LES ADIEBX D'UN ORPHELIN
J'ai choisi l'heure solennelle des ténèbres pour ouvrir mon cœur au Dieu que j'admire. L'heure de le nuit, c'est l'heure auguste et pleine d'émotion où l'homme descend en lui-même et réfléchit. Avant de commencer ce travail qui va me coûter bieu des larmes, je me suis agenouilié aux pieds.du Christ
moments de celle que j'aimais, Dieu sait combien!
Souvenir religieux, tu ne me quitieras jamais. Tu séras le centre où se réunira la pensée de la mort dé mon Sauveur et de Marie-Aimée, L'ordre que j'ai choisi, l'habii que je dois revêtir demande à porter un Christ À la ceinture, voulant marquer par là que les disciples de cet ordre, comme tous les propagateurs de notre sainte religion, vont à la con quête des âmés avec désarmés pacifiques, C'est dans cet ordre béni que j'i‘ai chercher :un refuge dans l’ordre des enfants de Marie Immeculée.
Oserais je me plaindre contre la ciel qui abreuva ma trop.triste vie, par tant de calamités et. de’catas trophes péuibles? Oserais-je maudire le jour où ma mère infortunée me:rmit au monde ? Me révolteraisje donc contre la main.qui me frapra sans relâche ? Nou ; car ces coups, je Le vois clairement, n'avaient qu'un but: -me rapprocher d'un état qui devait être le mien. Ah ! quand Dieu veut une âme, il l’ntratne presque de, force, tout.en,lui laissaut.sa liberté; il brise, s’il le faut, tous les liens qui la rattachent au milieu où elle ne peut pas faire tout le bien qu’elle pourrait,
Mon Dieu! pardonnez à ma faiblesse, si je laisse couler mes larmes âu souvenir d’un passé qui me touche ençore, passé qui pèse d'autant plus lourdement sur mon âme à Cette heure, qu'il a été doux, paisible et plein d'ivresse." Ah !"béni soit le jour où Dieu permit que ÿe retirasse des eaux le corps d’un enfant dont le souvenir me fait pleurer, moi pauvre orphelin. Ouil les moments d’heureux oubli; les heures dé sérieuses et de douces joies passées auprès d’elle me Jä font regrelter plus amèrement en core. Elle était si bontie’et si'prévenante ! Quelle expression noble et énergique de langage. Sa voix était plus doucé que le mürmure de la soùrce d’eau vive. Son cœur était fermement chrétien et son cœur était pur comme le lÿs caclré du vallon solitaire. Tout en élle re“pirait la tendresse, la douceur et l’aménité. On ne pouvait l’approchèr sans rersentir son être remphi de doux émoi. Of lisait sur son
ront 'blanc et däné ses grands yeux bleüs l’innocence vierge, ‘là pureté dés angés du ciel ou îes jeunes mariyres romainés, la constance du cœur et le äévoueément sans borne, c'était én un mot l'idéal de la perfection, et'Ja terre ‘était peu digne de la conserver; le ciel en était jaloux:
Oui, mon D.éu ! elle 6tait trop pure et trop chaste pour la terre ; le ciel voulait ur ornement nouveau, c'est pourquoi elle s'est ‘envolée vers vous, Vous n'avez pas regardé lé vide qüe son départ allait faire dans mon ârñé; vous avez dédaigné les chagrins cuisants que sa mort allait me causer! Ah! en frappant Marie-Aimée, c'était briser-ma vie, c’était frappér deux coups. Vous anéañtissiez en un instant l’échafaudage de bonheur que mon âme s'é tait plû à bâtir dans ses rêves d’or. Vous n’ävez pas ménagé vos coups et‘ vous avez fait deûx viétitnes | Pourrais je être moins résigné qu'eile né lé fût au moment suprême ?
