas un anneaa, car cette perte serait vite répaet le mérite de celle qui en est l’objet Du mnirs,|tée par l: 8 intéressés.

u'elle meurt auprès de moi! Il me semble que le| Laïissons Elward sa torturer l'âme sous une poidépait pour l'éternité serait moins cruel et moins |gnante douleur, et revenons au village de B.,., à

énible pour cette enfant qui entre dans la vie. Je |la ferme de #8... foi dirais combien Je l'aime, et en m'écoutant elle| Janvier brille partout, La neige, vaste nappe vous reme! cirait de lui avoir donné un amil ” blanche, couvre la terrs et fait plier les branches

Ainsi s’écoula la nuit, nuit pénibl: qui brise en |des sapins verts, La chewin du roi est animé par un instant una âme sensible, qui ém asse le carac-|un va et vient de voitures, malgré le froid excessif de tère le pus ferme et le plus solid . Combien de | la journée, car le jour de l'an continue sa marche larmes coulèrent a: yeux d'Elwird'! Il priait et |hachique pour rouler dans l’abime avec le jour des ses lèvres tremblantes s’ouvraient plus souvent pour | Rois, au moins pour ceux qui ne se font pas gloire soupirer des sanglots. Combien de fis déjà avaient |d'ètre a rauellement les disciples de dame Bouteille. elles coulé ces larmes ? Ah! le cœur qui veut aimer | Parmi ces carioles, ces sleighs et ces traîneaux, une &oit connaître le fouet de la douleur: il faut qu'il | voiture attire l’attentioa de tous. Deux robustes che gémisse même au sein d'un bonheïr sans larmes, |vaux, d’une allure réglée, traînent facilement le vésouvent bien amères. L'amour et les larmes se don |véhicule. Sur le siége, un homme à la barbe grisonnent la main: compagnons inséparables, ils mar-|nante s’évertue à faire résonner son porte-voix gelé. chent à travers le cnemin de la vie, souriant aux |C’est le postillon, homme bien connu de nos cammortels qui, presque toujours, suivent leurs pas|pagnes, alors que la vapeur ne troublait pas de ses avec avidité. Ue sont deux cœurs couronnées de |cris stridents la solitude etle recueillement de nos roses et dont le gracieux sourire captive toujeurs le | plaines. Arrivé devant la ferme S.…. le postillon cœur des hommes. arrête ses chevaux et s'empresse de débarrasser, des

peaux qui les enveloppent, deux personnes incon- XIII nues.

PEÉDICOTION ACCOMPLIE, Le malheur est de fer, le joie est de roscau,

ANAÏïs LEGALAS.

Les tombeaux nous disent que dans leur

— Sommes-nous arrivés chez M. S..,.7?

— Oui, mesdames, répond le postillon. Je ne fais pas languir les pratiques, surtout lorsque le vent nous mord les joues jusqu'au sang. Mais hâtez vous sein finissent nos douleurs et nos joies. |de rentrer, Car la brise est sèche. l'out en parlant

Le flot de uotre vie se ternit avant de dis-|ainsi, le postillon aidait à tirer du fond du sleigh paraître. nos deux inconnues, CHATEAUBRIANT. A la ferme on a vu la voiture arriver, aussi on

Combien da fois n’arrive-til pas dans la vie qu’un |s’empressa autour des nouvelles arrivantes. Le feu malaise subit, qu'une douleur inconnue passent | pétille dans l'âtre ; on les dépouille de ces châles, comme un vent de malheur et fassent battre nos |de ces mantaux qui les enveloppent des pieds à la cœurs en courbant notre front sous un terrible pres |tète. sentiment C'est un peu je ne sais quoi d’indéfinis-| — Qu'il fait froid, madame, dit l’une des deux de sab e qui porte l'homme à croire à ces avertissements |sa voix douce et caressante. Nous trouverons le poële qui ont une grande vogue parmi les populations |bou, n’est ce ma Sœur Ste-Cécile? Ehl j'oubliais! laborieuses et chrétiennes de nos campagnes cana- comment va notre chère malade ? diennes,. —- Eile est faible, dit en soupirant Madame S...,

