‹ Les Epreuves De CharlotteChapitre 14 sur 17 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

cessé de demander anxieusement de vos nouvelles et vont être si heureuses de vous savoir guérie.

CHARLOTTE, pcissaut la main sur son front.

Dites-moi, ma bonne sœur, est-ce que je l'ai rêvé? Il m'a semblé voir à différentes reprises penchés sur mon lit, Mme Poise et, le croiriezvous? mon tuteur M. Guêpier.... Sans doute, c'était l'elTet du délire....

SŒUR JOSÉFA.

Non, mon enfant. Tous ne vous êtes pas trompée. M. Guêpier et Mme Poise sont venus à Regelberg pour vous remettre entre nos mains, ainsi que vous leur en aviez manifesté le désir. Par malheur, ils n'ont pu attendre A-otre complet rétablissement et ont dû vous quitter, à leur grand regret, rappelés par l'urgence de leurs occupations.

CHARLOTTE, késitaut^ d'imc voix supi^liante.

Ma bonne sœur, est-ce qu'il faudra?... sera-ce nécessaire?... est-ce que je les reverrai, lui et cousine Hilda?...

SŒUR JOSÉFA.

Nullement, ma chère enfant. Vous resterez parmi nous aussi longtemps qu'il vous plaira, et il n'y a aucune raison pour que vous retourniez

chez vos cousins.... Mais chut! Je ne veux plus entendre un mot. Silence absolu.... Plus un mot, je le répète, plus un geste; autrement je vous quitte et vous ne me reverrez pas de toute la journée. Vous savez que je deviens terrible quand on me désobéit. »

Charlotte, dont le tempérament était très robuste, retrouva vite la santé; elle fut bientôt en état de se lever et de prendre quelque nourriture; puis elle descendit au jardin; enfin, complètement rétablie, elle put recommencer à travailler comme par le passé, sans que sa fièvre cérébrale eut laissé la moindre trace dans sa vive intelligence.

Elle passa six années au couvent, étudiant la musique et le dessin sous la direction de sœur Joséfa, qui était une véritable artiste et surprenait CharloLte par l'étonnante profondeur et la variété de ses connaissances. Quelle grandeur de renoncement n'avait-il pas fallu à la jeune religieuse pour ensevelir dans un cloître des dons si rares et si précieux, et un tel ensemble de perfections!

Charlotte ne revit plus ses cousins de Silbermann qui l'avaient fait tant souffrir. Elle n'aimait pas à en parler, et elle évitait surtout de pronon-

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