IV. — VARIATIONS DE K
Tout d’abord que représente la constante K de la relation de E. DERRIEN ?
J’ai déjà cu l’occasion de signaler qu’il s’agit certainement là d’une expression complexe traduisant surtout l'influence sur la répartition hémo-rachidienne des deux facteurs suivants :
1° La perméabilité méningée.
2° La teneur du plasma en substances telles que les protéides ne possédant qu’une très faible vitesse de diffusion hémo-méningée.
Je me bornerai à envisager ici les variations de K dues au facteur perméabilité qui est vraisemblablement le facteur dominant.
Influence des variations de K (perméabilité) sur le chimisme hémo-rachidien
A. — Les variations de la perméabilité méningée ont une influence sur les rapports hémo-rachidiens,
mais cette influence ne tarde pas à être marquée par l'intervention des facteurs méningés locaux.
Dans le paragraphe précédent, j’ai montré quelles sont, au cours des méningites, les perturbations apportées dans le rapport hémo-rachidien du glucose,
de l'acide lactique et des bicarbonates par la seule fermentation diastasique du glucose C. r. ; c’est là ce que l’on pourrait appeler le facteur chimique.
Mais ces importantes modifications locales de la composition du L. C. R. interfèrent avec les perturbations de la répartition hémo-rachidienne dues à la modification de la perméabilité vasculaire méningée, c'est-à-dire à un facteur physique.
On sait, en effet, depuis les travaux de VorsiN [46] et de MESTREZAT :, qu'aux quatre stades de la réaction méningée (qu’elle soit d’origine toxique, irritative ou infectieuse) :
1° Congestion simple ;
2° Œdème séreux, avec congestion vasculaire et
distension du treillis méningé par un exsudat « séreux » sans éléments cellulaires ;
3° Inflammation légère, correspondant à un œdème séro-purulent, avec infiltration leucocytaire de la trame méningée ;
4° Inflammation intense, lésion typique de la méningite suppurée ;
correspondent des perméabilités croissantes des vaisseaux méningés se traduisant par les modifications suivantes de la composition du L. C. R.
a) Glucose. — Dès le stade de congestion intense, MESTREZAT note un certain accroissement du taux du glucose C. r. Cette hyperglycorachie légère s’accentue au second stade ; mais aux stades ultérieurs la « con-