Pendant les soirs pluvieux de l'automne, pendant | Combieu elle va être heureuse de votre arrivée | que la fumée des pijes monte en spirales bleuâtres | A toutes les heures elie me demande: Sœurs Stevers le plafond, lorsque l'âtre est entouré de braves | Candide et Ste Cécile vont-elles arriver bientôt? Je cultivateurs, combien de têtes blanchies par l’âge |suis heureuse pour elle de voire présence, mes Sœurs, n'ont-elles pas mis en émoi leurs auditeurs, en ra.|car elle aura plusieurs mères pour en avoir soin, contant ces récits d'avertissements, de morts con-| -—- C’est vrai, répondit une des Sœurs, mais vous

aues d'avance, de malheurs prédits par des intermé-| feriez mieux que nous, car, voyez-vous, C'est votre diaires invisibles, des agents inconnus | enfant à vous.

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La ‘ Sœur de Charité!” comprenez-vous t à le|blencs, cherchant en vain une ombre qui lui dise : charme divin que rénferme ce mot sublime? Ah!|* est lui! Il arrivera à temps. ”—Mais espoir perdu, je ne sais pas pourquoi ce nom là me rend joyeux. | vaine illusion, l’espace lointain, presque sans fin, Devant la Fœur de Charité qui passe je puis tomber|apparaît seul à sa vue. Elle ferme ses yeux, et sa à genoux et adorer, si l’adoration n'était pas réser- | pauvre tête retombe lentement sur l’oreiller, On divée qu'à Dieu. Vous riez peut-être, vous qui me li | rait qu’elle dort éternellement, mais le battement de sez. de cette manière d’agir que vous nommereéz ex |son cœur soulevant sa poitrine, nous dit assez que centricité, sensiblerie, et que sais je encore ? mais |le sang qui circule dans ses veines n’est pas encore qu'importe ! n’ai.je pas un cœur pour sentir ? Ce que |taré. Ah! elle a bien souff:rt depuis l'heure affreuse j'écris je le pense et je l'éprouve. où elle vit disparaître sur la mer le faible esquif

Pour moi, la Sœur de Charité c'est la mère se emportant vers le l’ôle Nord une partie de son âme, penchant sur un berceau de dentelle et gazouillant {car la fni et la résignation avaient de trop profondes des paroles douces et limpides comme le cristal de | racines dans son cœur. D’ailleurs elle n'ignorait pas, l'eau ; west l’Espérance, souriant au voyageur qui|la chère enfant, que le désespoir, compagnon du entreprend le voyage de l'Eternité; c'est l'ange | suicide, n'appartient qu’auxlâches, aux esprits faibles merveilleux inclinant son front pâli à l'ombre du |et énervés, cloître, prêt du chevet du moribond, et murmurant| Mariv-Aimée se résigna à son sort, voyant en à l'oreille d’un frère mourant des paroles de vie, des | toute chose le doigt de la Providence. Elle pleura accents dignes du ciel qui semble être le lieu d’où |en priant dans le silence de son âme, et le Christ il est tombé. Ah! pour moi je ne désire qu'une |appendu à la muraille de sa chambre connut les rechose: Quand l’heure de quitter cette terre sera! plis intimes de son âme. Seul il vit couler ses larmes, sornée; quand le t'rme des sacrifices sera fini ;| sage de tendresse et d’une affection brisée par un qu’une maladie cruelle, dernière épreuve, clouera | départ cruel et un doute perfide, Seul, il entendit mon corps usé sur un grabat digne de moi, je vou-|$es soupirs oppressés, signes non équivoques d'une draïs voir assis à mon chevet celte sublime enfant |ime que la douleurenveloppe de ses replis nouveaux, de St Vincent qui n’a pour voile que sa vertu ! Oui | Aussi cette existence pénible, cette souffrance mo-

vivre misérablement, travailler avec résignation,|rale continuelle, ces songes affreux d’une imaginamais mourir en entendant une voix d'ange me par | tion nerveuse et maladive, ne tardèrent pas à miner ler du ciel ! cette frèle enfant dont la santé était toujours chan-

