‹ Les épreuves d'un orphelin [microforme]Chapitre 2 sur 19 · F, GARNEAU · texte numérisé non relu

F, GARNEAU

A plus de soixante lieues de Québec, sur la rive Nord du fleuve St-Laurent, habite un parti sauvage Montagnais. Enfants dégénérés d'une race autrefois guerrière et redouta ble, ils ont enfoui dans la terre le tomahack de leurs pères pour conserver leur vie libre et indépendante. [ls n’invoquent plusles mânes de leurs aïteux les ‘ Jongleurs.” Ces suppôts de Satan ont disparu devant la Croix; ils ont rejeté ces croyances monstrueuses, qui rappellent les tables des Anciens, pour embrasser la vraie foi.

Dès le berceau de la colonie, les Montagnais se montrèrent fiers de l’amitié des Frangiis. En ces temps pénibles, où les colons lultaient d'une main contre les Iroquo:s, et de l’autre défrichaient le sol.

le peuple Montagnain demeura fidèle, C'était une

nation aussi brate et redoutable pendant la guerre, que douce et hospitalière pendant la paix.

Maintenant qu'une nouvelle auréole brille sur notre patrie, «t continuera de briller, si des hommes sans patriotisme et sins cœur ne la ternissent pas; maintenant que l'Iroquois féroce ne vient plus braver de son chant de guerre le fort de Québec, devenu puissante citadelle; maintenant qu'il ne se dissimule pas dans l'ombre pour faire de nombreuses victimes, les Montagnais ont regagné le territoire de leurs ancêtres. Tianquilles, loin des grands centres populeux, près des torèts leurs berceaux, ils vivent contents de leur sort. Leur vie est pénible, laborieuse et dure: ils y sont accoutumés.

A jeine l'hiver atil convert les feuilles mortes, tombées à l’automue, le Montagnais dit adieu à sa petite chapelle, et prend ie chemin des pays d'en haut, pour le lerritoire de chasse. Bon pied, bon œil, il s’avance à plus de 600 lieues dans les terres, cher chant le gibier et les animaux aux riches pelages. Il aronte la misère, les privations et la mort; il sent souvent la faim déchirer sa poitrine en feu ; il meurt, quelquefois, jrivé de tout secours. Le temps de la chasse fini, il reprend le chemin de la * Bourgade. ” 1! y passera l'été à se reposer des fatigues de son lointain voyage, tuant le temps par la pêche et la fabrication ae canots sauvages, recherchés à cause de leur lé èreté et de lenr commodité,

Deux jours après la fête dont nous avons parlé dans le chapitre précédent, une scène bien émouvante se passait dans un de ces postes sauvages, situé vis-à-vis la paroisse de R.... Les ombres de la nuit enveloppent la terre, et pourtant l'heure n’est pas avancée, Cest que le ciel est convert de gros nuages noirs poussés par un vent furieux, L'atmosphère est lourd et pesant, de rares étoiles s'offrent parfois aux regards à travers les interslices des uuages qui roulent dans l'espace. La mer, soulevée par le vent, semble gênée dans ses étroites bornes, et ses gémissements vont troubler le silence de la forêt. Les vagues écumantes, semblables à des Titans, se dressent vers le ciel, comme une horrible menac>. Tout, daus la rature, semble revêtir un cachet de deuil immense. Le sauvage, enfantdes bois, est ivfluencé par cette tempête qui s'élève sur l’onie etsur laterre, Soudain les sons d’une cloche viennent mêler leurs notes plaintives aux gémissements de la mer, aux sifilements de l'ouragan déchainé, C’est l'heure du repos qu'annonce la cloche de la Chapelle ; il taut réciter la prière du soir, Aussitôt un essaim de tètes agitées se fait voir à l’ouverture des tentes, Tous se mettent à genoux; au milieu d'eux, le chef de famille rérite à haute voix la prière que leur a enseignée la Robe-noire ou le ‘‘ Père.”

Vous qui me lisez, arrêtez-vous un instant. Il est des scènes qui se co npreunent, mais que la plume ne peut renud'e. Arrêtez-vous, et considérez en esprit ce tableau digne de Michel Ange et de Murillo. Qu'était, il y a déji des s'ècles, celte tribu Montaguaise? Un peuple barbara et grossier, livré au culte des idoles les plus monstrueuses et ‘assis à ombre de la mort: in wnbra mortis sedent.'' [ls ne recevaient el Le connaissaient de règies que celles de la naturo, suivant toujours les inclinations bonnes où mauvaises de leur propre cœur, Aujours