Pauvre enfant! Tu n'es plus il est vrai, mais je puis encore m'ehtruienir avec toi qui m'entends du haut du ciel. Laisse-moi sponeper le trop plein de
mon cœur dans le tien. Écoute-moi, 6 loi qui me
fut chèr longues répétant xiété : « tion, cor gard seu digne ré:
jour à la n'avais € presque pouvait :
si. avec | sainte un heurs qu comme 0 su fisait, m'appren pénéiraie dire de ce, de plusie l'abime d tome de que déjà |.
heur auss doux zép regretle p dont les 1 j'aimais et d’ici-bas.
résonner £ monieux :
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Oh! cœ votre cœu dont l’Ame vous qui tempies, le cœur d’ cœur dési vibre encd meilleur, de la vie | gra jonck at le remo turer votr que fuit !
le sang de qu'elle ét joie coudq plus vite |
Marie, né le mie de nos de ferais je d je aux ch:
nord, aux sures den sur Ja mo animauy, oiseaux n ne trainel que me sd rais pas |
lerniers mbien | jamais.
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ai, Mais je intends du p plein de Loi qui me
joie coudoiera les larmes pour nous faire désirer
GAZETTE DES CAMPAGNES b1
Maintenant je ne dois plus avoir qu'un unique longues nuits passées au milieu de la souffrance, | but en vue: sauver mon âme pour être éternellerépétant tout bases mols qui peignaient.bien ton an-| ment auprès de tot, car je sais qu'au-delà du tomxiêté : ‘Il arrivera trop tard 1” Martyre de résigria-| béau il y à une seconde vie et par conséquent l'a-
fut chère, Qu'il a dû t'en coûter dé mourir! Quelles
tion, comment aurais-je pu ne pas l'aimer? Ton re-| mour doit y régner ; mais un amour qui a son pringard seul disait tout le trésor dont ton cœur était le | cipe et sa flu dans l’Etre suprôme : Dieu, Marie, oh digne réceptacle, Ce cœur, tu me l'avais donné, un |je sèns que tu m'appelles à toi ! oui, j'écoute ta voix ; jour à la face du ciel, Heureux d’un bonbeur que je | j'irai au cloftre, car ou dit que ‘‘ leurs portes s'oun'avais entrevu qu'en rôve, Je reçus avec une joie | vrent sur le riel.” Je serai missionnaire pour gagner presque délirante, celte marque d'affection qui ne !des Ames à l'Eglise du Christ, et par ce moyen être pouvait venir que d'une âme comme la tienne, Aus-|sûr de ne jamais être séparé de toi. À quoi me sersi avec quelle sincérité je jetai dans cette amitié | virait l& bruit du monde, impuissant à donner le sainte un cœur, ne connaissant encore que les mal-| bonheur qu’on recherche toujours, nous qui sommes heurs qui avaient assailli mon enfance. Je l'aimais| faits pour la félicité et qui marquons par ce désir comme on doit aimer au ciel; ta seule présence me qu'il faut qu'il y ait un ieu où nos désirs de paix suffisait, Ce que mes livres élaient impuissants à | et d'ivresse soient comblés. Pourrais-je encore y aim'apprendre, Je le lisais dans un de les regards qui |mer une autre femme ? Pourrais je lui dire, oublipénéiraient mon âme.et rendaient presque fou. Que ! ant le passé: ‘‘je vous aime d'amour ?" Non, ma dire de ces souffrances endurées pendantyne absence | bouche mentirait. Je n'ai aimé qu'une fois! Une fide plusieurs mois ? Oui, en peu de temps, j'ai conau | gure d'ange frappa les yeux de mon cœur accoutul'abime du malheur. et,de la félicité, puisque l’au- | mé aux caresses froides et sans vie des enfants des tom'e de la vie n’a pas encore «ffleuré ma tête et | bois;,cette figure me sourit ; je tombai à ses genoux que déjà j'ai.