Pourquoi ces Sœurs de Charité à la f:rme S...? |celante. Pourquoi ontelles quitté leur couvent pour venir| Quand la livide bise de l'automne eut dépouillé les en ces lieux? C'est que le malheur a frappé à la! arbres du bocage, Marie-Aimée sentit se renouveler porte de cette maison bénie: maison bénie, car le ces douleurs cuisantes d’une maladie contractée le malheur est un ami que Dieu envoie à ceux qu’il! jour, où tout en sueurs, elle tomba dans le lac qui aime. Ouil sous ce toit, naguère joyeux, où le bon | faillit devenir son tombeau. C'était un poison mor. héur semblait avoir feit son séjour, la malade cru-|{e] qui s'infiltrait lentement mais efficacement dans elle, terrible, était venu fondre sur celle qui aurait|jes veines que parcourait un sang affaibli : germe fadû être épargnte à cause de sa jeunesse et de sa| ja d’une maladie sans remède, qu’on nomme ‘‘ cowbeauté, Hélas L la tempête respecte-t-elle l’humble somption : ” ce vautour qui ronge sans cesse la poiviolette qui croit au bord de l'onde ? trine du malade, et enlève chaque jour les parcelles

Nos Sœurs sont accourues À la voix d’une mère | d’une vie qui va s’éteignant peu à peu comme les les implorant de venir auprès de son enfant, Marie | dernières flammes d’un foyer qui se consume lente- Aimée. ment.

Devançons, un instant, l'arrivée des Sœurs de! Un soir du mois de novembre, mois de tristesse, Charité auprès de la malade. Péuétrons dans Ce | après avoir prié pour les morts, comme le font toutes sanctuaire de la jeune fille, sanctuaire témoin de | 168 bonnes familles canadiennes, Mme S....., s'était ses pensées secrètes, de ses désirs comprimés. La | assise près du poêle. Marie prit un guéridon délicat malade est li, assise dans son lit d’une hlancheur | Gont la couverture finement travaillée était l'œuvre éclatante; elle s'appuie faiblement sur une pile de | 4e ses doigts habiles, et vint s'asseoir tout auprès coussine moelleux. Estce donc là Marie-Aimée ?| 4e sa mère, pour reposer sa tête sur les genoux de Oui, ce sont ses traits un peu altérés Son front tou-| celle qui lui avait donné le jour. Le poêle bourdon jours noble et élevé, a pris cette blancheur mate par-| nait son chant, tandis qu’au dehors la brise glaciale ticulière aux personnes malades. S3s joues sont |fouettait les vitres des chassis. Le père de Marie, facreuses et n’ont plus celte rougeur qui témoigne un |{jgué du travail quotidien, reposait tranquillement sang riche coulant dans les veines Sa lèvre inféri |sur un large sofa, dans un coin de l'appartement. Le eure est pendante: signe caractéristique d'une ma-| silence le pius absolu régnait dans la salle. Madame ladie qui fait souffrir peu à la fois mais dont la dou-|S,,,, caressait de sa main le front si pur et si blanc leur incessante fait éprouver un malaise indéfnis-| je son enfant, et relevait avec soin les tresses de sa sable et fait de notre couche un lit de pointes acé | \5ngue chevelure qu’elle avait rejetée sur son cou, rées. , C'était une chevelure digne de couronner une tête ue re A pe is nous et aussi bien faite que celle de Marie Aimée.

a chambre de Marie-Aimée, son regard affaibli Ë h ; semble errer sur la vaste plaine blanche du fleuve! Maman ? dit enfu la jeune fille, elé qu’éclaire un faible rayon de soleil, Elle inter-| —- Quoi, mon enfant ?

roge l’horizon qui se perd 18 bas avec les montagnes | —- Penses-tu à Edward parfois ?

crifices comme je puiss sant qu se lisen de sorti terais la

Marie Ce moud dérobé 4 la vue d

prendre Janvie née. Ma sagère q réservait répondre n'y pas € elle ne 8 vision, c4 raissait in Un soi papier qu Marie se 8 lui mouillère lle avait me aim

—— dise :

perdu, 1s fin, , et sa On dient de eZ que encore affreuse esquif )n âme, ofondes rait pas, non du 8 faibles

)yant en e pleura le Christ ut les res larmes, Je par un entendit ues d’une OUVEAUX cance MO- , imagina- 8 à miner purs chan-

pouillé les enouveler tractée le le lac qui pisoù MOrment dans : germe famme ‘‘ CONsage la poibg parcelles comme les sume lente-

e tristesse, k font toutes R...., s'était idon délicat tait l'œuvre out auprès genoux de le bourdonise glaciale e Marie, faquillement rtement. Le lle. Madame r et si blanc tresses de sa gur 80on Cou.

ner une tête ée.