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d’hui, tout est changé: Les missionnaires du Christilui échappe: Un corps humain! une femme te-

ont accompli leur œuvre. Voyez ces enfants des bois : dans leur rœur, simp'e comme eux, sur un autel sacré, la Foi règne en maîtresse Voyez ce noble vieillard entoure de ses enfants. 11 ne fait pas de sacrifices aux mânes sacrées de ses pères; il n’açaise pas les esprits des Ténèbres, le manitou du mal; au contraire, ce bon vieillard est à genoux, tête nue, sous le regard de Dieu que le Père lui a fait connaître Pendant que le vent sie et que la mer se brise, il s'échappe de son cœur un encens divin que Dieu ne dédaigne pas, car il prête l'oreille à la voix du plus humble de ses enfants : qu'il soit un pauvre enfant des bois ou un grand de ce monde. Ah ! qu’il fait bon vivre au milieu de ces sauvages. Tout y réjouit le cœur et élève l'âme, Là, on oublie le triste spectacle que nous offrent les cités modernes; là, nous jouissons d’une belle nature et nous respirons à plein poumon cet air que la ville nous refuse ou qu'elle vicie; là, pour nous enchanter, tout est mis en usage: le parfu:n des forêts, les senteurs du sapin mêlées aux âcres odeurs du salin—tout cela nous fait respirer à l'aise, fait reparaître aux joues les eouleurs perdues au sein de la ville.

A peine la prière du soir est-elle achevée, qu'un coup de canon fit tourner toutes les têtes vers ja mer, Une faible lueur, augmentant sensiblement, apparaît aux regards des sauvages élonnés. Puis deux coups de canon, trois... quatre... Evidemment il y a quelque danger en quelque part, On entoure le chef qui demeure impassible ; son œil interroge Ja mer livide.

Allons camarades, dit.il, des frères se noient; sachons les sauver, et le Père nous en remerciera. Que les plus braves me suivent.

Il n'avait pas fini, que douze hommes l’entouraient. Reste ici, lui disent-ils; n’expose pas tes cheveux blancs, qui nous ont guidés toujours avec sagesse ; veille sur nos femmes et nos enfants, si Dieu nous éprouve. Ils s’élancent alors sur la crête des vagues avec leurs canots fragiles ; 1ls disparaissent bientôt eutre ces vagues qui ressemblent à des tombes béantes, attendant une victime pour se refermer sur elle,

Que Dieu vous protège, nobles enfants! murmura le chef Montagnais, et il s’assit entouré du reste de la tribu.

La lueur n'était plus qu'un incendie aux flammes crépitantes qui montaient vers le ciel, pour se disperser ensuite au loin, emportées par le vent. Pius de doute possible : un vaisseau brûlaiten mer ; des malheureux luttaient contre une sort horrible. Les canots sont aux prises avec les flots furieux. Les sauvages, confiant dans la bonté de leur cause, oublient les dangers présents et luttent avec éner gie contre la tempète.

Nous arriverons trop: tard, dit l’un des sauvages.

Nous aurons fait notre devoir, répond laconique. ment le voisin ; et ils continuent leur périlleux vo yage.

Soudain, la flamme s'éteint peu à peu, et le canot d'avant vient sur le point de chavirer eu heurtant une épave. Sans en connaitre la nature, le sauvage d'avant la saisit et la monte hors de l’eau, Un cr

vant un enfant dans ses bras! leurs personnes sont inanimées, et la vie semble avoir quitié ces deux corps inertes. Un faible cri, poussé par l'enfant, leur donne l'espoir de n'avoir pas retiré deux cadavres,

Nou: avons notre charge, nous nous en reltournerons, dirent les deux Montagnais.

Les antres guerriers, après avoir tenté en vain d'aller plus loin, convaincus de l'impossibilité de lutter plus longtemps sans exposer leur vie, revinrent vers la bourgade où venaient d'arriver leurs devanciers, avec leur‘précieux fardeau.

Aussitôt on s’empresse de transporter les naufragés sous ja tente du chef. Il habite’seul sa tente avec une indienne qui compte maintenant ses heures.

Le feu pétille à la porte du wigwam: on réchauffera les membres des naufragés, s'ils sont encore vivants On les dépose sur un lit de sapins frais ; on tâte leurs poulx, et on a l'espoir de les sauver, car la vie se fait sentir. On les ranime au moyen de cordiaux connus des ‘ vieilles ” de la nation,

A peiue la pauvre femme eît-elle connaissance de son état, qu'elle s’'écria: Mon Dieu! mon enfant. Voyant qu’il lui souriait, elle le pressa sur son cœur, en fermant les yeux. Mon Dieu! dit-elle, est-ce un rêve ? Où sommes-nous ?—Chez des frères, lui dit le chef, soyez tranquille.--Ah ! je sens la vie s’éteindre en moi. Mon Dieu, pourquoi m’eulever si tôt 1 Edward, mon eniant, einbrasse ta mère et donne moi la vie, pour que je veille sur toi! Elle dit, et ses bras fatigués s'ouvrirent, et sa Lèle retomba sur le sapin.

