CHAPITRE V. — DIAGNOSTIC
les plus importants, en raison de l'administration fré-
quente de ces substances au cours de la dothiénentérie. L’érythème quinique est rare; il revêt habituellement l'aspect d’une roséole, avec macules plus ou moins nombreuses, confluentes parfois aux mains et aux pieds ; exceptionnellement, l’éruption est scarlatiniforme. Son début est brusque, l'extension rapide, le prurit constant. L’érythème ne persiste qu'un jour ou deux après la suppression du médicament ; une desquamation légère est la règle. Enfin, chaque nouvelle ingestion de quinine provoque la réapparition de l’éruption.
L’antipyrine donne souvent lieu à des éruptions ; elles peuvent apparaître d'emblée après la prise d’une dose minime du médicament ; chez certaines personnes, il suffit de 10 centigrammes pour déterminer l’éruption. D’autres fois, l’érythème ne se montre qu'après dix à douze jours de traitement par l’antypirine à dose élevée. Parmi ces éruptions de modalités très diverses, c’est surtout l’érythème rubéolique papuleux ou polymorphe, assez souvent localisé à la face dorsale des mains et des poignets, avec pruril nul ou très léger, que l’on peut confondre avec l’érythème morbilliforme ou polymorphe de la fièvre typhoiïde.
Roux-Seignoret a rapporté un cas d’érythème rubéoliforme, survenu chez une jeune fille de 18 ans, au 10° jour dune fièvre typhoïde, traitée depuis son début par l’antipyrine à la dose journalière de 4 grammes. L’éruption avait débuté par les joues, sous forme de plaques vineuses, puis il s'était étendu au thorax, à l'abdomen: et aux membres. Il n’y avait aucun phénomène pouvant faire songer à une, rougeole ; la malade avait eu d’ailleurs antérieurement la rougeole et la scarlatine. Par contre, il y avait de la cyanose des extrémités, assez caractéristique de l’intoxi-
‘cation par l’antipyrine. La suspension du médicament fut
suivie de la rapide disparition de l’exanthème, auquel succéda une légère desquamation.
La belladone peut être L'origine d’un érythème scarlatiniforme, rarement généralisé, plus ordinairement loca-
lisé à La face, au cou et au thorax. Bien décrit par Bazin et Tardieu, puis par Hutinet et Dreyfous, cet érythème est constitué par de larges plaques rouges sur lesquelles se : détache un fin pointillé assez analogue à celui de la scarlatine. Les signes habituels de l'intoxication atropinique qui > accompagnent l’érythème, — mydriase, sécheresse de la bouche et de la gorge, rapidité du pouls, — joints à la notion de médication belladonée, feront le diagnostic. La cessation du médicament sera suivie de la disparition très rapide de l’érythème, qui ne laisse ordinairement après Jui é aucune desquamation. £ ù Le’ chloral provoque quelquefois, surtout chez les en- é fants, une éruption roséolique dont les macules bien distinctes les unes des autres, mais mal limitées et de teinte rose-violacée, ne pourront guère être confondues avec nos é érythèmes,.
Le calomel, assez souvent prescrit au cours de la fièvre typhoïde, peut être l’origine d'érythèmes scarlatiniformes, beaucoup plus rarement polymorphes, dont l'existence a été mise hors de doute par Gaucherand, puis par Morel- Lavallée, La question est trop classique pour que nous voulions insister. L’hydrargyrie porte d’ailleurs « si bien ‘: le cachet de sa cause» qu'on peut en général, d'après les seuls caractères objectifs de l'éruption, en reconnaître : immédiatement la nature.
Parmi les antiseptiques intestinaux, dont l'emploi a été d’un usage si répandu au cours de la fièvre typhoïde, on a surtout incriminé le benzo-naphlol et le salol comme provocaleurs d'érythèmes toxiques. Besnea a rapporté un cas d’érythème au cours de la fièvre typhoiïde, qui sèmble bien sous la dépendance de la médication salolée, [I n'est pas jusqu’à l'acide borique, si souvent considéré comme un médicament inoffensif, qui n'ait à son actif des cas d’érythèmes toxiques. Dès 1888, M. Gaucher montrail expérimentalement Ia toxicité de l'acide borique ; Welch, Molodenkoff, Mme Grumplet, Nussbaum ont rapporté des observations d'intoxication boriquée par lavages de la cavité pleurale et par lavages intestinaux. Or, au