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CHAPITRE II. — HISTORIQUE

de la fièvre typhoide. Elles sont peu probantes et l’hypothèse d’une scarlatine vraie vient naturellement à l'esprit. Dans la discussion qui suivit, MAHOMED déclara qu'il avait observé plusieurs fois le Roseolous rash au début de la fièvre typhoïde et cita le cas d’un enfant, admis par erreur dans la salle des scarlatineux pour une éruption survenue au début d’une dothiénentérie démontrée ultérieurement par l’autopsie.

La même année, BEEVOR rapportait dans le British medical journal, un cas d’érythème morbilliforme survenu dans des conditions analogues, mais terminé par la guérison ; peu après, WEsr en faisait connaître un nouveau et insistait sur la difficulté du diagnostic avec le typhus.

E. RevizL10p, dans sa T'hèse (1886), relate trois cas d’érythème bénin, dont l’un ortié, au cours de la fièvre typhoïde.

En 1888, DE LANGENHAGEN décrit les érythèmes polymorphes essentiels et rapporte deux intéressantes observations d’érythème polymorphe secondaire au cours de la dothiénentérie.

Moore (Dublin journal, 1888) signale la chute de température si remarquable qui accompagne beaucoup d'érythèmes secondaires de la fièvre typhoïde.

En 1890, Lovy fait connaître les érythèmes rubéoliformes du déclin de la dothiénentérie; il rapporte six faits personnels et conclut à la bénignité de ces éruptions.

Jusque là l'attention na été attirée sur les érythèmes typhiques qu'à un point de vue presqu'exclusivement clinique ; on a essayé de fixer leur date d'apparition, leurs symptômes. Sauf ‘de rares exceptions (cas de Reynaud, de Lemaigre), ils ont été considérés comme des manifestations bénignes ; on s’est peu inquiété de leur nature.

En 1890, l'étude de ces éruptions entre dans une phase nouvelle avec l'important travail de MM. HuüTriNEL et MARTIN DE GIMARD, dans la Médecine moderne ; ils sont les premiers à décrire des formes exceptionnellement graves, caractérisées par un véritable syndrome constitué par l'éryfhème, un abaissement brusque de température, des vo-

de

missements, de la diarrhée verte, le tout s’accompagnant d’une altération considérable de l’état général avec facies pseudo-péritonéal et amaigrissement rapide. Ce tableau si spécial, ils l’ont observé douze fois, avec cinq cas de mort, sur 35 cas de fièvre typhoide survenus en l’espace de quelques mois. Ils concluent au pronostic très grave de ces manifestations, qu'ils attribuent, — hypothétiquement, — à une infection secondaire dont le point de départ serait au niveau d'ulcérations de la bouche et des lèvres. Ils insistent enfin sur la contagiosité et l'épidémicité.

Le Professeur HUTINEL reprenait bientôt la question à un point de vue plus général, dans les Archives générales de médecine de 1892 et dans la Revue de médecine de 1893. Il faisait remarquer que ces érythèmes graves n'étaient point spéciaux à la fièvre typhoïde, mais existaient dans nombre de maladies infectieuses : rougeole, diphtérie, grippe... et pouvaient, comme dans la typhoide, revêtir une allure particulièrement maligne et très rapidement entraîner la mort. Ils ne sont pour lui que l'expression symptomatique d’une infection secondaire à manifestations multiples, probablement dûe au streptocoque.

Mussy, s'inspirant des idées de M. Hutinel, reprenait cette étude dans sa Thèse, el passait en revue les éruptions qui'se manifestent au cours des maladies infectieuses, en particulier dans la diphtérie et la fièvre typhoïde.

CALTON, en 1893, s'appuyant sur 11 observations .d’érythèmes au cours de la dothiénentérie, recueillies dans le service de Legroux, conclut aussi à l'existence de formes

exceptionnellement graves et les rapporte — toujours hypothétiquement — à une infection secondaire surajoutée.

Entre temps, PETER en publiait une observation dans la Semaine médicale,

Puis, M. LE GENDRE, en 1893, communiquait à la Sociélé médicale des hôpilaux de Paris, 4 cas d'érythème scarlatiniforme desquamatif, survenus, les trois premiers au cours de la fièvre typhoïde, le quatrième chez un brightique, semblant nés les uns des autres par contagion et tous terminés par la mort.

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