Les cris de son enfant la ramenèrent vite à sa raison. Faisant alors un puissant effort pour s’accouder, elle fit signe au chef qu’il demeurât seul, qu’elle voulait lui parler sans oreilles indiscretes.

Le grand-chef, demeuré seul, s’approcha avec respect de cette femme pâle et déjà sur le revers de la tombe, Fleur à peine éclose, elle allait selon toute epparence se fermer avant la fin du jour. Ses heures étaient comptérs ; elle avait déjà trop vécu.

Approche, dit-elle au chef, et daigne prêter l’areille à ma faible voix. Permets moi de te faire le récit de ma vie: Dieu m'en donnera le temps. Mon nom de famille est Carry Student. Entraînée vers le le théâtre, comme actrice, j’oubliai, dans le tourbil-

lon du monde, la foi de ma famille ; car j'ai été ber- ”

cée sur les genoux d’une mère chrétienne, dont malheureusement je n’ai pas toujours suivi les bons conseils, Courtisée par un jeune homme riche, élé gant, possédant de belles manières, j'ouvris mon cœur aux accents perfides de cet ami dont je ne soupçonnais pas les mauvaises qualités. Dans un moent d’oubli, sans même consulter ceux qui pour. raient me rensoigner sur la conduite de ce jeune homme, j'acceptai sa main ; je jurais fidélité pour la vie à celui qui portait le nom: Edward Barrington. Lui, il m'avona son amour, me jura aussi fidélité ; mais sa bouche mentait, Quinze jours après, il était déserté; il me Jaissait seule, en face de la réalité, sans appui, sans secours. Que faire ? Mendier! moi qui avait mis des diamants sur ma tête et des bracelets à mes bras, je iendrais la main pour implorer

Ja charité ?

se résoud!

l'or à pleit bouge s'of abreuvés € mon honn:

cipé, La malal basse ; la v nima en pd me sens fa chies tout Je me d4 tude s'écla m'envoya lèrent sur nocent. Il 4 vint à souf Dieu |! deu cfficer tou Un soir, journal fra lus ces mo est en cet émue. Ah verserai la montrant Le lendem vaisseau m de Madame bonne pou mon cœur | Nous vo soir, et c’ Anos cabine vent, qui 8 un ouragal Ace qui nou un volcan « à une heur lies vagues faible d’abc pour pouvc vorèrent b toutes les i mâts du n Mieu les cor entre le ci l'immensité mous gagné able, La naufr neurs | mo Un bouil Minima ct lu:

Voyant “ans mes E Emportez t aimer et cc ma prière, dans ses ar he tarda pa quelque te outenais !

est ce qui

GAZETTE DES

la charité ? La cantatrice autrefois applaudie, adulée, se résoudiait à d'mander l'anmône ? elle qui remua l'or à pleine main, Non, non; plutôt la mort, Un bouge s'off a. L à ma vue! irai-je y finir mes jours abreuvés d’amertume ? Non, je ne veux pas vendre mon honneur : la vie de tavernes, est un enfer anticipé.

La malade prononga ces dernières paroles à voix basse ; la vie s'éteignait isensiblement, Elle se ra nima en portant à ses lèvres un breuvage amer, Je me sens faiblir, dit-elle au chef, il faut que vous sachies toute ma confession :

Je me décidai à travailler à l'aiguille, et ma solitude s'éclaira par la présence de cet ange que Dieu m'envoya pour consolation, Ah ! que de larmes cou lèrent sur mes joues pour tomber sur ce visage innocent. Il aurait dû être heureux, mais il fallaitqu’il vint à souffrir, à expier les fautes de sa mère, Mon Dieu ! deux années d'expiation! Estce assez pour cfficer lout au Livre de Vie?

Un soir, mes yeux tombèrent, par hazard, sur un journal français, venant du Canada, et terrifiée, j'y lus ces mots : “ Edward Barrington, riche anglais, est en cette ville. ’’—C'est lui, m'écriai-je, toute émue. Ah! je connaissais enfin sa retraite. Je tra: verserai la mer, j'irai me jeter à ses genoux et lui montrant mon fils, ilne pourra pas nous chasser. Le lendemain même, je prenais place à bord d’un vaisseau marchant, en qualité de femme de chambre de Madame Belvoir, femme du capitaine. Elle fut bonne pour moi ; me consola, en faisant luir dans mon cœur le flambeau de l'Espérance.

