‹ Les Équilibres Hémo-Rachidiens: Considérations Physiologiques, Physico-Chimiques et PhysiopathologiquesChapitre 11 sur 87 · PRESSION DU L.C.R · texte numérisé non relu

PRESSION DU L.C.R

C’est encore là un des très gros chapitres de la physiologie du L. C. R. groupant un nombre impressionnant de travaux et d’hypothèses bien souvent contradictoires.

Il ne saurait, bien entendu, être question d’entrer ici dans une étude détaillée de ce problème. Je me contenterai, comme dans les paragraphes précédents, d'essayer de donner une vue d’ensemble de la ques-

tion.

A. —— TouT D'ABORD, QELLES SONT LES INDICATIONS FOURNIES PAR LE MANOMÈTRE ?

Les études systématiques récentes ont mis de l’ordre dans les données confuses et souvent contradictoires de ces mesures. CLAUDE et ses collaborateurs, CESTAN, RISER et LABORDE, SOREL, LAMACHE, NICHE- LOTTI, CASTEX, MARIANO et ONTANEDA entre autres ont bien étudié les pressions aux différents niveaux et dans les différentes positions.

En décubitus latéral, la pression au niveau du culde-sac lombaire, de la citerne et des ventricules, est à peu près identique. La pression ventriculaire est très souvent un peu plus faible que les deux autres.

On trouve en moyenne des chiffres voisins de 15 pour le cul-de-sac et la citerne et de 7 à 10 dans les ventricules (RISER).

La technique d’AYER permettant de déceler un blocage des espaces sous-arachnoïdiens, est basée sur le fait que, dans les conditions normales, ces trois chiffres sont parallèlement influencés lorsque lon fait varier la pression par une soustraction de liquide ou par inhalation de nitrite d’amyle (augmentation du volume cérébral).

En position assise ou debout la pression ventriculaire est négative ou nulle (CESTAN, RISER et LABORDE, SOREL, etc..), contrairement à l’opinion de WEIGELDT et de nombreux contradicteurs. La pression croît progressivement à mesure que l’on ponctionne plus bas et cela n’a rien qui puisse étonner ! Le cul-de-sac dural, doué d’une certaine élasticité, supporte, en effet, le poids de la colonne de liquide verticale. Quant aux ventricules, constituant en somme la partie supérieure du réservoir clos, ils peuvent évidemment être le lieu d’une dépression : hydrostatique élémentaire ! Ce fait ne peut donc en aucun cas être invoqué contre Pexistence d’un courant ventriculo-sous-arachnoïdien.

Dans cette même position on trouve au niveau de la citerne une pression encore très faible : 4 à 6 cm.

pour CESTAN et RISER et LABORDE, de ERA CES “cn. pour CASTEX, MARIANO ct ONTANEDA.

L’aiguille dorsale indique une pression de 6 à 15 cm. et l’aiguille lombaire de 25 à 40 (Riser). La position de la tête (flexion, déflexion) agit nettement sur la pression et peut amener des variations de

l’ordre de 6 cm.

AS

B. — QuELSs SONT LES FACTEURS DE LA PRESSION DUL20C-1RE

Pour PFAUNDLER la pression est la résultante de trois facteurs :

I) L’élasticité des méninges ;

ID) La pression sanguine ;

III) Le facteur hydrostatique (pression exercée par la colonne liquide sur une surface de base donnée).

Cette étude a été récemment reprise par WEEp, FLExNER et CLARK en une série de travaux étayés par de très nombreuses expériences. Ces auteurs distinguent :

1° le facteur méningé ;

2° le facteur vasculaire.

Ces facteurs comprenant chacun divers éléments de première importance. C’est ainsi que le premier comprend le coefficient d’élasticité du sac dural et la pression hydrostatique du L. C. R. — Le facteur vasculaire se compose lui aussi d’un élément hydrostatique qui est la circulation du sang et d’un élément vasculaire proprement dit : vaso-dilatation ou vasoconstriction, résultant d’action réflexe ou de phénomène d’élasticité passive de la paroi.

D’après l’opinion des auteurs, ces deux facteurs, méningé et vasculaire, jouissent d’une certaine autonomie.

Ils ont montré qu’entre la soustraction d’une cextaine quantité de liquide et la variation de pression qui en résulte, il existe une relation assez constante. variable seulement avec l’âge et les dimensions des

nn —

animaux étudiés. Cette relation peut s'exprimer par

dv

le quotient — ou dV — volume du liquide soustrait dP

et dP la variation de la pression en cm.

Si V est le volume total de l’espace subdural, on peut mettre en évidence un coefficient E d’élasticité du sac dural, coefficient constant chez des animaux de même taille et de même âge :

dv

E — V — dP

Quant au facteur vasculaire, il exerce une action considérable sur les variations de pression du L. C. R.

Nous avions déjà envisagé rapidement cette action à propos du « courant du liquide » (p. 35). Il est bien évident que tous ces remous, contre-courants, dont il a été question, se traduisent manométriquement par des variations de pression. C’est ainsi que l’inspiration abaisse la tension de 2 à 3 cm. (RisER) au niveau de la citerne, tandis que l’expiration l’augmente.

Il existe une légère augmentation de pression synchrone à chaque systole cardiaque. Assez récemment BECKER (1931) a repris cette étude et montré que les « pulsations » du L. C. R. sont la conséquence du pouls cérébral. Au niveau de la colonne lombaire ces pulsations, ou ondes liquides, lui correspondent avec un certain retard.

Contraction musculaire, toux, apnée, augmentent momentanément la tension de quelques centimètres.

Expérimentalement, plusieurs épreuves et, en particulier, la compression des jugulaires (phénomène

He

de Queckenstedt) entraînent d'importantes modifications de la pression du L. C. R. Cette augmentation de pression que Dixon et HALLIBURTON attribuaient à une hypersécrétion de liquide, est bien plus certainement la conséquence de la turgescence vasculaire (FRaziEr et PEET, BECHT).

Il convient de signaler aussi l'hypothèse de CLAUDE qui fait intervenir un élément réflexe par excitation du sympathique cervical ; cette hypothèse est basée sur de nombreuses expériences de CLAUDE et de ses collaborateurs qui obtiennent une hypertension liquidienne par excitation du système vago-sympathique.

Ce sont :

— l'épreuve de la compression du Plexus Solaire chez les sujets à réflexe positif ;

— l'épreuve de la compression des globes oculaires chez les sujets vagotoniques à réflexe oculo-cardiaque positif.

Le système végétatif joue certainement un rôle important dans la circulation cérébrale et la production du liquide.

Existe-t-il une relation constante entre la pression sanguine et la pression liquidienne ?

On avait cru, un temps, avec PARISOT, BERGMANN, Hirz, DuRET, qu’il existait un parallélisme étroit entre la pression artérielle et la pression liquidienne. Les travaux de Dixon et HALLIBURTON, BECHT, CLAUDE et ses collaborateurs, LAMACHE, SOREL, RISER, BAUMANN, SHELBURNE, BLAIN et O’HARE, etc. infirment nettement cette manière de voir, et il semble que l’on soit en mesure d'affirmer aujourd’hui qu’il n’y a pas un parallélisme étroit entre ces deux tensions.

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