CHAPITRE IV. — ÉTUDE CLINIQUE
meaux verts, ayant l'apparence d'herbes hachées. Ces déjections, de teinte vert clair, sont analogues à celles des nourrissons atteints de gastro-entérite ; d’autres fois, elles ont une teinte vert-de-gris. Leur odeur est particulièrement fétide. :
Dans les cas ME cette diarrhée persiste avec ces caractères jusqu’à la mort ; pendant les derniers jours, les. enfants présentent méme de l’incontinence des matières leton les trouve à chaque instant souillés par un liquide verdâtre.
La diarrhée verte peut faire défaut. Par/contre, comme les vomissements, elle semble pouvoir exister à l’état de symptôme isolé : Pater et Halbron en ont observé cinq cas, qui ne se sont accompagnés d'aucun des autres phénomènes. Ils n'hésitent pas à les rapporter au syndrome, en raison de l'aspect de la diarrhée, de leur coexistence avec d'autres où le syndrome était au complet et de la convalescence longue et pénible qui suivit trois d’entre eux.
Facies ; Etat général. — A côté des symptômes que nous venons de, passer en revue, il est nécessaire de faire une
place à l’état général, et notamment au facies si caractéris-
tique que présentent les malades gravement atteints. Nous n'avons d’ailleurs rien à ajouter à la AeSCHpHION parfaite qu’en a donné M. Hutinel.
Dans l’espace de quelques heures, chez un enfant en pleine convalescence ou au cours d’une dothiénentérie nor-
male, on voit le visage se transformer : il s’altère et prend
un caractère particulier, qui rappelle d'assez près celui des malades atteints de péritonite grave. Il est pâle ou couvert de taches érythémateuses ; le nez s’effile et se pince ; les yeux, éteints et mornes, s’enfoncent dans les orbites et s’entourent d’un énorme cercle bleuâtre ou rouge sombre,
qui fait un étrange contraste avec la pâleur de la peau voi-
sine. Les bords palpébraux sont rouges. La langue est
sèche, encroûtée de fuliginosités. Les lèvres, les narines
sont ‘fissurées, ulcérées, saignantes. L’expression devient \
morne ou anxieuse. La voix est éteinte ou étouffée. Les malades ne s’agitent pas, ne crient pas. Ils restent immobiles, étendus sur le dos le plus souvent, anéantis, indifférents, émaciés, incapables de réagir.
Dans quelques observations cependant, on signale une
agitation très marquée jusqu’au dernier jour (Leroux et Lorrain, Delozière).
Urines. — Les caractères des urines étaient intéressants à rechercher.
Presque tous les auteurs qui ont rapporté des observations d’érythème grave au cours de la fièvre typhoïde signalent la présence de l’albumine dans les urines. Cette constatation ‘est évidemment sans grande importance dans les cas où l'examen des urinés a été pratiqué pour la première fois au moment de l’apparition du syndrome ; Falbumine qu'on rencontre alors peut avoir existé auparavant et se trouver sous la dépendance directe de l’infection éberthienne.
Cependant, l’albumine constatée au cours de la fièvre
typhoïde peut subir une augmentation marquée au mo-
ment de l’entrée en scène du syndrome ; dans d’autres cas, elle n’est apparue qu'à ce moment.
Nous aurions voulu examiner en séries les urines de tous nos cas personnels. Mais il est presque impossible de recueillir les urines totales de vingt-quatre heures chez des enfants atteints de diarrhée et que l’on baigné. Aussi nos résultats sont-ils très incomplets. Tels qu'ils sont, et rap-
prochés des résultats obtenus par quelques-uns de nos
devanciers, nous croyons qu'ils ont leur intérêt.
Notre observation IV ne saurait guère entrer en ligne de conipte ; il s’agit en effet d’une néphrite ancienne avec albuminurie ; sous l'influence de la fièvre typhoïde contractée dans ie service, la quantité d’albumine est montée à 10 et 12 grammes. L’urine renfermait de l’urobiline ; la quantité d’urée était tombée à 6 gr. 50, peut-être sous l'influence du régime lacté absolu. Mais il est bien diffi-