Nous voguions depuis près d’un mois lorsqu'un soir, et c'était hier, on nous fit desrendre dans

nos cabines. La mer était houleuse et livide. Le

vent, qui sifflait dans les perroquets, nous prédisait un ouragan terrible. Qu'était-ce en comparaison de

un volcan en ébullitior, sans qu’on le sût. Oui, hier à une heure du soir, notre vaisseau, luttant contre

CAMPAGNES ÿ

Maintenant, vous savez le reste. Dieu a écouté la riére de son indigie servante, Je meurs résignée

sa sainte volonté : c'est lui qui nous a conduit sous celte tente hospitalière, Ah! grand Chef, je me seus mourir, Il me semble que Dieu t'a donné un bon cœur; écouteras-tu les dernières paroles d’une mère, Loi qui as connu les douceurs de ce nom? Eh bien! ma voix mourante te demande de veiller sur mon enfant; 1evèle lui le secret de son existence, le nom de sa famille, que lorsqu'il sera devenu grand. Les preuves de mon mariage et de sa naissance y sout soigneusement enveloppées dans les langes du cher petit. Qu'il cherche son père, qu'il l’aime et qu'il lui dise que sa mère est morte sous la tente d’un enfant des bois; que sa dernière parole fut celle du pardon.

A peine le vieux chef, les yeux pleins de larmes, eût il promis d'exécuter les dernières volontés de la naufragée, qu'elle perdit l’ustge de ses sens. Un nouveau cordial lui rendit l'esprit plus lucide; elle demanda son enfant, tandis qu'on envoyait chercher le missionnaire. Elle prit l'enfant dans ses bras défaillants et le couvrit de baisers. L'innocente #réature lui souri:il et sa pelite main frôlait la joue, déjà froide, de sa mère. Ah! je voudrais vivre pour toi.... Je vais ouvrir le chemin, là haut; je vous attendrai tous deux,...«

Comme elle achevait ces paroles, le Père Missionnaire entra dans la cabane sauvage. Le regard du ministre de Dieu inspire la consolation et l’es2érance. 11 a dit adieu à sa famille, pour se faire tout à tous; depuis bien des années il annonce la pa. role de vie, sous la tente d’écorce ou à l’ombre d’un sapin géant Le sauvage le vénère, parce qu’il se sait aimé de lui. Le sauvage peut donner sa vie pour le Père, car il sait que pour ses enfants la Robe-Noire peut sacrifier sa vie, son sang. Arrivé

Bce qui nous attendait? Hélas! nous dormions sur|au chevet de la malade, le bon Père l’exhorta à

avoir confiance en C:lui qui se fait un plaisir de vivre au milieu des hommes, et dont l’amour im-

les vagues furieuses, était dévoré par un incendie, | mensa le conduisit sur un infâme gibet, trop digne

Miaible d’abord, mais ignoré et bientôt trop intense

pour pouvoir espérer le maitriser. Les flammes dé. vorèrent bientôt l’entrepont, et, s'élançant à travers toutes les issues, couraient en serpentaut le long des

ble, La naufragé» porta la main à sa poitrine. Je me neurs! mon Dieu, donnez-moi la force de tout dire. Un bouilion bien chaad, qui lui fut donné, la ra-

nima ct lui permit de continuer.

Voyant que tout était peiss je pris mon enfant fans mes bras, et Je suppliai le ciel de le protéger. Emportez moi mon Dieu, mais qu’il vive, lui, pour aimer et connaître son père, Je n'avais pas terminé ma prière, qu’une mer énorme, nous enveloppant ans ses anneeux, nous lança loin du vaisseau qui he tarda pas à disparaître. Je perdis connaissance, quelque temps après; mais je me souviens que je outenais mon fils, av-* \us des mers furieuses : est ce qui le sauva

encore d'un scélérat. Après l'avoir confessé, il lui administra les derniers sacrements, IL fortifia ses

|membres, pour entreprendre sûrement le chemin |qui mène de la vie à l'éternité.

mâts du navire, et léchaient de leurs langues de | feu les cordages et les voiles. Que faire ? Suspendus | entre le ciel et l’eau: l’immensité sur nos têtes, | l'immensité sous nos pieds; en face, l'incendie qui | mous gagnait : partout la mort, mort horrible, effroy- |

Je puis mourir maintenant, dit-elle, en posant ses lèvres décolorées sur la bouche rose de son enfant qui ne comprenait pas le sacrifice du cœur de sa mère. Le sang se glaça dans les veines de la moriponde ; des bourdonuements confus obstruaient son cerveau a!bli par tant de souffrances. Ses lèvres s’agilaient “9e: sans doute une prière s’en échar-

ait,

; Ah! le cœur d'une mère n’est qu’une prière : malheur à celui qui ne le comprend pas. Elle priait pour son enfant. Enfin le délire s’empara bientôt de son esprit. Ses bras décrivaient des cercles dans l'air; ou bien, de sa main droite, elle semblait repousser une vision, un sp'ctre hideux. Sauvez mon enfant, cria-telle soudain..,... les vagues nous creusent un tombsau.... dward Barrington..., je te pardonne..., mon cœur t’aimera toujours. ..,

u as ab'euvé de fial et de vinaigre l’aurore de mes jours; tu m'as fait connaître les larmes de la misère, à cet âge où notre cœur se berce de mille chimères ;

ront soucie sence de sc drait bien | le travail & regarde all parait à ses

tu as emprisor né ma vie par ton lâche abandon... , | vrais amis n'est pas superflu, et où il est indispen: Eh! bien, je venx me venger de toi.... sois heu-|sable de prendre Dieu pour témoin. Aussi, nous reux: Je l'aime! voilà mes dernières paroles... |souviendrons nous longtemps de ces noces chré-

