À PRADE
jurement t quelque squ'ici il ient bien nent dans e douleur our dont mour, C’éuisant cet i dans un qu'il ai-
rmes qu'il légitimes, un ami, à Lction vive de.
uteur, Ed- La ses soufit-il mieux les lèvres èlent qu’aua ce que ments, son tonrment!s d'une vie ivé de sene si tristemée,
premières ;
s, sut trounirer, dans ’armant de
x du jeune
éprouvé les portes des demeures éternelles. Comprenant, lui, une vraie douleur, il lui dit ? * Pauvre enfant ! on doit s'attendre à ces coups imprévus mar qués par la Providence de Dieu. La terre est un chemin public où Dieu nous a jetés. Parfois il se plaît à enlever, à l'aurore de leurs jours, de ces âmes qu'on croyait mises à l’abri des coups de la mort, à cause de leur puretéet de leur bonté Et nous, chrétiens, qui devons courber la tête sous la main de Dieu, uous n'avons pas le droit de murmurer, aloïs même que nous sommes frappés dans ce que nous avons de plus cher au monde.
‘ Un poète célèbre, Alfred de Vigny, a dit ‘ qu'il n'y a pas dans le cœur de plus affreuses rencontres que celle de la jeunesse et du désespoir.” 1] a raison ; lorsque cette reucontie a lieu dans le cœur du jeune homme, elle y fait un rava:e terrihle, Maïs ce ravege peut être diminué. Quand la foi règne dans le cœur du jeune homme, le désespoir ne peut y trou ver plac j car la Foi, compagne de l'Espérance sa sœur, élève le cœur toutliant au-dessus des misères inévit#bles qui naissent sous nos pas, lui fait accepter nobiement ces adversités qui ne surprennent pas ceux qui connaissent le sort des habitants de ce monde,
D'ailleurs, cher enfant, l'âme croyante et pleine de foi, saura éternellement 8- souvenir et espé:er en de meilleurs jours. Ce sombre dése-poir, qui a pour hôte fliele le suicide et la folie, ne peut pas pénéter daus le cœur de mon Edward que j'ai aimé et instruit; car si tu donnes des larmes à la faiblesse humaine, tu te garderas bien de maudire la main qui te frappe de nouveau. Et qui sait si ce coup, frappé bien fort, n’a pas un but dans les desseins de la Providence ? L'or s’épure an creuset, diton. Eh! bien, rappelle-toi que la suuff.ance est le plus sûr moyen pour arriver à la céleste patrie, Sois-en ceiain: la douleur noblement acceptée, force les portes du ciel. Je te l’ai dit, tout à l'heure, que cette épreuve pouvait avoir un but.
“ Qui sait, cher enfant, si Dieu, en brisant ce roæau sur lequel tu voulais t’appuyer pour marcher le chemin de la vie, qui sait, dis-je, si Dieu n’a pas voulu t’apreler plus près de lui ? Ah! Edward, crois en l'expérience de mes vieux cheveux blancs. Sur ma route, bien souvent déserte et pénibie, j'ai été appelé à consoler bien des cœurs affligés; c'était mon ministère. J'ai vu des jeunes têtes, caressées à les baisers de la mort, se pencher sur la tombe,
un âge où les illusions et les rêves d’or font vivre; jai vu de jeunes gens, trompés par un amour qu'ils croycient immortel et que la mort ne saurait terminer, courhant le front sans rides sous la main qui
Pourquoi non? mon cher Edward. Te voilà seul désormais, si on peut appeler seul un hemme qui comp'e sur son chemin des cœurs dévoués. Tu es sans parents sur cette teèrre; oh! pourquoi ne consacreraislu pas aux sauvages, aux ignorants, au service du bon Dieu cette vie encore pleine de vigueur et de force. Ton cœur a été brisé par une mort soudaine et imprévue ! Je sais que des catastrophes ont semé le cours de ta vie, cher enfant, La plus pénible est sans doute la dernière, car celte j-une fille tu l'avais connue et aimée, et le coup portait plus au cœur, Eh! bien, elle est au ciel. Je te le dis moi qui ai reçu l’aveu de sa vie, a:ors qu'elle me racontait ses pe nes et ses souffrances. Elle l'appelle ; elle t'attend là-haut.