— Mais oui; ma it j F pensée était justement purté issi ë À e Î M pri Ke dt mis chaud à cette Hire | (nauiR e-1OUU Déller à “ EU TR ÿ; u ue l'oubli j elle fe ja mère en a Pi fo dan ave none dit|le plaça sous son oreiller. Ils le mn À à bien rire aftable. yeux avec un sou- robe ; Gb sa tête retomba sur le côté droit de - A 2 MN ban épaule, Une espèce de léthargie s’ a d’ ' MOUSE da . [épaule. 1 gie s’empara d'elle : HS D nn use | se à lui. Ahlil e A rt au repos éternel, et le malade — que veux-tu dire, Marie ? ‘La nuit Et ge faurrod hs pd ce nue me du jour où Marie écrivit ce papier RC a Un é, et moi je partirai a ar D es hr ses dernières volontés, PTE — Tais-toi, malheureuse enfant! Pou i qu'elle ne desertât la t Po Mais D late 1 Mr Te nS rquot me énnrenée du sen ais heureusement les Marie, alors, sentit couler sur son front les la bien vite à un état plus calme. Cara oi SUaNeL maternelles arrachées par un dout ATME8 | manda à voir près d' “Asia PE ré perçât l'âme de sa mère oute cruel quitrans | it obiqur rie é re ph test qe . Pardonne-moi, maman, si je t'ai fait de la pein mère c'était Dettes Heu AU er 1 rs PA M D et elle sentait ses yeux raouillés aussliô ; eco Does Sœurs Lowjours prêtes à 8. C'était la première fois qu’ | courir les èrer ir tal. M nt sa mère tremblant de A à A nr gré le fr oid. pa rie cod ets perdre son enfant chérie |" Elles sont iv à à aa Sa mère la caressa avec plus d'aff-ction comme si | °" °ntendant leurs “voix aimé à monter Jusqu'à sa elle eut voulu écarter de Marie le voile ah dbraus CH RNDS AURI, TATRRS lle at un ellort pour vqui menaçait idéalement son exist is ù elle repoênce. Bille éb rire quand elles entrèrent dans le li sait celte Lête chérie qui reposai ge [Si esséchée ei amaigrie. > ch Boat dur se$ 26 sait, Elle leur tendit sa main d igri demandant si Dieu aurai f D eUtaUut urs, dit Marie, d'ôUr aie la cauauts de lui “| Merci! mes bonnes S i a son trésor, son unique cousolation. enlever nos Bourse, di Maries: RARE Te on. nues auprès de moi; je partirai ii i 1 trésor, son unique cousc 3 je partirai avec moius de pein e soirée pénible Mari #, ie Age oo Ro ua 1 ar ne, a e sang. Élie pâlit affreuseme e défailli aiebn le chi D pe dome dos Rd ntet se sentit défaillir. baiser la croix d'argent suspendue À son cou et à M a rs pas ! Sacrifires ! sa- bant sur sa poitrine. rs L compagnez-vous toujours — ; ire illusi comme un ami fidèle ? Du moins que je le vole! que D'ailieurs ep M je puisse mourir trauquille sons son regard, lui di-| sais vai dr ATP LU ren RE EURE En VAUNENS ER ; lui di-|sais vaine maintenant. Et puis, il ne m? “ { j ant, | son regard, où |de partir ; ai i et se lisent l'amour et la fiiélité, me donnerait la force meilleur eus de ant SR rod ntngri en s de sortir de ce monde, et il me semble que je quit- Rata nt Ar ps terais la vie en souriant. — Enfant! lui dit alors sa mère, ne parle do Marie se garda bien de parler de cet événement Das ls RARE DO AUS RE RR poux fete et Ce mouchoir, tacheté de sang, fut soigneusement |. Mère, pourquoi crains tu ? Ah1 je sai il dérobé aux regards de sa mère, car elle comprit ue | coûte au cœur d'une mère de voi ir 800 DIEU la vue de ce sang l'aflligerait trop. POMPTITQUE lonfant ; mais moi, sijeuneet y ri pe 0 À Pauvre enfant! ses forces diminuaient avec rapi- Cote DERRERE qe fait pas mal à l'ami Ÿ Mais qi in dité. Elle sentait la mort approcher à grands n. porte quelques jours dé plus ou de m ns au cette et cependant, avec cette espérance invincible l'es ste taRre D'ailleurs le Christ que ta vois 1à me rance de vivre, elle croyait bien éloigré le mo nt | Console par sa présence et semble encourager dans suprême des adieux. ment! cette pensée : quilter la terre : ee re de Eofin, vaincu par son état de faiblesse excessive que jy laissé ceux que j'aime, un partie 1e mor ses forces la trahissant, ell or |nême. Je al out à lait, puisque OS , elle dut à contrecœæir quand j' ne mourrai donc pas tout à fait, puisque | , and j'aurai qui N Janvier venait d’apparaître avec la nouvelle : $ moi. “Pauvre Er vd; mon èr 1 comn e il va née. Marie malade demandait à cette nouvelle ere voutrir! Maman, Luis consoleras Fr de sagère quel sacrifice on quel plaisir subit elle Luil . — Votre frère est donc ab ra D dans ss plis de son manteau. Elle voulut | Ste Cécile A AT AT re pour elle : “ la mort!” Mais elle i al.

