CHAPITRE IV. — ÉTUDE CLINIQUE
des membres et dx tronc, dans celle de Peter, où l’érythème
.Polymorphe s'accompagne de pustules au niveau de la face,
dans celles d’Alexander, de Duckworth. Dans notre obs. IV les pustules développées sur le front furent la seule manifestation cutanée du syndrome grave.
Type purpurique, — Moins rare est l'apparition d’éléments purpuriques. Le purpura peut s'associer aux autres types éruptifs ; beaucoup plus rarement il est la seule manifestation cutanée. M. Hutinel l’a observé une fois ; l’obs. III de Gillet, les cas d’Amitrano, d’Etienne, de. Londe, de Guinon, de Trastour, en sont des exemples. Dans nos observations XXI et XXVII nous trouvons le purpura associé à l’érythème scarlatiniforme.
Les taches purpuriques reposent habituellement sur un fond rosé, et se montrent aux lieux d'élection des macules érythémateuses : poignets, pourtour des articulations, face d'extension des membres. Leurs dimensions, Don très petites, ne dépassent guère celles d’une lentille. Nettement isolées, jamais confluentes, elles persistent avec leur coloration rouge foncé ou cyanotique, plusieurs heures après la mort.
Ces taches purpuriques, maculeuses ou papuleuses, ne sont en somme qu'une exagération de l’érythème, Elles ne doivent pas être confondues avec les infarctus hémorragiques, décrits par Bouchut, qui peuvent être rencontrés dans toutes les infections graves ; ceux-ci intéressent toute la profondeur de la peau, aboutissent à la suppuration et s’accompagnent de lésions analogues du côté des organes.
Nous ne saurions.traiter ici, sans sortir de notre sujet, la question des rapports de.l’érythème purpurique secondaire avec les purpuras. Nous nous contenterons de rappeler les affinités qui existent entre ces processus, ainsi qu'il ressort des travaux de Martin de GS de Widal, d’Apert, de Grenet.
Toutes les variétés d’éruptions que nous venons de passer en revue ne sont évidemment que des fermes d’une
même série, Leur variabilité apparente est difficile à expliquer ; il n’est guère possible de la mettre $ous la dépen-dance de la réaction cutanée individuelle, car il est fréquent de voir, chez le même individu, la combinaison d’éléments éruptifs différents, dans le même moment où successivement. On a ainsi de nombreuses formes mixtes, par apparition d'éléments divers, qui s'associent ou se succèdent sans règles, l’éruption se transformant d'un jour à l’autre. Si l’évolution de cette éruption est suivie avec soin, fréquemment on verra la tache érythémateuse, apparue aux points d'élection, passer par les différentes phases de l’érythème polymorphe, pour se transformer, souvent en un temps très court, en érythème scarlatiniforme,
Tels sont les caractères objectifs des éruptions cutanées du syndrome érythémateux.
Les signes fonctionnels font presque constamment défaut, L’absencé de prurit est la règle. Quand il existe (Obs. de Langenhagen, Hutinel, Pichard), il est rarement très accentué ; cependant il était insupportable dans un. cas de Trastour : mais justement certains placards étaient .urticariens.
Dans une de nos. observations (Obs. VII), nous avons noté la localisation du prurit aux jambes ; il coïincidait avec un type assez particulier d'érythème légèrement papuleux et péri-pilaire. Un cas identique, prurit localisé aux jambes, coincidant avec des éléments papuleux péripilaires, nous a été communiqué par M. Boulloche (Obs. IF).
Indépendamment du prurit, qui est exceptionnel, quelques auteurs ont signalé, dans les formes graves seulement, une Ayperesthésie cutanée très marquée (Lemaigre, Leroux et Lorrain, Delozière). Nous ne l’avons, pour notre part, jamais rencontrée.
Evolution de l'érythème. — Quel que soit son type éruptif, l’érythème a rarement une longue durée.
Pour évaluer cette durée, il est nécessaire d'éliminer tous les cas où l’éruption a persisté jusqu'à la mort. Or,