Veillez sur mon ange.... Je meurs... tiennrs que nos lecteurs connaissent déjà, où nos Arrivés e Les yeux démésurément ouverts, une écume | deux fiancés, assistés de leurs familles et de leurs avec ardeu: blanchätre sur le bord des lèvres, les sueurs perlant [nombreux amis, priaient à genoux, côte à côle, tan-Wjiendemain

demain il pi jetés sur le roulentaut d'y faire des rendent le !

des senteu leurs conce sement des gnée, coul:

êle en ur

à ses lempes et sur son front, la moribonde luttait [dis que leurs anges gardiens semblaient se donner contre la mort. Elle n’était pas assez forte, il lui la main, fraternellement, au dessus de leurs têtes. fallait s'avouer vaincne; un soupir souleva sa poi-| Et maintenant ils récoltent dans la joie les fruits trine oppressée, ses mains demeurèrent immobiles, | de leur sagesse; et si le mariage n’est pour eux le ses yeux se ternirent pour toujours: son heure|paradis. c'est du moins un assez doux et facile purétait comptée. Elle avait vingt deux ans: l’aurore|gatoire, où Dien les visite et les soutient, en attena Po je dant qu'il les introluise dans le paradis véritable. en lenterr ue orisage, À ombre dure humbo| anétrons, pour an instant, chez no jeunes amis: ne voyons ce qui se passe À l’intérieur du ménage et

R. I. P. sur la ferme. Le coq de la ferme ne s'est pas encore A CARRY STUDENT tait entendre, etcependant Henry respire déjà l'air prie pe | NAUTRAGÉE pur et embaumé du dehors, Il s'était levé de bonne & LA “i g heure pour aller au champ, car c'était la saison des de ER

12 juin 18,,., foins. Le ciel est pur de tout nuag»; l'aurore a fait Les Sauvaces MonraGwais. | place au soleil dont les premiers rayons dorent le sommet d 8 collines voisines. Tout s'éveille dans lo III village, car l'Angelus, parti du beffroie de la maison de Dieu, a donue le signal que tous doivent donner J0185 DU FOTO ROMSFTIQUS. leur cœur à Dieu et lui offrir leur journée, avant de commencer le travail: c'était aussi le même signal} qui, chaque matin, réunissait cette petite famille dans le but d'offrir une commune prière au Maftre divin; Henry accomplissait cette tâche avec la plus grande exac'itude, car jamais il ne manquait do$ Maintenant Mme $... a suivi son mari dans une de de Nu Les tte Der fes ci belle petite maison, bâtie près de la mer, sur une En même temps que les travail “dla ah petite éminence, et non éloignée de l'église. Elle est| 1403 leur la" gage, Late M dE . : Le devenu maîtresse de la ferme, el compagne insépa GADMACIRANNANS DUT Pre TS TNERNN QUES PSARQU rable de celui qu'elle aimait, Tous deux, fort de l'âme d’un bonheur secret, Partout une nature riante leur amour, ils ont entrepris les combats de la vie. | ° harmonieuse : tantôt la mignonne allouetée, fen- S'aidant l’un l’autre, ils applaniront les aspérités de | d21t le ciel de son vol rapide, jette aux es + cette voie douloureuse qu'on nomme Ja vie. Ils ne ciel ses not: saigh?s ; tantôt de gais rossignols, sp a8 se font point illusion ; ils savent que si l'avenir leur dans une talle d Pit) Sp PA LEUR Far promet des Joies bien douces, il leur cache aussi bien A l'oreille g'Amaipe (6: Iours HSANEGEUES FM des peines et des chagrins. Mais ne sont-ils pas deux ? PAONIe6, x A deux, l'âme est forte contre l’adversité ; à deux. A la ferme, les charettes se rangent; les travail. les torrents des malheurs déchaînés ne nous en-|leurs, une fourche à la main ou un râleau sur l'étraînent pas ; à deux, on est ferme comme le roc| Paule, se préparent à partir pour monter aux champs. battu par les flots. Le village va rester presque désert: les femmes au Le soleil de juillet est déjà disparu ; août arhève| ménage, et les enfants à l'école, de parcourir ses trente et un jours. C’est à la fin de| A la ferme de Henry, tout est prêt au moment où ce mois, C’est-à dire près de trois mois après le nau. | l'astre du jour apparaît, Eliza est sur le perron, Henfrage, que nous retrouvons Henry et Eliza au vil-|ry était venu lui faire ses adieux de la journée ; ses lage de B.... cheveux sont dénoués, 81 toilette n’est pas encoré Que la jeune femme semble heureuse, que son|faite, quoique sur semaine les soins qu'elle y apmari paraît content. Sans doute ils ont leurs soucis | porte ne demandent pas un grand ppt car d'ordiet ils auront même leurs chagrins, car nulle exis-| naire ses vêtements ont le cachet de la plus grande tnce humaine n’en est exempte ; mais, appuyés l’un|simplicité; si elle n’a pas le corset à la mode, la sur l’autre, il trouveront les moyens de les suppor | robe à longue traine, si les pendants d'oreilles ne! ter, comme ils goûtent mieux ensemble aujourd’hui |lui touchent pas aux épaules, elle a du sang dans le eu de miel que Dieu met au bord de la coupe, |les joues, et dans ses yeux brillants on voit La santé, pour nous aider à boire courageusement jusqu’au | Elle est forte et elle pourra remplir la tâche qui fond les lies amères de la vieillesse. lui incombe par son titre d’épruse bonne et dévouée, C'est que ceux-là se sont mariés à la bonna ma | Elle va demeurer à la maison pendant toute la jour: nière, ne rêvant point de félicités chimériques, mais|née, car son mari ne doit pas revenir avant le sou sachant que le mariage est d'institution divine, un/|per, c’est-à-dire au coucher du soleil, La tâche d’E. bail qu’on ne peut résilier, une affaire grave où le|liza sera bien remplie, car la veille au soir elle a dis

