CHAPITRE V. — DIAGNOSTIC
scarlatiniforme apparaît dans la fièvre typhoïde, la diazoréaction étant positive dans la dothiénentérie comme dans la scarlatine.
2° Rougeole. — Les observations où la coexistence de la rougeole et de la fièvre typhoïde peut être admise sans discussion sont encore moins nombreuses que pour la scarlatine. Bez en a rassemblé cinq cas dont trois sont douteux. Estève en rapporte un nouveau. Dans la Thèse de Lemaigre nous trouvons une observation d’érythème morbilliforme, qui nous semble bien plutôt devoir être rapportée à une rougeole associée : l’érythème s’est en
effet accompagné de tout un cortège de congestions et
de catarrhes des muqueuses.
Ringer, Moreaud et dernièrement Lévy ont observé des
cas de coexistence des deux maladies.
Dans un travail récent, où ils relatent un cas nouveau observé par eux, Morozow et Chatunzew prétendent n'avoir trouvé que deux observations probantes de coexis-
tence de rougeole et de fièvre typhoiïde, dans toute la littérature allemande : une de Fischl (1877) et une de Sima-
nowitsch (1883). \
C ësL dire l'extrême rareté de cette association morbide.
Cependant nous admettons volontiers qu’on puisse la rencontrer, surtout dans les hôpitaux d'enfants, où une contamination accidentelle par le virus morbilleux est toujours possible. Mais alors on pourra retrouver l’origine de la contamination morbilleuse dans un cas voisin antérieur ; l’exanthème aura été précédé des, catarrhes caractéristiques, oculo-nasal, laryngé, trachéo-bronchique ; on trouvera le signe de Koplik; le début de l’exanthème se fera au niveau de la région mastoïdienne et'du cou, tandis que l’érythème typhique débute au niveau des poignets, des avants-bras, et au pourtour des articulations.
30 La rubéole, si l'on n'avait pas la notion de contagion, pourrait être difficilement différenciée d’un érythème
bénin.
Au cours d’une épidémie, la suefte se reconnaîtrait à l'aspect granité de la peau, avec vésicules remplies de sérosité, sueurs avec prurit, angoisse thoracique très spéciale.
Enfin il ne faut pas confondre les érythèmes avec les éruptions sudorales si fréquentes au cours de la fièvre
. typhoide. Quelle que soit la confluence et la généralisation Se d’une miliaire sudorale, on distingue toujours nettement __ les petits points rouges et légèrement desquamés qui cor- -respondent aux glandes sudoripares ; la miliaire siège Ve cé surtout au thorax ; elle est légèrement prurigineuse.
B. — Au cours de la fièvre typhoïde, on peut voir appa- + xaître des érythèmes de cause externe ou de cause interne qu'il faut savoir distinguer du syndrome érythémateux, . dont ils sont loin d’avoir la gravité.
er: Parmi les érythèmes de cause externe, il n’en est peutêtre pas de plus fréquents que ceux, en quelque sorte mécaniques, qui, chez des typhiques amaigris, à peau sèche et desquamante, se développent par pression prolongée
ou par frottement. Ces rougeurs apparaissent sous forme :
… de plaques scarlatinoïdes aux fesses et au sacrum, guelquefois aux coudes, à la partie externe des genoux, et lon serait tenté, par leur siège péri-articulaire, de les prendre pour un début d'érythème grave. Il ne faut pas . se hâter de porter un mauvais pronostic. S'il s’agit d'érythème mécanique, les rougeurs, au lieu de s'étendre et de se généraliser rapidement, resteront localisées aux régions de frottement ; elles ne S’étendront pas ; lés signes généraux graves, les vomissements, la chute de température ne se produiront pas.
Nous ne passerons pas en revue toutes les éruplions médicamenteuses qui peuvent simuler de très près les érythèmes de la fièvre typhoïde. Cette nomenclature manquerail totalement d'intérêt. Nous signalerons seulement celles qui sont sous la dépendance de médicaments habituellement employés dans le traitement de cette affection.
Les érythèmes quinique et antipyrinique sont parmi