été balloté par.les flots irrités du mal-|et je n'avais plus de cœur que pour elle; son souveheur aussi bien qu'endormi doucereussement par les! nir seul dissipait ces noires vapeurs de la mélancolie doux zéphirs d’une félicité incomparable. Je nel occasionnées par mes réflexions sur mon passé obsregretle pas ces souvenirs se rattachant à un passé | cur et incertain. dont les heureux instants ont été trop courts. Oni,! Maintenant, à Marie, tu n’es plus. Tu reposes làj'aimais et j'étais aimé: c'était le parfait bonheur] as, près de ceux qui t'ont devancé dans la tombe. d’ici-bas. Pour la première fois de ma. vie j’entendis Tu es. au ciel, mon cœur me le äit, et je prends le résonner à mon oreille ce mot.que je trouvai har | blus court chemin pour arriver à toi. Adieu, ! toi monieux: Je l'aime 1” Ah! qui ne eonnaît ce) monde qui parfois fascine le cœur malade, mais qui charme puissant, cette espèce de fascination que pro-|]3 jaisse toujours abime comme auparavant, incavoquent ces deux mots prononcés avec âme dans un pable que tu es de remplir ses vœux, de contenter ses moment de bonheur, de doux épanchement ? désirs ; heureux encore est ce cœur quand tu n’as pas Oh ! cœurs dé jeunes gens qui traînez dans la boue | encore réussi à agrandir le gouffre de ses aspiravotre cœur gâté; vous qui ne vivez.que de luüxureëèt{tions. Un moment tu m'as donné le bonheur: bondont l’Ame souillée se fait connaître par ses actes ; | heuür sans nuage parce qu’il était pur et digne du vous qui osez à peine fouler le pavé sacré de nos | ciel. Je te quitte sans regret comme sans douleur ek tempies, aimez sincèrement, saintement ; jetez dans|sans larmes, J'y laisse des cœurs qui ont protégé le cœur d’une enfant pure comme run ange votre | mon enfance et m'ont marqué de l'estime, mais en cœur désireux de changer de vie t dans lequel|te quittant je ne les oublie pas. vibre encore uns fibre sensible, et vous deviendreéz| Adieu ! vous tous que j’ai connus et qui avez une meilleur. Aimez comme on doit aimer et le chemin | part à mon affection ! Je redeviens l'orphelin, seulede la vie n'aura aucune aspérité menaçante, mais il | lement désormais Dieu sera mon père invisible. Je gra jonché de fleurs ; aimez comme on doit aimer, | ne crois pas que je perde dans mon nouveau tuteur, at le remord d’une vie déréglée ne viendra plüs tor | parce que c’est lui qui est le père de tous. Bientôt je turer votre conscience Sur votre couché fiévreuse | serai prêtre ! Le corps du Christ viendra sur l’autel que fuit le sommeil etque hante les mauvais songes ; | à ma voix ! Ah ! puis-je ne pas trembler à cette seule le sang de vos passions $'appaisera et la vie, d'enfer | pensée ? Mais je me console en pensant que Dieu qu'elle était, deviendra un séjour supportable où la | saura venir en aide à son indigne serviteur. Puissetil me conduire dans la voie de l’évangélisation des pauvres sauvages. C’est là que se portera mes désirs.
Le prêtre vit sous l’humble toit, au milieu de sa paroisse. Le missionnaire a le ciel pour couvert, quelquefois le dôme verdoyant des forêts vierges; une robe pour reposer sa tête, étant en cela bien mieux que Notre Seigneur qui n’en avait pas pour reposer la sienne. Il quitte tout pour se faire tout à tous. La voix des bois p” son cœur. La sainte simplicité de l'enfant des 18 à ses genoux le remplit de joie. Le flot, qu’il fait couler sur le front de l’idolâtre, lui fait couler des larmes de bonheur. Quelle vie comparable à celle du missionnaire ? Estce celle que mènent les opulents de la ville ? Est-ce
i la vie agitée et immonde de l’homme des ténèbres ?
plus vite le ciel...