our semblait, — C'est n ère d'enfance, r° Dr Pa ONE c'était comme un rêve qu'on caresse, | jeune de hélié. PRE ATARDE, pond Marie, un . ne songeait pas à éloigner cette pensée, cette} mer a ont sion, car elle n’y croyait pas, ou plutôt eile a-| Elle avait Ï rte E ARE pi trop parlé; elle retom ba inerte sur ses se QE De demandé un crayon et du PO EVE ra Me JA: ReFAe DAlAEe at TR sa mère lui apporta avec empressen Fr aigné de Mn ee 1 rie de Ph ro de à 144 bn de ha re niet baigné de sueurs gro. ?s comme des perles : e lui permirent. Elle versa quelques larmes au Qiel o4 Ets. al : Ne LE Duavé dant Long ce papier sur léquet rédianet 4e qe ins L Foi 8 port pris : vé des paroles de feu sorties d jent AN AE UN eh ce AI QUATE ANLUS à le son | yaient, accontuinées qu'elles sont aux ji *: symptôr * t terminé sa guifcatifs de la mort, elles voyaient, Aie, Que Le

maladie allait vite, et que bientôt l'infortunée, main-| A genoux! dit tout à coup Sœur Ste Candide qui tenant aux prises avec la mort, trépasserait dans|tenait une des mains de la mourante : car elle veleurs bras. nait de sentir le poulx s'arrêter de battre d’une ma-

Sa mère croyait bien aussi qu'il n’y avait plus nière su bite. #4 } d'espoir ; mais tant que son enfant soupira, elle eut| À Ces paroles, Eliza anxieuse, tombe à genoux et à la force de se contenir. Ses larmes, permises à la na-! récite à haute voix la “ prière des agor issants ; "elle > ture humaine, surtout à l'amour maternel, coulaient s’arrêla souvent pour laisser passer de ces soupirs i de ses yeux rougis par les veilles incessantes. Son | qu’elle ne put comprimer dans sa poitrine surchar. 6 mari, plus fort, mais non moins peiné, n'avait plus|8ée. L de paroles ni de sourires sur les lèvres. Il ne pouvait] Marie avait encore sa connaissance. Levant samain 1

