‹ Les Équilibres Hémo-Rachidiens: Considérations Physiologiques, Physico-Chimiques et PhysiopathologiquesChapitre 44 sur 87 · INERTIE DES ECHANGES HEMO-MENINGES · texte numérisé non relu

INERTIE DES ECHANGES HEMO-MENINGES

Une des conséquences de la loi de E. DERRIEN, basée sur les vitesses de diffusion relatives des divers constituants plasmatiques est que, lors d’une varia-

Car

tion de $, l’équilibre théorique ne peut être réta-

bli qu’au bout d’un temps t qui est notamment fonction de la vitesse de diffusion de la substance con-

sirédée, c’est-à-dire inversement proportionnel à V Fe Il y a tout lieu de penser que l’expression de ce retard doit être une équation logarithmique. J’étudie actuellement ce problème avec R. SEIGNEURIN. Quoi qu’il en soit, la théorie permet d’ores et déjà de prévoir que l’équilibre hémo-rachidien de l’urée tendra à se rétablir sensiblement plus vite, lors d’une modification de l’azotémie, que celui du glucose lorsque la glycémie varie.

On trouve la confirmation expérimentale de ces déductions théoriques dans les travaux de BrErRY et LaLou, de RISER, LABORDE et MERIEX, etc...

Brerry et Lazou [2], les premiers, ont montré chez le chien que :

1° L’hyperglycémie provoquée entraîne, avec un retard notable, de lhyperglycorachie.

2° Le taux de la glycémie revient plus vite à la normale que le taux de la glycorachie ; de sorte que

pendant un certain temps, la glycorachie est supérieure à la glycémie.

Ces auteurs insistaient déjà sur l'utilité de comparer les résultats des dosages effectués dans le sang et dans le L. C. R., en donnant à titre d’exemple le cas d’un diabétique chez lequel ils avaient trouvé une glycémie de 5 gr. 38 et une glycorachie de 2 gr. 70 par litre.

Les travaux de RIsEr et ses collaborateurs imposent des conclusions analogues.

C’est ainsi que dans leur mémoire sur « le mécanisme de la glycorachie », RiseEr et MERIEL [38] insistent à juste titre sur la lenteur des échanges hémorachidiens, lenteur telle, qu’une variation brusque et passagère, même si elle est importante, du taux de la glycémie, influence beaucoup moins la glycorachie qu’une modification moins accentuée mais plus durable. Ces auteurs montrent, en effet, que l'injection intraveineuse de hautes doses de glucose (40, 60 et 80 gr.) entraîne dès la fin de l'injection une hyperglycémie considérable pouvant atteindre 4 à 6 gr. par litre, alors que chez des individus normaux la glycorachie n’est pas modifiée d’une façon sensible au cours des 10 minutes qui suivent l’injection. Ce n’est qu’à partir de la 15° minute environ que le taux du sucre s'élève lentement et progressivement dans le L. C. R. à condition que la glycémie soit encore suffisamment élevée (aux environs de 2 gr. par litre) et que son retour à la valeur initiale ne soit pas trop brusque.

Cette lenteur des échanges existe aussi bien pour

la pénétration du glucose dans le L. C. R. que pour son élimination hors des espaces sous-arachnoïdiens lorsque le taux de la glycémie est retombé à sa valeur normale.

En voici un exemple :

Ramollissement cérébral chez une femme de 43 ans, liquide normal ; elle reçoit 60 gr. de glucose dans une veine ; une heure après la glycorachie est passée de 0 gr. 78 à 1 gr. 14 par litre ; elle est à 0 gr. 97 trois heures après, 0 gr. 95 quatre heures après. La glycémie est revenue au chiffre primitif trois heures après le début de l’injection.

L’allure générale des échanges hémo-méningés de l’urée, consécutifs à l’hyperazotémie provoquée, est tout à fait analogue. La seule différence est que, dans ce cas, l’inertie des échanges est moins considérable.

Riser et LABORDE [31]:, qui ont bien étudié ces phénomènes chez le chien, ont montré que FPhyperuréorachie se déclare dès la 10 minute qui suit le début de l’injection intraveineuse d’urée (0 gr. 75 par kg d'animal), et qu’elle atteint d'emblée des valeurs assez élevées ; continuant à augmenter, elle passe par un maximum entre la deuxième et la quatrième heure, puis décroît lentement pour revenir à la normale. Dans le sang, au contraire, l’injection entraîne une ascension brutale et considérable du taux de l’urée, mais au cours de la première heure la chute uréique est rapide.

Le décalage des variations de lPazotémie et de l’u-

1. Voir aussi N° 36 et 167 de lindex bibliographique « Physiologie ».

réorachie ressort nettement du graphique IV établi

schématiquement d’après l’ensemble des données de LABORDE et de RISER.

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