Marie, tu m'avais donné ton cœur et je t'avais donné le mieux. Hélas! Dieu a voulu briser cette union de nos deux âmes en l’enlevant de ce monde; que ferais je donc désormais sur la terre ? Demanderaisje aux charmes de la nature, aux vents froide du nord, aux neiges du Pôle une guérison pour les blessures de mon être ? Ah! le cerf blessé erre en vain sur Ja montagne. Son cri plaintif fait fuir les autres animaur, etil meurt misérablement si quelques gros oiseaux ne l’enlèvent dans leurs serres. Non, non, je ue trainerai pas au milieu du monde une existence que me serait insupportable, puisque je n’y trouve: rais pas l’objet de mes désirs,
ÉD
Eb ! quel dévouement est le sien ! mais aussi quelle] YA CROIX DANS LE DÉSERT
couronne |
Comme le dit Casimir de Lavigne: ‘‘ La vie est ? : ; un combat dont la palme est aux cieux, ” Et le mis-| (Zruduit de l'anglais par Chs A. Gauvreau, À. B) siounaire le sait. ans à
Edward termina ainsi ses impressions. Il ne s’y ren-| ;, contre pas de ces cris de faiblesse du cœur. Le cœur parle sircèrement, parce qu'il est convaincu, et l’on voit qu’il ne se raidit pas contre lamain qui le frappe; qu'il ne murmure pas sous les coups qui brisent son âme. Le lendemain Edward quitta le Grand-Chef qui le pressa sur son cœur en pleurant ; travarsa au village de B... pour y revoir une dernière fois ses bons amis, puis il alla revêtir l’habit “es oblats,
Le soleil descendait rapidement à l'horizon. Près une tombe recouverte de gazon, un chef indien, mornéset silencieux, était assis. Les angçoissesavaient obscurci ses yeux qui ne pouvaient )lus verser de pleurs : ts ‘es deux sources taries par les rayons d’un sok prûlant. Ses bras étaient ployés sur sa poitrine, comme à la dernière heure, et son arc détendu gisait là-bas sur les remparts dont les ruines attestaient un vaillant combat. Sur cette tombe couverte de verdure et de boutons d’or, s'élevait une humble croix de bois. Elle apprenait à la nature, aux cèdres, aux pins du désert que là, sous cette terre, reposait le cœur et l’espérance d’un homme ; elle sernblait soulever de cette poussière une voix qui appe- SPILOGUE. lait à la prière.
A cette heure tout était tranquille ; les derniers rayons du saleil couchant se réflétaient mollement Le dénouement s'arrête dans la décision d'Edward |sur cette pierre humide. Dans le désert, cette plaine de revêtir l’habit du soldat du Christ. Red il immense, cet océan de sable aux rivages presqu'innous reste encore un dernier mot à dire. Le lecteur |finis, un voyageur, fatigué, s’avance en chancelant. aimera à connaître ce que sont devenus, à cette | Lui aussi, il s'arrête avec respect auprès de ce tom. heure, les personnages de ce drame. béau, se demandant quelle pouvai: être la cause de Le Grand-Chef, comme un vieil orme de la forêt, | ce monument élevé entre les forêts vierges et les s’est couché lentement dans la tombe. Il dort au | vagues brillantes des grands lacs. Alors, comme le champ de ses aïeux, sous l'égide de la croix qui|vent qui agite le chêne aux rameaux flétris, ainsi surmonte le clocher de la chapelle. Son rêve a ét6|les sons de sa voix réveillèrent le vieillard profon réalisé. Il eut pour suprème et dernière consolation | dément endormi. Puis le chef sauvage, à la tête blan: ici bas de voir son cher Edward assis à son chevet. |chissante, se levant tout à coup avec lenteur, dit au Il mourut entre ses bras. On peut dire qu’il lui ouvrit! ñouvéau venu :