. regard den parents eat nécersaire, où lo opel] den posé son travail pour le lendemain, Gependant, À #0!

2L'une d'elle et Petit Lo:

mande. Il:

cœur en én bonnes qu d'autres de çon, par jal parler de se d’épingles n Miance. Une avec le plus té une livré rée dont el] En somme, caquelage, eur le dos d

Pendant quets anim çants ; le fo ou bien en] disperse pl midi va b:e

Les voitt fournir les auf augme ruissellent outre, les #marcher le comme dar

C'était l'heure où les bois s’éveillent aux rairages

Des ruisseaux babillards et des oiseaux sauvages,

Ou du soleil levant les radieux reflets

Redonnent leurs couleurs aux feuilles des forêts, PAMPH LeMaY.

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— Ah! € — Avez- — Mais chantre à Et puis le c'était un 4

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ront soucieux, même à son air, on juge que l'ab sence de son mari lui pèse sur le cœur; elle voudrait bien le garder auprès d'elle, mais il faut que le travail se fasse, Elle lui dit donc adieu, et elle le regarde aller jusqu'au détour de la route: là il dis parait à ses regards,

Arrivés aux champs, tous se mettent à l'ouvrage avec ardeur; car le temps est précieux, puisque le 1lendemain est incertain : aujourd’hui il fait beau et demain il peut pleuvoir, Aussi les capots d’étoffs sont jetés sur le revers des fossés, et les mouchoirs s'enroulenlautour du cou, pour empêcher les moustiques d’y faire des piqûres qui, chauffées par le soleil ardent, rendent le travail insupportable. L'air est embaumé des senteurs du foin, Les oiseaux ne co:sent pas leurs concerts; le bèlement de la brebis, le mugis sement des bœufs, le bruit d’une rivière non éloi gnée, coulaut sur son lit rocaïlleux : tout s’entre nêle en un concert harmonieux et plein d'ivresse pour une âme qui sait comprend'e les beautés de la

Mnature, Les jeunes filles ne démentent pas leur

sexe, et à plus d’une leurs langues vont aussi vite, sinon plus vite que les râteaux dont elles se servent L'une d'elle a pessé la veillée chez Colas, au village, et Petit Louis à Pierre Côté lui a faite la grande de. mande. Il n’en fallait pas plus pour lui mettre le cœur en émoi, aussi elle ne cessa pas de varter les bonnes qualités de son prétendant, tandis que id'autres de ses voisines l’abrillaient de la belle fa çon, par jalousie sans doute ; car on le sait, il faut parler de se marier pour se faire critiquer : les coups d’épingles ne manquent jamais en pareille circons tance. Une autre des jeunes filles a été * commère ”? avec le plus beau gars du faubourg, qui lui a acheté une livre de ‘ peppermein, ” et utie épingle dorée dont elle ne se servira qu'aux jours de fêtes En somme, surtout pendant la collation, c'était un caquetage, un bruit de langues tombant à l'envie eur le dos du prochain.

Penäant que l'on jase ainsi, les grillons et les cri quets animent l'air de leurs cris monotones et perçants; le foin est amassé en “ ondains ? bien alignés, ou bien enlevé eu l'air par les fourches; la brise le disperse plus mince sur le champ, où le soleil du midi va b'entôt le sécher.

