‹ Les erreurs des démocrates de la "Justice sociale", augmentées d'un appendiceChapitre 10 sur 12 · VEILLE DES ÉLECTIONS · texte numérisé non relu

VEILLE DES ÉLECTIONS

Ils s'empressaient d'ailleurs d'ajouter : « Ces concessions n'ont RIEN d'irréparable (Rauc). » (( Une loi nouvelle peut, dans cinq

ANS, reprendre LES AVANTAGES CONCÉDÉS AUJOURD'HUI î (Briaud.) »

Empruntées aux pontifes du Bloc, ces déclarations nous dévoilent la tactique que vont suivre nos adversaires pendant la période électorale. Ils affecteront une modération hypocrite et multipl eront sur la Séparation les mensonges les plus éhontés, quitte à renier leurs paroles et à accentuer leurs rigueurs, le lendemain du succès.

Mensonges avant les élections, persécution après les élections, VOILA tout leur programme.

Ils nous diront avec M. Bienvenu-Marlin, ministre des cultes : « Rien dans la loi ne peut justifier vos alarmes. Les églises resteront ouvertes • les ministres du culte continueront d'habiter leurs presbytères ; les fondations religieuses seront respectées ; le culte, en un mo' , sera célébré comme aujourd'hui, avec cette seule différ(^nce qu'une partie du budget des cultes aura disparu ! » {Disc. du 4 avril 1905.)

Nous leur répondrons :

Les églises resteront ouvertes, oui ! mais jusques a quand ? Si l'Etat s'en est déclaré le propriétaire, est-ce pour une vain satisfaction d'amour-propre ? Ne songe-t-il pas déjà à mettre sur rlios sa main sacrilège ? PouftQUOi ces inventaires, sinon pour préparer une spolialion ? Pourquoi les cas de désaffectation, sinon pour

M. Piou, le chef de l'Action libérale, réfutait à l'avance

ces accusations mensongères, en déclarant, lui, répu-

. blicain, à Lyon et à Marseille, février 1906, qu'il était

de cœur avec tous les résistants. Voici ses propres paroles,

d'après un journal de Marseille :

Parlant des inventaires, l'orateur s'en prend aux « bé nis seurs obstinés et aux légistes impénitents ». 11 s'écrie : — « Les catholiques, qui ont protesté, ont sauvé l'honneur des catholiques. Je les honore et je les glorifie.

« Je fais le vœu que dans les grandes villes, comme dans les villages, la protestation se fasse énergique, résolue ». {Longue salve d' applaudissements k

M. Piou rend un éloquent hommage au dévouement des femmes et à leur geste héroïque.

« Que les gouvernants y prennent garde : je veux bien admettre qu'ils ne nous craignent plus : — nous verrons ; — mais que l'exemple de ces derniers jours leur reste. S'ils continuent, ils trouveront sur les marches des églises des femmes, qu'il faudra piétiner pour passer Ocalion).

(( Nos gouvernants, qui ne croient qu'au nombre et à la ^orce, sont étonnés, supris, de trouver tant de gens qui leur disent : — Vous ne passerez pas ! Honneur et gloire à eux ! {Nouvelle ovation) ».

M. Piou montre les associations cultuelles, prévues par la loi, condamnées par l'Encyclique : « Nous ne les verrons jamais fonctionner, en dépit du crime des lois.

(( Pour conjurer de tels dangers, il faut faire des élections

profaner cathédrales et paroisses, chapelles et objets sacrés ? Derrière toutes vos démarches, percent vos intentions de spoliation et de profanation !

Si les électeurs font avec le Bloc un nouveau bail de quatre ans, ON SE DÉMASQUERA : Quelque temps déguisé, le loup sortira ses crocs, pour dévorer le trop confiant Chaperon-Rouge.

Nos ennemis l'ont déclaré eux-mêmes le jour où la loi fut votée : « Nous voterons la loi, disait en leur nom M. Bepmàle (Haute- Garonne), parce que nous la considérons comme une loi provisoire, destinée à marquer une étape nécessaire dans la marche de la

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