que nets al lui dire d’être forte comme | défaillante, elle l’étendit au dehors de son lit, puis la ti cette sublime Mère du Calvaire, qui donna au monde | posa sur le front de sa mère, et an l’entendit murl'exemple d’un sacrifice saintement accepté. Marie Pc « Je vous attends avec lui au ciel !” Et rame. re ne sortait pas de son état de faiolesse. Eile pouvait | nant sa main, elle croisa ses deux mains sur sa chaste p à peine parler; sa poitrine oppressée et brûlante se | poitrine en y étreignant l’image de notre Sauveur, À M td sous les efforts de l’expectoratian. Elle pas | ce Christ qui lui avait tant de fois souri dans sa dou- n i des crises indici Î ignsit à i itété i DAMON aVuNogntres, Len yeux Antisuément on LGUE Pabtent tie out ter due rit Aie " verts, le regard fixe, la bouche entrouverte, pressant|et retirées cette image sacrée, suprême consolation c de ses deux Ga ee sa poitrine ruinée, elle souffrait | des mourants, mais elle n'en eut pas la force, et Rs Lu "1 : . CPE Q ; nr FUN lle Dore pas la force de se plaindre, | Sœur Ste-Cecile dut l'aider à réaliser son fervent dé- l'o et eut-elle été capable que la vue seule du Cbrist|rir, Peu après, ses bras amaigries commencèrent à fu. l'en eut empêché. s'agiler comme mus par une espèce de ressort; sa À en Ah! de cette croix divine sortent des consolations | tête toujours encadrée de ses cheveux noirs, se tour. | surhumaines qui font désirer souffrir encore. nait de ge d’autres, PARTIAn A DEL de l'air 18 Enfin, le 15 janvier au soir, Le pasteur du village, ROUE” TOMOU: ag. ON MON AARC LAS su + ue en le même du temps d'Edward, vint porter à Marie les | Ets noble eUbien aligné Puis ces veux auveree le : derniers sacremeuts Elle était calme et résignée.| RER D Parme NE ae RE Me TAN U mo Elle lui ouvrit son cœur, et pour la première fois il| 4,1 de leur éclat premier. et sa be pe QuEenR. por une | apprit, le bon curé, qu'elle aimait Edward et qu'elle) SE A A LR ELLES a qu eti allait l'attendre là-haut, comme elle disait en mon | °8°T CORPS ER PAT. ARBRE: pIUS Ja0Metant le ciel ment le dernier souffl: de la vie. Ses membres se Marie reçut dans son cœur Celui qui fortifle pour |'#idirent sous un imperceptible effori, el son ämo ple ; A salle à à | quitta la terre sans bruit, comme s'éteint au soir les le voyage de l'éternité ; elle oublia la terre pour ne Hosnidres ravons d'un 4bléil de ‘juif. Duo À fec user qu’au bonheur céleste qu'elle anticipait. Elle ent maté t there au te’ clél s'étail a dr 10 è la tait heureuse, car elle possédait Dieu dans son cœur, | * veines q un vire être à son chevet. mn :

et le prose sa SAR TR: à \ ; Onz2 heures sonuait à l'horloge d'en bas. C'était o8 ; Le pr SES On e alor toute heure de la Vie. | l'heure où Edward, hanté par un pressentiment pé. ci Il sourit au berceau, veille sur l'enfance, conseille! ;jble, livrait sou front brûlant aa vent glacé des ré. di , l'âge mur et console la vieillesse. Il vient aussi ver gions du Nord et entendait tomber des lèvres d’une 1q | ser une larme d'attendrissement sur la tombe en |Sorcière Naskipis, ces paroles qu'il ne voulut pas i 3 > médi à Je cie a terre ;l ananas & A ie à el eh A 1 AE LE EN AE ch QE 7 tin croire : La vierge pâle qui l'a donné la cnaîne de pe prendre le grand voyage de l'éteriité en oïgnant les A Li 1E RU jh PA teUr descendra les k LE : ans la soubre demeure des ombres.

