CONCLUSION
1. — En conséquence il apparaît nettement que les équilibres de DONNAN ne peuvent être invoqués pour
l'interprétation des échanges hémo-rechidiens.
I! est intéressant de noter, à ce propos, l’opinion exprimée récemment par J. Duciaux dans la préface de son « traité de chimie-physique appliquée à la biologie » :
« Les tissus vivants offrant de nombreux exemples de tels systèmes (liquides séparés par une membrane hémi-perméable), ia théorie de DoNNaN présente pour les physiologistes un grand intérêt, et elle a été adoptée sans discussion par la plupart d’entre eux qui, séduits par sa forme mathématique, y ont vu une expression définitive de la vérité. Elle est maintenant devenue un Credo, au point que beaucoup de biologistes n’osent plus rien faire sans s’y rapporter, semblables au musulman qui se met à tout moment sous la protection d’Allah. Or, malheureusement, cette théorie est inapplicable, parce que les hypothèses sur lesquelles elle est fondée ne correspondent à aucune réalité.
Des conséquences qu’on a cru pouvoir en tirer, aucune ne tient debout; son application, loin d’être utile, a retardé de dix ans peut-être le progrès de nos connaissances ».
La seule objection que lon puisse faire à cette ma-
nière de voir est que, les bases thermodynamiques de
la loi de DonNaAN étant, à vrai dire, difficilement attaquables, il serait peut-être préférable d'interpréter les déboires auxquels a conduit l'introduction de cette théorie en biologie, en admettant qu’elle n’est pas applicable à de pareils phénomènes. Peut-être y aurait-il lieu d’en voir la raison dans le fait que la loi de DonNNAN, qui prévoit les conditions de l’équilibre statique de membrane vers lequel tend, lorsqu'on l’abandonne à lui-même, un système composé de deux solutions dont l’une contient un électrolyte non diffusible, n’est pas applicable au cas où l’un des fluides au moins se renouvelle et se déplace avec une certaine rapidité le long de la membrane.
De pareils équilibres de membrane comportant un facteur dynamique circulatoire n’ont pas été étudiés in vitro, à ma connaissance tout au moins.
Ces recherches, que j’ai l'intention d’entreprendre incessamment, me paraissent offrir un intérêt incontestable, étant donné qu’il résulte encore de la présente étude que :
2. — La loi dynamique de E. DERRIEN constitue la meilleure et la plus simple interprétation de l'équilibre hémo-rachidien normal.
L'étude physio-pathologique ébauchée au chapitre suivant va d’ailleurs fournir de nouveaux arguments en faveur de cette manière de voir.