kdwaid! il me semble que c'est elle qui m'inspire ces patoles { “ Sois ministre des autels.” Je veux ton bouheur. Ecoute bien mes paroles, ou plutôt es impressions, et tu le sais les impressions d’un prêtre aux cheveux blancs valent quelque chose :
Quand tu apparus pour la première fois À ma vue, et que je connus une partie de ton histoire, je me suis dit: Cet enfant est éprouvé, c'est que Dieu je veut pour lui; et Il l'amènera À lui malgré tout et tous. Ilen fera un prêtre. Et plus tard, sous mes soins, te voyant si tendre et si dévoué, je me prenais à sourire de joie en pensant qu’un jour tu serais mor soutien, imo1 qui suis seul et qui suis as+ez riche avec Jésus-Christ. Edward! le cœur d'un vieux prêtre qui parle au ciel tous les jours, qui commande à Jésus de descendre sur l'autel, et dont les duig's touchent le corps d’un lieu, ne saurait, il me semble, se tromper dans ses vues.
Monsieur le Curé, dit Edward, vou: aves réveillé en moi de bien tristes souveui:s, mais je sais que le souvenir de ceux qu'on aime ne doit pas déserter notre memoire. Vous m'avez fait entendre la voix de Marie, dont je pieure la perte; elle m’a parlé du haut du ciel par votre bouche, m'invitant à tout laisser pour sauver les âmes, tout en sauvant la mienne, afin d’être sûrement auprès d’elle durant l'éternité. Ces paroles m'ont touché l'âme.
Ecoutez-moi, vénérable Curé, Je vais vous ouvrir mon cœur comme à un bon père, comme à une tendre mère pour qui on ne saurait avoir de secret, L'autre soir, après avoir été prier sur la tombe de Marie-Aimée (désormais j'aurai trois tombes à visiter), je dirigeai mes pas vers le sauctuaire de la Sainte Vierge, où tous les vendredis elle venait prier pour ceux qu’elle aimait, Je tombai à genoux sur le pavé du temple où sa prière monta souvent avea ses soupirs, et je priai de toute la force de mon âme, Dieu sait quelles larmes amères s’échappèrent de éprouvait ainsi leur jeune existence, en brisant leur | nes yeux. J'étais IA, laissaut mon cœur parler à la icité qu'ils avaient assise sur le cœur de filles co-| Madone souriante, quand soudain je me sentis devequettes ou sans-cœur. C2s jeunes gens éprouvés si! nir Joyeux, sans qi aucune causé visible m'expliqua durement à cet âge si jeune, se Jetaient comme Loi à | C® changement subit qui venait de s'opérer en moi. pes pIsiaL MARARSNE AIRE Pine ao AN ME Un Jour 06 Voie GE Pal TE x : 5 DT : j rele 7 : , « is RER PATES DOUTE pe phone wendis une voix intérieure me dire avec douceur : eur prière, puisqu'ils sont les plus beureux des D RtQr Te M TEIIS QUAC 2 GOROS RENE AOSLE im be ee suivre le chemin douloureux que tu parcours et
! que jalonnent tant d'amères déceptions, d'illusions Mais, dit Edward, pensez vous donc que je pour | fanées? Pourquoi mener plus longtemps cette exige : fais être un religieux ? tencé misérable et agitée. Vois ce glaive qui
transperce ton Âme, cette mort qui te tue, ce désert [qu'il se vit preseé par deux bras robustes. Ouil le dans lequel semble vivre ton pauvre cœur, tout cela | prêtre ému, à ces paroles, le serrait sur sa poitrine te poursuivras dans lesentreprises mondaines que tu | daus laquelle battait un eœur grand comme le monde, tenteras d'essayer. Tu couleras des 1ours néfastes, | par sa charité'et son désir de gagner des âmes au oursuivi par un poignant souvenir, Ecoute, enfant, |ciel. a voix da la sagesse et de la prudence. Mes parnles| Maintenant, dit Edward, il me faut «ller voir mon sont désintéressées. Rounps avec le monde, Tu n'as |père, le Grand Chef; c'est en sa présence que Je plus de famille ? Tu deviendras membre d’une |dois prendre connaissance du contenu de cette casgrande famille, Tu es courageux ? Il y a de vastes |sette laissée à la ferme #...... par mon père mourant, déserts, d'immenses pays qui attendent la venue du |Si le