les portes du ciel, ‘“ Le soleil a plusieurs fois disparu par delà l’ho- Quant à Edward, à peine ordonné prêtre, il fut|rizon depuis que je prêtai une oreille attentive aux envoyé au Nord-Ouest, Rapprochement étrange : Un | paroles qui passèreut par dessus ces ondes qui s’ésoir d'hiver, à l'heure où l’on aime à se livrer au | tendent devant nous. La voix de ces hommes de la repos. Edward fut appelé en toute hâte auprès d'une | prière qui rend les flots agités-somblables au gazouilmalade, C'était une misérable sauvagesse, sorcière |lement du ruisseau, s'est éteinte depuis longtemps ; d'une tribu, qui reclamai: les soins de son saint mi-| cependant lorsque ‘e parcours la trace de leurs pas, nistère. Cette femme avancée en âge, et dont la rai-|les murmures de la forêt semblent m'apporter leur son un instant perdue par la souffrance avait repris |souvenir. sa lucidité, c'était la “ Rose d’eau, ” qui lui prédit! ‘Tu me demandes peut-être quelle est cette maiun soir, à la Baie d’Hucson, le malheur qui devait |son solitaire dans le lointain ? Dans ma folle vanité amener tant de changements dans sa vie. 11 eut le | de jeunesse, je me comparais à l'aigle qui fend la bonheur de la ramener à de saintes dispositions. nue lorsqu'il vint sur ces mers poussé par les vents La ferme 8... est toujours triste et sombre comme | de l’été. Z! venait établir sa tente au Die de nous, un marbre funéraire. Dieu ne semble pas se hâter | sur :es hords verdoyants des grands lacs. La saison d'appeler à lui ces deux bons vieux qui n’eurent | des fleurs a bien des fois embaumé les airs depuis ge regret (et il en vai”:, plusieurs): la perte | Cette heure où sa maison flottante apparut à nos re- ’une enfant chérie. gards étonnés. Z{ne vint pas avec l'arc ni la lance Pour moi, je termine en disant au lecteur ces | du Chasseur pour poursuivre sur nos vertes collines vers d'Alfred de Musset : les daims aux pieds légers; non pour ravager la splendeur ténébreuse de nos forêts dont :/ respectait Vous qui m’ai.esserez une parole amie, les cèdres aux branches élevées jusqu'aux nues, Qui l’écrirez pent-être et l'oublierez demain, comme i/ aurait respecté une meule de foin; mais il vint ici pour y répandre la nouvelle des choses saintes, qui réjouissait nos Âmes, comme une douce J'ai le cœur de Pétrarque et n’ai point son génie, rosée sur une pauvre fleur flétrie au désert sous le Je ne puis ici-bas que donner en chemin : mt qu porn ees cf sirocco. Les soupirs des cy: : x près ne nous diront-ils pas comment nous rencon- Me main à qui m'appelle, à qui m'aime ma vie trâmes cet homme à la figure pâle, moi et mes CA. GAUVREAU, À, B, |frères! Mes frères! ils ont quitté la terre ; ils sont Islo-Verte, avril 1881. allé entendre sa voix divine sous ces arbres aux
Souvenez-vous de moi qui vous en remercie,
nées
feuilles leur tris “Zn chaînes nos cœu delà let paruns aïeux. F douceur de larmi venait Mais le | longtem biir peu cerf alté santes d ün rayo veux qu quoi l’es mais ma sombre, milieu d lui à l’h rlent & orte et soupirs ( nos orei
“ Pen de pouss eut pris.
sur la la g’abaissa tête reto son fron sans doi convulsi le naufr:
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“ Pou élevé cet Sauveur teint, au parsem cache au transper nommée avait Cot rivages | notre lai plus jete notre gl songes D
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ette maile vanité fend la les vents de nous, sa saison 8 depuis à nos rela lance collines vager la espectait IX nues, n; mais s choses 1e douce t sous le | des cyrencon-
et mes ils sont res aux
Lu puce; rrvc 207 varanrmep de Copie tin mtpenntenmtreerenbeemeramene
feuilles rouges, qui xemblent me renvoyer, dans leur triste murmure ls son de cette voix éteinte.