moribonds des saintes Huiles de l'Extrême Oaction, Que dire A8 ta soins naviante cu: AT Que car de même que les athlètes d'autrefois assouplis-|, Le Marie.Aimée ne fut vlus de Led press SUu, leu saient leurs membres par l'huile avant de se mesu- ES fédutant BP) Lo son e ue & moi rer avec un adversaire sur l'arène, ainsi le mori- ten te SA pl Ste Les a. vioience bond forufle son corps par l'Extrême-Onction, atin à anni RE A A ea FA WRrns de pouvoir lutte: vaillamment et sans faiblesse | © î devil PR; "008 ERA; CRUE : re Cd sées et que la réalité poignante renverse. Une mère se contre ies attaques furieuses qui l’assaillent sur son |: ae) 24 y lit de mort, jette sur le cadavre presque froid ce son unique en- Merle tunis de.tous les sacrements dont l'Ésitée a le den Ge Le 1 ap bénie du pre elle “Spin I ( ; : . :| dans ses bras, lui parle comme si elle eut éte vi. notre sainte mère, dispose comme consolation à | vante ; elle l'appelle par les plus doux a et st ceux qui vont quitter la terre, Marie demeura calme | énfant demeure là,immobile sur cette couche chaude et souriante. Un instant de repos lui était accordé | et qui refroidi! avec le corps. : avant le suprême combat contre l'agonie. On aurail| Vous qui me lisez, n’avez-vous jamais assisté À dit qu'elle reprenail des forces pour lutier avec avan |ces drames navrants où la douleur semble aux prises tage ep US rl pda le passage 1e la vie avec le désespoir, loisque la mort a pénétre suus le | | au tribun : seu, noire souverain Juge. toit où repose des têtes chères et précieuses à tous. ray! Î Les deux Sœurs de Cuarité, penche sur sa|N'avez-vous pas été témoin du spectacle uuique d’une de couche, épiaient le moindre mouvement de sa poi | âme s'envolaut au ciel, au milieu des laruwnies et des Sur | trine ainsi que de sa figure qui rayonnait de l’auré-|sanzlots d'une foule d'amis priant à genoux? Vos con | oje des saints. lyeux. ne se sontils pas arrêsés un instant sur la met, \ x ë abir

| d'une ma-

genoux et nts;”elle es soupirs surchar.

intsamain lit, puis la ndit mur- ” Etrameir sa chaste Sauveur, us sa doues versées tres bleuies consolation a force, et fervent dé- \encèrent à ressort; 8a irs, 8e tourher de l'air De grosses t à son front sux, ouverts touten per:

s'entrouvrit plus facilemembres se et son âme 1t au soir les . Une âme gmenté d'un

\ bas. C'était entiment pé:

glacé des ré:

lèvres d’une e voulut pas la chaîne de lie descendra

> passa alors, , monde ? Uue L la violence espoir morne glemps cares- 3, Une mère se on unique en- |, elle l'étreint le eut ête vinoms, et 801 ouche chaude

mais assisté à able aux prises pénétre suuS le jeuses à tous.

euuique d'unê s laruies et des | genoux? Vos jnstant sur la

chaste figure d'une enfant angélique que la mort a |soit levé pour prendre sa course sur l’onde aux flots frappé à son aurore, elle qui faisait la coasolatiou | bleuâtres et voler aussi lentement que l’allouelte comme l'ornement de sa famille? N'avez-vous pas|des mers, Sar le rivage miroitant sous les ra; ons vu une mère en pleurs, comme autrefois la Vi rge|du soleil, deux personnages tiennent le discours ae purs oh pied de A cro, sa vue ne vous|suivant: -t-elle pas rendu triste ei rêveur ? Car la souffrance| __ Tu ne viens pas, père i , : :

