‹ Les Érythèmes GravesChapitre 10 sur 87 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les anciens auteurs avaient déjà remarqué le funeste

pronostic des éruptions cutanées au cours d'états morbides fébriles. « Les érythèmes aux mains et aux pieds | sont des. signes pernitieux », dit Hippocrate dans ses Prémotions de Cos. ;

Mais ce n’est qu'à une époque récente que les éruptions spéciales à la fièvre typhoïde ont attiré l'attention. Les érythèmes qui apparaissent anormalement au cours de

la dothiénentérie. n’ont été en particulier rémarqués qu’ a-.

près que les travaux de Louis et de Chomel eurent fait connaître les taches rosées lenticulairés et mis en relief | leur grande valeur diagnostique. et TAUPIN, en 18#, paraît avoir été le premier à observer des. érythèmes chez des sujets atteints de fièvre typhoïde. Comme à l’époque, tous les malades, contagieux ou non, étaient entassés dans des salles communes, Taupin ne met pas en doute que les érythèmes observés par lui

ne soient des rougeoles ou des scarlatines contractées au cours de fièvres typhoiïdes. Il est probable qu'il.en fut ainsi pour un certain nombre de cas, mais il est difficile de ne pas admettre pour d’autres l'existence d'éry-

thèmes indépendants de toute fièvre éruptive. /Taupin remarque en effet que ces rougeoles et ces. searl latines,

qui apparaissent au cours ou dans la convalescence de la fièvre typhoïde, sont modifiées dans leur allure et

leur pronostic ; leurs phénomènes précurseurs font défaut et elles ‘compromettent gravement la vie des malades. Il est donc très probable qu'il s'agissait là d'érythèmes

graves, apparaissant dans le décours de la fièvre typhoiïde.

ForGET, en 1852, publie dans l’Union médicale, un cas observé en 1843, d’érythème- scarlatiniforme généralisé, survenu au début d’une fièvre typhoïide ; les taches rosées n’apparurent que sept jours plus tard.,

L'un des premiers, MURCHISON, dans son Traité des fièvres continues de la Grande Bretagne, attire l'attention sur ces rashs ou efflorescences cutanées scarlatiniformes, qui peuvent se manifester au début de la fièvre typhoïde, avant l’apparition des taches rosées. D'ailleurs, il n’en donne pas d'observations. Pour lui, ce phénomène n'est pas particulier à la fièvre typhoïde et peut s’observer dans d’autres pyrexies.

Dans le Compendium de Ziemssen, LIEBERMEISTER parle de rashs morbilliformes, analogues à la roséole syphiliti-

tique, qu’il aurait observés dans le cours du troisième

septénaire de la fièvre typhoïde.

Peut-être EICHHORST et ZULZER avaient-ils en vue cet érythème quand ils écrivent que la roséole typhique peut se manifester tardivement sous un aspect semblable à celui de la rougeole.

En 1862, SoNRIER et AsPoL rapportent, dans les Mémoires de Médecine et Chirurgie militaires, une épidémie d’une affection très meurtrière qu'ils décrivent sous le nom de « fièvre typhoide rubéolique », sans d’ailleurs relater une seule de leurs 74 observations. Dans l’espace de quatre mois, sur un effectif de 1.609 hommes que comptait la garnison de Saint-Etienne, 74 furent atteints, dont 14 suc-

combèrent, et dans tous ces cas mortels, même lorsqu'on

croyail avoir eu affaire à une rougeole maligne, on trouva à l’autopsie des ulcérations des plaques de Peyer. Pendant le même temps, aucun cas de rougeole ne fut observé en ville, tandis que la fièvre typhoïde s’y rencontrait avec sa fréquence habituelle, Nul doute, à notre avis, qu'il ne se soil agi là d’une importante épidémie de fièvre typhoïde avec érythème morbilliforme, localisée à la: garnison. BRIGHETEAU, en 1864, relate dàäns l'Union médicale Vobservation très complexe d’un typhique qui, couché à côté

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