contenu a quelque valeur, il est déjà partagé. missionnaire, qui demandent à grandscris la parole! Le lendemain de cetie conversation mémorable, qui donne la vie. Va! fils courageux; combats les|le soleil se leva radieux dans un ciel parsemé de bons combats du Seigneur, te souvenant que la flu | nuages blancs, parcourant les airs comme d'énormes couronnes les œuvres: ‘‘ finis coranat opus. "” Sauve |aiseaux rasant la mer bleuâtre. Edward, fatigué par les âmes pour sauver la tienne, et par là jouir.de la|une insomnie, assez paisible pourtant, vint à la présence de ceux dout la mort t'attire vers de nobles | ‘erine pour y faire ses adieux et annoncer à Madame aspirations, vers de saintes extases. Médite et dé.|S.... sa résolution d'entrer dans un ordre religieux, cide | ! ” Eo rev: nant au presbytère il n'eut garde de man- Ce fut tout. Je croyais sortir d'une longue rôverie. [duer sa visite, la derrière sans doute, à la tombe de Le solvil était à l'horizon, et ses rayons dorée [Celle dont la voix l'appelait vers le ciel. Quand il jousient sur les brillants qui parent le vêtement de | posa le pied sur ce sol béni, dernière demeure te-pt Madone. Quel recueillementi Quel pieux silence! restre dés hommes, il seutit un frisson involontaire On croyait entendre les ailes des anges prosternés | parcourir ses membres fatigués par de longues veil. devant l’Auguste Victime de tous les jours. Dans un |le8 passées dans les pleurs et la méditation. Il tombe tel milieu, l’âme recueillie et émue s’épanche natu.|à 8enoux sur celle 1osse renfermant une partie de rellement. Ou sent un je ne sais quoi d'ineffible qui [500 être. 11 pria longtemps, le PAUVRE enfant, sur nous porte à nous donner tout eñtier, tant l'ivresse | le Sépuicre de la jeune morte. 1! renouvela sa prod'une joie délirante envahit à cetie heure notre être, | messe de se consacrer à Dieu; et donnant jibre Sous l'effet d’une de ces ivrécses bien douces et | Cours à ses larmes, il murmura au milie2 des san. bien suaves, Je revins sur moi-même pour interro-|810!£: ger ce cœur fait pour la souffrance. Puis, fixant mes| « Adieu toi que j'aimai d'un pur amour! Dieu yeux sur le Christ en cuivre srnant l’autel, je crus|t'a ravie à mon cœur, seul il sait combien son dé. qu'il s’en échapait un rayon mystérieux venant! part me brise! Tu es partie sans me presser la main confirmer les paioles entendues au fond de mon |avec tendresse, mais je sais ce que ton âme a soul. âme. C'était un de ces rayons plein de douceur qui |fert, Je prends un chemin qui aboutit au ciel. Ah! élève l'âme au-dessus des eflictions terrestres pour |du haut du ciel, tend-moi, la main, guide-moi au l'élever dans des régions supérieures où réside, non | jjeu que tu hapites : c'est mon unique désir. Je pars plus l'idéal entretenu et désiré, mais la réal.té vraie | bour la vie, Jamais mes yeux reverront ce cnin de et grandiose. Le ciel, où vivais Marie, m'apparul |terre où tu reposes ; mais ma pensée reviendra quel. coz1me orné d'ane nouvelle parure. Une force mys-| juefois et c’est avec le souvenir que je retremperai térieuse m’enlevait et m'astreignait presque à par-| mou courage s'il s'affaiblissait. Je narsl “ Adieul ler, à prononcer un mot de renoncement, Enfu,|adieut Puis baisant le sable du tertre, il sortit en vaincu par une résistance plus forte que la mienne, essuyant ses yeux rouges et gonfis. ne voulant pas résister plus longtemps à la grâce,| Ses adieux étant fait au vénérable Curé qui l'em. incapable de me tair> en présence d'un inspiration |brasgz en lui promettant le secours de ses prières, secrète que je Crus venir du ciel, mon cœur farla, | Edward s'embarqua pour le village Abénaquis Après et cest au pied de la croix du Christ que je renorçai une traversée Orageuse, pendaut laquelle un mate. au monde; c'est là que je jurai