ETUDE PHYSICO-CHIMIQUE DES ECHANGES ENTRE LE PLASMA ET LE L. C.R
La « perméabilité méningée » est un fait indéniable, nous venons de le voir sous une forme très résumée. D’autres preuves physio-pathologiques en seront d’ailleurs données plus loin.
Mais cette perméabilité n’est pas un phénomène simple. En effet, si l’équilibre osmotique du système sang-L. C. R. est pratiquement réalisé, il existe néanmoins une frappante inégalité de répartition des divers ions ou molécules diffusibles.
A quelle loi obéissent ces échanges ?
Pour MESTREZAT (Thèse, p. 177), le L. C. KR. est « l’image fidèle de la partie dialysable du plasma sanguin » ; tout ce qui peut dialyser passe. Cet auteur, établissant la formule analytique du L. C. R. normal et la comparant à celle du sang, vit que, d’une part, certaines substances, telles que les albumines, les graisses, les acides gras, les éthérolipides, etc., sont retenues dans le plasma, alors que, d’autre part, les cristalloïides tels que le sucre, l’urée, les chlorures, les carbonates, etc., passent dans le liquide
ni
où ils se trouvent à un taux de concentration plus faible, exception faite des chlorures.
Il interpréta ces phénomènes en admettant qu'il se produit une « filtration élective » ou « dialyse » du plasma à travers une membrane semi-perméable l’épithélium plexuel.
Quant à l'inégale répartition des divers constituants communs à ces deux humeurs, elle serait due à ce que certains, comme le glucose, se trouvent dans le sang en partie à l’état combiné et que seule une fraction libre est dialysable.
Dès lors, l’anomalie présentée par le cas des chlorures (7 gr. 3 en moyenne dans le L. C. R. contre 6 gr. dans le sang) est facilement explicable : la concentration dans le liquide de cette substance, entièrement diffusible, est un phénomène « compensateur » conditionné par les lois de l’osmose qui exigent l’isotonicité de deux liquides séparés par une membrane.
Explication simple, claire et logique. Malheureusement les travaux ultérieurs mettant en œuvre la dialyse du sang in vitro et in vivo montrèrent que les principaux constituants du L. C. R. se trouvent dans le sang à l’état libre et entièrement dialysable, le sucre par exemple.
Si donc il est admissible que le taux élevé des chlorures dans le L. C. R. soit une compensation osmotique à l’absence des substances non dialysables du plasma, l’interprétation de l’inégale répartition des divers constituants diffusibles n’est plus valable.
On ne peut expliquer ces phénomènes par les simples lois de la dialyse et de l’osmose. Et c’est ainsi
que MESTREZAT [87] en arriva à admettre que les équilibres sang-L. C. R. étaient du type de ceux étudiés par DoNNAN.
AE tenta, avec P. Girard [44], d'approfondir la dynamique des phénomènes de membrane en sattaquant, expérimentalement, au problème de l’osmose électrique.
Mais c’est en Amérique surtout que fut étudiée, à partir des formules thermodynamiques de DonxaN, la distribution des différents ions diffusibles entre le plasma et les hématies, d’une part, entre le plasma et les humeurs qui en dérivent, d’autre part.