“Il nous parla d'uri être divin qui avait brisé les chaîues de la mort, et sa parole de feu embrasait nos cœurs dans votre poitrine; & nous dit que par delà le tombeau il y avait une terre immense dorée par un soleil toujours renouvelé, et qu’habitent nos aïeux. Puissent-ils y vider à longs traits la coupe des douceurs! Là, rien ne meurt; là les yeux n’ont plus de larmes ; là, on ignore les adieux déchirants, 2? venait pour nous conduire dans cette terre bénie. Mais le bonheur l’appelait : il ne pouvait rester plus longtemps au milieu de nous. Nous le vimes s’affaibiir peu à peu comme une fleur flétrie.—Comme le cerf altéré, il soupirait après les eaux rafraîchissantes des régions célestes. Son œil brillait comme un rayon de soleil; le temps avait respecté ses cheveux qu'entourait une brillante clarté ; c’est pour quoi l'espérance agitait encore nos cœurs tremblants ; mais maintenant le lac semble couvert d’un voile sombre, car l'été est venu et il! ne l’a pas trouvé au milieu de nous. Nous nous assemblâmes autour de lui à l’heure où les gcuttes de la rosée du matin
rlent sur les branches des arbres. Sa voix, d’abord orte et vibrante, s’affaiblit doucement comme les soupirs et les gémissements d’une mer, qui frappent nos oreilles dans le lointain.
Pendant ce temps le désert soulevait des masses de poussière et de sable, comme si l'esprit du vent eut pris des forces. Alors des mots confus s’agitèrent sur la langue du visage pâle ; ses blanches paupières g’abaissaient et se relevaient convulsi’ement; sa tête retomba en arrière et un sombre nuage couvrit son front penché vers la tombe. Tu n'ignores pas,
sans doute, comment so:t terribles les dernières convulsions du mourant s’attachant à la vie comme le naufragé à la planche de salut. C’en est assez! 2} tomba sur mon sein: l'ami qui nous aimait avait parcouru sa route; fatigué, t/ était arrivé au port où 2 doit se reposer de ses longs travaux. Nous l’enterrâmes près du lac aux eaux tranquilles. C'est là, quand le soleil allait disparaître et que la brise du soir rafraichissait lés airs, c'est là qu'il avait coutume d’aller prier.
“ Pour marquer le lieu où à repose, nous avons élevé cette croir, car sur cette croix, nous dit-il, son Sauveur était mort. Maintenant i! a sûrement atteint, au-dessus des monts et des vagues, cette terre parsemé. de fleurs, dont le gazon verdoyant ne cache aucun tombeau. Mais le glaive de la douleur transperce mon âme. Je pleure sur la brillante re: nommée de mon peuple ; elle a fui les lieux où elle avait coutume de briller; le sentier qui mène aux rivages les plus propices est connu des hommes, et notre langue est tombée, oubliée; nous ne pouvous plus jeter sur le passé, qu’un regard de tristesse : notre gloire ne nous apparait plus que comme ces songes brillants qu'on poursuil en vain au réveil. ”
Ainsi parla le vieux chef indien, Alors le voya geur, les yeux remplis de larmes, prit la parole et dit au vieillard: ** Enfant du désert, ne perds pas le divin lambeau de l'espérance, quoique les heures illustres, éclatantes te sembient enfuies et que le sombre nuage de l'esclavage menace de s’appesantir sur ta nation ; les secrets de Dieu sont inconnus aux
mortels. Cependant là où la moisson a été déposée, des fruits rougissants ne tarderont pas à se faire voir. Espère, espère toujours ! Quand l'hiver a disparu les vertes feuilles ne naissent-elles pas soudain ? Après les mois sombres et silencieux, quand au froiû a succédé la chaleur, les fruits ne sortent-ils pas de leur enveloppe ? Le chant des oiseaux ne réjouit-il pas la forêt ? Lorsque les froides chaînes qui retenaient les fluves captifs se sont fondues sous les baisers du soleil, les eaux ne coulent elles pas silencieuses entre leurs rives fleuries? Ne va pas croire que les paroles de vis qui ont été semées ici ne läisseront après elles aucune ‘race, comme un songe qui fuit, comme l'oiseau qui fend l'air, comme le vaisseau qui sillonne la mer. Les ténèbres qui enveloppent les montagnes aux sommets altiers seront bientôt dissipées et l'aurore d’un beau jour de prinlemps se lèvera evcore sur ta race. Bientôt le dégert, cette immense solitude, poussera des roses qui embaumeront les airs.