de mensevelir sous | jot faillit perdre la vie, la goëletie arriva saine et la robe noire du missionnaire pour äller arracher à | sauve en face du bourg sauvage au moment où le la mort les âmes de nos sauvages païens, Ma mission |soleil, arrivé au zénith, jelte ses rayons brûlants me parut belle et digne d'envi. comme du plomb fondu. Le Grand Chef attendait Ah! je me dis qu'être prêtre, c'était être un ange |suf le rivage. l'rappé de l’altération des traits d'Ed. sur la terre: ange de paix el de consolation ; ange |ward, le vieillard chervae à lire sur ce visage déccsouriant au p:ria comme à l’opulent qui ébiouit par |loré, la cause, le prircipe d’un chagrin qu'il ignoson-faste, tendant la main au lépreux comme à la | rait mais dont la manilestation extérieure était conrichesse adulée et sans ivisères, Oui, le prêtre m'a2-| nue. Ne pouvant plus se contenir, il hezarda de lui parut comme un homme mystérieux, scellé d'un ca- | demander quel nouveau malneur l’avait ainsi frapchet.mystique, qui pr:nd l’homme dans les langes | pé. et l'accompagne jusqu'au tombeau ; comme un bon] Mon œil ne se trompe pas, Eiward. Sur ta figure génie dont la seuie préseice console les malheureux, | pâle j'ai su iire le passage subit d’une joie mal con: renforce les reins de ceux qui faiblissent dans la|ienue à un malheur fouiroyant, Le lac demeure lutte; affermit les courages amollis par le découra-|agité, même après que les vents ont cessé et que gement ou les amères illusions. l'ouragan est détruit. Dis, mon fils, l’aîle du cha-
À peine Édward achevait-il ces paroles si nobles |grin a t-il frappé ton visage, nagüère si frais et siÿ
rose ?
qui émoiguaient bien de ses seutiments sincères,
vées or Et pou son avé contre plissem mère d:
— Co d'eau, ” — Po — Sa prit hab — Mo lui a do:
a se8 vu s'ils tr preuve n et que, p un autre — Ain diction! , — Ah!
— C'es demandai sireux de le bon Di — Qui être prou indignité.
vous ai pa — Lec cette botte me fera pe .— À vo je vais alld Edward rivage où blancs les La brise 6 encore de cailloux b] vagues ve tombe de 1 Pendant à sa mère Grand Che lu l'ouvrir lut faire sa té d'argent et brisé, était des s perdu | u naufrag celle qu'il a était un je à l'œil gran épaisses at noble main flerté: c’ét4 père de l'or la tribu Ab dans un mé besques et 4 ces mots trs
Ouil le poitrine monde, imes au
oir mon que Je ‘ette casnourant, partagé.
morable, ‘semé de ‘énormes tigué par vint à la |, Madame religieux, > de MAantombe de Quand il neure te'volontaire gues veil:
. Il tombe > partie de niant, sur ela sa pronant libre 2 des san-
our! Dieu en son déser la main me à soufh ciel. Ah!
ide-moi au sir. Je pars ce coin de bndra queletremperai | ‘« Adieu!
il sortit en
6 qui l'em-.
ses prières, quis Après e un mateva saine et bment où le ns brûlants f L'attendait traits d’Edisage décc-
qu'il ignore était con:
zarda de lui L ainsi frap-
jur ta figure bie mal con:
ac demeuré essé et que aile du cha-
si frais e\5im
GAZETTR DES CAMPAGNKS 49
— Oui, mon père, et cette fois les angoisses 6 ; s prou- | d’un moment de bonheur!” C'étai - TPRqOL Re pires qu’une mort lente et douloureuse. |n6 sans doute à l'heure où les dos Hs een pour la troisième fois il recommenc: le récit de |raient la fidélité qu’un des deux devait si tôt oublier
son aventure nocturne à la Baie d’ ; . i 6 i craie de la # Rose d’eau, ” et Pa te - ge pe A A pa rt Qu eg à de : , ï À efeui pront. 2 EAP ION PR qu'il croyait une chi- aux Coins en cuivre, à la doublure de velour de
