CHAPITRE IV. — ÉTUDE CLINIQUE
| selles. La chute de température, qu'après plusieurs auteurs nous avons si souvent observée, peut manquer ou être remplacée par une élévation thermique. L’érythème lui-même peut ne pas se manifester (Pater et Halbron).
Nous croyons qu'il n'y a là que des modifications de détail, chaque élément du syndrome pouvant faire défaut. Nots-même dans notre série de 29 observations, avons vu des cas sans diarrhée verte, d’autres où manquaient les vomissements, d'autres où la courbe thermique n’était pas influencée ; dans un cas, l’érythème n’a pas fait son appa-rition (Obs. IV).
Bien que l’érythème puisse manquer, sen absence est si exceptionnelle que nous nhésitons pas à le considérer comme l'élément principal du syndrome : il lui imprime sa physionomie particulière et son cachet. Aussi emploiïerons-nous volontiers l'expression «syndrome érythémateux », comme synonyme d'érythème grave.
Si l’on songe que les éléments du syndrome peuvent s'associer, se combiner de façon variable, que leur antériorité l'un par rapport à l’autre n’est soumise à aucune loi, que l’érythème grave, observé généralement au cours de la fièvre typhoiïide ou pendant la convalescence, a pu être constaté dès son début (Roger), — qu’un syndrome identique a été observé en dehors de la fièvre typhoide (Le Gendre, Manning, Pater et Halbron, Delozière, nos Obs. IX, X, XV, XXVI), on voit combien difficile devient l'interprétation de ces cas, dont l'exposé clinique est forcément un peu schématique.
Il nous faut maintenant reprendre en détail chacun des éléments du syndrome érythémateux, pour en exposer Les particularités.
L'Erythème ; ses. types érurtifs. — Au point de vue de ses caractères objectifs, l’érythème peut présenter plusieurs types éruptifs ; trois d’entre eux répondent à la presque totalité des cas : ce sont les types morbilliforme, scarlatiniforme et polymorphe. A côté d'eux, peuvent s'en rencontrer d’autres, beaucoup plus rares : types ortié, noueux, vésiculo-pustuleux, pemphigoïde, purpurique.
Type morbilliforme. — L’érythème morbilliforme peut E. exister à l’état de pureté, mais plus souvent on le voit “ évoluer dans le sens de l’érythème polymorphe. L’éruption ‘ est constituée par des macules, irrégulièrement arrondies, Li dont les dimensions varient de celles d’une lentille à celles d’une pièce de cinquante centimes. Elles sont de couleur rose, rouge vif ou rouge foncé, parfois presque pétéchiales, mais elles s’effacent sous la pression du doigt. Le plus souvent ces macules ne font aucune saillie sur la peau - Saine, qui, dans leur intervalle conserve son aspect normal. A4 Quelquefois, elles sont en léger relief, presque papuleuses. Dans tous les cas, leur contour est nettement tracé, Disséminés au début, ces éléments éruptifs entrent bientôt en confluence, pour former des placards érythémateux, à d’étendue variable, dont les contours sont marquës par un + bord festonné ; au-delà de ce bord sont disséminées des macules Sols ces deux caractères permettent de les distinguer des placards scarlatiniformes.
En somme, bien souvent ce type morbilliforme, si l'on ne considérait que le tronc ou les membres, simulerait de très près l’éruption de la rougeole. Mais il en diffère par son mode d'apparition et par sa distribution. g C’est généralement au niveau des poignets qu'apparaissent les premières macules. Elles se montrent en même temps aux mains, aux avant-bras, aux coudes, aux jambes, Lou aux genoux, et se généralisent ultérieurement plus ou * moins. L’éryühème est surtout abondant au niveau des arti- + culations ; parfois il est exclusivement péri-articulaire. Les | macules se groujpent, deviennent cohérentes autour des genoux et des coudes, et, fait curieux, presque toujours d'une façon symétrique, avec prédominance sur la face d'extension ; nous avons, cependant relevé, dans quelques | Gbservations, la prédominance sur la face de flexion. Ê Dans l'intervalle des articulations, les macules sont plus discrètes ; souvent l'éruptio manque aux cuisses comme | aux bras, mais on la retrouve au niveau des fesses, où les taches sont habituellement nombreuses et confluentes. Le dos, le thorax, l'abdomen, sont rarement envahis.