d’une mère ne se comprend pas; il n'y à pas de| — Non, mou enfant! Je Ms ge ri da san es 4 + Were, ce qe * st que je serais heureux d'entreprendre avec toi pour x s 8 ses HDres 168 PLUS 1N |rait me rende pire, car tu sais que je suis-aussi times, blessô dans son amour maternel! Si vous| veux js chômes:de la forêtii Es ei en avez été témoin de ces scènes délirantes d’un dé- is ch en de RE pr pou lé voe comprendre ment Et ar dopage te os ROSE: DOPAGE A: A HNDE Ein après la mort de | rapporie ivi la cassette qui l’appartient. Nous l’ouie À pra ces pbs gravent pour Jamais dans | vrirons ensemble, car x M peut-être d'utiles notre mémoire, une fois qu'elles out frappé nos! renseignements sur la vie de ton père, que tu n'as Jens.eh aatre sprl Mol pas connu. L elon la coutume,,le corps de la défunte resta ex see ère : i : i post pendant rois jours. Tout le village cuérissant|r0 Dr PO A op enfant qui avaii grandi et souffert à let ils (âsneront de me garder le plüs longtem , l'ombre de la vénération de tous, vint visiter son lit |sibie, car ie ne les ai pa Do sien dr gr are Re ocre un peu d'eau béuite, | n'ailez rs th re pr ie à undis. ; es bi ' HE troisième jour au malin, malers le veut sec du es Nb saves bien que vous m'êles trop cher janvier, un grand nombre de voitures venues des | — Va, m: ? i, dé ee environs, accourut au service solennel, chanté par a rh da eu og le vnéérable peu qui avait assisté les derniers | sée que mon fl: reviendra sous ma tente. et nr Jen moment: de la jeune fille. L'orgue prit cette fois |[aissera pas seul dans le monde, seul avec mes souune voix sourde etattrisice C'était des notes brisées | venirs. Mais Edward, as-tu pensée à la tombe de ta et mourantes qui couraient par toute la nef, ondu-| mère? As tu prié pour elle avant ton départ? Ah! lant lugubrement sur la voute pour retomber lour |;l faudrait être bien ingrat pour lonbliaer dement sur les cœurs des assistants. Tout la monde] — Oui, je suis allé prier sur son tombeau lui di leurait cette chaste enfant, enlevée si june à l’af | sant que Yallais bientôt revenir A Qle ection des siens. Aussi quelles prières s'unissent à| — Tu as bon cœur, Edward : ton âme est belle dela voix du prêtre, pour le repos de son âme. Le ser-| vant Dieu, le ciel te lânire TA vire terminé, le corps fut transporté au cimetière,| — Ki vous aussi, mon père, le ciel ae manquera a D RE IN RES AU ÊR Nes gas de vous bégie pour tout ce que vous avez fait de ve 048 ien envers le pauvre enfant de la naufragés, cimetières. Un humble monument de pierres in-| La brise inollie, s'écrie le capitaine de barque dique le lieu de son repos. u'on s'em se Pauvre jeune fille, s1 jeune et déjà sous la froide Le Adler. Pieds pierre d’un tombeau, dors en paix ! Que les larmes! Adien. mon vèrel n'oubliez pa de ton frère Edward ne troublent pas ton repos. Que | js laisse sous ot arde pe Eee les vers du sépulcre respectent ton corps de sainte;| __ Ne crains pt J'irai nrier là. où tu Les:a cue ee oiseaux du ciel, au printemps, l'apportent | nouillé si Sn: s PF een Net of mn ù DÉMIDIS GS TS 6m Le un peu le séjour Le canot, se détachant du rivage, aborda les bastingages du petit navire qui, quelques minutes plus XIV tard, prenait la haute meret mettait le cap sur le village de B......

rRiSTE ReToun, Ÿ eg se sentait joyeux Son âme sourd l'ai j gresse, car, se disait-il, il me sera donc enfin don: J pas So men els ns rm né de revoir ma chère Marie, cette enfant dont l'ab. # Le a lei, ms elle non retorneo | S8NCE m’a révélé la nécessité de sa présencn, de ses a me, /” paroles et de son amour, [l dévançait de sa pensée EPITAPHE,. ||a vitesse du bateau bondissantsur les vagues et qui Les tristesses du cœur sont une semblait ne pas marcher au désir de son cœur. plaie universelle, jà il se revoyait à ses côtés, pleurant de joie da la re. Eccz. Cu. 7. V.1v. |voir. Il y avait si longtemps qu’il ne l'avait pas vue! Un soleil de juillet brille dans tout son éclat, ses | Lui, si malheureux pendant celte absence qui menarayons parcourent le oiel limpide comme nne glace | Gait de durer un siècle pour son âme, il allait donc de Venise, bleu comme le me à tant vanté de l'Italie, [encore pouvoir goûter un instant le bonheur {ndi- Sur le fleuve agité, une brise légère court rapide |ciblel Tout était rose, tout était doré, le bonheur comme un coursier et soulève l'écume sur le som-|inondait toutes ses facullés internes. met des vagues roulantes et creusant parfois des abtmes. Dans le port du village indien, une barque légère, dont la voile est gonfiée, attend que l'ancre

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