‹ Les Équilibres Hémo-Rachidiens: Considérations Physiologiques, Physico-Chimiques et PhysiopathologiquesChapitre 8 sur 87 · RUN ESS · texte numérisé non relu

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C’est ainsi que WEEn, après avoir injecté ce réactif dans les espaces rachidiens, a constaté, quelques heures après, qu’il avait imprégné les espaces sousarachnoïdiens craniens et le sinus longitudinal supérieur.

Sa présence en abondance dans les granulations de Pacchioni lamena à penser que la résorption veineuse se fait par l’intermédiaire de ces formations.

Nous savons en effet qu’à leur niveau, seule une mince membrane sépare le L. €. R. du sang des sinus, condition très favorable à tous échanges dialytiques.

Pour DaANnpy et BLACKFAN, ce sont, au contraire, Îles capillaires pie-mériens qui jouent le rôle principal dans cette résorption, et en particulier ceux qui se trouvent au niveau des confluents.

Les expériences de REINER et SCHRITZLER, DIxoN et HALLIBURTON, DaANDy et BLACKFAN consistent à injecter du salicylate de soude, ou mieux un colorant, dans la citerne. Au bout de 15 minutes, on le retrouve dans le sang des jugulaires.

CESTAN, RISER et LABORDE ont repris ces recherches et ont injecté la solution citratée de ferrocyanure dans l’espace sous-arachnoïdien de malades, quelques heures avant la mort.

Dès la fin survenue, le L. C. R. a été évacué et remplacé par la solution fixatrice de formol-acide.

Sur les coupes à la paraffine et à la celloïdine de nombreux fragments prélevés à différents niveaux du névraxe, ces auteurs ont pu mettre en évidence un fait extrêmement intéressant : tous les petits vais-

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seaux veineux et capillaires de l’espace sous-arachnoïdien, quelles que soient leur situation et leur nature : basilaires, corticaux, péricérébelleux, périmédullaires, éliminent le réactif qui est retrouvé dans la paroi de ces vaisseaux et plus particulièrement dans l’endothélium.

I faudrait donc admettre que la résorption se fait non seulement au niveau des granulations de Pacchioni, mais aussi à celui de toutes les veinules et capillaires sous-arachnoïdiens.

RisEr a répété aussi les expériences de Danny et BLACKFAN, de WEEp, consistant à poser une ligature sur la moelle lombaire et ses enveloppes, et à injecter dans le cul-de-sac ainsi formé un colorant dont on étudie le comportement (P. S. P.).

Ïl a pu ainsi confirmer les résultats de ces investigateurs, à savoir que l’élimination du colorant se fait hors des espaces sous-arachnoïdiens ainsi isolés, mais qu’elle est notablement plus lente que celle qui se reproduit dans les conditions habituelles, c’est-à-dire dans le cas de communication normale avec les espaces cérébraux (10 à 11 % avec ligature, 19 à 25 % avec libre communication, pour une durée égale).

Ces résultats cadrent d’ailleurs parfaitement avec ce que nous savons de la vascularisation des espaces sous-arachnoïdiens.

On vient de voir comment se fait la résorption sous-arachnoïdienne. On peut maintenant se demander si, dans certaines conditions, l’épendyme et les plexus ne concourent pas à la résorption liquidienne. Ces notions sont d’un intérêt considérable du double

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point de vue de la physiologie de la cellule épendymaire et de la cellule plexuelle, et de la « formation » du L. C. R.

La part de l’épendyme dans la résorption du liquide est peu importante. La meilleure preuve est que, dans les cas d’hydrocéphalie interne bloquée, cette voie se révèle tout à fait insuffisante à empécher l’accumulation de liquide et la dilatation ventriculaire.

L'existence d’une résorption au niveau de l’épendyme a toutefois été souvent constatée.

Des recherches de K£LEsrADT, Wiscocki et PUTNAM, NaAñaAGAS, CESTAN, RISER et LABORDE, il résulte que les substances (encre de Chine, bleu de Trypan, ferrocyanure-citrate, etc), introduites dans les ventricules se retrouvent en abondance dans les cellules épendymaires, dans l’endothélium des vaisseaux sousjacents et dans leur lumière.

On note aussi une imprégnation variable de la substance nerveuse. Pour RIsER, cette diffusion dans le parenchyme n’excède pas 1 à 2 mm. en profondeur, si les colorants utilisés sont atoxiques, sans neurotropie spéciale et suffisamment dilués.

L’épithélium plexuel n’est au contraire jamais imprégné ; il ne saurait donc être question de lui faire jouer un rôle dans la résorption du liquide, comme l'auraient voulu ASKANAZY, KLESTADT, GOLDMANN, D1E- TRICH, DE HARVEN, HUECK, HOEN, etc.

PETERHOF (1925) montra qu'il n’y à atteinte de l’épithélium choroïdien par les colorants que dans le cas de nécrose cellulaire, résultant de la toxicité ou

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de la concentration excessive (donc toxique) du colorant, et dans le cas où les plexus sont restés en contact avec le colorant post mortem.

Récemment Jorns (1932) a repris, chez le chien et le lapin, l’étude de la résorption liquidienne intraventriculaire en obturant soit un trou de Monro, soit l’'aqueduc de Sylvius. Il injecta dans les portions isolées des cavités cérébrales des tests divers à divers taux de concentration (iode, métaux en solution colloïdale plus ou moins dispersée, colorants, etc.) ei étudia macro et microscopiquement les voies d’élimination suivies.

Il arriva à la conclusion que la résorption ne 5e fait pas au niveau des plexus mais bien au travers de l’épendyme, par les vaisseaux sous-jacents. Cette résorption est fonction du degré de « dispersion » et de la « pression osmotique » des substances injectées. L’iode, par exemple, apparaît d'autant plus rapidement dans les urines que de la solution injectée dans les ventricules est plus concentrée. Au contraire, plus la pression osmotique de la solution injectée se rapproche de celle du L. C. KR, plus faible est la résorption.

Quant à l’imprégnation de la substance nerveuse, variable suivant les conditions, elle apparaît comme le résultat d’un processus pathologique. Etant donné qu’il n’y a pas de différence nette entre la pression osmotique du liquide normal et la pression osmotique des sérosités des tissus environnants, il en résulte pour Jorns qu’il ne doit pas exister de résorptions physiologiques au niveau des parois ventriculaires.

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