DIAGNOSTIC
Il ne faut pas songer à différencier objectivement les érythèmes de la fièvre tyÿphoïde. Malgré les caractères particuliers que nous avons passés en revue, il y a trop souvent similitude complète avec les autres éruptions scarlatiniformes, morbilliformes ou polymorphes, et dans un tableau clinique comportant une éruption de cette nature, il faut chercher à rapporter celle-ci à sa cause indépendamment des caractères trop contingents de l’érythème.
Disons de suite que, dans la grande majorité des cas, le syndrome érythémateux est d'un diagnostic facile ; on ne pense aux éruptions que nous allons passer en revue qüe pour les éliminer sans discussion ; le diagnostic est d’ailleurs d'autant plus simple qu'on a déjà pu ODSEFNEr une série de cas analogues.
Cependant, lorsqu'ils se présentent isolément ou dans certaines conditions spéciales, comme par exemple au cours d’épidémie de rougeole, de scarlatine ou de typhus, ces érythèmes peuvent être cause d'erreurs différentes suivant leur époque d'apparition. Il est bien évident que les difficultés ne seront pas les mêmes si l’érythème se maniau début dela fièvre typhoïde, alors que les taches rosées n'ont pas encore paru, s’il apparaît au cours d'une fièvre . typhoïde confirmée ou pendant la convalescence.
Nous envisagerons donc le diagnostic dans les trois cas cliniques suivants :
1o L'érythème se montre alors que le diagnostic de fièvre typhoïde n’est pas encore porté.
20 L’érythème apparait au cours d'une fièvre typhoide confirmée.
30 Il éclate pendant la convalescence,
l: — Le diagnostic de fièvre typhoide n’est pas encore porté. — Dans ce cas, les causes d'erreur peuvent être multiples. C’est en somme le diagnostic de toutes les éruptions cutanées s'accompagnant d'état typhoïde.
Nous nous contenterons de rappeler les éruptions qui accompagnent souvent l'intoxication par larsenic (elles pourraient donner le change, étant donné l'intensité de la diarrhée et des vomissements) ; celles des {oxi-infections alimentaires ; celles qui ont été décrites dans certains cas de grippe et de méningite cérébro-spinale.
Certains auteurs ont insisté sur le diagnostic avec la typhose syphilitique, décrite par le Professeur Fournier ; nous ne croyons pas que ce diagnostic ait jamais à se poser, en raison des caractères objectifs très différents des .éruptions. |
Le rash d'une variole a son début s’accompagnerait d’une rachialgie violente, et dès ce moment on pourrait peutêtre trouver des vésico-pustules sur la muqueuse de l'isthme du gosier. ?
L’'érythème polymorphe à forme typhoïde simule de très près l’'érythème grave de la fièvre typhoïde, si bien que de Molène-Mahon a pu proposer, avant la découverte de la séro-réaction, l'identification de tous ces cas.
Plus. souvent encore on pense à une scarlatine ou à une rougeole à forme tlyphoïde : les malades de M. Roger avaient été envovés à l'hôpital d'Aubervilliers avec le diagnostic de rougeole grave.
Le diagnostic de {yphus pourrait être discuté au cours
d'une épidémie de cette affection, au cas ou un érythè-:
me morbilliforme d’allure grave aurait des tendances/pétéchiales, West, et plus récemment La Costa, Etienne ont insisté sur la difficulté que peut présenter ce diagnostic.
Dans tous ces cas, il faut songer, comme l'a fait M. Roger, à la possibilité d’une fièvre typhoiïde. Le mode d’in-
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