, P soie; il ne savait pas lire le vieillard et il renonça ,— Comment, tu as vi près de notre camp la “ Rose |au travail de déchiffrer ces notes précieuses en pa d'eau, ” et Lu n’as pas réveillé toute la tribu. seignements utiles. C’est, sans aucun doute, le tenta. — Pourquoi l'aurais je fait ? FRA FL jeune HORS et il posa sur la table LUE old toitle PSE nd [le porte-folio de maroquin. Il tira ensuite une mêche pit Li nie À SAAB le mauvais es de choveuz : signe manifeste d'un amour sincère — Mon père, elle est enfant du ciel, puisque Dieu Le one MN aus. les Dlelsire front QubERE MES lui a donné une âme ; ainsi il faut savoir que Dieu nt pu sv ed DD, 90.07 ARAFAS. MAD a #88 Vues en toutes choses, et bénir son saint nom Mia, nie ds cpandet-mgrbis Un FO Aura d s’il se trouve des méchants sur la terre, car c'est la | ja; 8 4 et Peel preuve manifeste, vivante de sa bonté et de sa justice, Tr FRNIR AAA TAEIHRE RAEMLMI PER AN FOEDRE at que, par conséquent, il y a un séjour heureux et PARU, A un'avuire éternellement métheurèux. A peine le vieillard avait-il placé le tout dans un — Ainsi, mon fils, lu ne m'avouas pas celte pré. ordre parfait, qu'Edward apparut sur le seuil de la diction! J'aurais pu te consoler. M dns Os RARES aussi avides que son cœur, s’élanx À 4 cèrent vers les deux portraits; 1l examin 4 AU Je voulais vous cacher ma douleur ! lices, avec bonheur 1Éuts traits: on “ateil dit o ot — C'est pourquoi tu étais triste ! Et moi, je me |cherchait à les graver dans sa mémoire. 8 Fra demandais la cause qui avait pu l’attrister, toi si dé-|c'était là son visage souriant et ex ressif. Elle était sireux de venir avec moi à la chasse, Pauvré énfantl|morte en baisant ses lèvres, à (ui inca bl M le bon Dieu t’éprouve bie2 sur la terre i comprendre. ce drame dont il avait êté pren — Qui aime bien châtie bien, mon père. Dieu a peut- inintelligent. C'était LA sa mère ! sa sainte mèrelit être prouvé par là combien il m'aimait malgré mon | Une martyre résignée! dit-il en l'embrassant, Un indignité. Mais, mon père, voici la cassette dont je |repentant, ajouta til, en fixant ses regards sur le vous ai parlé. portrait opposé. Pauvre père! Dieu t'a pardonné ? — Le croirais-tu ? Je tremble à la pensée d'ouvrir | Oui. Eh! bien, soyez heureux auprès de Marie, en cable botte. Le vue des sictisquee qu’elle renferme | m’attendant pour bientôt. me fera peut-être ma me. Tiens |! ouvre-le seul.! Puis, prenant le testament, i . — À vous la tâche, mon père. Pendant ce temps |ture à baite voix. Une pos RTE eg +4 je vais aller prier sur la tombe de ma mère. tenait à son père. Tout passait entre les mai y #4 Edward sortit alors, se dirigeant vers le sable du |celle qu’il avait fuie et reniée, voulant par là FF * rivage où l’on voyait se dresser en face des flots |cir la rigueur du sort où il l'avait jetés, A défaut blancs les deux bras décharnés d’une croix noire. | d'elle-même, le tout devait retourner à l'enfant à La brise était appaisée, mais la mer, se ressentant naître ; sinon, aux pauvres, aux chapelles dénudé encore de son agitation, déferlait avec bruit sur les|de tout ornement, aux hôpitaux où vivaient + cailloux blancs de la grève, et parfois l’écume es | orphelins. P"
TABAEE, FOgAit humecter le vert gazon ornant la! Mon père, dit Edward, après la lecture de ce dos M detse A 7 is na ragée. 1 . , [cument, mon père, je dois me considérer comme ani géo de. na gars jod gr redisait | mort, et cette dernière clause sera exécutée, Tout den Chats! en aux pieds des autels, le sera fait comme si l'enfant qui devait naître n'eut : de hefs re du ue sale. à en li VOU- | jamais existé. Ce fut à ce moment même qu'Edward u l'ouvrir sans la briser: tout fut inutile ; il lui fal | annonça à son vieil ami sa ré i ù JR solution bien arrê lut faire sauter le couvercle en noyer noir incrus-|de rentrer dans un ordre religieux : résolution ph a
t6 d'argent. A peine eut il ôté le couvercle pentelant | at invi : ; et inviolab , j et brisé, Las deux portraits s'offrent à sa vue. L'un MA pen nr aber apué
était, une jeune femme au costume de bal ; il n'avait : ; — Comment, t'1 voudrais me quitter Edward ?
