‹ Les erreurs sociales du temps présentChapitre 4 sur 24 · PRÉFACE Y · texte numérisé non relu

PRÉFACE Y

présent est gros de l'avenir, et observant un jour avec tristesse, les progrès effrayants de l'atliéisme et du matérialisme impie dans notre pays, livré aux sophistes, pendant la première moitié du dixhuitième siècle, il annonçait, avec une étonnante sûreté d'affirmation, les prochains orages de la révolution française, et la leçon salutaire que cet exemple pourrait donner à l'Europe, sur les conséquences fatales de la négation de l'âme et de la négation de Dieu (1).

Le même spectacle commence à se présenter à nos yeux, et les mêmes négations dont l'audace étonne et trouble la raison, se font entendre autour de nous, avec une violence croissante, dans une école de sectaires et de factieux dont le triomphe serait le déshonneur de notre pays.

Je livre aux méditations des hommes qui aiment la France, ces graves paroles d'un penseur illustre, dont le clergé français n'est pas assez fier, de M. Emery, qui rappelait en 1795, après avoir confessé la foi dans les cachots de la Conciergerie, la prédiction de Leibniz, que je viens de citer :

« Nous devons demandera Dieu que le plus grand

(1) Leibniz. — Nouveaux Essais sur fenlendement humain.

Vr PRÉFACE

bien ne tourne point uniquement à l'avantage des nations étraugères qui mettraient à profit pour elles notre expérience et nos malheurs : et si notre postérité doit aussi partager les avantages de la révolution, demandons encore à Dieu que ce ne soit pas une postérité trop reculée, et que la génération présente, si elle ne devait pasjouir des beaux jours qu'on nous annonce, puisse du moins en voir l'aurore (1). »

Paris, 30 janvier 1884.

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