‹ Les Équilibres Hémo-Rachidiens: Considérations Physiologiques, Physico-Chimiques et PhysiopathologiquesChapitre 14 sur 87 · GO · texte numérisé non relu

GO

mentanément la concentration molaire du sang. Ces phénomènes sont, très probablement, sous la dépendance des lois de l’osmose qui exigent l’isotonicité du plasma et du liquide cérébrospinal.

On a enfin cherché à serrer de plus près le problème de la régulation de pression du L. C. R. au moyen de :

C) « L'épreuve du renouvellement de pression ». — Cette épreuve consiste à soustraire une certaine quantité de liquide et à étudier les modifications de la tension céphalo-rachidienne ainsi que son retour à la normale.

De très nombreux auteurs (CESTAN, RISER, PÉRÈS, LABORDE et SOREL, CLAUDE et ses collaborateurs, La- MACHE et TARGOWLA, etc., en France, HauG en Allemagne) se sont adonnés à cette étude.

SOREL, dans sa thèse, rapporta d’une manière très précise les résultats de l’école Toulousaine. La chute de tension est d’abord assez brusque : 1 em d’eau par cm* de liquide prélevé ; puis elle se ralentit. Le prélèvement massif de 10 cm* est suivie d’un abaissement tensionnel plus marqué que celui produit par la soustraction lente (cm par cm*) du même volume liquidien.

CLAUDE et LAMACHE ont attiré l’attention sur les chutes brutales de pression consécutives au prélèvement de liquide chez les hypertendus. Ainsi s'expliquent beaucoup d’accidents de la fonction lombaire.

Ces faits sont confirmés par SoREL dans des cas d’hypertension marquée, en particulier dans les méningites et les tumeurs encéphaliques.

=FVée

Plusieurs auteurs ont essayé d'utiliser ces données manomeétriques (avant et après soustraction de liquide) pour faire la part du facteur « quantité de liquide » dans les hypertensions.

C’est ainsi que les valeurs faibies de la « tension différentielle » de NunEez furent interprétées comme liées à une hyperproduction de liquide, tandis que les valeurs élevées laisseraient supposer l’existence d’un facteur hypertensif indépendant du volume liquidien. Chez un sujet normal la soustraction de 5 cm*° de liquide se traduirait par une tension différentielle de 4,6 ; elle atteindrait 18.8 dans les cas de tumeur et 10 au cours de méningites séreuses.

Le « Quotient rachidien » d’Ayala, s'exprime par la formule :

Vol. du liquide retiré en cm? X Tension finale

Tension initiale

Sa valeur varierait de 2,5 à 4,5 dans les cas de tumeur et de 7 à 10 dans les méningites.

Ces données auraient les plus grandes valeurs pratiques si le cerveau. n’était pas susceptible de se congestionner passivement avec une très grande rapidité (CLAUDE BERNARD, FRANCK, HALLION, etc.). Comme le fait remarquer SoRELz, ces phénomènes peuvent se produire dès qu’on diminue la quantité du L. C. R. Ces variations du volume cérébral constituent une cause d’erreurs importante.

Aussi, à part LEY (1932), les auteurs s’accordent-ils en général à ne pas attribuer une très grande valeur de diagnostic différentiel à ces épreuves.

En plus du facteur volume cérébral, les recherches récentes de WEED, FLEXNER et CLARK montrent clairement qu’il faut aussi tenir compte de l’'élasticité du sac dural et des méninges (voir p. 54).

TARGoWLA et LAMACHE (1927), RISER, PÉRÈS et SOREL (in thèse SoreL 1929 et in le L. C. R. de Riser 1929). HauG (1932) ont bien étudié le retour de la tensior au chiffre normal.

SorEL fait tout d’abord remarquer que toute cause capable d’entraîner une congestion encéphalique (toux, efforts, etc.) accélère heaucoup ce retour. D’où nécessité de l’étudier chez des sujets au repos complet et en position de décubitus latéral.

A la suite de la soustraction de 15 à 20 em“ de liquide dans 75 % des cas le retour à la pression initiale se fait en 30 à 85 minutes, assez rapidement au début, plus lentement vers la fin de l’épreuve. La rapidité du retour au chiffre initial est sans rapport avec la valeur plus ou moins élevée de celui-ci.

A côté de ce « renouvellement normal », RIser, PERES et SorEL signalent chez certains sujets (principalement des hébéphrémiques à réaction vago-sympathique nulle, voir p. 56) « un renouvellement lent », tandis que chez d’autres (individus normaux et sujets porteurs de tumeur cérébrale) le chiffre tensionnel initial est dépassé de 5 à 7 cm.

Des faits analogues avaient été bien vus par Tar- GOWLA et LAMACHE (1927) et ceci encore explique bien des syndromes consécutifs à la rachicentèse.

Les travaux de HauG (1932) sur le renouvellement de pression donne des chiffres tout à fait compara-

= NG9e

bles à ceux de SoreL. Mais c’est dans l'interprétation des phénomènes qu’apparaît la divergence d’opinion.

Pour l'Ecole Toulousaine, la sécrétion plexuelle étant très lente, le facteur dilatation cérébrale joue certainement un rôle important dans la restauration tensionnelle.

Pour HaAuG, l’élasticité des espaces sous-arachnoiïdiens joue un rôle, si minime soit-il, mais c’est surtout la régénération du liquide qui rétablit la pression initiale. Cette régénération se ferait en partie par sécrétion, en partie par perméabilité vasculaire. Le liquide néoformé diffère en effet légèrement, par sa composition, du liquide initial, et il faut à peu près 24 heures pour qu’il reprenne sa composition normale.

Cette observation de HauG est, à mon avis, extrémement intéressante et son hypothèse parfaitement en accord avec tout ce qui a été dit à propos de la production et de la résorption du L. C. R. dans les paragraphes précédents.

Il me semble aussi que les résultats des travaux de CLAUDE et de ses collaborateurs, de RIsER, PERES et SorELz, de HauG et de WEED, FLEXNER et CLARK se complètent fort bien.

On pourrait donc envisager à l’heure actuelle, que la régulation de la pression liquidienne se fait par le concours des facteurs suivants :

1° Elasticité des méninges et du cul-de-sac dural ;

2° Variation compensatrice du volume cérébral sous la dépendance probable du système végétatif ;

Aile =

3° Régénération de liquide par action combinée de la production plexuelle et de la perméabilité des vais-

seaux méningés.

Page 1