Les voitures s'emplissent à vue d'œil; et pour fournir les bras vigoureux qui chargent le foin, il auf augmenter de vitesse, malgré les sueurs qui ruissellent eur le corps et perlent au front. En outre, les fillettes trouvent toujours moyen de faire marcher leurs langues qui ne se fatiguent pas, et comme dans la chanson :

Et quand elles auront tout dit, Elles n'auront plus rien à dire.

— Ah! qu'il fait chaud, dit l’une ; cela me rapelle la jouruée du 11 juin. Tu te souvieus Emma, e soir qu’il y eut un grand feu sur la mer, pendant

Ja tempête qui éclata si vite, vers six heures.

— Ah! oui, je m'en souviens. J’eus assez peur |

— AVEZ-VOUS su Ce que c'était ?

— Mais oui. M. le curé l’a dit au père Jacques, le chantre du chœur, C'était un vaissean qui brûlait. Et puis le corps qu'on à trouvé à deux lieues d'ici, c'était uu dès Loyés.

— Que c'est triste! dit une petits brune, à l'air mélancolique, que c'est dons triste de mourir noyé! Je ne sais p's si on a le temps de souffrir ? J'aimerais mieux mourir dans mon lit: on a M. le Curé qui “ous apporte les consolations de la religion ; de plus, nos parents qui prient pour nous autres. C’est moins triste,

La conversation fut soudainement interrompue par un appel des hommes : l'heure du diner était arrivée. Là bas, pres d'un petit rocher, le feu pétille, Une grande marmite bouille au dessus: c'est le repas suceulent, Les estomacs, excités par le travail, crient famine ; et la marmite va soutenir un siége de la part de ces gaillards robusies, aux appétits voraces. Chacun se met à l'œuvre, et les langues demeurent coites. Il y a de l'ombre, on s'y rafraishit; un ruisseau coule tout près, on va s'y désaltérer. Le repas terminé, on reprend de nouveau l'ouvrage avec vigueur. Le foin s'entasse dans la grange, et la riante verdure des champs va toujours en augmentant. Ce tapis de verdure, cette masse de foin repose agréa:

blement la vue. puisqu'elle annonce une bonne ré-

colte et une abondante nourriture pour lesenimaux.

Quand l'Angelus du soir eut jeté dans les airs ses votes douces et expressives, quand le soleil sembia s’eufoncer derrière les limites de l’norizon, les travaillants abardonnèrent l'ouvrage et reprirent le chemin de la ferme. IL en eût 616 autrement si des brouillards épais eussent menacé de mettre en danger le foin abattu par la faulx; le travail aurait été prolongé afin de mettre le foin en sûreté. L'heure du repas était sonnée pour ces gens fatigués d'un dur eltlourd labeur, Eliza, impatiente, vint au-devant de son mari, tandis que tout est près pour le repas du soir. Comme elle était heureuse de revoir son mari! Elle ne cessait de lui sourire, et de lui dire que pour elle la journés avait été longue. Maintenant je suis, heureuse, disait-elle, je l'ai auprès de moi. En effet, ils étaient heureux, car ils savaient se comprendre: leurs deux cœurs n'en faisant qu'un. Après le souper, les engagés prirent c racun leur côté. Les époux, demeurés seuls, entrèrent dans un livre les opérations de la journée ; le mari celles du dehors, et l'épouse les produits qu'elle avait obtenus de sa laiterie et de sa basse-cour, de même que les ventes et les achats de la journée ; puis ils en faisaient tous deux la ré. capitulation. C’est un travail qu'ils ne manquaient jamais de faire chaque soir. Ensuite ils se livraient à la lecture €e journaux d'agriculture et autres livres qui pouvaient 1 sinléresser e lesinstruire; ils en faisaient même ja lecture à leurs engagés, Ils n'avaient que faire d'assister aux bals ou autres dévertissemeuts, le séjour dans leur propre foyer leur suffisait. Des amis, ou bien la jeune sœur d'Eliza, venient parfois prendre une partie de Cartes; mais le plus souvent ils étaient seuls avec les serviteurs qu':ls s'appliquaient à instruire,

Ah! que les moments élaient cour!s et heureux pour ces deux ânes si étroitement unies, Ah! que leurs prières devaient &.re agréables à Dieu, L’encens du sanctuaire n'est pas plus parfumé que ne l'etaient les soupirs de leurs cœurs purs, Cependant la joie n'était pas complète. [ls s'aimaient, c'est vrai. Maisil manquait une chaîne pour réunir en un seul poiut ces deux amours communs ; il mau-

po ren mqe-mes

quait une fleur à ce parterre terrestre. Dieu devait exaucer leurs soupirs, écouter leurs prières. Un ange devait venir augmenter ce ‘oyer de bonheur. Son apparition devait être saluée avec autant de joie que l'apparition d'un rayon du soleil dans une pauvre mansarde,

Noël et ses solennités étaient passés. Une nouvelle année avait ouvert ses portes, quand cet enfant tant désiré vint trouver place au foyer domestique. C'était une petite fille, blanche comme un lis de la vallée ouvrant ses pétales au malin d’un beau jour, Ses petits cheveux étaient châtins: le temps Gevait les rendre noirs conme l'aile du corbeau ; ses yeux étaient bleus. Elle reçut au baptème le nom de ‘ Marie-Aimée. ” A partir de ce moment le bonheur auraitété parfait, si les craintes qui peuvent naître d'une existence si fragile, n’eus sent pas assailli le cœur d'Enza. Son enfant! c'était sa vie, c'était son âme; c'était le fruit d'un amour pur et tendre, aussi agréable à Dieu que la prière d’an enfant ou d’une jeune vierge encore à l'aurore de la vie. C'était le lien qui allait les unir plus étroitement encore, en concentrant leurs pensées et leurs y sur cet enfant plus rose que la mousseline qui le préservait de l'atteinte des mouches pendant son sommeil.

Marie-Aimée grandit à l'ombre de l'aile maternelle. Ah! de quels soins son enfance ne fut-el:e pas entourée! Combien de fois le cœur de sa mère ne trembla-t-il pas de crainte, à la vue de cer enfant qui semblait lutter avec la vie! A mesure qu’elle avançait dans la vie, les forces physiques se développaient de plus en plus, et à l'âge de douze ans Marie-Aimée, bier portaute, suivait ses compagnes au catéchisme de première communion. Elle eut donc le.bonheur d'être admise au banquet des anzes;

our la première fois, elle put presser sur son cœur

elui qui avait pressé sur 807 sein le Disciple bienaimé; pour la premitre fois, son âme candide et innocente prenait part au festin des anges et rece vait dans son âme le Pain des forts, le soutien des faibles, ce remède des âmes qui se sentent fa'blir dans le chemin de la vie. Ce fut pour elle une belle fête ; aussi son souvenir devait-il demeurer toujours gravé dans les replis de l’âme où le sombre oubli ue saurait pénétrer.

Quel jour heureux, que celui de la première communion |! On a vu des génies qui planaient sur tout un siècle, qui avaient inssrit en lettres d’or, sur des monuments de bronze, les noms de leurs virtoires, s’écrier, à l'admiration de tout l’univers : ‘ Le plus “ beau jour de ma vie, ce n’est pas le jour de telle “ victoire, de tel triomphe, mais bien le jour de “ma première communion. ” Ces paroles brillen sur leurs tombeaux, d’un plus bel éclat que les lauriers qu’y ont entassé les victoires à jamais célèbres ; elles valent mieux que les couronnes d’or au sommet de leurs monuments funèbres. H'ureux celui qui ne voit pas, sans verser des larmes de joie, ce cortège saint qui, à chaque année, dans nos églises, est convié pour la première fois au banquet sacré. Eh! qui peut demenrer sloijue à la vue de ces vierges timides, qui, vêtues de blanc et les yeux voijés par la pudeur, s’avancent vers la Table Sainte. Yoyez-les, ces jeunes enfants: leurs yeuxsont mouil-

lés de douces larmes ; ils marchent à ia file, et leurs lèvres s'agitent dar sune prière, bien belle aux yeux de Dieu et que les anges recueillent dans des encensoirs d'or, À ce moinent sublime, le silence règne dans le sanctuaire, puis une voir, partie des voûtes, vient remplir les yzux de larmes bien douces: c’est la voix de l'orgue dont les flots d'harmonie par courent la nef et jettent l'âme dans une contemplation mélancolique; c'est la voix d’un ange, douce, plaintive et carressante: elle parle aux cœurs par ses désirs oi noblement exprimés; elle arrache des oleurs aux âmes sensibles qui les laissent couler sans honte, parce q ‘elles ne sunt point un signe de faiblesse, maislémo naentleur joie et leur bonheur, Le bonheur a ses .11me8 comme la misère a les siennes : les unes sont douces,l s autres sont amères comme le fiel et souvent mortelles,

Quand Marie-Aimée, recouverte de son voile blanc comme 81 belle Ame ; quand, recueillie et les mains jointes, elle s'avança vers le sanctuairs, le cœur d’'E liza et celui de Henry durent se sentir émus et pleins d'émotions. C'était levr unique enfant : et elle était si belle avec s1 couronne de roses b'anches et son ceinturon bleu! Laure ne devait pas être plus belle aux yeux de Pétrarque, ni Béatrix plus resplendissante aux regards de Donte. Eliza se rappela, dans un souvenir d“jà bien loin, ce jour fartuné où, elle aussi couverie d’un voile blanc, surmonté d'une couronne de margueriles, faisait sa premire com munion., Le souvenir du passé, et la cérémouie présente, lui faisaient verser des larmes qui montaient au ciel avec ses prières ferventes,.

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