ÉPILOGUE
Charlotte fat plusieurs jours entre la vie et la mort; enfin le délire tomba, les nuits devinrent plus calmes et le médecin du couvent, auquel manquaient sans doute les connaissances psychologiques du docteur Berkow, mais qui y suppléait avantageusement par beaucoup de bienveillance et de dévouement, fut bien heureux de pouvoir annoncer à sœur Joséfa que sa petite malade était hors de danger.
En effet, un matin, Charlotte, retrouvant toute sa connaissance, promena autour d'elle des regards étonnés; elle aperçut sœur Joséfa assise à son chevet et lui dit d'une voix faible :
« C'est vous, ma bonne sœur, est-ce que je ne rêve pas? pourquoi suis-je ici? que s'est-il donc passé? » Puis tout à coup le souvenir lui revint, et elle éclata en sanglots : « Oh! mon Dieu! si vous saviez! si je vous disais ce dont ils m'ont accusée! C'est horrible, c'est affreux! il y avait de quoi devenir folle! C'était trop, je n'ai pas pu le supporter, il m'a semblé que tout tournait autour de moi,... et puis après, rien, c'est la nuit, je ne me rappelle plus rien.
SŒUR JOSÉFA.
Chut, chut, ma chère enfant, je sais tout cela, ne vous agitez pas ainsi; vous allez vous redonner la fièvre et notre bon docteur m'accusera d'être une mauvaise garde-malade.
C'est ici l'infirmerie du couvent, n'est-ce pas? Pourquoi m'y a-t-on transportée? J'ai donc été bien malade?
SŒUR JOSÉFA.
Oui, ma chère enfant, très malade, mais vous êtes sauvée, il n'y a plus rien à craindre, et nous allons si bien vous soigner que dans quelques jours vous irez courir au jardin, en compagnie de vos petites camarades, qui n'ont pas