‹ Les Érythèmes GravesChapitre 41 sur 87 · CHAPITRE V. — DIAGNOSTIC ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — DIAGNOSTIC ni

dique contracter la scarlatine ou la rougeole s’il a été exposé à la contagion, et inversement de constater le développement d’une fièvre typhoïde au cours d’une rougeole ou d’une scarlatine.

En réalité ces cas de coexistence sont rares. Nous les examinerons successivement pour la scarlatine et pour la rougeole.

19 Scarlatine. — La statistique de Foord-Caiger, qui porte sur 48367 scarlatineux reçus en six ans aux Asylums board hospitals de Londres, signale seulement onze cas d'association de scarlatine et fièvre typhoïde (2,5 pour 10.000). Dans sa Revue générale sur la coexistence de la fièvre typhoïde et de la scarlatine (1904), Farnarier en a réuni 75 cas, qui lui semblent authentiques. Nous pouvons y ajouter les cas de Thomson, d’Allaria et les 14 observations de Bloch (Thèse Paris, 1905), qui ont trait à une épidémie de fièvre typhoiïide d’origine nosocomiale, dans le pavillon de la scarlatine à l'hôpital Trousseau.

Cette coexistence des deux affections peut se présenter sous différents types cliniques :

1o Les deux maladies restent indépendantes, la première apparue ayant terminé son évolution quand la seconde se manifeste :

a. La scarlatine apparaît pendant la convalescence de la fièvre typhoiïde.

b. La scarlatine est la première en date et c’est à la période de desquamation qu’apparaît la dothiénentérie (Estève, Griffiths, Naughton, Thomson).

20 Les deux maladies, empiètent l’une sur l’autre :

c. La scarlatine ouvre la scène et avant la défervescence se. développent tous les signes de la fièvre typhoïde (Glaser, von Stark, Carmichael, Cosgrave, Hektoen, Le Goic).

d. La scarlatine apparaît dans le cours régulier de la fièvre typhoiïde qui, après avoir été masquée pendant quelques jours, continue son évolution (Murchison, Marrotte, Eichhorst, Nixon, Potain, Pinnock..…).

66 LES ÉRYTTIÈMES GRAVES

Ceci dit, il est facile de‘ comprendre que le diagnostic des érythèmes typhiques peut se poser avec la scarlatine, quelle que soit l’époque de leur apparition. Nous trouvons les éléments du diagnostic dans l’état de la muqueuse buccale et dans l’aspect de l’érythème lui-même.

Dans les rares cas où la gorge est un peu rouge au cours de l’érythème typhique, cette rougeur s’est montrée pendant ou après l’éruption, jamais avant ; elle n'a pas cet aspect écarlate si caractéristique de la scarlatine ; presque toujours d’ailleurs la gorge est absolument intacte. La langue reste étalée, saburrale ou rôtie, non dépouillée et bien différente de cette langue si spéciale des scar- Jlatineux, à la surface de laquelle se montrent des papilles écarlates hypertrophiées.

Les caractères de l’éruption permettront souvent d'éliminer la scarlatine : mode de début, localisation périarticulaire, polymorphisme surtout ; si à côté de l'érythème scarlatiniforme diffus apparaissent quelques macules ou papules aberrantes, ce polymorphisme permettra de porter le diagnostic d’érythème secondaire. La persistance de l’éruption au-delà des limites d’une scarlatine normale sera encore en faveur de ce diagnostic. Enfin, très souvent, mais non toujours, on trouvera un élément capital de différenciation dans la courbe de température ; nous avons suffisamment insisté sur la chute si fréquente qui accompagne les érythèmes graves pour n'avoir plus à y revenir.

Lobligeois a récemment étudié cette question du diagnostic entre Îles érythèmes scarlatiniformes et la scarlatine. D’après un grand nombre d'examens d'urines, il est arrivé aux conclusions suivantes : quand la diazo-réaction d'Ehrlich est négative au moment où se produit l’éruption, il y a de fortes présomptions pour qu'il ne s'agisse pas de scarlatine ; quand, dans les mêmes circonstances, la diazoréaction est positive, on peut presque affirmer la scar- Jatine. Or, en admettant que ce procédé soit applicable à la plupart des cas, au cours de la diphtérie notamment, il ne saurait être d'aucune ressource quand l’érythème

Page 1