us perdu le souvenir des traits de la femme sauvée u naufrage, et dans cette photographie il reconnut|, — Eh ! mon père, voudriez vous m’entraîner hors de la voie que Dieu m'a tracée avec tant de peine *
celle qu'il assista à ses derniers moments. L'autre
était un jeune homme imberbe, à la figure martiale, | Soyez sûr, mon père, qu'aucune consilération ne à l'œil grand et vif, au front déprimé ; ses lèvres | Peut valoir, quand la grande voix du ciel se fait épaisses attestaient une sensualité peu réglée : son |Clairement entendre, Dieu a parlé à mon cœur, et noble maintien respirait la noblesse et la légitime |je lui ai juré fidélité, obéissance à jamais.
ferté: c'était le portrait d'Edward Barrington, le| Le vieillard, à ces mots, courba sa tête blanchie. père de l’orphelin sauvé dans les-bras de sa mère par | L'on put voir une larme tremblotter sur la lèvre de la tribu Abénaquise. Les deux photographies étaient |se8 yeux brillants.
dans un même étui, dont le cadre était orné d'ara-| J'aurais pourtant dû m'attendre à cette séparation besques et de fleurs dorées. Sur le revers on lisait dit le viéillard:* Mais, comme tous les enfants de la
ces mots tracés par une main de femme : “ Souvenir |terre, j'avats'espéré, et l'arbre de l'espérance avait L 18814
Gr
pur des racines profondes en mon cœur, Par-|en cuivre qni consola, par sa présence, les derniers
unne, Edward, ces paroles qui m'ont trouvé sans armes devant le sacrifice qu'il va me falloir accepter. Pars, enfant! Dieu t'appelle, mes bras seraient impuissants à te retenir. Va, le pauvre vieillard mourra en pensant qu'il a pu jouir d’une amitié sincère dans sa vie orageuse. Edward, je l'ai aimé: ton départ me tue. Mais non, il m'est encore permis d'espérer, à moi qui ai déjà les deux pieds dans la tombe. Oui, le Seigneur qui a été bon pour moi, me ménage peut-être une surprise pour mes derniers jours. Edward, tu seras prêtre du Seigneur, je vou. drais que, près de mon lit de sapin, ce fut toi qui me
rlerais du ciel et qui m'aiderais à sortir conflant
e cette vie. Je demande cette grâce ineffable au ciél, en retonr du peu que j'ai pu faire pour toi.
— Dieu a ses desseins impénétrables, père ; il m'en coûte de vous quitter, Dieu a vu mes larmes. 11 a compris la profondeur de mon sacrifice, mais il faut qua j'avance, Vous le savez, mon père, que Dieu a dit: “ Celui qui aime”son père et sa mere plus que moi est indigne de moi. ”
— Fais la volonté de Dieu, Edward. Je me consolerai deta.perte en veillant sur la tombe de la
uvre morte, qui t’a donné le jour. Tous les jours
a prière du vieillard montera au ciel pour les ab. sents qui ont une part de son cœur, parce qu'ils ont marqué sa vie d’un signe marquant, d’un bienfait inestimable. L'heure sounera bientôt porr moi! J'aurai assez de force pour attenir: patiemment «on heure dernière.
Le vieillard parlait, et sa vue s’obscurcissait par des larmes brûlantes, son cœur était plein, les pleurs le soulageaient.
Edward attendri, éperdu, se jette dans les bras du vieux Chef qui ne peut que le presser sur sa poitrine athlétique.
Le soir de cet entretien équivalent à un adieu, le jeune orphlin, l’'éprouvé du tiel, profita des ténèbres de la nuit, à cette heure où tout dort et sommeille,
our écrire ses dernières impr sions. Il voulut éou: fer au papier les paroles brûlantes, les cris de l’ les angoisses du cœur causés par un renons qui, pour être ferme et convaincu, n’rmoins pénible et souffrant, Voici cet z sil un jeune homme qui voyait la fortur rire; un avenir brillant et plein d'honneu, .vrir devant lui ; il n'avait qu'à marcher son chemin pour voir la renommée et is gloire se plaire à suivre ses
as. Mais ce jeune homme comprit que tout ce qui Érille n’est pas or, et il agit en conséquence: