‹ Les Équilibres Hémo-Rachidiens: Considérations Physiologiques, Physico-Chimiques et PhysiopathologiquesChapitre 3 sur 87 · CONSIDERATIONS ANATOMIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS ANATOMIQUES

Il est classique de considérer le L. C. R. comme réalisant la « suspension hydraulique » des centres nerveux : encéphale, moelle, nerfs craniens, racines à l’intérieur de l’étui osseux protecteur.

La quantité totale de ce fluide est d'à peu près 150 cc. chez un sujet normal.

On peut distinguer, pour les commodités de l’exposition, le liquide extranévraxique dans lequel flotte en quelque sorte le névraxe, et le liquide intranévraxique occupant les cavités du cerveau et le canal médullaire. Cette distinction est d’ailleurs justifiée, du point de vue des rapports du L. C. R. par le fait que les parois des réservoirs internes (épendyme, épithélium plexuel) dérivent de l’ectoderme, alors que les réservoirs externes sont limités par des tissus (piemère, arachnoïde) d’origine mésodermique.

Le liquide extranévraxique remplit les mailles des espaces sous-arachnoïdiens, soit l'intervalle compris entre la pie-mère et l’arachnoïde.

La pie-mère, on le sait, est composée de fibres conjonctives très délicates parallèles à la surface cérébrale, auxquelles se mêlent de rares fibres élastiques.

La face qui regarde l’espace sous-arachnoïdien est tapissée par un mésothélium plat.

Appliquée intimement sur toute la surface du névraxe, la pie-mère en suit les moindres accidents. Elle se réfléchit au niveau de l'émergence des cordons nerveux pour leur former une gaine : le névrilème. Elle gaine de même les vaisseaux qui pénètrent dans le névraxe et les suit assez profondément.

C’est une membrane très richement vascularisée (pie-mère cérébrale surtout). En arrivant à son niveau les vaisseaux destinés à l’encéphale ou à la moelle se divisent en ramifications très ténues lui fournissant ses petits vaisseaux et ses capillaires propres.

D’après l’opinion de BicHAT, qui a longtemps prévalu en France, l’arachnoïde serait une séreuse à deux feuillets, viscéral et pariétal, limitant une cavité close quasi-virtuelle. Cette théorie tend de plus en plus à être remplacée par la théorie des auteurs anglo-saxons qui n’accordent à cette méninge qu’un feuillet conjonctif envoyant de nombreux prolongements à la dure-mère et à la pie-mère. L’arachnoïde est recouverte sur ses deux faces par un mésothélium plat qui gaine aussi ses prolongements pour se confondre avec celui qui tapisse la pie-mère.

Le feuillet fondamental est d’inégale épaisseur. Quelquefois très mince il est accolé à la pie-mère, justifiant l'expression de « pia-arachnoïdea » de Ro-

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BERTSON et de Mippremass. Le plus souvent, épaissi, il s’en écarte et est appliqué contre la dure-mère, limitant « l’espace subdural ».

Sur toute la hauteur de la moelle l’arachnoïde rachidienne ne repose pas sur celle-ci, mais en est séparée par un large espace circulaire.

Tandis que la pie-mère, comme on vient de le voir, descend dans le fond des moindres infractuosités, Parachnoïde cranienne passe à la manière d’un pont d’une saillie à la saillie voisine.

Il s'ensuit qu'entre ces deux méninges on rencontre des cavités irrégulières dont la configuration se confond avec la configuration même de toutes les dépressions creusées à la surface du névraxe. Ce sont là les espaces sous-arachnoïdiens.

Les espaces sous-arachnoïdiens sont traversés par les prolongements de l’arachnoïde se rendant à la pie-mèêre et prennent, de ce fait, un aspect réticulé. Au niveau du bulbe et de la moelle ces travées sont relativement rares. Un épaisse lame de liquide, le lac bulbo-spinal, entoure le névraxe et emplit le cul-desac dural qui est le lieu d’élection des ponctions lombaires.

Dans les espaces craniens, au contraire, ces prolongements sont très nombreux et le L. C. R., occupant les mailles de ce tissu, entoure l’encéphale d’une lame liquidienne d’inégale épaisseur. Mince à la partie supérieure des hémisphêres cérébraux, elle forme, à la base du cerveau et du cervelet, de véritables coussins d’un fluide mobile sur lesquels reposent les centres nerveux.

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